II
1^ J[^^Hâ|^^^ '^hË^BK ^^I
Chasse aux loups, peinture d'Oiidry (1080-1755), conscrvdo au Musée du
Louvre.
ruines et d'architectures comme Piranèse et Pannini; Venise présente une école qui, avec Tiepolo, conserve Tusage des colorations vi- , brantes et, avec 1 Canaletto, Guardi, Longhi, le goût des scènes | de mœurs. Seule, TAngleterre possède une école capable de rivaliser avec Técole | française ; son histoire s'ouvre au début du siècle avec Hogarth , médiocre coloriste, mais habile dessinateur qui inaugura cette tradition tout anglaise de demander à Fart par le choix des sujets d'être un plaisir pour les yeux et un enseignement moral. Puis viennent les admirables por-
Album histokiqub
La malèdiotion paterneHe. peinture de Grouzc {\ii'6 do ITC") (Musée du Louvre),
Le Temple de Diane, à Nîmes: peinture d'Hubert Robert ilTj; i,S(»S}, :ivonl fleuré au 8nlon de 17S7 (Musée du Louvre).
traitistes de la fin du siècle, Gainsborough , Reynolds , Romney qui, avec une couleur parfois un peu apprêtée, savent habilement présenter leur modèle et en exprimer fortement le caractère.
Le pastel et la gravure. — Deux branches de Fart ont été cultivées encore en Europe au xviii" siècle avec un succès particulièrement heureux. C'est d'abord le pastel; nos artistes Latour, Perroneau , Chardin , ont su tirer de ce procédé le plus habile parti pour re-.
produire le coloris frais ou vigoureux d'un visage, le brillant des étoffes, l'éclat des accessoires.
1805), ayant figurd au Salon
ée au Musée du Louvre.
La Peinture étrangère.
Portrait de sir John Stanley, poinl par Romney (1734-1802), conservé au Mus(^c du Louvre.
La Vierge et trois saintes, peiitluro de Tiopolo (1 006-1770), dans l'ôj^Iisc do Sainte-Maric-du-Rosaire, à Venise.
Portrait de mislress Sjd^ops ^^ muse de la tragi^dio, peint par J. Reynolds ( l'J3-171>2), conservi^ à la Galerie nationale de Londres.
Portrait de A. Young, peint par Gainsborough (1727-1788), conservé à la Galerie nationale de Londres.
Vase de fleurs, tableau peint par Van Hnysum (1662-1749), conservé au Musée du Louvre.
Portrait de femme et déniant, peint par Reynolds (1723-1792) et conservé à la Galerie nationale de Londres.
L'Italie eut aussi avec Rosalba Carriera une adroite pastelliste. C'est ensuite la gravure en tailledouce. Ce furent de grands artistes que cesCochin, ces Moreau, ces Gi-avelot, ces Eisen, cesChoiïard et tant d'autres dont le burin a su animer la reproduction des cérémonies officielles, retracer des scènes de moeurs qui font d'eux les rivaux des maîtres hollandais, ti'ouver tant d'ingénieux motifs de décoration. L'Europe entière s'adonne
à la gravure : l'Allemagne lui doit le seul artiste qui puisse un instant soutenir la comparaison avec nos maîtres: Chodowiecki. L'Angleterre inaugure le pi-océdé dit « de la manière noire », qui foui-nit à l'artiste de remarquables effets de coloration.
Les arts mineurs. — Les arts mineurs ont également au xvm'' siècle une éclatante histoire. La tapisserie fi-ançaise conserve sa supériorité:
LES LKITRES, LES SCIENCES ET LES ARTS AU XVlll' SIÈCLE
Le Pastel et la Gravure.
Portrait de La Tour par son clùve Perroncau (1715-1783), conservé au Muséo de Sainl-Quentin.
Jeune fille, pastel de Kosalba Carricra (1675-1757), conserve au au Must^o du Louvre.
Joseph Barreti, gravure i\ la manière noire do J. Walh, d'après le portrait Marguerite Pouget, seconde femme de Chardin, qui Tépousa peint par J. Ueynolds (17-'3-1792j. en 17ii, gravure en taille-douce de Cochin (1715-1790).
nos orfèvres, les Delaunay, les Ballin, les Germain, les Lalonde, les Gouthière, les Caffieri; nos ébénistes, Cressent sous la Régence, Œben sous Louis XV, Riesener sous Louis XVI, pour
ne citer que les plus fameux, se placent au premier rang en Europe. L'histoire des arts mineurs est celle des variations du goût au courant du siècle. Meubles, ouvrages d'orfèvrerie, décora-
Les Arts mineurs.
Le limier; fragment do la suite do tapisseries tissées par la manufacturo des (îoholins sur les dessins dOudry, et connues sous le nom do Chasses Je Louis XV (Musée des Gobclins]
Chaise de Marie-Antoinotle (palais do Fontainebleau).
lions de tapisserie affectent d'abord les formes contournées si goûtées alors. Puis, avec le milieu du siècle apparaît le style Louis XVI, bien antérieur à Tavènement
Portière de Diane, tapisserie lissée à la manufacture do Boauvais dans la première moitié du xviii* siècle (Guiffre^).
Lit do Marie-Antoinette au palais do Fontainebleau. A cet ouvrage ont travaillé les sculpteurs ornemanistes Martin, Fourreau, Laurent, le fondeur Forestier, les ciseleurs et doreurs Thoniire, Jacques et Chaudron.
Bureau de I^ouis X\', commencé par (Kben et achevé par Hiesener (1735-180(); , conservé au Musée du l^ouvre.
du prince dont il porte le nom.
Alors, les formes redeviennent droites ; Tornementation est plus sobre; elle emprunte de nouveau quelques-uns de ses cléments tels que guirlandes, oves, palmettes à l'antiquité classique.
Prééminence de Tart français au XVIIP siècle. — Il serait
LES LETTRES, LES SCIENCES ET LES ARTS AU XVIIl* SIÈCLE
Vase cil poroolyino craquelée «lo Chine, conservé au Musée «lu Louvre; la nionturo d'orfèvrerie est l'œuvre lie Cafficri(l71M777).
Groupe en porcelaine do Saxe, conserve au Musée do Cluny.
Cuvette et pot & eau on crislal do roche avec monluro en or. ayant fait parti© du service do M"" Du Barry (Muséo du Louvre).
Bureau et cartonDler en niarquolerie de .st>lo régence, conservés dans la collection Fould.
injuste d'achever ce rapide exposé de rhistoire de Tart au xviii" siècle sans constater une fois de plus la prééminence de Tart français en Europe. Rome reste le pèlerinage des artistes; mais ce sont les idées françaises que Ton imite dans l'Europe entière et ce sont le plus souvent nos artistes que les pays étrangers appellent. Robert de Cotte élève des palais en Allemagne et en Espagne; nos sculpteurs travaillent à Potsdam et à Sans-Souci ; Falconet, à la prière
Candélabre de style Louis XVI, conservé au Potil-Trianon, à Versailles.
Pendule en cuivro ciselé et doré, de stylo Louis XV, conservée au Musée do Versailles.
de Catherine II, élève le monument de Pierre le Grand à Saint- Pétersbourg; nos peintres sont invités à reproduire les traits des souverains étrangers ; Germain exécute pour le roi de Portugal un splendide surtout d'orfèvrerie.
Nos triomphes artistiques compensent un peu les défaillances de notre politique. « Je me trompe fort, écrit Diderot, ou Fécole française, la seule qui subsiste, est encore loin de son déclin. Rassemblez, si vous pouvez, tous les ouvrages des peintres et des statuaires de l'Europe et vous n'en formerez point notre Salon. Paris
no
est la seule ville du monde où Ton puisse tous les deux ans jouir d'un spectacle pareil. »
Diderot et les artistes de son temps. — Avec Diderot apparaît la critique d'art ; il nous a semblé intéressant, en terminant ce chapitre, de rassembler quelques-uns des jugements portés par cet amateur passionné des beaux arts sur les artistes dont on trouvera reproduites ici les œuvres les plus caractéristiques.
Il n'aime guère Boucher, tout en lui rendant justice. « Cet homme a tout, excepté la vérité... Où a-t-on vu des bergers vêtus avec cette élégance et ce luxe. » Mais aussi « personne n'entend comme lui l'art de la lumière et des ombres ». Il nous apprend que de son temps, le peintre eut deux groupes d'admirateurs « les petitsmaîtres, les petites femmes, les jeunes gens, les gens du monde » que ravissaient « son élégance, sa mignardise, sa galanterie romanesque, sa coquetterie, son goût, sa facilité, son éclat, ses carnations fardées » et les artistes. Ceux-ci « qui voient jusqu'à quel point cet homme a surmonté les difficultés de la peinture et pour qui c'est tout que ce mérite qui n'est guère bien connu que d'eux, lléchissent les genoux devant lui : c'est leur dieu ».
A « ce faux bon peintre, qui n'a pas la pensée de l'art, qui n'en a que le concetti » il oppose Greuze. « Voilà votre peintre et le mien, le premier qui se soit avisé parmi nous de donner des mœurs à l'art, et
Les
Grille do la place Stanislas, à Nancy (fragment), œuvre du serrurier Lamour.
Petit bureau de dame, œuvre de Weisweillor, ayant fait partie du mobilier do la reine Marie-AntoineltH.
Nacelle en jaspe, montée en bronze dore, par Thomiro (1751-1843) pour la reine Marie-Antoinette (Musée du Louvre).
d'enchaîner des événements d'après lesquels il serait facile de faire un roman. » « Chardin et Vernet sont deux grands magiciens » ; pour lui, Chardin « est le premier coloriste du Salon et peut-être un des premiers coloristes de la peinture ». « Fragonard a l'étoffe d'un habile homme; mais il ne l'est pas. 11 est fougueux, incorrect et sa couleur est volatile. » Parmi les sculpteurs, un de ceux dont il fait le plus grand cas, est Falconet; de la célèbre statue de l'Amitié, il écrit en 1765 : « Convenez, mon ami, que si l'on avait exhumé ce morceau on en ferait le désespoir des modernes. » Enfin, du graveur Cochin, il loue « l'esprit, la raison, le pittoresque ». La postérité est restée d'accord avec le grand critique sur les noms des artistes qui viennent d'être cités ; il n'en est pas de même pour un très grand nombre de peintres d'histoire auxquels il consacre de longues pages; qui donc aujourd'hui s'intéresserait aux sujets baroques traités par un Halle représentant l'empereur Trajan lorsque, partant pour une expédition militaire très pressée, il descend de cheval pour entendre la plainte d'une pauvre femme, ou bien encore par un Amand peignant Psammétichus, roi d'Egypte, au moment où, dans un sacrifice solennel, il se sert de son casque à défaut d'une coupe, pour faire des libations à Vulcain, « beau sujet, écrit Diderot, bien poétique, bien pittoresque. »
Almanaoh national pour l'année 1791, dessine ot gravô par Debucourl (i7.)5-lH:i2). Le fronlispice reprt^senie une Minerve pravant la Constitution sur uue plaque do marbre; à gauche, un gdnio brûle le Livre rouge au milieu de débris de la Bastille; à droite, un groupe do génies prèle le serment civique. Lo cadre porte le nom des plus célèbres constituants; on y remarque le nom do Robespierre. Au bas, A gauche, une marchande vend les principaux journaux, ainsi que des cocardes ; à droile, groupe de gardes nationaux, d'élégants et d'étrangers admirant le bas-relief do la partie supérieure. Au pied du calendrier, remplacé ici par le litre du chapitre, deux enfants, dont l'un habillé en grenadier de la garde nationale.
Documents iconographiques sur la Révolution sentent à rhistorien des mœurs une ample maet l'Empire. La Révolution et l'Empire pré- tière. Malheureusement, au moins en ce qui
Les États généraux.
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Sèanoe d'ouverture des Étato généraux, lo 5 moi 1780, dans la sallo prépare© à rot eff^l à rhôtcl »ies Menus à Versailles ; d'après le dessin do Ch. Monnet gravé en taille-donoe par Ilelman (ITH-lSO.t). Au fond, une estrade sur laquelle est assis le roi; auprès do lui, la reine, les princes, les princesses, le pardo des sceaux et le grand chambellan. A gauche, sur des banquettes, conseillers dKlat et maîtres des requêtes; à droite, gouvcr- Dcurs et lieutenants généraux des provinces; au bas do l'estrade, assis à une table, les secrétaires d'État. Dans la salle, ù gauche, le clergé ; à droite, la noblesse; faisant face à l'estrade. le tiers. Dans les galeries latérales et les Iribunes, lassistancc.
concerne la période qui s'étend de 1789 à 1795, il n'est pas toujours aisé de satisfaire notre légitime curiosité. Les documents graphiques y sont peu nombreux; parmi ceux qui ont été conservés, beaucoup sont encore dispersés dans les collections particulières ; car il n'y a qu'un très petit nombre de nos musées qui présentent des collée tions abondantes de souvenirs révolutionnaires. Nous sommes plus favorisés pour l'époque impériale; Napoléon
Costume des membres de l'Assemblée des États généraux,
conforme à la note publiée lo 27 avril 1789 par le grand maître des cérémonies. A gauche, cardinal en chape rouge; au centre, noble portant l'habit et la vesto ou gilet d'étoffe noire, culotte noire, bas bleus, cravate do dentelle, chapeau à plume blanche, retroussé à la Henri IV; à droite, membre du tiers état, portant « habit, veste et culotte de drap noir, bas noirs, avec un manteau court de soie, ou do voile, tel que les personnes do robe sont dans l'usage de lo porter à la Cour; une cravate de mousseline; un chapeau retroussé des trois côtés, tel que les ecclésiastiques le portent lorsqu'ils sont en habit de cour ».
analogues de l'ancien régi
avait lui-même encouragé la reproduction des faits principaux de son règne :
les catalogues des salons de 1804 à 1815 contiennent fréquemment la- mention de tableaux retraçant soit des épisodes des campagnes de TEmpire, soit des cérémonies publiques ; quelques-unes de ces toiles, souvent fort intéressantes , nous ont été conservées ; enfin , les ouvrages officiels conçus sur le plan des publications me nous font connaître
LA VIE PUBLIQUE EN FRANCE SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE
La Constituante et la Législative.
L'Assemblée constituante dans la salle do l'Hôtel des Menus à Versailles, où s'étaient tenus les l'étais généraux; d'après un dessin de Monnet,
fçravé en taille-douce par lielman (1743-1803), représentant la nuit du 4 août.
les costumes et les dilTérents aspects de la cour impériale.
Les Assemblées révolutionnaires. — Les Ktats généraux s'ouvrirent avec Tappareil d'usage avant 1789; mais, sitôt que les trois ordres délibérèrent en commun, on disposa dans la salle des Menus des gradins de forme ovale ; sur un des grands côtés, on établit une table pour le président, une autre un peu plus basse pour les secrétaires, et en face une tribune pour les orateurs. Quand l'Assemblée se fut transportée à Paris, dans Tancien manègedes Feuillants, à Texirémitédu jardindes Tuileries, on conserva les mômes dispositions. Les députés prirent place sur des banq uel tes en ovale ;
Aluum historique. — IV.
L'Assemblée législative dans la salle du mani>ge au Palais des Tuileries: d'après une gravure en taille-douce anonyme ropréscnlanl l'ëpisodo du baiser Lamouretto (7 juillet 1792), extraite des liérolutions ftc Paris.
au milieu de Tun des côtés longs, était la tribune où siégeaient le président, et audessous de lui les secrétaires ; en face, la tribune des orateurs ; devant elle, la barre^ endroit laissé vide où se plaçaient les députations envoyées à TAssemblée; audessus des gradins et tout autour de la salle, des tribunes pour le public. Les dispositions étaient les mêmes dans les clubs ; la salle de celui des Jacobins était aménagée comme le local de la Constituante. Mais Vignon, Tarchitecte qui organisa pour la Convention Tancienne salle des Machines aux Tuileries, disposa le long du mur la tribune du président et des secrétaires, à laquelle il accola la tribune et
La Convention. — La Commune.
Sabre d'ofticicr d'artillerie do la garde nationale en 1791 (Musée d'artillepie).
Fourreau de sabre d'officier d'artillerie de la garde nationale on 1791 (Musée d'artillerie).
Salle des séances de la Convention en 1795 ; d'après un dessin de Duplessis-Bertaux (1747-1818), gravé en taille-douce par Borthaut (1748-1819), représentant l'assassinat du député Féraud {Tableaux hiêtoriques de la liévolution française).
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W-^^l^rÀ
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Séance de la Commune de Paris à l'Hôtol do Ville; d'après un dessin do Prieur, gravé en taille-douce par Berlhaut, représentant la remise d'une épée d'honneur par la Commune à l'Anglais Tiosham {Tableaux de la Révolution).
en face, à peu près en hémicycle, dix rangées de banquettes. Aux extrémités de la salle, il établit deux amphithéâtres pour les spectateurs qui pouvaient encore se placer dans d'autres baies sur les deux côtés longs de la salle. Entre les fenêtres et les ouver-
Drapeau de tionale du dislants ; d'après lorié conservé doH Estampes thèque natio-
Pique (Musée Carnavalet).
Officier de la police municipale:
d'après une peinture anonyme conservée au Musée Carnavalet à Paris.
turcs des tribunes, il fit peindre sur les murs, les statues de Démosthène, Lycurgue, Selon, Platon, d'un coté, de Camille, V. Publicola, J.
la garde na- Brutus et Cincinuatus de trict des Feuii- Tautrc. A droilc et à gauche
un dessin co- Y • i x
au département dc la tribuue Qu président tlJ" ^'''" étaient deux tableaux en
LA VIE PUBLIQUE EN FRANCE SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE
Sections et Bureaux.
Soeau de I^uis XVI en 171)0 (Archives nationales).
papier peint portant Tun laDéclaration des droits, l'autre la Constitution de 93. Au-dessus du président s'inclinaient le drapeau français et ceux des Républiques des Etats-Unis et de Genève.
Pendant la Terreur, la salie fut en outre ornée des bustes de Marat, Lepelletier de Saint-Fargeau, de Beauvais de Dampierre, et de deux tableaux de David représentant Lepelletier et Marat. La salle ne fut pas modifiée quand le conseil des Anciens y prit place; seulement, on disposa pour les députés des sièges « avec une tablette propre à prendre des notes ». Le conseil des Cinq- Cents s'établit d'abord au manège des Feuillants, puis au Palais-Bourbon, où les dispositions adoptées furent
les mêmes qu'au conseil des Anciens.
Costumes des députés. — Dès le 15 octobre 1789, la Constituante renonça à tout signe distinctif. L'Assemblée législative décréta que ses membres porteraient dans le lieu de leur réunion et lorsqu'ils feraient parlie d'une députation ou rempliraient une mission, un ruban
Sèanoe du district de la place Maubert dans l'ëgliso des Carmes; d'après un dessin rehaussé de lavis do Duplessis-Bertaux (1747-1818) conservé au Musée Carnavalet.
Bureaux de la Commune de Parla en 1793 ; d'après une gravure en tailledouce do Quévédo (t7i8-1798) d'un caractère satirique, représentant les chevaliers de Saint-Louis et les charbonniers de Paris venant apporter ù la commune de Paris les uns leurs décorations, les autres leurs plaqut^s d'identité.
Sceau do la première République (Archives nationales).
tricolore placé en sautoir, portant les tables de la loi attachées à sa partie inférieure. La Convention attribua aux députés en mission aux armées un sabre, une écharpe et un chapeau rond surmonté de trois plumes tricolores. Ce costume , pendant la réaction thermidorienne, fut porté par la Convention tout entière dans les cérémonies. Sous le Directoire, les membres des deux conseils furent vôtus d'une robe serrée par une ceinture, d'un manteau et d'une toque, dont la couleur variait pour les deux assemblées. En 1798, la robe fut remplacée par une redingote et une plume tricolore fut ajoutée à la toque. Sous le Consulat, le manteau disparut et la toque fut remplacée par un chapeau.
Insignes révolutionnaires. — Pendant la Révolution, les Français adoptèrent des insignes destinés à rendre sensibles aux yeux les transformations opérées dans l'ordre politique et social. Sur le sceau de l'État, Timage de la République remplaça l'effigie royale. La Constituante donna aux
TriooteoBe; d'après une peinture de Boilly (I7iil-18i.»), gravée en taille-douce par Bonnefon , d'un caractère satirique.
Sèanoe de la Société des amis de la Constitution, qui prit plus tard le nom de Club des Jacobins, dans la bibliothèque du couvent des Jacobins à Paris, en 1791 ; d'après une gravure en taille-douce anonyme (Millin).
Pique sui'montëo du bonnot rouge, insigne de la section armée du Bonnet rouge (Musée Carnavalet).
administrations municipales et départementales comme marque de leur autorité, Técharpe tricolore à laquelle pendait une médaille, qui d'après un décret de l'Assemblée législative varia suivant la fonction. Dans le costume des magistrats, elle remplaça le vêtement long par rhabit noir avec un ruban tricolore en sautoir et une médaille, un manteau et un chapeau surmonté de plumes noires avec une cocarde tricolore. Avant de se séparer, la Convention donna aux magistrats un vêtement analogue à celui des conseils, et aux administrateurs un costume sur le modèle de celui des directeurs avec les variantes obligées dans la couleur et les insignes. Dans le costume privé, la Révolution se manifesta par la cocarde et le bonnet rouge ; les Jacobins, la Commune de Paris, quelques administrations l'adoptèrent. La veste courte ou camisole, le pantalon et le bonnet rouge semblent le costume en usage parmi les membres des comités révolutionnaires ; la pique complétait
« Réunion des citoyens du faubourg Saint-Antoine et Saint- Marceau, allant ù rAssemblée nationale présenter une pétition et, de suite, une autre chez le roi le 20 juin 171*2 >• ; d'après une gravure en taille-douce anonyme {Révolutions de Paris).
Bonnet de Jacobin
(Musée Carnavalet).
cet accoutrement. Sur les édifices, on plaça les sévères devises républicaines. Parfois aussi on les décora du bonnet rouge ; le Dôme du pavillon des Tuileries fut surmonté d'un immense bonnet rouge, au-dessus duquel flottait une oriflamme tricolore ; beaucoup de clochers reçurent la môme décoration. Dans les salles de délibération des sections et dans les bureaux des administrations, les murs furent ornés de calendriers républicains, d'exemplaires de la Déclaration des droits, de vignettes républicaines, de bustes des hommes qui furent successivement populaires, de statues symbolisant les trois termes de la devise républicaine. Sur les places publiques, on planta des arbres de la liberté; on édifia des autels de la patrie ; on éleva de petits tertres symboliques auxquels on donna le nom de montagnes, qui furent détruits après le 9 thermidor. Enfin, Ton dressa des statues colossales et des groupes allégoriques, tels que le Génie de la France terrassant l'hydre du Fédéralisme.
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La Justice révolutionnaire.
Le Tribunal révolutionnaire pendant la Torrour : d'après uno pravure en taille-douce anonyme reprëscntanl la lecture de l'aclo d'arcusalion aux Girondins {liecolutiona île Paris).
Le tribunal révolutionnaire. — L'appareil judiciaire fut modifié par la Révolution. A Paris, le plus célèbre des tribunaux , le tribunal révolutionnaire, tint ses séances dans la grande chambre du Parlement , qu'on avait dépouillée de tous ses ornements. Le président et ses assesseurs étaient assis sur une estrade ; auprès d'eux, l'accusateur public à son bureau ; dans un angle de la salle, les accusés étaient placés sur des gradins, avec au-dessous d'eux leurs défenseurs ; en face des accusés , étaient deux rangées de tables et de fauteuils pour les jurés.
Prisons et exécutions. — Pendant la Terreur, les suspects furent entassés dans les
« Intérieur d'un comité révolutionnaire sous la Terreur » : d'après un dessin de Fragonard fils (1780-1850), gravé en taille-douce par Berthaut (17i8-i819) et Malapcau.
Cour d*UDe prison sous la Terreur; d'après une peinture anonyme représentant la récréation des détpnus (Musée Carnavalet).
Exécution des Girondins sur la place de la Révolution le 31 octobre 1703 ; d'après une gravure en taille-douco anonyme {Révolution» de Pnvift).
prisons et dans beaucoup de propriétés nationales , églises ou hôtels transformés en prison ; ils y étaient amenés sur des charrettes entourées de troupes. Ils vivaient en commun , couchés sur la paille, mal nourris , sauf ceux qui, assez riches pour payer leur pension, vivaient en cellule et faisaient venir leur nourriture du dehors.
L'insouciance des captifs et des captives, dont quelques-unes faisaient trois toilettes par jour, est restée célèbre. Les condamnés étaient conduits au lieu du supplice dans des charrettes, les mains liées derrière le dos, les cheveux coupés, le corps parfois couvert d'une chemise rouge.
Les exécutions avaient lieu de préférence dans
La Justice révolutionnaire. — Les Fêtes.
Une arrestation sous la Terreur: d'après une peinture de Boilly (1761-1845), reprësenlant l'arrestation du chanteur Oarnt (Ilarri'îsoU
l'après-midi ; la guillotine était entourée d'un cordon de troupes ; fréquemment, après la décapitation, le bourreau présentait à la foule la tête du supplicié.
Cérémonies révolutionnaires.
— Les cérémonies de la Révolution furent d'abord absolument spontanées; ce furent, par exemple, les bénédictions de drapeaux de la garde nationale, les serments civiques, les fédérations, les plantations d'arbres de la liberté. La religion y avait sa part; messes et Te Detim en faisaient partie.
Avec la Conven-
Aoœptation de la Constitution républicaine, le 10 août 1793 par le peuple do Paris.
Soupers fraternels dans les sections do Paris en 1794.
Ces deux {?ravuros en taille-douce de Berlhaut (1748-1819), d'après les dessins
de Swobach (17G9-1823), sont extraites des Tableaux de la lircoltition.
tion, elles furent provoquées par l'Assemblée et devinrent absolument laïque?. Elles eurent lieu
Cellule d'un prisonnier sous la Terreur; d'après un dessin d'Hubert Robert, daté de 1793 (1733-1808), représentant l'artiste à Sainte-Pélagie fMu'Ji'o Carnavalet).
dans toute la France; à Paris, lejardin des Tuileries en était fréquemment le théâtre. C'était le plus souvent des cortèges où des groupes de tout âge et de toul sexe accompagnaient des chars et des bustes de personnages révolutionnaires ; on détruisait les emblèmes de la monarchie et de la religion dans des sortes d'autodafés. La musique avait un rôle prépondé rant ; le Con servatoire de musique exécutait « les airs chéris des républicains », des symphonies, des odes composées
par les plus grands poètes et mis en musique par les plus grands musiciens du temps. La
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Les Fêtes.
La fête de la Fédération au Champ-do-Mars le 14 juillet 1790; d'aprùs un dessin do Monnet, gravé en laille-douco par Helman (1743-1803).
Convention prit part a ces fêtes, jusqu'au 9 thermidor; elle les célébra ensuite dans son sein par des discours et des concerts patriotiques, et cet exemple fut suivi par les Conseils sous le Directoire.
Le soir, les Tuileries étaient illuminées, on y dansait, et la fête étail, en général, terminée par un feu d'artifice symbolique. Sous le Directoire, les fêtes firent régulièrement partie de la vie nationale ; elles étaient prescrites parla Constitution; il y avait d'abord les fêtes décadaires, qui consistaient en discours civiques dans les églises; puis les fêtes solennelles célébrées surtout dans la belle saison. A Paris, elles eurent lieu le plus souvent au Champ-de-Mars, que Ton avait spécialement aménagé à cctefl'ct; le Directoire et les adminis-
Autel de la patrie; d'après une rcprësentanl la cëlëbralion du 14 juillet 1792
trations s'y rendaient en grande pompe. EUescomprenaientunepartie d'éducation civique, constituée par les discours des présidents du Directoire, glorifiant les dates célèbres de la Révolution, les âges delà vie, les occupations les plus utiles à l'homme, tels que l'agriculture, et une part de divertissement. A ce titre, prirent place dans les fêtes, à côté des bals, concerts, illuminations, feux d'artifice, des courses h pied, à cheval, en chars, des ascensions aérostatiques, des pantomimes militaires. Des fêles de la Révolution, il ne resta plus dans celles du Consulat et de l'Empire, singulièrement réduites en nombre, que le second élément, et Napoléon rétablit même la dégradante coutume des distributions de comestibles, de boissons et d'argent.
gravure en taille-douce anonyme
au Champ-de-Mars {/iévolutions de Paris).
Les Fêtes.
Fôte de l'Être suprême lo 20 prairial an II (8 juin 1794); d'après une poinluro anonyme conservée au Musée Carnavalet.
La fôte de l'Unité, lo 10 août 1793; U'après une peinture de Demacliy (17£:]-i807) conservée au Musée Carnavalet.
Les Églises pendant la Révolution. — Les églises, au début de la Révolution, tout en restant consacrées au culte, servirent d'abord de lieux
de réunion aux assemblées communales et aux sections parisiennes. Puis, quand elles eurent été fermées, elles furent transCormées en maga-
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sins, arsenaux, prisons, hôpitaux ou écoles ; fréquemment aussi sous le nom de Temples de l'Etre suprême ou de la Raison, elles abritèrent les curieuses tentatives des cultes révolutionnaires; en plusieurs villes on y élevade petites montagnes où, comme h Strasbourg, des jeunes filles venaient déposer des gerbes de fleurs et de fruits et brûler de Tencens.
Quand elles eurent été rendues au culte en 1795, Toffice « y fut parfois célébré parmi des tas de fourrages, de sacs, de tonneaux de bois appartenant au Gouvernement ». Ayant été affectées aux différents cultes qui devaient s'y succéder, elles servirent à Paris tour à tour au catholicisme et à la religion des Théophilanthropes, dont les prêtres célébraient leurs très simples cérémonies, revêtus de longues redingotes blanches.
Magnificence du Directoire. — Le Directoire ramena le faste dans la vie publique; ses membres parurent dans les cérémonies, vôtus de cos-
La Religion.
Désaffectation offlcleUe d'une (église sous la Terreur; d'aprt^s une peinluro de Swebach (1709-1823), conservée au Musée Carnavalet.
Fête de la Raison célébrée dans Tintérieur do Notre-Dame de Paris, le 20 Brumaire an II (10 novembre 1793); d'après une gravure en tailledouce anonyme {Révolutions de Paris).
Un baptême chez les Thêophilanthroi>es ; d'après une cau-l'orto d*^ Mallul (1759-183;)) conservée au déparlement des Estampes de la Bibliolhoquc nationale.
Album histobiquk. — IV.
tûmes luxueux, aux couleurs éclatantes, oîi Ton avait prodigué l'or, les broderies et les panaches, escortés de leur garde, des généraux et des officiers de Tétat-major de Tintérieur, des ministres et messagers d'État, groupés les uns et les autres dans des voitures de gala.
L'on retrouvait cet appareil militaire jusque dans le palais du Luxembourg, résidence assignée par la Convention au Directoire; il y avait dans la cour d'entrée six canons; des hussards et des grenadiers étaient en faction devant la porte.
11 avait fallu naturellement reconstituer un cérémonial; cependant le Directoire avait voulu garder contact avec la nation, par l'usage des audiences journalières, dans lesquelles un des directeurs recevait lui-même les pétitions qui lui étaient présentées par les citoyens.
Reconstitution d'une Cour sous le Consulat. — « Pendant le Consulat, écrit M'"*' de Rémusat, Bonaparte, chaque jour, inventaitquelquesnouveautés dans sa