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CHAPITRE XI

L'Eglise au XW et au XV' siècle. Ml

Médaille du pape Calixte m

(14bo-14o8), conservée au Cabinet des médailles.

Revers de la médaille du pape Calixte m, présentant les armes do co pontife.

Le culte de la Sainte Vierge au XIV« siècle. — L'Assomption; fresque do Simone di Alarlini (1274-1334) au Campo-Santo de Pise

(d'après une photographie).

Le luxe ecclésiastique au XIV*^ et au XV" siècle. — Il n'y a guère de modilicatious importantes à signaler dans les usages ecclésiastiques au xiv* et au xv" siècle! La tradition avait fixé depuis longtemps déjà la forme des vêtements sacerdotaux, le plan des édifices religieux, la liturgie dans ses grands traits. Ce qui est propre à ces deux siècles, c'est le développement extraordinaire du luxe dans l'Église : prélats et abbés, comme les nobles et les bourgeois, s'abandonnent en général à une passion effrénée pour les vêtements somptueux, les demeures splendides, les festins élégants, et entassent d'immenses richesses pour satisfaire leurs goûts dispendieux.

Album historique. — IL '

Les papes à Avignon. — L'exemple vint d'en haut; pontifes d'Avignon ou de Rome, papes légitimes ou antipapes éblouirent l'Europe de leurs splendeurs. Les papes français, installés à Avignon, se firent construire un palais qui nous étonne encore aujourd'hui par sa masse et ses proportions imposantes, et qui passait au xiv« siècle, au témoignage de Froissart, pour « la plus forte et lapins belle maison du monde ». Poursuivis du souvenir des émeutes que leurs prédécesseurs romains avaient eu si souvent à affronter, Benoît XII et Clément VI construisirent une puissante forteresse ; mais l'intérieur était composé de salles richement décorées, de cours fraîches, d'agréables vergers, où Clément VI se plaisait à

Les papes au XIV^ et au XV^ siècle.

Le palais des papes à Avignon ; cet édifice, moitié forteresse, moitié palais, fut édifié au xiv" siècle par plusieurs architectes français, sous la direction des papes, Benoit XII (1334-1342), Clément "VI (1342-1332), Innocent VI (I3.ï2-)3fl2). Ce monument, l'une des œuvres les plus remarquables de l'architecture française au xiv" siècle, sert aujourd'hui en partie de caserne, et est en quelques endroits fort délabré. Il est représenté ici tel qu'il devait être à la fin du xiv siècle.

Monnaie d'argent de Boniface IX (1389-1404), conservée au Cabinet des médailles.

Monnaie en or de l'antipape Clément "Vil

(1378-1394), conservée au Cabinet des médailles.

Costume pontifical au X'V» siècle; statue du pape Sixte IV (1471-1484), sur son tombeau. Monnaie en argent du pape Clément V œuvre des frères Pollajuolo conservée à Saint- Monnaie en argent du pape Martin "V

(1303-1311), conservéeau Cabinet des médailles. Pierre de Rome (d'après une photographie). (1417-1431), conservée au Cabinet des médailles

L'ÉGLISE AU XIV« ET AU XV^ SIÈCLE

Les papes au XI V^ et au XV^ siècle.

Alexandre III (UbO-llSl) donnant l'épée au doge Zani (1172-1178); Le pape entouré de cardinaux et de personnages de la cour

fresque de Spinello Spinelli (!333-l410) au palais public de Sienne; les pontificale, recevant la dédicace d'un livre écrit par le moine Jean costumes sont ceux du xiv» siècle (d'après une photographie). André ; d'après une miniature d'un manuscrit du xiv siècle conservé à la

bibliothèque de Laon.

AS

Tiare pontificale au X'V' siècle; d'après le triptyque des Van Eyck conservé à l'église Saint- Bavon, à Gand (d'après une photographie).

recevoir avec ses cardinaux, ses prêtres, ses artistes et ses poètes, les dames et la société élégante d'Avignon. Les cardinaux rivalisaient de luxe avec les souverains

pontifes; tous avaient leurs hôtels dans Avignon, et sur l'autre rive du Rhône leurs maisons de campagne échelonnées sur l'âpre colline de Villeneuve-lès-Avignon. La vie était bien douce en Avignon ; et quand Grégoire XI, obéissant aux pressantes sollicitations de Catherine de Sienne, ramena le siège de la papauté à Rome, les

Le pape Sixte II (257-258) ordonne diacre saint Laurent ;

fresque de Fra Angelico (1387-Uol) à la chapelle Nicolini au Vatican ; les costumes sont ceux du xv siècle (d'après une photographie).

Tiare pontificale au XIV»

siècle, d'après une statue funéraire du pape Urbain V (1302-70), conservée au musée d'Avignon (VioUet- Le-Duc).

cardinaux , nous rapporte un poème latin du xiv'' siècle consacré au récit de cet événement, murmurèrent en quittant leurs palais, leurs maisons de plaisance

pour des contrées turbulentes et hostiles.

Les papes à Rome. — L'impression des cardinaux était justifiée par le triste spectacle que présentait Rome, dévastée par un siècle d'agitations. Urbain Y fut réduit à s'installer dans le palais du Vatican, encore bien étroit et peut-être déjà délabré. Ses successeurs entreprirent et poursui-

Costumes ecclésiastiques au XIV^ et au XV^ siècle

Procession italienne au XV siècle; d'après uno miniaturo d'un bréviaire romain du xv« siècle, do travail Groupe d'ecclésiastiques au XIV siècle; fragment d'une fresque do la chapelle italien, conservé à la Bibliothôque nationale (latin n° 75";.) des Espagnols à l'église Santa-Maria Novella, à Florence (d'après uno photographie)

Chanoine au XI'V" siècle ;

d'après la pierre tombale do Jean, chanoine ot chancelier de Notre- Dame do Noyon, mort en 1330.

aujourd'hui conservée à l'école des Beaux Arts de Taris ((iuilhermy).

Abbesse au XIV»

siècle; statue funéraire de Jeanne de Flandre, abbesse de l'abbaye du Sauvoirsous-Laon (1334), (église Saint-Martin, à haon).

L'archevêque do Florence Acciajtioli, mort en 1409; œuvre do Donalello (Chartreuse do Florence).

C<'s trois nionuiiiciits snnl

virent avec une ardeur qui ne se

lassa presque jamais, la réfection

des ég^lises et des monuments de

Rome et l'installation de la papauté

dans un palais vraiment digne de sa

majesté. Il faut, disait un des plus

grands bâtisseurs du xv^ siècle, le

pape Nicolas V, reconstruire Rome

« pour mieux accroître l'autorité

de l'église romaine, plus ample-

ment honorer le siège aposto- v^^ï^S^f^^^l^J?^

EvèqueauXIV siècle; statue funéraire de Guillaume

de Charnac (mort Évèque au XV"- siècle; pierre en 1341),évêquo de tombale de Pierre Cauchon, évèque Paris, conservéeau de Beauvais, mort en 1443 (recueil Musée du Louvre. de Gaigiiières).

loproiliiils d'après des photographies.

on costume de ' siècle (Green).

lique auprès de tous les peuples chrétiens et plus sûrement éviter les persécutions coutumières ». Déjà Martin V avait nettoyé la ville des brigands qui l'infestaient et créé des inspecteurs de rues pour remettre en état les voies de communication de la cité. Parmi ses successeurs, Nicolas V, Sixte IV, Innocent VIII, Alexandre VI, continuèrent son œuvre; ils entourèrent Rome de

L'ÉGLISE AU Xl\« ET AU XV« SIÈCLE

Costumes ecclésiastiques

au XI V^ et au XV" siècle.

Groupe d'ecclésiastiques au XIV siècle ;

prélats, moines et clercs d'après une miniature du manuscrit français n» 9106 conservé à la Bibliothèque nationale. Ce manuscrit est' une traduction française de la Politique d'Aristote, écrite par Nicolas Oresme pour Charles V.

Dominicain au XIV siècle; fracrnient d'une fresque du XIV siècle, dans la chapelle des Espagnols à Santa-Maria Novolla, à Florence (d'aprùs une photographie).

Enfants[!de chœur au X'V" siècle ; fragment de Stéphane Lochner (I" moitié du xv« siècle), Musée de Dnrmstadt (d'après une photographie).

d'uD tableau conservé au

Franciscains au XIV" siècle; fragment d'un tableau de Giotto (1276-1337), conserve au Musée du Louvre, représentant saint François d'Assise et l'un do ses compagnoas.

Un pèlerin au XV« siècle: d'après le Linre des Miracles de Notre-Dame ; manuscrit enluminé par Jean

Moine italien au XV' siècle, avant la tète couverte do la cagoule ; fragment d'un autel en terre cuite, œuvre des Délia Robbia,dans lacathé-

Miélot et conservé au British draIed'Arezzo(d'après Muséum. une photographie).

Un concile au XV' siècle ; au sommet, le pape entouré do prélats; lo dernier rang est composé d'abbés ; miniature d'un manuscrit du XV' siècle, au Brilish Muséum (Groen).

Prieure d'un couvent anglais au XIV' siècle, d'après une miniature d'un manuscrit anglais des Contes de Canterbury de Chauccr (1328-1400), composé à la lin du xiV siècle et conservé au British Muséum (Groen).

Médaille du pape Nicolas V (1447-1455); œuvre d'.\ndrea Guazzalotti conservée au Cabinet des médaille,.

Un clerc d'Oxford au XIV« siècle, d'après une miniature d'an manuscrit anglais des Contes de Canterbury de Chaucer (1328-1400), composé à la fin du xiV siècle et conservé au British Muséum (Green),

Édifices ecclésiastiques au XIV^ et au XV^ siècle.

Le Tortoir, maladrerle, ou hôpital de lépreux, au XIV» siècle, à quelques kilomôtres au S. O. do Laon ; à gaiioho, les logis des moines et la chapelle; à droite, l'hôpital. Cet éditice, encore assez bien eonservé, est aujourd'hui transformé en ferme. Il a été représenté ici restauré. Un mur d'enceinte, supprimé dans le dessin pour laisser voir l'ensemble des constructions, réunissait les deux bâtiments.

Cour de 1 hôpital de Beaune, construit i coude moitié

du XV' siùclc (d'après une i)hotof;raphio).

Chaire extérieure du X'V" siècle,

à l'église Notre-Dame de Vitré, destinée aux prédications en plein air (d'après une photographie).

murailles, garnirenl les collines environnantes de forteresses, réparèrent le château Saint- Ange qu'Alexandre YI relia au palais pontifical par un passage couvert ; enfin ils commencèrent et poursuivirent la construction du nouveau Vatican, qui désormais remplaça l'ancien palais du Latran , comme résidence des souverains ponlilos. Ils en confièrent

Autel au XV" siècle; miniature provenant d'un missel exécuté pour Jean Juvéual des Ursins, mort on 1431, représentant l'intérieur de la Sainte-Chapelle (Uu Sommerard).

Reliquaire du XIV' siècle.

surélevé au-dessus du sol pour préserver les reliques de toute atteinte, autrefois conservé dans la cathédrale d'Arras, restitué d'après une ancienne peinture (Annales archéologiques).

la décoration aux plus grands artistes du temps : Ghirlandajo, Botticelli, Fra Angelico, le Pérugin, Melozo da Forli, Pinturicchio couvrirent de fresques les murailles des appartements pontificaux, des chapelles et des oratoires. Puis, vers le milieu du xv* siècle, commença cette vie de plaisirs ininterrompus, qui devait un siècle plus tard détacher de la papauté

L'ÉGLISE AU XIV ET AU XV« SIÈCLE

loi

Objets du culte au XI V^ et au XV^ siècle.

Triptyque ou autel portatif, travail allemand du xv= siècle. Le volet central repiésente la messe do saint Grégoire; suivant une léj^ende, ce pape vit, pendant la messe, au moment où il servait le sacrement de l'Eucharistie, apparaître sur l'autel Jésus-Christ tel qu'il était sur le Golgotha. Dans le fonds, derrière l'autel, un retable où sont figurés les instruments de la Passion. Les volets représentent les portraits du donateur, de sa femme et de ses enfants, avec leurs saints patrons.

du XIV» s., en ivoire.

Bâton "~ ■ '■^

de chan- Retable en bois sculpté et doré, provenant de l'aLha^e d'Everborn, Bâton

tre du xv« près de Liège. Ouvrage flamand du xv siècle. ëpiscopal

siècle. Tous ces objets, sauf les deux sceaux, sont conservés au Musée de Cluny. XIV^ siècle.

Fermoir du XIV" siècle.

la pieuse Europe du Nord. Les fêtes se multiplièrent à la cour de Rome; les réjouis-

sances du carnaval y eurent leur place à côté des cérémonies religieuses, et le pape et ses

Objets du culte au XI V^ et au XV^ siècle.

Fonts baptismaux en métal de cloche, provenant de l'ancienne éi^lise de Cardewi'"k, près de Hambourg; travail allemand du xiv"^ siècle.

Horloge du XV' siècle,

conservée dans la cathédrale de Ueiins (d'après une photographie).

Cuve baptismale en plomb ;

ouvrage fram/ais du xiv« siècle.

Boite aux saintes huiles,

du xw" siècle.

Insigne processionnel, en orfèvrerie de cuivre ballu :

ouvrage français du x\' siècle.

Le sujet, représenté est le miracle do l'hostie qu'un juif parisien et sa femme voulurent détruire dans l'eau l)ouillante; mais de la chaudière sortit l'image du Christ.

Siège ecclésiastique au XI"V' siècle, d'après une fresque de Giolto.

Siège ecclésiastique au XIV siècle; d'après uno fresque de Giotto.

Chandelier d'église du xiv= siècle.

Cuiller à encens du xv« siècle (Collection Spitzer).

Croix processionnelle ; travail Tabernacle

italien des premières années du en bois du xv XIV» siècle. siècle.

Châsse en bois sculpté du xv>^ siècle.

Flabellum ou éventail ecclésiastique du xV^ siècle (Colleclion Spitzer).

A l'cxcepiion de l'horloge, des sièges ecclésiastiques, des cuillers à encens et du flabellum, tous les objets représentés sur cette page sont conservés au Musée de Cluny.

Cuiller à encens du xv siècle (Collection Spitzer).

LÉGLISE AU XIV-^ ET AU XV'' SIÈCLE

irj:]

Objets du culte au XI V^ et au XV^ siècle.

'-f-fl

Mitre de Jean de Marigny, évêque de Beauvais, frère d'Kntruerrand de Marigny, mort en 1350 (Annales Encensoir du archéologiques). Jg xiv siècle

(Musée de Gluny).

Reliquaire en foi me de tête

Iminaine; xv« siècle

(Musée de Cluny

La Rose d'or, don- Lutrin «n métal née par le pape Clé- du xiv» siècle ment V (1305-1314) au (Musée de Gluny). prince archevêque de Bâle (Musée de Cluny).

Ostensoir du xv siècle

Châsse de sainte Ursule, ornée de peintures de Mem- (Muséo de l'Ermitage, Mitre du xiv« siècle ling; travail flamand du xv siècle; conservée à l'hôpital à Saint-Pétersbourg). (Musée de Gluny). Saint-Jean do Bruges (daprcs une photoffraphie).

Confessional suisse du xv siècle (Musée de Gluny).

Monnaie en J^^TT*^ Châsse en argent ciselé, Af- Monnaie en

Tronc du xiv= siècle (Musée or de Paul II SS^^^-' provenant du trésor de Bâle; A- or de Benoît Pupitre de chapelle en métal

de Cluny). (1464-1471). ouvrage allemand du xv siècle (Musée do Cluny) X1II;,;394-1 i^î;. du xV siècle (Musécdc Cluny).

Album historique. — II. 20

Scènes de la vie ecclésiastique au XV^ siècle.

Consécration d'un évèque au xv siècle

Un synode d'évêques au xv siècle.

Ces deux miniatures, œuvre du grand peintre français Jean Foucquet (141,ï-lWo) font aujourd'hui partie de la Collection du duc d'Aumalo.

Médaille du pape Alexandre VI (1492

1501), conservée au Cabinet des médailles.

Revers de la méilledupape Alexandre VI ; on y voit roprésenté le . hàteau Saint- AnsG.

Funérailles d'un évèque au XV« siècle; fresque de Benozzo Gozzoli (1420-1498) dans l'église San Agostino, à San Gimignano, représentant les funérailles de saint Augustin. Les costumes sont ceux du xv« siècle (d'après une photographie).

cardinaux passèrent souvent des chapelles pontificales aux théâtres où se jouaient les farces grossières du moyen âge ou sur les places où avaient lieu les joutes et les tournois ; plaisirs qui alternaient avec la chasse, les festins et les réceptions somptueuses faites aux ambassadeurs et aux princes.

La vie des prélats au XIV" et au XV" siècle. ■ — Ce fut seulement au xvi'' siècle que le luxe de la cour pontificale provoqua lindignation des

chrétiens fervents; mais, dès le xiv" et le XV* siècle, le train de vie des prélats était déjà l'objet de vives critiques auxquelles donnaient raison les prescriptions si fréquemment renouvelées des conciles synodaux contre la richesse et les mœurs des ecclésiastiques. Voici un archevêque de Milan, en 1342, Jean Yisconti. Le chroniqueur italien, qui nous fait connaître la vie de ce personnage, nous apprend qu'il dépassait en magnificence tous les princes et les prélats de son

L'ÉGLISE AU XI V« ET AU XV« SIÈCLE

Scènes de la vie ecclésiastique au XIV^ et au XV^ siècle.

So

Bénédiction des rameaux au XIV'

siècle; miniature du manuscrit "latin n" 902 de la Bibliothèque nationale.

Bénédiction d'une église au XIV« siècle; miniature du manuscrit latin n° 962 de la Bibliothèque naliouaie.

Procession au XV« siècle; tableau de Thierry Bouts (1391-1475), conservé dans la collection du duc d'Aumale (d'après une photographie).

L'office au XV siècle; miniature d'un manuscrit do la Bibliothèque de Rouen (Annales archéologiques).

Prédication au X"V« siècle dans une église ; miniature du manuscrit français n» IGC de la Bibliothèque nationale, ç^ attribuéeàJean

Foucquet ^^ (1415-1485).

Procession autour d'une église au X'V' siècle.

L'offrande au X'V" siècle; d'après le Livre des Miracles de Notre-Dame, de Jean Miélot, aujourd'hui au British Muséum.

temps; le personnel qu'il entretenait autour de lui s'élevait à 637 personnes, chapelains, chevaliers, pages, fauconniers.serviteursde toute sorte; il avait un nombre prodigieux de chevaux, superbement harnachés; il avait un coûteux équipage de vénerie, faucons, autours et chiens do chasse; il donnait constamment des festins royaux; et

Moines chantant manuscrit ang

Dame au prie-Dieu; xv siècle.

Cette miniature, ainsi que la procession, est extraite du Licre des Miracles de Notre-Dame.

le chroniqueur ajoute naïvement :

« il fait à lui seul plus de dépense que quatre cardinaux de la curie romaine. » Voici, d'autre part, un simple chanoine d'Arras, maître Jean Lebel.

Son panégyriste raconte que, « les jours de semaine, il n'allait point à l'église sans avoir à sa suite moins de 16 ou 20 personnes, tant

l'office au XV' siècle ; miniature d'un , i ' j

lais du British Muséum (Jusserand). dc Sa parente qUO do SOU

Scènes de la vie monastique au XI V^ et au XV^ siècle.

Consécration d une abbesse

au XIV" siùcle; miniature du manuscrit latin n" 9G2 do la Bibliothèque nationale.

Ermitage au XIV" siècle;

miniature du manuscrit français n» 281.) de la Bibliothèque nationale.

Réfectoire de dominicains au xv« siècle ; fragment d'un tableau de Fra Angclico (1387-1455) conservé au Musée du Louvre.

Ensevelissement d'un moine au X'V" siècle.

Cette miniature, ainsi que la vue du cimetière, est empruntée au Liore des Miracles de Notre-Dame peint par Jean Miélot, aujourd'hui conservé au British Muséum.

domestique et de ceux qui étaient à ses draps. » Les jours de fête, c'était une cinquantaine de personnes qui venaient le prendre à sa porte pour le conduire à l'office. Il fallait à ces fastueux prélats de riches habitations ; à Paris, leurs hôtels rivalisaient de luxe avec ceux des plus grands seigneurs et des plus riches bourgeois.

Le costume sacerdotal était trop sévère pour eux; tous les clercs cherchaient à se mettre au goût dujour, aban-

Consécration d'un ordre religieux; le

pape lunocont III (H98-121G) approuve la règle de saint François d'Assise; tableau do Giotto (l'ITeiSS";), conservé à l'Académie des Beaux- Arts de Florence (d'après une pliotographie).

Cimetière monastique au XV" siècle; le peintre a représenté ici un miracle do Notre-Dame; du tombeau d'un moine, qui avait une dévotion particulière à la Vierge Marie, sortit tout fleuri un lys, fleur de Notre- Dame.

donnant les vêtements canoniques pour adopter le costume à la mode. « Un jour, c'était les poulaines; un autre, les chaperons à cornette, ou bien les fronces aux robes, les mahoitres , les garnitures de pelleterie , les couleurs voyantes, les hautes couleurs, comme on disait alors. Lorsque les houppelandes parurent, des prêtres se crurent le droit de les adopter, parce que c'était un habit long. »

(J. Quicherat.)

L'ÉGLISE AU XIV ET AU XV SIÈCLE

Juifs et hérétiques au XV^ siècle.

Condamnation de Jean Huss.

Marche de Jean Huss au supplice.

Supplice de Jean Huss.

Ensevelissement des restes de Jean Huss.

Entrée du pape Jean XXIII (1410- Ces ininiatnros sont empruntées à la chro-

1415) à Constance en 1414; au-dessus nique manuscrite d'Ulrich de Riclienthal; aujour-

du dais est représentée la' procession du d'hni conservée à l'hôtel do ville de Constance

Saint-Sacrement. (Pr\itz).

Juifs venant déliler devant le pape Jean XXIII au début du concile de Constance (I4lt).

On apportait à la décoration des vêtements sacerdotaux un luxe prodigieux ; les mitres étaient garnies de rubis, d'émeraudes, de saphirs, de diamants^ de perles ; les chappes étaient faites des plus riches étoffes que l'on pouvait alors trouver, velours ou camocas, décorées d'ornements en relief. L'inventaiie du mobilier de Charles V décrit une quantité inouïe de chappes destinées aux ecclésiastiques qui servaient la messe à la chapelle du roi ; en voici une des plus simples ; elle est de camocas blanc, brodée d'images de la vie de Notre-Dame ; elle est entourée d'une bordure ou orfroi, où sont figurés sur champ d'or des apôtres et des aigles ; l'orfroi est tout entier garni de perles. C'est encore de perles qu'on ornait les gants et les souliers épiscopaux. Hâtons-nous d'ajouter que les maux dont l'Eglise souffrit à cette date, n'ont pas trouvé de plus ardents adversaires que les

membres de l'Église elle-même, et que l'éloquence d'un Gerson, d'un Nicolas de Clémanges au xiv" siècle, d'un Savonarole ou d'un Saint- Bernardin de Sienne au xv*" siècle, s'éleva mainte fois contre ces abus.

Le luxe monastique. — Les railleries des contemporains n'épargnaient pas non plus les moines; on leur adressait les mêmes reproches qu'au clergé séculier. C'est tantôt leur recherche de l'élégance mondaine que l'on blâme ; la prieure que Chancer met au nombre des pèlerins de Cantorbéry, s'efforce de « contrefaire les manières de la cour »; et d' « être tout agréable de manières et de façons » ou bien on leur reproche de mener dans la paix du cloître une vie trop molle, comme les bénédictins italiens du xv" siècle, que l'écrivain Firenzuola nous montre « drapés dans leurs immenses frocs, chaussés d'élégantes pantoufles en cuir de Cordoue », à

La religion au XI V° et au XV^ siècle. Dieu le père; la Trinité; le Christ; la Sainte Vierge.

Le Christ en Rédempteur au XIV° siècle;

fresque de Taddco Gaddi (1300-1306) dans la cliapello del Sacro Cingolo, à la cathédrale do Pralo (d'après une photographie).

Dieu le Père au xv" siècle ; fragment du polyptyque des frères Van Eyck, VAf/neati mystique, conservé à l'église Saint-Bavon,à Gand (d'après une photographie).

La Trinité au XV^ siècle; miniature du bréviaire du cardinal Grimani, conservé à la Bibliothèque Saint- Marc, à Venise (d'après une photographie).

Le Saint-Esprit au XV siècle ; d'après un panneau du polyptyque des frères Van Eyck, représentant ÏAfjneau mystique, conservé au Musée de Berlin (d'après une photographie).

Vierge française; "Vierge française (xv« siè- ' ''^ " f Notre-Bame des Ar- Vierge à la rose;

(début du xiv siècle); cle) ; œuvre d'un sculpteur Vierge flamande (xv siècle) ; frag- dents ; statuette en bois ouvrage français du

ivoire conservé au bourguignon, conservée au ment d'un tableau de Memling (143;i-H0f), du xv« siècle conservée xv"^ siècle conservé au

Musée du Louvre. Musée de Cluny. conservé au Musée du Louvre. au Musée de Cluny. Musée de Gluny.

Tabri do Ions soucis « dans leurs belles cellules lambrissées de bois de cyprès ».

Autres emplois des richesses ecclésiastiques ; constructions; mobilier; culte. — Les dépenses de luxe n'absorbaient pas cependant toutes les richesses des prélats; ils en firent souvent un usage plus conforme à leurs devoirs ou aux

intérêts de l'Église. Beaucoup d'édifices religieux, églises, monastères, hôpitaux, maladreries, furent construits au xiv* et au xv'' siècle. Le mobilier des églises s'enrichit; les inventaires des trésors d'église de ce temps énumèrent pour chaque édifice une quantité prodigieuse d'objets du culte; les reliquaires, les encensoirs, les châsses, fabri-

L'ÉGLISE AU XIV'' ET AU XV' SIÈCLE

Le culte de la Sainte Vierge; les Anges; les Saints

L'Annonciation; ivoire Iranrais du XIV' siècle, conservé au Musée du Louvre.

Ange au XIV siècle;

reliquaire en argent conservé au Musée du Louvre (d'après une photographie do M.Giraudon).

Le couronnement de la "Vierge: ivoire français du xiv" siècle, conservé au Musée du Louvre.

Bladone italienne du xv« siècle, conservée au Musée du Louvre.

La Nativité; ivoire français du XIV siècle, conservé au Musée du Louvre.

La fuite en Egypte ; ivoire français du xiv siècle , conservé au Musée du Louvre.

Ange au XV^ siècle; faisant partie du I)olyptyque des frères Van Kyck,V Agneau mystique, panneau aujourd'hui au Musée de Berlin (d'après une photographie).

Saint Georges; statuette du XIV» siècle faisant partie d'un retable du Musée de Dijon.

Saint Jean -Bap tiste ; statue ci pierre du xiV siècle, conservée au Musée de Clunv.

SaiiiL Chiiotophe; fragment d'un tableau de Meraling (l43o- 1494), conservé à l'Académie de Bruges (d'ap. une photographie).

Saint Antoine ; fraguienl d'un tableau do IIugoVanderGoes(mort en 1482), conservé à l'hôpital de Sainte-Marie-la- Nouvelle.àFlorence(d"après une photographie).

Saint Jérôme; f

tableau de Thierry 147Ô), conservé dans Pierre, à Louvain photographie).

ragnicnt d'un Bouts (1420-

l'égliseSaint- (d'après une

Apôtres et Saints

Marie-Madeleine ; Sainte Barbe :

statuette allemande en statuette française du

Sainte Gathe- Larchange Saint Michel ; fragment rine; statuette en bois, du xv siècle, xv" siècle, conservée d'une fresque du xi\" siècle, au Campe- bois du xv siècle

Sainte Agnès ; d'après un dessin

conservée au Musée au Musée de. Gluny. Santo de Pise, représentant le Jugement conservée au Musée du peintre allemand Martin Schon-

de Cluny. gauer (1445-1401).

XII* et au xiii* siècle.

L'introduction d'orgues à demeure dans les églises au XV® siècle ajoute à la pompe des cérémonies; on multiplie les lampes et les cierges autour des autels et dans les processions. Aux anciennes fêtes s'en ajoutentde nouvelles, presque toutes destinées à célébrer quelques épisodes de la vie de la Sainte Vierge. Du xiv siècle datent en effet les fêtes de la Visitation et de l'Immaculée Conception.

Transformation de l'art religieux. — Le goût du luxe s'étendit jusqu'à la représentation des personnages divins. Peintres et sculpteurs ne voulurent point que Dieu et les saints fussent moins magnifiques que leurs ministres, et les images qu'ils en exécutèrent perdirent la majestueuse simplicité qu'elles avaient présentée aux siècles précédents. Dieu le Père fut représenté tantôt sous les traits du pape, tantôt sous les traits d'un empereur; la Sainte Vierge fut vêtue comme une grande dame ; les anges reçurent les riches dalmatiques des diacres. Le réalisme envahit ainsi l'art religieux ;

de Cluny. dernier.

qués pondant ces deux siècles, sont encore en grand nombre dans nos musées et dans nos sacristies. Ce sont de précieux ouvrages d'orfèvrerie qui reproduisent en général en petit la forme et les ornements des bâtiments religieux de cette époque. Les auteurs de ces petits monuments ont le plus souvent, conformément à ce goût du luxe alors si commun, employé à leur fabrication les matières les plus précieuses. L'usage s'établit vers cette époque d'orner les autels de grands crucifix et de les surmonter de panneaux de sculpture très fouillés, de préférence en bois, qu'on appelle retables, ou de volets couverts de peintures, qui pouvaient se replier sur eux- mêmes, qu'on appelle triptyques. C'est aussi le lemps où les chapitres de cathédrale font installer dans le chœur des stalles qui sont le plus souvent des chefs-d'œuvre de la sculpture sur bois. Les évêques revêtent les parois de leurs églises de suites de splendidcs tapisseries. L'on apporte peut-être encore plus de magnificence à la célébration du culte qu'au

L'apôtre saint Pierre et un duc :

fragment du tombeau du cardinal I,agrange, mort en 1402, aujourd'hui .tu Musée Calvet, à Avignon (d'après une photographie).

Saint Jacques le Majeur; statue du xiv»

siècle, au Musée des Augustins, à Toulouse (d'après une photographie).

L'ÉGLISE AU XI V« ET AU XV'' SIÈCLE

Les sacrements et les vertus.

Les Sacrements au XV« siècle ; le

baptême par aspersion; la continuation; la confession; fragment d'un triptyque de Roger Van m^ der Weyden (1400- 1401), conservé y^\. au Musée d'Anvers (d'après #^^ \. ""o photographie) •.

L'Extrème-onction au XV "^ siècle ; miniature du bréviaire du cardinal Griniani, conservé à la bibliothèque de Venise (d'après une photographie).

Les Sacrements au ISiW' siècle;

l'ordination, le mariage, l'extrêmeonction ; fragment d'un triptyque de Roger Van dér /\ Weyden (1400- UCt), conservé Z*\ au Musée d'Anvers (d'après /jflSll^ "i° photographie).

Les "Vertus théologales et cardinales ; d'après une miniature d'un manuscrit do la fin du xv siècle; conservé à la bibliothèque de Rouen {Annales archéologiques).

les artistes firent de saint Georges

Le Baptë ^^'^^ me au XTV' siècle; bas- ^É^ relief d'Andréa Pisano au Cam Ir panile de Florence (d'après une photographie).

un chevalier, de saint Jérôme un cardinal ; Marie-Madeleine eut l'aspect d'une élégante; saint Jacques prit le costume du pèlerin; aussi a-t-on pu dire justement que « les saints et les saintes auraient pu paraître dans un tournoi et marcher de front avec les chevaliers et les damoiselles ». (J. Crosnier.) Les mystères et les dogmes de la religion chrétienne furent représentés de telle manière

La Tempérance V'i/'' ^^ XIV* siècle ; bas-relief du >^ Campanile de Florence (d'après une photographie).

qu'il semble que l'artiste ait désiré peindre des scènes

de la vie réelle. Puis, comme si le sentiment populaire avait voulu rappeler aux prélats que toutes leurs grandeurs et leurs richesses n'étaient que vanités, c'est au xv" siècle qu'apparaissent aux murs des cloîtres, aux parois des cimetières, les Danses macabres, longues files de personnages figurant les différentes classes de la société conduites au tombeau par la mort sous les

i. On trouvera plus loin au chapitre concernant l'art en Flandre au xv' siècle, la troisième partie du triptyque de Roger Van der Weyden, représentant le sacrement de l'Eucharistie.

Album historiquk. — II. ~ 21

Paradis, Enfer et Purgatoire

Diables au XV" siècle.

Ces trois miniatures sont extraites Ou « Livre des Mi- > TiiW''»

par Jean Miélot, aujourdliiii Représentation au XV siècle du Paradis; fragment d'une fresque de Fra Angelico (1387-1455), conservée à Florence conservé au Britisli Muséum. dans la galerie antique et moderne (d'après une photographie).

Représentation au XIV" siècle de l'Enfer; miniature du manuscrit français n" 1379, conservé

à la Bibliothôque nationale.

Rej)! cs( nt.it ion ,iu XV <:ii

Purgatoire \^Li\re de;» Ahiuclui. de Notre-Dame).

La danse macabre; peinture française du xv" siècle, à l'église de la Chaise-Dieu (Haute-Loire) ; d'après les relevés de M. Lucien Giron,

conservés au Musée du Puy.

traits d'un squelette, où prennent place au pre- dotaux, papes, cardinaux, archevêques, évêques, mier rang dans leurs somptueux costumes sacer- abbés, olercs de tout degré et de toute sorte.

Majuscules du XV« siècle ;cc mot « Nous » est le premier mot d'un accord entre l'ovèque, le magistrat el le chapitre de Cambrai en 1446, aujourd'hui conservé aux Archives départementales du Nord (Musée des Archives départementales).

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