‹ Album du Salon de 1840Chapitre 17 sur 24 · DE FOURCHAMBAULT · texte numérisé non relu

DE FOURCHAMBAULT

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Mtltograplilë par M Cballamcl.

Fourchambault, bien que situé sur la Loire, à une lieue de Nevers, n'offrait, en 1820, qu'une plage stérile et inhabitée. C'était comme une terre maudite au milieu de cette belle province du Nivernais, si riche, si fertile, si productive.

A cette époque, M. Louis Boigues, membre de la Chambre des députés et président du conseil royal des arts et manufactures, visita Fourchambault. Il résolut d'y fonder une usine à fer, d'après les procédés anglais, jusqu'alors de beaucoup supérieurs aux nôtres.

L'entreprise méritait de réussir; son succès a été complet. En moins de vingt années, cette usine prit un accroissement immense, à un tel point que la fabrication des forges de Fourchambault s'élève aujourd'hui à dix millions de kilogrammes de fer.

Il n'y a pas que l'industrie qui ait gagné à ce magnifique établissement. Un grand nombre de jolies petites maisons, entourées de jardins, sont venues se grouper à ses côtés; elles ont été bâties par les ouvriers des forges, avec leurs épargnes, et l'intéressante population de Fourchambault atteint déjà le nombre de trois mille habitants.

M. Louis Boigues était un de ces hommes honorables qui rejettent bien loin l'idée d'assimiler les hommes à des machines, comme on le fait en Angleterre, et de les ensevelir vivants dans des tombeaux infects, après les avoir tués dès leur jeune âge par un travail prématuré : horrible trafic qui inspira à mon ami Wilhelm Ténint une poésie, publiée il y a plusieurs années, et à laquelle je veux emprunter deux strophes.

Elle est adressée à des enfants qui travaillent dans une fabrique :

Toi, qui n'as pas encor ta force, Arbre à demi développé, Déjà , dans ta fragile écorce , La hache du gain a coupé !

Comme un nuage lourd et sombre Que la brise ne peut chasser, Sur toi chaque heure jette une ombre Lente à venir, lente à passer.

A Fourchambault, les ouvriers sont heureux. II y a une école d'enseignement mutuel pour leurs enfants, un hospice et une caisse d'épargnes. Tout cela est l'ouvrage de M. Louis Boigues, que la mort a ravi trop tôt à la reconnaissance de ceux dont il avait su améliorer le sort. Mais ses dernières volontés ont été bienfaisantes autant que toutes les actions de sa vie. Sa mère, ses frères et sœurs sont demeurés fidèles aux intentions qu'il avait manifestées. Ils viennent de faire construire une église et un presbytère qui complètent l'ensemble de ce bel établissement.

Que cette notice soit un hommage de plus rendu à la mémoire de M. Louis Boigues, qui fut un homme de génie !

M. Bonhomme a pensé, avec raison, que les forges de Fourchambault offraient au peintre un sujet curieux et intéressant. Il s'y rencontre des beautés particulières, et pour ainsi dire inconnues en peinture. Bien ne peut être plus, original que l'aspect d'une usine avec son mouvement, ses accessoires, sa foule laborieuse.

M. Bonhomme, après s'être fait un beau nom dans le genre, le paysage et le portrait, vient de se créer une spécialité qui sera d'un bon résultat pour l'art. Déjà, en 1838, il avait exposé un tableau remarquable des forges d'Abbainville (Meuse), de M. Muel Doublât; cette année, une seconde vue de cette usine importante complète son exposition.

M. François Bonhomme est né à Paris en 1809. Delaroche.

I est élève de Lethière et de M. Paul

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Andromède

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Lîtliograpbiée par M. Dcsniaisons.

Cassiope, femme de Céphée, roi d'Ethiopie, était renommée pour sa beauté. C'était la merveille africaine ; les voyageurs arrivaient en foule pour la voir. Plusieurs princes s'étaient disputé sa main. Pour une mortelle, on lui rendait trop d'hommages. L'implacable Junon devint jalouse de Cassiope.

La belle reine d'Ethiopie osa se comparera elle; mais Junon, la déesse la plus puissante et la plus coquette de l'Olympe, se vengea, elle et ses chères Néréides, qui étaient de moitié dans l'injure reçue.

D'abord Neptune vint en aide à Junon. Un monstre marin dévasta le royaume de Céphée. Le roi d'Ethiopie consulta l'oracle qui servit la haine de Junon , et répondit que les malheurs de la contrée ne cesseraient que si Andromède était enchaînée, exposée sur un rocher, et dévouée à la rage du monstre.

Céphée obéit. Les Néréides exécutèrent elles-mêmes l'arrêt rendu par l'oracle. Andromède gémit quelque temps dans cette horrible situation, appelant une prompte mort, redoutant plus encore le seul aspect du monstre que sa rage et sa voracité.

Mais Persée, fils de Jupiter et de Danaë, Persée, qui avait vaincu et tué Méduse, à l'aide du bouclier dé Minerve et des talonnières de

Mercure, fut touché du malheur d'Andromède. Monté sur Pégase, né du sang de Méduse, il vola délivrer la fille de Cassiope, et l'épousa.

Les acteurs de cette histoire ont été placés au ciel au nombre des constellations.

Cette poétique fable inspira un magnifique tableau à M. Ingres. M. Lescorné l'a prise pour sujet d'une délicieuse statue.

Andromède est attachée sur le rocher. Sa pose est encore suppliante. La douleur a contracté ses traits; tout son corps tremble de frayeur; elle sent que la mort est imminente, et le désespoir déchire sa pauvre âme éplorée. L'expression de la tête d'Andromède est admirable. Et quelle grâce dans la pose ! quelle pureté de contours ! quel modelé dans les chairs! N'y a-t-il pas de la vie dans ce marbre? Il semble qu'il n'y ait aucun travail de main, et que cette statue soit sortie toute terminée du génie du sculpteur.

Elle a, en outre, un avantage matériel immense : elle est en marbre de Paros, fort rare aujourd'hui. Ce marbre est le plus beau, comme le plus doux à l'œil.

M. Lescorné est auteur d'un Saint Michel fort remarquable, et du buste de Philippe V, fait pour Versailles. Nous indiquerons aussi les deux frontons de la galerie de minéralogie, au Jardin des Plantes, représentant, l'un lu Minéralogie et la Géologie , l'autre la Botanique.

M. Joseph Lescorné est né à Langres (Haute Marne) , MM. Petitot et Cartellier. Il a obtenu une médaille en 1836.

1802. 11 est élève de

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