PIERRE-PAUL RUBENS
Par M. Léon Noël ( Lithographie.)
Pierre-Paul Rubens naquit à Anvers, le 28 juin 1577. 11 fut un des plus grands peintres qui aient jamais existé. Son éducation avait été soignée, et il devint bientôt le meilleur élève d'Octavio Van-Veen. Il voulut compléter ses études par les maîtres italiens. Il visita donc et habita longtemps l'Italie. Rome, Venise, Gènes et Mantoue exaltèrent son talent; mais c'est à Venise qu'il adopta définitivement la manière du Titien, de Paul Véronèse et du ïintoret. Lorsqu'il quitta cette ville, le bruit de son départ eut beaucoup de retentissement. — Le grand artiste allait prodiguer ailleurs les trésors de son génie, et Venise, l'envieuse Venise qui l'avait, il est vrai, formé, espérait le conserver toujours. Rubens voulait revoir sa patrie, que l'amour même de l'art ne pouvait lui faire oublier.
Rubens était plus qu'un peintre : il était excellent architecte; il parlait sept langues différentes; il était homme politique; enfin il composa plusieurs ouvrages théoriques sur la peinture.
Marie de Médicis se l'attacha , et c'est à elle que nous devons la plupart des tableaux de Rubens qui ornent aujourd'hui le musée du Louvre. Elle le chargea de plusieurs missions importantes.
L'âge arrivant, Rubens retourna à Anvers. Il désirait y mourir; il y mourut le 30 mai 1640, laissant une immense fortune. Son fils aîné
lui succéda comme secrétaire d'État en Flandre. — Van-Dick fut au nombre de ses élèves.
Les cartons de Pierre-Paul Rubens sont nombreux. M. Léon Noël en a extrait et lithographie le dessin qui fait partie de cette livraison.
C'est ici, à propos de M. Léon Noël, un des plus dignes représentants de la lithographie à notre époque, que nous pouvons assigner la véritable place de la lithographie dans les arts du dessin.
La lithographie, c'est le dessin que l'on est parvenu à multiplier à l'infini, en autant d'épreuves qu'il est possible. Aucun travail artificiel ni mécanique; vous y reconnaissez toujours la trace du crayon. Il s'agit à la fois d'un original et d'une copie; l'original consiste dans le dessin sur pierre, les copies sont les épreuves.
Selon nous, la lithographie a moins de fini que la gravure, mais sous le rapport de la vérité , elle ne lui est point inférieure. Si elle a moins de netteté qu'elle, en revanche elle se rapproche plus de la nature. Le crayon n'a point la dureté ni la roideur du burin. Il suffit de nommer, à l'appui de notre opinion, MM. Léon Noël, Alophe, de Lemud, Aubry-Lecomte, Marin Lavigne , Deroy, Desmaisons, Mouilloron, Challamel, etc., etc., etc.
M. Léon Noël a acquis une réputation justement méritée. Habileté, vigueur de touche, fraîcheur de crayon, fini précieux d'exécution, il a. toutes les qualités qui font le bon lithographe.
Le présent dessin de Rubens est une fantaisie. C'est un véritable groupe de sculpture, il s'y trouve du relief; il semble que ce soit là un épisode du Jugement dernier, de Michel-Ange.
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