Aigle et lapin. 5. Grotesque
De ces animaux, plantes et grotesques, les n°» 1 , 2, 4, 6, 7 sont tirés du Les trois ordres de la Nation, miniature de BréviairedeBelleville,les n<'s3,5,8des l'arbre des Batailles, manuscrit français de la seconde Heures du duc de Berry auxquelles a été moitié du xv» siècle à la bibliothèque de l'Arsenal. emprunté le frontispice de ce chapitre.
Page extraite du Bréviaire de Belleville, exécuté vers le milieu du xiv» siècle, conservé à la Bibliothèque nationale sous le n» 10 483 (fonds latin).
Singe.
de la seconde moitié du xv*' siècle montrèrent qu'ils savaient heureusement distribuer un plan compliqué et donner une élégante silhouette à l'édifice.
La sculpture. — Plus encore que l'architecture, la sculpture du xiv'' et du xv" siècle est orig-inale. Les
grands maîtres de l'école franco-flamande, Beauneveu, Jean de Marville, Claux Sluter, Claus de Werwe ; leurs émules français, le Moilurier, Jacques Morel, n'ont plus , comme leurs prédécesseurs le désir d'idéaliser leur modèle ; ils veulent surtout en rendre le
L'ART EN FRANCE AU XIV ET AU XV"' SIÈCLE
Jehan Foucquet (1415? — 1477 ou 1481?).
L'Ascension; miniature.
Portrait de Foucquet, émail de la seconde moitié du W siècle (Musée du Louvre).
Ces miniatures et ces peintures font partie de l'œuvre de Jehan Foucquet né à Tours vers 1415, mort entre 14T7 et 1481, « bon peintre et enlumineur du roi. » L'Ascension et le « Christ devant Pilato » appartiennent aux Heures d'Etienne Chevalier, aujourd'hui conservées à Chantilly, dans la collection du duc d'Aumale.
Le Christ devant Pilate; miniature.
Sainte Solange aux champs, miniature (Musée du Louvre).
Portrait de Charles VII (1422-1461) conservé au Musée du Louvre.
caractère individuel, le type même en fut-il vulgaire ; aussi leurs œuvres ont-elles une intensité de vie extraordinaire. Puis ils se préoccupent du détail qui achève de caractériser l'individu : l'étude fidèle du costume leur plaît; nul, parmi les sculpteurs anciens ou modernes, n'a possédé à un plus haut degré l'art de sculpter les draperies. Malheureusement les élèves de ces grands maîtres se bornèrent trop souvent à imiter les procédés de leurs maîtres et produisirent un grand nombre d'œuvres à peu près dénuées de toute originalité.
La peinture et la miniature. — La peinture
Portrait de Guillaume Juvénal des Ursins, chancelier de l''rance sous Charles VII et Louis XI (Musée du Louvre).
prit un essor
considérable au xiv** et au xv" siècle . Il faut cependant écarter deux
genres où le déclin se fait sentir; la peinture murale délaissée pour la tapisserie et le vitrail. Les nombreuses verrières de ces deux siècles sont fort remarquables par la richesse du coloris ; mais leurs auteurs perdent de vue l'usage de la simplification du trait et du modelé, multiplient dans la composition les éléments d'architecture, et s'écartent ainsi des principes mêmes de cet art. Ces pertes furent heureusement compensées par le progrès de
La peinture au XI V^ et au XV^ siècle.
Portrait de Jean le Bon ;
peinture sur bois du xiv" siôcle (Bibliothèque nationale).
La dernière communion et le martyit (U s mit Denys l'Arèopagite, premier évéquo de Paris; seconde moitié du xiv« siôcle (Musée du Louvre).
Portrait de Jean sans Peur, duc
do Bourgogne; première moitié du xv« siècle (Bibliothèque nationale).
Portraits de Jean Juvénal des Ursins, baron de Trainel, président du Parlement, mort en 1431, de sa femme Michelle de Vitry et de
leur onze enfants ; xv« siècle (Musée du Louvre).
Le Christ descendu de la Croix; au fond à gauche le Louvre ; XV' siècle (Musée du Louvre).
Les Arts libéraux, pL,.u.Liio ao .a .^ocuuJc laoiiiû du xv siècle, conservée dans la cathédrale au Puy-en-Velay.
la miniature et de la peinture de chevalet. La transformation de l'art de la miniature fut à peu près semblable à celle de la sculpture, l'époque de ce changement se place à la fin du xiv" siôcle. Les nombreux miniaturistes qui ornèrent les manuscrits de Charles Y, du duc de
Berry, du duc de Bourgogne, de René d'Anjou, substituèrent aux compositions décoratives de leurs prédécesseurs des tableaux pleins de vie et de vérité. Les fonds formés de rinceaux ou de dessins géométriques analogues à des draperies tendues derrière les personnages, furent rem-
L'ART EN FRANCE AU XIV ET AU XV SIÈCLE
La peinture au XV^ siècle.
Le Buisson ardent, triptyque de Nicolas Froment, peintre de la fin du xv siècle, conservé dans la cathédrale d'Aix ; ce tableau a longtemps passé pour être l'œuvre du roi René; sur le volet do gauche est représenté le roi René ; sur celui de droite, sa femme Jeanne de Laval.
Le Clirist mort; xv- siècle.
La Vierge entre deux donateurs ; œuvre Portrait de Pliilippe le Bon, duc de Bourgogne de Jean Perréal, dit Jean de Paris, contempo- (1396-1467); seconde moitié du xv« siècle,
rain de Charles VIII et de Louis XII. Ces trois tableaux sont conservés au Musée du Louvre.
placés par des paysages, des vues de villes ou d'intérieur; les personnages se multiplièrent et perdirent leurs attitudes et leurs gestes volontairement simplifiés; le cadre des miniatures s'agrandit et la foule entra dans ces petits
tableaux. La variété des illustrations, la sûreté du dessin, l'habileté de la composition, l'éclat et la fraîcheur du coloris, l'étonnante fécondité d'imagination dans les motifs d'ornementation, une spirituelle fantaisie caractérisent les plus
La peinture, le vitrail et le dessin au XIV® et au XV® siècle.
Portrait du roi René d Anjou (UU'J-lisù), attribué à Nicolas Froment; fin du xv« siècle (Musée du Louvre).
Portrait de Jeanne de Laval, femme de René d'Anjou, attribué à Nicolas Froment; fin du xv« siècle (Musée du Louvre).
Portrait d'Anne de France, duchesse de Bourbon, Anne de Beaujou, flllo de Louis XI (1402-1522); fin du xv= siècle (Musée du Louvre).
mÊmm
Pierre tombale de la première moitié du xiv« siècle dite de la mère et des filles, conservée à l'église Saint-Etienne, à Ghâlons-sur-Marne (Annales archéologiques).
beaux manuscrits de ce temps. L'histoire de la peinture de chevalet revêt à peu près les mêmes caractères ; cette forme de l'art français atteint, au moyen âge, son apogée dans la seconde moitié du xv^ siècle
Monnaies d'or de SybilledeCumes;pein- Monnaies d'or do Phi- Philippe YI (1327- ture murale de la fin du lippe IV(1284-13!4). 1351). xv= siècle à la cathédrale
d'Amiens (Gélis-Didot).
Ces monnaies, introduites ici à cause de leur remarquable valeur artistique, sont conservées au Cabinet des médailles.
Pierre tumulaire de la fin du xiv« siècle, conservée dans l'église de Soisy-sous-Étioles, dans le départsment de Seine-et-Oise (da Guilhermy).
Vitrail du xv siècle, dans la cathédrale do Tours, représentant le blason de Renaud de Chartres, archevêque de Reims et chancelier de France sous le règne de Charles VII (de Lasteyrie).
avec le Tourangeau Jehan Foucquet, aussi remarquable comme miniaturiste que comme peintre.
Ce grand artiste est le digne précurseur de nos maîtres classiques ; il a, comme
L'ART EN FRANCE AU XI V« ET AU XV« SIÈCLE
Les arts mineurs au XI V^ et au XV^ siècle.
La Vierge et l'enfant Jésus: statuette d'ivoire ; début du xiv siècle ( Musée du Louvre).
FrayiUi,iiL d. une tapisserie française de la fin du xv« siècle, dite de la Dame et la Licorne (Musée de Cluny).
Ouvrage d orfèvrerie, offert à Charles VI par Isabeau de Bavière en J40i, conservé aujourd'hui àAltôttingenBaviôre, appelé en Allemagne dai goldene Rœssel (le petit cheval d'or).
Statue de la Vierge eu argent doré donnée par la reine de France Jeanne d'Evreux, veuve de Charles lV,à l'abbaye de Saint-Denis en 13.S9 ( Musée du Louvre).
Fragment d'un devant d'autel dessiné sur toile, donné par Charles V à la cathédrale de Narbonne (Musée du Louvre).
Épi de plomb
du xv siècle; cathédrale d'Amiens (Viollet-Le-Duc).
Crosse en cuivre ; XIV' siècle (Musée de Cluny).
Fragment du retable en bois peint et doré dit « chapelle portative des ducs do Bourgogne >> sculpté de 1390 à 1399 par Jacques de Baerze, aujourd'hui au Musée de Dijon.
Sceptre en or
repoussé et ciselé orné de pierres fines , exécuté pour Charles V (Hasée da LouTrr).
Reliquaire d'argent doré ; XV" siècle (Musée du Louvre).
Les arts mineurs au XIV^
et au XV^ siècle.
Triptyque d'ivoire de la seconde moitié du XIV» siècle représentant différentes scènes do la vie do Jésus-Christ (Musée de Cluny).
Sceau de Charles VI Sceau de René d'Anjou
Ces sceaux sont conservés aux Archives nationales.
Panneau de bois sculpté du xv« siècle (Musée de Gluny).
Couvercle en ivoire du XiV siècle d'une boîte à miroir représentant un tournoi (Musée du Louvre).
Bahut du commencement du xiv siècle (Musée de Cluny).
Couvercle en ivoire du xiv siècle d'une boîte à miroir représentant un tournoi (Musée du Louvrel.
Fermoir d'aumôniëre en ferronnerie ; xv s. (Musée du Louvre).
eux dans les miniatures du livre d'Heures d'Etienne Chevalier, la science de la composition et le sentiment dramatique ; ses portraits montrent une rare intelligence du modèle ; il a le dessin précis et ferme, sans sécheresse, et son coloris est naturel et chaud. Les arts mineurs. — Les arts secondaires ou mineurs conservèrent au xiv'^ et au xv'' siècle la faveur qu'ils avaient eue aux siècles précédents et les plus humbles artisans continuèrent d'être des artistes. Deux branches se développèrent particulièrement, l'orfèvrerie et la tapisserie. L'orfèvrerie cessa d'être exclusivement religieuse. Les ouvrages d'orfèvrerie furent extrêmement recherchés des princes et des bourgeois, et il fallut
Pavé de carrelage du xv" siècle (Musée de Sèvres).
Médaillon en terre cuite de la lin du xv"' siècle (Musée de Sèvres).
pour satisfaire les goûts de cette riche clientèle créer des modèles dont l'inspiration fût toute laïque. Le joyau d'Altotting est un des rares spécimens qui nous permettent aujourd'hui de juger les produits de cette branche d'art, où descriptions conservées dans les inventaires, les artistes purent donner toute carrière à leur imagination. Les tapissiers de Paris, dont le plus célèbre est Nicolas Bataille, ne furent pas moins célèbres que les orfèvres; il nous reste peu de tapisseries d'inspiration purement française; celles que nous possédons encore accusent un art plus châtié et plus élégant que celui des tapisseries flamandes de la même époque.
d'après les
Le << Dombild
tableau de Stéphan Locbner, peintre allemand mort en 1432, représentant l'Adoration des Mages (cathédrale de Cologne).