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CHAPITRE PREMIER

La France et l'Angleterre aux XIV' et XV' siècles. Les Rois; la Cour; les Capitales; Les grands corps de l'État.

Sceau de Philippe le Bel, roi de France

Sceau de Philippe VI de Valois,

roi de France (132S-I')oO).

Un roi de France au XIV^ siècle ;

statue funëraire de Pliilippo VI do Valois, à l'abbaye de Saint-Denis.

Les armes de France, d'après une miniature de la fin du xv siècle représentant deux anges soutenant un écusson aux armes do France entouré du collier de l'ordre de Saint-Michel; do ces deux anges, celui de droite tient l'orirtamnie, celui de gauche tient la bannière; au .sommet, on lit la devise Saint-Denis Montjoio (d'après le manuscrit n' 1818V do la Bibliothèque nationale, faisant partie de la collection des manuscrits du sire de Gruthuyse).

Un roi d'Angleterre au XIV' siècle ;

statue funéraire d'Edouard II, à l'abbaye de Westminster.

Sceau de Jean le Bon, roi de France (1350-1364).

Écusson ècartelè aux armes de France et d'Angleterre, suivant la coutume prise par les rois d'Angleterre pour affirmer leurs droits à la couronne de France après l'avènement de Philippe V^I en 1328 ; d'après une balustrade à Westminster-hall (Pugin).

Sceau de Charles V, roi do Franco

Les originaux de ces sceaux sont conservés aux Archives nationales à Paris.

Les princes français; le sacre.

Un roi de France au XIV" siècle, en costume d'apparat; statue funéraire de Charles V, à l'abbaye de Saint-Denis.

Un roi de France au XIV'' siècle, en costume d'apparat; statue funéraire de Charles VI, à Saint-Denis.

Une reine de France au XIV' siècle; statue funéraire de Blanche d'Évreux, femme de Philippe Xi, à l'abbaye de Saint-Denis.

Le sacre d'un roi de France au XV'' siècle, d'après une miniature du manuscrit français n" 2590 à la Bibliothèque nationale, écrit au XV siècle, représentant le sacre de Charles VI dans la cathédrale de Reims; l'archevêque de Reims oint le jeune prince tandis qu'un des pairs laïques place sur sa tête la couronne royale ; à droite sont rangés les pairs ecclésiastiques; à gauche les pairs laïques; sur le premier plan se tiennent les oncles du roi.

Une reine de France au XV'' siècle, statue funéraire d'Isabeau de Bavière, à l'abbaye de Saint- Denis.

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L'onction royale auXFV» siècle, d'après une miniature du xiv» siècle représentant le sacre de Charles V à Reims. L'archevêque oint la poitrine du roi avec une goutte du saint chrême tiré de la sainte ampoule (Recueil do Gaigniôres).

Couronnement d'une reine de France au XIV'' siècle, d'après une miniature du manuscrit français n» 2813 de la Bibliothèque nationale (xiv° siècle), représentant le couronnement de Jeanne de Bourbon, femme de Charles V.

Couronnement d'un roi de France au XIV« siècle, d'après une miniature du manuscrit français n" 2813 de la Bibliothèque nationale (xiV siècle), représentant le couronnement de Charles V.

L\ FRANCE ET L'ANGLETERRE. — LES ROIS

Insignes royaux français.

Couronne de Bèatrix de Bourbon,

femme de Jean de Luxembourg-, roi de Bohême, mort à Gri^ev.

Couronne de Charles V.

Couronne de Philippe V.

Ces trois couronnes ont été restituées par Viollet-Le-Duc, d'après les statues funéraires de Saint-Denis; il ne reste aucun original des nombreuses

couronnes portées par les rois de France au xiV et au xv siècle.

Un trompette royal aux armes de France an XV" siècle, d'après une miniature du manuscrit français n°2til3 de la Bibliothèque nationale (XV siècle).

Un trône royal au XrV' siècle, restitué par Viollet-Le-Duc, d'après un sceau de Charles Y.

Une reine de France au XTV* siècle, statue funéraire de .Jeanne de Bourbon, femme de Charles V, à Saint-Denis.

La vie de cour au XIV" et au XV" siècles. — Au xiv'' et au xv*" siècles en France comme en Angleterre, le costume et les insignes des rois restent à peu près les mêmes que dans les siècles précédents; les modifications introduites dans la forme des couronnes, dans le style des trônes ou dans le travail des sceaux ne sont que des transformations de détail et correspondent aux développements de l'art pendant cette période. Ce qui se modifia le plus, ce fut la vie de cour. Le fait est plus sensible peut-être en France qu'en Angleterre; au xii" siècle, la cour des Plantagenets était^ en effet, beaucoup plus brillante que celle des Capétiens. Au xiii*" siècle, Saint-Louis, tout en sachant conserver le prestige de la couronne, avait encore de préférence une vie simple et modeste. Au xiv'' siècle, au contraire, la vie de cour devient avec les Valois, extrêmement fastueuse ; les rois de France rivalisent de luxe avec leurs voisins les rois d'xAngleterre; Charles Y, si

ménager des deniers de l'Etat, étale au besoin le même faste que le prodigue Edouard IIL Les modes chevaleresques, également répandues dans la haute société des deux royaumes, donnent aux deux cours le même aspect; et Jean le Bon, exilé à Londres, retrouve auprès d'Edouard III les plaisirs qu'il goûtait passionnément dans son propre entourage. Aussi, pour retracer l'aspect de la cour de France et de celle d'Angleterre au xiv^ etauxv" siècle, est-on autorisé à choisir indistinctement des exemples dans riiistoiro de l'un ou de l'autre de ces deux pays.

Le luxe dans le costume. — Le luxe des princes se révèle d-ans leur costume, leur mobilier, leurs résidences, le cortège et les fêtes qui deviennent l'élément principal de la vie de cour. Ce n'est pas dans le costume d'apparat, qui demeure à peu près le même qu'aux siècles précédents, que ce luxe se manifeste surtout ; c'est dans le

Résidences royales françaises.

Le Louvre sous Charles V, d'après la restitution de M. Hoflfbauer. L'édifice entier était compris dans la cour du I^ouvre actuel. Une bande de marbre blanc, encastrée dans lo pavé de la cour, en marque aujourd'hui l'emplacement. Aucun débris n'a subsisté de ce palais.

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Le château de 'Vlncennes, résidence favorite de Charles V, tel qu'il existait encore au xvr siècle, d'après un dessin d'Androuet du Cerceau.

vêtement ordinaire. La garde-robe d'un roi de France comprend un nombre considérable de costumes tous ricbement ornés. En moins de cinq mois, Jean le Bon se fit faire huit habillements complets composés de quatre à six pièces chacun. La mode était alors de garnir de fourrures les différentes pièces du vêtement. Pour le costume que Philippe le Long se fit faire pour la fête de Noël en 1356, on employa 964 ventres de menu vair; tel vêtement de Charles VI exigea 3412 ventres de la même fourrure. Nous avons conservé différents inventaires des richesses de Charles V : l'on y voit que ce prince possédait quarante-sept couronnes ; «latrèsgrant, très belle et meilleur couronne du Roy, laquelle il a fait

faire » était décorée de 324 pierreries, rubis balais, saphirs, perles et diamants.

Le luxe dans le mobilier. — Le même inventaire énumère une quantité prodigieuse de pièces d'ameublement tant en vaiselle d'or et d'argent, qu'en meubles et « chambres ». On appelait de ce nom « l'ensemble des étoffes et tapisseries qui garnissaient les murs et les lits d'une chambre à coucher » (Douët d'Arcq), et Christine de Pisan, célébrant la magnificence du prince vante « les nobles parements d'or et de soie ouvrés de haute lice, qui tendus étaient par ses parois, et ses riches chambres de velours brodées de grosses perles d'or et de soie, de plusieurs étranges devises, les ornements de partout, les draps d'or tendus,

LA FRANCE ET L'ANGLETERRE. — LES ROIS

Scènes de la vie royale en France au XI V^ siècle.

La naissance d'un enfant de France au XIV' siècle, d'après une miniature du XIV' siècle représentant la naissance de saint Louis.

Un mariage royal à la cour de France au XrV" siècle, d'après une miniature du xiv" siècle représentant le mariage do Philippe le Bel et de Blanche de Navarre.

Le lit royal, d'après une miniature du XIV* siècle oti l'on voit saint Louis se faisant donner la discipline. Le couvre-pied du lit porte, comme tous les objets appartenant au roi, les fleurs de Ivs.

Un baptême à la cour de France au XTV* siècle, d'après une miniature du XIV» siècle représentant la procession du baptême de Charles de France, fils de Charles V.

Funérailles royales à la cour de France au XTV" siècle, d'après une miniature du xiV siècle représentant les funérailles de la reine Jeanne de Bourbon, femme de Charles V.

La reine Isabelle d'Angleterre faisant ses adieux à son père, Philippe le Bel,

d'après une miniature du xiv« siècle.

Un roi de France recevant un messager auXIV' siècle, d'après une miniature du xiv siècle.

Les scènes de la vie royale au xiv siècle, en France, représentées ci-dessus, sont empruntées au manuscrit français n'>2 813 de la Bibliothèque nationale, connu sous le nom de manuscrit des Grandes Chroniques de Saint-Denis, rédigé et enluminé sous le règne de Charles V.

Sergents d'armes de la cour de France au XI"V' siècle, d'après une miniature du xiv« siècle.

pavillons et cieux sur

ces hauts dais et

chaires couvertes; la

vaisselle d'or et d'argent, grand et pesant de

toutes façons, en quoi l'on était servi par les

tables; les grands dressoirs couverts de flacons

d'or, coupes et gobelets et autre vaisselle d'or et pierrerie, » Le résultat de ce luxe, que celui des seigneurs rendait d'ailleurs nécessaire, fut de grever considérablement le budget des princes; pendant le xiv® et le xv® siècles, les comptes de l'office chargé spécialement de l'entretien de la

Scènes de la vie royale en France au XIV^ et au XV^ siècles.

Une entrée royale au XIV siècle, d'après une miniature du xiv siècle empruntée au manuscrit français n° 2 813 de la Bibliothèque nationale, représentant l'entrée de l'empereur d'Allemagne, Charles IV, oncle du roi de France Charles V, à Paris. L'empereur d'Allemagne a, à sa gauche, le roi de France, à sa droite son tils, le roi des Romains.

Funérailles d'un roi de France au XV' siècle,

d'après une miniature duxv'siècle empruntôeaii manuscrit français n» 2 691 de la Bibliothèque nationale (Chroniques de Froissarl); elles représentent les funérailles de Charles VI.

Création de l'ordre de l'Étoile par Jean le Bon, d'après une miniature du manuscrit français n° 2 81.) de la Bibliothèque nationale.

Un hommage au roi de France au XIV» siècle, d'après une miniature du nianusrrit français n» 2 813 de la Bibliothèque nationale représentant l'hommage d'Edouard III à Philippe VI.

maison royale, Vargenterie se soldèrent en général par un excédent de dépenses deux ou trois fois supérieur à la recette.

Le cortège royal. — Le nombre des personnes qui, vivant auprès du roi, composent sa cour, s'accroît considérablement. Les services qui composent l'hôtel du roi ne changent pas ; mais ils comprennent un personnel plus nombreux. Déjà en 1316, la maison du roi avait à nourrir chaque jour 164 personnes; celle de la reine, 162; celle des enfants de France, 42. Lorsque Charles Yva au devant de son oncle, l'em-

Une entrevue prinoière au XV' siècle, d'après une miniature du manuscrit français n" 2 643 de la Bibliothèque nationale (Chroniques de Froissart); elle représente Charles le Bel, roi de France, recevant la reine d'Angleterre ; les personnages sont revêtus do costumes du xv s.

pereur d'Allemagne, Charles IV, sa maison met une demi-heure à sortir du Palais. Edouard III passant en France emmène avec lui trente fauconniers.

Le cortège royal, dans les occasions d'apparat, devient ainsi une procession magnifique. Charles V s'avance, environné de « très grande compagnie de barons et princes et gentilhommes bien montés et en riches habits, lui assis sur palefroi de grand élite, tout temps vêtu en habit royal, chevauchant entre ses gens, si loin de lui, par telle et si honorable ordonnance

LA FRANCE ET L'ANGLETERRE. — LES ROIS

Scènes de la vie royale; les grands corps de l'État en France.

Monnaie d'or de Philippe VI, roi de France (1328-1350).

Monnaie de billon de Jean le Bon, roi de France (1350-1364)

Monnaie de billon de Phi- Monnaie de billon de Charles V. lippe IV le Bel, roi de France roi de France (1364-1380)

Monnaie d'argent de LouisXI, Monnaie de Charles Vn,

roi de France (1460-1483). roi de Franco (14i2-l460;.

Les originaux de ces monnaies sont conservés au Cabinet des Médailles, à Paris.

Un lit de justice au Parlement au XV° siècle, d'après une miniature de Jean Fouqiiet conservée à la Bibliothèque royale de Munich et représentant Charles VII présidant le procès o(i fut condamaé le duc d'Alençon. Au t'ond de la salle, sous un dais, est assis le roi, à ses pieds, le chancelier. L"œuvre de l'artiste n'est pas d'ailleurs tout à fait conforme au procès-verbal de cette assemblée.

Sceau de Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel (Archives nationales).

Une fête à la cour de France au XIV« siècle, d'après une miniature du manuscrit français n» 2813 de la Bibliothèque nationale représentant l'entremets du festin offert par Charles V à son oncle, l'empereur d'Allemagne Charles IV. Debout à la table on voit : l'empereur d'Allemagne, le roi de France, le fils de l'empereur d'Allemagne et quelques évêques. En avant de la table est un écuyer tranchant, puis, sur un navire, Pierre l'Ermite, et à droite les chevaliers faisant le siège de Jérusalem. Ces sortes de pantomimes militaires se jouaient dans l'intervalle des services, d'od le nom qui leur était donné d'entremets.

Les Fêtes à la Cour de France; la Justice.

Une entrée de prince à la lin du XiV siècle. On a essayé de roprèsonler ici, à l'aide des renseignements si détaillés que donne Froissart, un des épisodes de l'entrée solennelle ilc la reine Isubeau à Paris en 1382. Auprès de la porte Saint-Denis avait été dressé un échafaudage oii l'on voyait Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit entourés d'anges. Lorsque la reine eut passé la porte Saint-Denis, la litière où elle était portée s'arrêta devant l'échafaudage et deux anges descendirent, apportant à la reine une splendide couronne.

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Gens de Conseil au XI"V" siècle, d'après une miniature du XIV siècle du manuscrit français n° 9106 de la Bibliothèque nationale.

Le supplice de la pendaison au XrV" siècle,

d'après une miniature du xiv» siècle empruntée au manuscrit français n» 2 813 do la Bibliothèque nationale.

Une séance au Parlement au XI'V'' siè- ! cle, d'après une miniature du xiv siècle représentant le procès de Robert d'Artois sous Philippe 'VI de Valois: à droite et à gauche du roi sont assis les pairs (Recueil de GaiRuières).

que, par l'orné maintien cle son bon ordre, bien pût savoir et connaître tout homme, étranger ou autre, lequel de tous était le roi » (Christine de Pisan). Devant le prince, des officiers de sa

maison portent les fleurs de lys, le manteau d'hermine, l'épée et le chapeau royal « selon les nobles anciennes coutumes royales ».

Les résidences royales. — Pour loger

LA FRANCE ET L'ANGLETERRE

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