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LES ORCHIDEES ET LEUR ACCLIMATATION DANS LES JARDINS

La manière la plus digne de jardiner, c’est de considérer le jardinage comme une branche des beaux-arts, de peindre des tableaux au moyen de fleurs vivantes. G. Jekyll.

La plupart des Orchidées tubéreuses et beaucoup d’espèces à racines fasciculées ont été introduites dans les jardins. Mais il reste un très grand nombre d’espèces, surtout parmi les exotiques, que nous ne connaissons que de nom. Que seraitce si tout ce monde merveilleux était à notre disposition! Le Nord américain à lui seul peut nous offrir une collection considérable qui commençait à être introduite lorsque la guerre est venue mettre un terme à cette belle activité.

Mais lt nombre des amateurs de ces plantes est trop restreint. C’est le cas de répéter ici ce que disait un auteur célèbre à ce sujet, c’est que la qualité rachète la quantité, ce domaine semblant réservé aux esprits raffinés et aux amateurs de l’élégance et de la beauté discrète. Et puis, il y a dans ce fait que cette culture n’est pas aussi facile que celle des plantes communes un attrait spécial qui plaît aux esprits chercheurs.

Le semis.

L’élevage des Orchidées par semis n’est point chose aisée. Dans un intéressant travail écrit en norvégien sur 1 acclimatation

des plantes glaciales, alpines et arctiques, M. Moë, chef des cultures du Jardin de l’université, à Christiania, donne les renseignements les plus précieux au sujet de ces cultures. Il déclare élever presque toutes les Orchidées sauvages d’après la méthode suivante :

« On fait un mélange d’une partie de terre de bruyère, d’une seconde de terre de forêt et d’une troisième de bois de sapin ou de pin décomposé, mais pas trop émietté, et l’on y ajoute un peu de mousse sèche brisée en menus morceaux (de préférence un Hypnum), un peu de terre marécageuse concassée et enfin une faible quantité d’aiguilles de sapm. On presse un peu ce mélange dans les pots où l’on veut semer et l’on y plante trois ou quatre mousses vivantes (de préférence de petites espèces, telles que les Dicranum, les Mnium, le Bryum argen~ teum, etc.). On sème alors ses graines sur et entre ces plantes de mousses et l’on place les pots dans une caisse contenant un peu d’eau, afin que la terre des pots en soit bien imprégnée. Puis on tient toujours humide, en évitant toutefois que le sol soit mouillé. On place ensuite la caisse dans une couche de température moyenne, sans ventilation pendant quinze jours, un peu à l’abri du soleil. » M. Moë a obtenu de cette manière presque toutes les Orchidées indigènes en Scandinavie, y compris les Epipactis. »

Le comte F. du Buysson procède d’une manière plus simple, en imitant tout bonnement la nature. Voici ce qu’il m’écrivait à ce sujet :

«La manière que j’avais employée pour introduire ces Orchidées chez moi est fort simple. Outre les tubercules que j’y transplantais au moment où leurs feuilles commençaient à jaunir (époque indispensable qui indique leur maturité), je mouillais les tiges garnies de leurs graines, avant leur diffusion; je les plantais dans ma serre, dans des pots remplis de sable, et à mesure que je les croyais mûres et près d’éclater, je les répandais, en secouant la tige sur mes gazons, dans mes

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