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LA VIE PRIVÉE DU XIV«= AU XV» SIÈCLE

La naissance.

Vase de la fin du Xiv siècle, considéré par Viollet-le-Duc comme un biberon (VioUet-Le-Duc).

Enfant dans son linceul d'après une pierre tombale de l'église du Mesnil-Aubry (Seine-et-Oise), datée de i422(Guilhermy).

Fou portant des enfants dans une hotte; miniature anglaise au xiv" siècle (Green).

Les premiers soins au nouveau-né au W siècle; miniature de Foucquet (1413-1480), représentant la naissance de saint Jean-Baptiste, conservée dans la collection du dnc d'Auniale (d'après une photographie).

Paysan portant des enfants dans une banne, miniature anglaise du xiv« siècle (Green).

que l'on apprit à suspendre sur des essieux dans le courant du siècle. Les grands seigneurs faisaient orner de peintures ou de tapisseries l'intérieur de ces voitures, que Ton garnissait également de couvertures et de coussins. Souvent l'état des chemins était si médiocre qu'il fallait remplacer les chariots par les litières.

Le mariage. — Dans une époque où le luxe fut aussi développé qu'au xiv" et au xv" siècle, les cérémonies de famille étaient l'occasion de longues fêtes. Le mariage était précédé au moins dans le midi de la France de la cérémonie des fiançailles; à cette occasion, les parents de la jeune fille offraient une collation à laquelle étaient conviés parents et amis. On y servait des confitures, des fruits et des gâteaux. Nous avons conservé les comptes de mariages de quelques bourgeois, notamment d'un bourgeois de Lyon en 1442. On y voit que le menu du repas de noce fut fort copieux, et la mention de rhébergement de 49 chevaux dans une petite ville des environs de Lyon nous apprend que toute la noce alla se divertir hors de la grande cité. A Paris, l'usage était de louer un hôtel où avait lieu le festin et le bal qui suivaient la cérémonie religieuse.

Le baptême. — Chez les grands, le baptême se

faisait en grande pompe. On se rendait processionnellement à l'église; trois gentilhommes marchaient en avant ; le premier portait un bassin d'argent rempli d'eau de roses ; le second un gobelet couvert et une coupe renfermant le sel ; le troisième un cierge muni d'une pièce d'or. Derrière eux, venait une demoiselle tenant dans ses bras l'enfant enveloppé dans un long manteau fourré de menu vair et recouvert d'un fin voile de soie violette. La sage-femme suivait portant le bonnet, dont l'enfant était coiffé après l'onction. Les parrains et marraines, au nombre de 4, 6 ou 8, les amis fermaient le cortège. — Chez les bourgeois, l'on ne faisait point tant de cérémonie ; mais une curieuse coutume qui leur était particulière, était la réunion autour du lit où reposait la jeune mère d'un grand nombre de commères qui lui apportaient les cadeaux les plus étranges : pâtés de poulet, pâtés de lièvre, mesures de vin, poulet rôti, miches de pain, fromage blanc, cochon de lait, queue de mouton, etc. Ayant ainsi payé leur écot, elles s'attablaient et banquetaient dans la maison même de la malade.

Les funérailles. — Quant aux funérailles, ce furent au xiv et au xv^ siècle des cérémonies somptueuses. Il était d'usage que l'ordonnance

La mort ; les funérailles.

L'ensevelissement au xv siècle; miniature

Un service funèbre au xv siècle; miuiaturo du bréviaire du cardinal Griinani (d'après une photographie).

en eût été réglée par le défunt lui-même dans son testament.

Les traits les plus fréquemment rencontrés sont les suivants. Pendant la veillée du mort, on lisait treize fois les sept psaumes; puis le matin de l'enterrement, treize messes étaient dites dans l'église où avait lieu la cérémonie. Pendant que les messes se célèbrent, le corps est porté à Féglise par ceux de ses amis, ou de ses parents que le défunt a désignés dans son testament. Des pauvres entourent le corps et portent des torches et des cierges. La

u cardinal Griniani.

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Pierre tombale dans l'église de Fouju (Seine-et-Marne), datée de 13i4 (Guiihermy).

Convoi funèbre au xv« siècle; miniature de Jean Foucquct (1413-1480), conservée dans la collection du duc d'Auniale.

verte d'un drap mortuaire , est déposée dans la nef, entourée de cierges et de pots à feu où brûle de l'encens pour combattre la mauvaise odeur du cadavre. L'église est tendue de noir; les amis et les parents vêtus de l'ample manteau noir et du capuchon rabattu sur le visage, entourent le corps. Après l'office a lieu la sépulture. Sur la fosse, le prêtre jette l'eau bénite et récite les dernières prières. La cérémonie se termine par la distribulion des toiles ayant servi à envelopper le cercueil et des aumônes prévues par le testateur.

ChapeUe ardente dans l'église de Nonnburg, près de Salzbourg , en Autriche ; ouvrage du xiv siècle (Gailhabaud).

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