LES ROIS
La justice en France.
Un jugement à la fin du XV' siècle, d'après luio miniature do la llu du XV" siècle empruntée à un manuscrit de la Bibliothèque nationale (I.ouandre).
Une exécution capitale au XV" siècle, d'après une miniature du xv siècle empruntée au manuscrit français n° 2644 delà Bibliothèque nationale (Chroniques de Froissart), représentant l'exécution do Guillaume de Pommiers et de son clerc, décollés à Bordeaux par ordre du lieutenant du roi d'Angleterre en 1317.
tout ce monde, il fallut aux rois des résidences plus vastes que celles de leurs prédécesseurs. Ce n'est pas qu'en ces deux siècles les princes français et anglais aient eu des lieux de séjour absolument fixes ; on les voit, au contraire, fréquemment changer de demeure. Dans la vingthuitième année de son règne, Edouard I" changea soixante - quinze fois de domicile, c'està-dire en moyenne trois fois par quinzaine ; Philippe le Bel eût au moins douze résidences différentes. Cependant leurs successeurs eurent une vie moins nomade ; Edouard F' lui-même et ses suc-
Albl'm historique. — H.
La grande salle du Palais de
B(;i telle qu'elle était encore au xvi'' du Cerceau. C'était dans cette salle de la cour de France.
cesseurs agrandirent Windsor ; Philippe le Bel et Jean le Bon donnèrent une grande extension aux bâtiments du Palais élevés par saint Louis dans la cité. En France, Charles V fut le roi bâtisseur par excellence ; il reconstruisit le Louvre, fit de nombreuses conslructions dans l'hôtel Saint-Pol, édifia les châteaux de Yincennes, de Beauté-sur-Marne, de Montargis, etc.
Parmi ces édifices, les uns furent encore de véritables forteresses féodales, comme le Louvre ou Vincennes ; les autres, comme l'hôtel Saint-Pol, 'étaient d'élégantes maisons d'habitation. L'hôtel
justice, construite par Philippe le siècle, d'après un dessin d'Androuet que se donnaient les grandes fêtes
L'administration en France.
Héraut d'armes au XIV» siècle, d'après une miniature du manuscrit français n" 2 813 do la Bibliothèque nationale.
Sergents d'armes de la cour de France au XI'V" siècle.
Ces deux figures sont empruntées à une pierre gravée provenant de l'église Sainte-Catherine du Val-des-Écoliers, à Paris, et conservée aujourd'hui à l'abbaye de Saint-Denis.
Jeton de la Chambre des Comptes du duché de Bourgogne (w siècle), conservé aux Archives nationales.
Un conseiller du roi de France au Parlement au XI'V' siècle, d'après une pierre tombale (Recueil de Gaignières).
Le roi de France présidant la Chambre des Comptes au XV° siècle, d'après une miniature représentant Charles VIT à Nancy présidant la Chambre dos Comptes; l'original est conservé aux Archives nationales (du Sommerard).
Un conseiller du roi de France au Parlement au XIV« siècle,
d'après le portrait de Bureau de la Rivière, conseiller de Charles V, à la cathédrale d'Amiens.
Le roi de France présidant le Conseil au X'V' siècle,
d'après le manuscrit français de la Bibliothèque nationale, n» 6 465. Le roi, placé sous un dais, est revêtu du manteau royal de drap azur semé de fleurs de lys d'or, fourré d'hermine.
Saint-Pol, fort célèbre en France au xiv^ siècle, se composait de plusieurs hôtels, environnés de vastes jardins où l'on trouvait une cerisaie fameuse, des fontaines, des viviers, des volières et des ménagères. Habité régulièrement par Charles V et Charles VI, il ne fut plus ensuite qu'accidentellement la résidence des rois de
France qui s'installèrent désormais de préférence, quand ils séjournèrent à Paris, dans l'hôtel des Tournelles.
Les fêtes. — Ce sont surtout les fêtes de la cour qui montrent dans son éclat le luxe des princes du xw et du xv' siècle. L'histoire de l'Europe a présenté rarement des fêtes aussi
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Paris au XIV© et au XV© siècle.
Vue de Paris au XV siècle, d'après une miniature du fameux missel de Juvénal des Ursins représentant une procession passant sur la place de Grève. On voit au fond la Maison aux Piliers sur l'emplacement de laquelle s'élève aujourd'hui l'Hôtel de Ville, le bord de la Seine et l'extrémité Est de la Cité avec Notre-Dame. L'original de ce précieux manuscrit a été brûlé pendant la Commune.
Tour dite de Jean sans Peur, à Paris. C'est le seul débris qui subsiste de l'habitation des ducs de Bourgogne à Paris et l'un des restes, bien rares en cette ville, de la plupart des grands hôtels de cette époque, qui faisaient l'admiration d'un des chroniqueurs de ce temps, Guillebert de Metz.
somptueuses que celles de cette curieuse époque. Tout y fut prétexte à réjouissances ; les événements de la vie privée, baptêmes, mariages ou funérailles, comme ceux de la vie publique, couronnements, signatures de traités de paix, réceptions d'ambassadeurs , prestations d'hommag-e, surtout entrées de princes et de princesses dans leurs bonnes vill.es. Presque toutes ces fêtes présentent à peu près les mêmes caractères ; ce sont, dans la rue, de longs cortèges oii prennent place les prélats, les seigneurs, les membres des corporations parés de leurs insignes , revêtus de leurs plus brillants costumes. Aux entrées de princes, la fantaisie des habitants se donne surtout carrière ; ils tendent les murailles de leurs maisons de riches tapis ; sur les ponts, ils jettent d'une maison à l'autre de somptueuses tentures, qui forment un passage couvert; le sol est jonché d'herbes odoriférantes. Auprès d'une porte, ils ont élevé un échafaud où des enfants et des jeunes filles costumés en ange complimentent le prince, au son des instruments de musique ; plus loin, l'on rencontre un château fort, dont le siège
est simulé ; ailleurs, l'on a installé une ménagerie ; puis ce sont des fontaines d'où coulent à profusion le vin et l'hypocras. Le cortège rentre au palais et y trouve de nouvelles réjouissances. Un festin splendide est préparé ; lors de la réception à Paris de l'empereur d'Allemagne Charles IV par Charles V, le roi avait fait ordonner quatre services de quarante paires de mets chacun; toutefois, pour ne point fatiguer l'empereur « qui trop longtemps eut sis à table, en fit le roi ôter une assiette, » c'est-à-dire un service, « et n'en servit-on que de trois qui furent de trente paires de mets. » Ces longs repas sont coupés d'entremets ; ce sont de véritables pantomimes. Dans la salle du festin Ton a édifié un château représentant .Jérusalem ; il est défendu par des Sarrasins : un vaisseau mu « par des gens qui couvertement étaient dedans » et même si légèrement « qu'il semblait que ce fut une nef flottant sur l'eau » amène au pied du château, Pierre l'Ermite et douze chevaliers qui trouvèrent devant l'édifice d'autres compagnons; les uns et les autres « par belle et bonne ordonnance
Paris au XVe siècle.
Le Temple en 1450, d'après la restitution de M. lloffbauer. On la fameuse tour du Temple où fut enfermé Louis XVI:
vinrent donner assaut à ladite cité et longuement l'assaillirent, et y eut bon ébattement de ceux qui montaient à l'assaut et à l'écbelle. » Une autre fois, c'est la prise de Troie que l'on représente. Des bals continuent ces fêtes ; ceux qui tes donnent et ceux qui en sont l'objet échangent de riches cadeaux. L'o^ demeure confondu à la lecture de ces récits, de l'argent que durent engloutir ces réjouissances, du temps que leur préparation dût coûter, et parfois des accidents qu'elles causèrent ; car, il n'y a guère de récit qui ne
voit à droite de l'église et en arrière de la muraille d'enceinte elle fut détruite seulement au début de ce siècle. '
mentionne la mort de quelques personnes, occasionnée « par la trop grande presse ou la trop grande chaleur qu'il y eut lors ».
Les grands corps de l'État. — La puissance des rois s'étant accrue, les corps de l'État, qui tiennent d'elle leur autorité, prennent une place plus considérable dans la société. Les conseils et les tribunaux cessent d'accompagner les rois dans leurs déplacements. La chancellerie anglaise se fixe sous Edouard III à AVestminster où ont lieu régulièrement les assemblées du Parlement ; en
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Les rois anglais; le couronnement; insignes royaux.
Un roi d' Angleterre en costume d'apparat au XIV' siècle, d'apn's une miniature représentantundes saints patrons lie Richard H. dans le costume d'un roi anglais au xiv« siècle (Green).
IJn roi d'Angleterre en costume d'apparat au XIV»
siècle; statue funéraire d'Edouard III à l'abbaye de Westminster (Stothard).
Un roi d'Angleterre en <x>stunie d'appaittt •au XIV' siècle, d'aprèsune miniature représentant Richard 11 entouré de ses patrons. 11 porte un riche manteau curieusement orné de cerfs enfermés dans des cercles (GreeD).
Une reine d'Angleterre au XIV' siècle : statue funéraire de Jeanne de Navarre, femme de Henri IV, à l'abbaye de Westminster (Stothard).
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Un roi d'Angleterre au XV' siècle en costume d'apparat : statue funéraire de Henri IV', roi d'Angleterre, à l'abbaye de Westminster (Stothard'.
Un hommage au roi d'Angleterre au XIV' siècle, d'après une miniature du xiv' siècle repr<^sentant le prince Noir prêtant hommage à son père Edouard 111 pour le ducliid'Aquitaine (Stothard».
Couronne d'un roi anglais au XV' siècle.
d'après la statue funéraire de Henri IV. roi d'Angleterre (Stothard).
Sceptre d'un roi anglais au XIV' siècle.
d'après la statue funéraire d'Edouard II (Stothard).
Couronnement d'un roi d'Angleterre au XIV' siècle.
d'après \ine miniature du xiv siècle conservée à Cambridge et [représentant" (Green).
le couronnement d'Edouard II ou d'Edouard III
Sceau d'Edouard I"^ (1-272-130';) roi d'Angleterre (Green).
Monnaie d'or d'Edouard IV, roi d'Angleterre (1461-1483).
Sceau de Henri VI H-lMiTI), roi d'Angleterre (.\rchives nationales).
Résidences royales anglaises; Londres au XlVe siècle.
Sceau d'Edouard III,
roi d'Angleterre (1327-1377).
Tour élevée par le roi Edouard m au château de Windsor (Wyatville).
ha tour des LoUards à Londres .construite au xv« siècle.
Les originaux de ces sceaux sont conservés aux Archives g^g^^ ge^ret de Henri V, roi nationales, à Pans. d'Angleterre (1413-1422).
La grosse tour du cbâteau de Windsor, élevée par Edouard IIL (d'après une photographie).
France, Philippe le Bel établit dans le Palais des Rois les différentes cours de justice. Les membres de ces cours ont, dès le xiv* siècle, un costume spécial. Les g-ens de conseil portent de préférence la robe longue; les conseillers laïques au Parlement de France ont la robe écarlale ; c'est aussi la couleur de la robe des magistrats anglais au banc du Roi ; les conseillers clercs au Parlement ont la robe violette ; le premier président a en outre sur sa robe trois galons d'or et trois bandelettes de fourrure blanche, et porte le chapeau rond, de velour noir, garni dans le haut d'un galon d'or et placé sur un grand chaperon fourré. Le chaperon est aussi la coiffure
Le château de Caernarvon ; ce château est un des plus puissants parmi ceux qu'Edouard I" fit construire pour maintenir les Gallois dans l'obéissance (d'après une photographie).
des conseillers et des avocats ; ceux-ci ont la robe noire. Les huissiers ont la robe rouge et le chapeau de drap d'or fourré avec la plume garnie de perles. Présidents et conseillers siègent sur de hauts bancs recouverts d'une tapisserie ornée de fleurs de lys ; les sièges sont placés de chaque côté de la salle, désignée sous le nom àe parc ou parquet, à cause de la barre de bois qui sépare les « maîtres » du reste de l'assistance. Dans un angle est une estrade réservée au roi. Quant il vient présider un lit de justice, il s'y place sous un dais tendu de draperies semées de fleurs de lys d'or, ayant auprès de lui le dauphin, à ses pieds le chancelier, à sa droite les princes et
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Londres au XlVe et au XVe siècle.
Chaire ayant servi au cou ronnement des rois d Angle terre depuis iilî jusqu'à nos jours et couservée à l'abbaye de Westminster (d'après une photographie).
les grands seigneurs, à sa gauche les prélats; sur un second banc, les plus hauts dignitaires du parlement et enfin au troisième rang, sur d'autres bancs, les conseillers clercs et laïques, les uns à gauche, les autres à droite, chacun selon son titre. Les capitales : Londres et Paris. — Les édifices où s'établirent ces grands corps comptèrent bientôt parmi les principales curiosités des capitales des deux royaumes. L'étranger qui venait à Londres visitait le Westminster-
Vue de Londres à la fin du XV" siècle, d'après une miniature d'un manuscrit conservé au British Muséum; on voit au fond le fameux pont de Londres (Green).
La grande salle de "Westminster à Londres par Richard II (Villars).
Hall; à Paris, princes et simples particuliers allaient admirer la grande salle du Palais. Les deux capitales s'enrichirent d'ailleurs au xiv^ et au xv" siècle de nombreux monuments. Les habitants de Londres montraient avec orgueil leur belle cathédrale de Saint-Paul, construite au début du xiv" siècle; mais ils étaient plus fiers encore de leur pont, de construction plus ancienne, mais qui était alors dans tout l'éclat de sa célébrité. « Parmi les merveilles les plus
Le Guildhall à Londres, salle des magistrats municipaux de Londres, construite au xv siècle, l'un des rares monuments du xv" siècle qui existent encore à Londres (Villars).
belles et les plus extraordinaires, écrivait encore au xvi" siècle un auteur anglais, aucune, il mesemble, n'est comparable au pont de la Tamise. On dirait une rue continue garnie des deux côtés de hautes et imposantes maisons. Cette rue est supportée par vingt arches faites d'excellentes pierres de taille ; chaque arche a soixante pieds de haut et vingt au moins d'ouverture. » Les quatre ponts qui reliaient à Paris les rives de la Seine étaient moins célèbres, quoiqu'ils fussent, eux aussi, « bien maisonnés » . Mais il y avait à Paris bien d'autres sujets d'admiration ; la rive droite se couvrit alors surtout de nombreux bâtiments, églises, hôtels de princes. Déjà, au début de xiv® siècle, un écrivain dont le nom est resté inconnu, décrivant Paris, s'écriait : « Que de grands et beaux hôtels de riches fameux! Les uns sont ceux des rois, des comtes, des ducs, des chevaliers, des autres barons; les autres appartiennent aux prélats ; ils sont nombreux, grands, bien bâtis, beaux et splendides, au point
Les grands corps de
l'État en Angleterre.
Aumônière d'un chancelier royal d'Angleterre, d'après le tombeau de Walter de Merton, mort eu 1^77, à la cath(5drale de Kochestor (Green).
Un homme de loi anglais au XI'V'^ siècle, d après uu manuscrit du xiv" siècle contenant 'les contes de Canterbury par Chaucer (Green).
Monnaie d'argent d'Edouard
I" portant au revers le nom do Londres. (Archives nationales).
La Chambre des lords au X'V* siècle, d'après un dessin du xv« siècle représentant une séance de la Chambre des lords sousKdouard \"; Edouard P'' estassis sousuu dais entre Alexandre, roi d'Ecosse, et l>ewelliii, prince, do Galles (Green).
Un messager royal au XI'V"^ siècle, d'après une miniature du xiv siècle tirée d'un manuscrit contenant les contes de Canterbui-y , par Chaucer (Green).
qu'à eux seuls et séparés des autres maisons, ils pourraient constituer une merveilleuse cité. » L'animation des rues occupées par une population d'environ 200000 habitants, remplissait d'admiration les étrangers. « J'admire, écrivait un Italien qui visita Paris sous le règne de Charles VII, la foule innombrable des hommes jeunes et vieux et des prêtres dont la ville est pleine. Je ne vous dirai point quel nombre on y voit sans cesse de chevaux de luxe; mais, pour vous en citer un exemple bien connu, je n'ai jamais pu traverser le pont, où habitent presque tous les changeurs et orfèvres de la ville, sans y rencontrer aussitôt un cheval blanc ou un moine noir; et, ce qui m'a le plus étonné, c'est que, souvent, j'y ai trouvé l'un et l'autre. » Enfin Charles V avait fait de Paris une des plus
Une séance au Banc du Roi sous le règne de Henri 'VI, d'après une miniature qui semble avoir appartenu à un traite de législation de ce temps (Green).
cathédrale et ] religieux qu'ell
importantes places fortes du royaume. Une forte muraille garnie de distance en distance de grosses tours rondes ou carrées environnait la ville ; elle s'appuyait sur la rive droite d'une part à la Bastille, d'autre part au palais duLouvre, et sur les deux rives, de nombreuses portes fortifiées donnaient accès dans l'intérieur de la cité. Quant à la ville elle-même, il convient de se la représenter percée seulement de quelques granflcs rues, sillonnée de nombreuses ruelles étroites, que bordent de hautes maisons à pignons étroits ou do longs murs enveloppant les jardins et les grandes cours plantées d'arbres et remplies d'air et de lumière des monastères et des hôtels, dominée par les hautes tours de sa les flèches élancées des édifices e renfermait en si grand nombre.
Monnaie do billou de François I", duc de Bretagne (1442- 1450) conservée au cabinet des Médailles (face).
Monnaie de billon de François I", duc do Bretagne (1442- 1450) conservée au cabinet des Médailles (revers).
Costume de tournoyeur au xv siècle, d'après le manuscrit français de la Bibliothèque nationale, il» 2692, contenant le Traité des Tournois, rédigé, au xv siècle, par le roi René d"Anjou.