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Éoole de village; d'après une eau-forte de de Boissieu (1738-1810 1, datée de 1780.
Professeur; Rollin ; d'après le portrait de C. Coypel (i694-l7l>2), gravé eu taille-douce par J. Balechou (1719-1764).
gien Tenon, qui fut chargé d'inspecter THôtel-Dieu en 1788, a laissé de cet hôpital un navrant tableau. Il décrit les salles avec leurs quatre rangées de lits « disposés en toutes sortes de sens avec des ruelles, des passages obscurs où les murs sont salis par les crachats, les planchers par les ordures qui découlent des paillasses et des chaises percées lorsqu'on les vide, ainsi que par le pus et le sang qui proviennent , soit des blessures, soit des saignées ». « croix que l'on donne aux dignités dans les classes I j I . , du collège de Versailles », d'après un dessin conservé au Les malades couchaient a dcpartcmcnl des Estampes do la Bibliothèque nationale.
Prëoepteur; gravure en taille-douce de J. Balechou (1719-1764). d'après un tableau de Dandré-Bardon (1700-1783).
quatre, parfois même à six dans le même lit, emboîtés les uns dans les autres. La nuit, de fumeuses lampes à huile éclairaient cette misère. Le chauffage était souvent insuffisant; on se bornait à chauffer les salles avec des brasiers : parfois dans des hivers rigoui*eux, des malades eurent le nez et les oreilles gelés, et il fallut leur en faire l'amputation immédiate.
L'Enseignement. — D'intéressantes vignettes nous apprennent que l'installation des
L'ÉGLISE RÉFORMÉE AU XVlIl» SIÈCLE
L'Église réformée.
Un prêche protestant au dt'sori; d'après une gravure en laille-douce anonyme (cabinet des Eslam{)es de la Bibliothèque nalioiiale).
Prélat anglican; r^cwton (17U0-1783), d'après le portrait peint par J, Reynolds (1723-I792j, gravé à la manière noire par Th. Watson.
écoles primaires, tout à fuit insuffisante dans les campagnes, était encore bien rudimentaire dans les villes. Elles nous renseignent aussi sur les châtiments usités, parmi lesquels nous voyons figurer le fouet et le bonnet d'âne. Dans les collèges, les pratiques mises en usage par les Jé-
L'Ollice divin à Londres au milieu du xviii* siècle; gravure en laille-doure d© Ilojjarlh (1(107- 1 "Ci ).
Prélat luthérien; L.-H. Burry (17il-176£), d'après son portrait gravé à la manière noire par J.-I Haid (1739-180»).
suites au xvii'' siècle avaient à peu près partout pénétré ; cependant TUniversité avait renoncé d'assez bonne heure à la représentation lors des distributions de prix de tragédies qui continuèrent, au contraire, à être fort en honneur chez les Jésuites. Le fait le plus intéressant peut-
Iconographie religieuse.
L'Ame en enfer. L'Ame en Purgatoire. L'Ame en Paradis.
Ces trois gravures cq laillc-<loucc sont l'œuvre du graveur Anl. Dieu (I0G2-i727).
être de Thistoire extérieure de renseignement supérieur au xvui® siècle, c'est l'abandon de la plupart des cérémonies universitaires si fort encore en vogue au début du siècle précédent. La fête du Landit elle-même n'est plus à la fin du xyu!** siècle qu'un jour de congé, un prétexte à collations sur l'herbe que les élèves des collèges, conduits par leurs maîtres dans des voitures louées par cotisation, vont faire avec eux aux environs de Paris .
Les protestants. — Pendant tout le xviu® siècle, les protestants de France ne purent pratiquer librement leur culte.
Dans le centre et dans le midi de la France, ils se réunissaient dans des endroits déserts, où, d'une chaire improvisée, un pasteur clandestin leur prêchait la parole sainte. Plus d'un, pendant la première moitié du siècle, s'en fut ramer sur les galères du roi pour avoir pris part à ces réunions. A la fin du siècle, les protestants.
La Foi; d'après une minialuro du missel de la chapelle de Versailles, peint par Baudouin (1723-1769) et conserve au département des Manuscrils de la Bibliothèque nationale.
devenus assez nombreux à Paris, se rendaient, pour assister aux cérémonies de leur culte, chez les ambassadeurs de leur communion. Les portraits de pasteurs protestants étrangers reproduits dans cet ouvrage nous montrent que les prélats anglicans au xviii® siècle ont un costume qui n'est pas très différent de celui des prêtres catholiques; le vêtement des prélats luthériens avec sa robe noire et sa fraise s'en éloigne davantage.
L'iconographie reli gieuse. — On peut juger aisément par quelquesuns des spécimens d'imagerie religieuse que l'on trouvera dans ce chapitre, de la décadence où est tombée Ticonographie religieuse au xv!!!*" siècle ; ils témoigueront sans peine que la grâce et l'esprit des artistes de ce temps ne leur ont point suffi pour leur permettre de s'élever audessus de types conventionnels ou de mièvres figures.
Cadre d'affiche pour les roprésenlations du
Les livres. — Les livres furent peuWlre plus aimés encore au xvni* siècle que dans les siècles précédents ; eux-mêmes se firent d'ailleurs encore plus aimables. Sauf pour les ouvrages d'apparat et les publications étendues comme VEjicycloptidie ^ les livres sont de petit format et plus maniables. L'illustration se fait plus abondante : frontispices élégants, décors ingénieux ou gracieux, culs-delarape, encadrements de pages en général faits de guirlandes de fleurs, vignettes qui sont souvent d'exquis tableaux de genre, voilà les merveilles dont les Choffard, les Cochîn, les Moreau, les Gravelot, les Eisen enrichissent le livre coquet du xvin® siècle. En re-
Ihdâtro do la cour au château do Fonlainebleau; lo Jeune (1741-1814).
Panneau décoratif; fragment d'une suite gravée k roau-ferie par Watteau (1684-1721).
d'aprrs une gravure en taillo-dourc do Moreau
vanche, les livres du xviii* siècle sont souvent moins brillamment reliés que ceux des époques précédentes; la reliure la plus fréquente consiste en une gracieuse bordure entourant le plat qui reste nu.
Les grandes bibliothèques du xvui'' siècle sont de longues galeries oii sur les parois des murs les livres sont placés droits sur des rayons ; les ouvrages sont rangés par catégories ; chaque catégorie se groupe dans une division de la galerie limitée par deux petits cabinets éclairés par de grandes fenêtres vitrées; de riches cadres de sculpture renferment chaque compartiment dont le contenu est désigné par un nom latin écrit en lettres d'or dans un car-
Frise décorative; d'après une gravure eu taille-douce de Salembier.
Album histobiqub. — IV.
Livres et Bibliothèques.
Bibliothèque an xviip siècle : la bibliothèque de l'abbaye de Sainte-Geneviève on 1773: d'après nno gravure en taillc-douce anonyme conservée
au département des Estampes de la Bibliothèque nationale.
Plume d'oie.
fiume a oie.
Le livre au XVIII" siècle; reliure du volume consa- Ces objets sont reproduits d'après les Le livre au xviii» siècle; frontispice delà
cré aux fêtes publiques données par la Ville de Paris gravures de ï Encyclopédie de Diderot traduction, publiée en 1767, des Métamorphoses
pour le mariage du Dauphin en 1745. On distinguo sur et de d'AIembert, consacrées à VArt d'Ovide, gravé en taille-douce par Cholfard
le plat les armes de Paris. d'écrire. (1730)809).
LES LETTRES, LES SCIENCES ET LES ARTS AU XVIII' SIÈCLE
Le Théâtr».
ra&=
Salle de théâtre au xviii* siècle: d'après un dessin do l'abbô do Lubersac, grave en laille-douce par Poulleau, représentant le théâtre de Bordeaux, construit par Louis (1731-1802) do 1774 à 1780 (Bibliothèque nationale ; département des Estampes).
touche. Chez les particuliers s'introduit Tusage de Tarmoire vitrée destinée à renfermer les livres.
Le théâtre.
— Une société , aussi passionnée que celle du xviii* siècle pour les choses de l'esprit, ne pouvait manquer de se plaire infiniment
Scène d'un théâtre au xvin* sièclo; d'après un dessin do Moreau le Joune (1741-1814), gravé en taille-douce par Gaucher, représentant le couronnement du buste de Voltaire au Thédtro-Fran<;ais le 30 mars 1778. On aperçoit Voltaire dans la seconde logo, à gauche.
au théâtre.
Les théâtres se multiplièrent en France; Paris en eut d'abord trois:
l'Académie royale de musique, la Comédie-Française et le Théâtre-Italien. Mais Audinot et Nicolet obtinrent le privilège de créer deux
nouveaux théâtres, l'un
Le Théâtre.
Comédiens italiens; d'après un lableaii de A. ^Vnlloa^l (I6S'».i72l). nonservc au Musi«e do Ilorlin.
Parade à la foiro Saint- Laurent vers 1787; d'après une pcinlurc conservée au Musée Carnavalet.
Madame Favart : d'après le portrait peint par Van Loo, ot gravé eu taille-douce par .1. Daullc, en I7ra.
à la foire Saint-Germain, Tautre à lafoire Saint-Laurent et ils les transportèrent ensuite au boulevard du Temple. Nantes, Bordeaux et beaucoup d'autres villes de province se construisi-
Lekain dans le rôle de Gcn- ^'is-Khan ; d'après un dessin de Castille, gravé on taillc-doucc par I^evcsque en 176."i.
et pour soi'tir, il leur fallait se faire ouvrir les portes par les ouvreuses qui apparaissent alors. Le public étant volontiers tui'-
La Sortie de l'Opéra vers 1775; d (1741-1814). gravé en taillc-douco par costume français.
après un dessin de Moreau lo Jeune Malbeste pour les Afonumenls du
rent des théâtres permanents ; celui de Bordeaux, élevé par Tarchitecte Louis, est resté un modèle. Les théâtres devinrent plus confortables ; à partir de 1759, il n'y eut plus de banquettes sur la scène du Théâtre- Français, et cet exemple fut bientôt suivi partout; à la fia du siècle, dans tous les théâtres de la capitale, sauf à l'Opéra, le parterre était assis; on enfermait les spectateurs sous clef,
bulciit, des fusiliers étaient postés dans la salle pour maintenir Tordre. Sifflets et applaudissements étaient en usage ; « on y a joint depuis quelque temps, écrit Mercier, les mots de bravo, bravissimo; on bat aussi des pieds et de la canne. » L'éclairage se faisait encore aux bougies; à partir de 1784, la nouvelle salle de la Comédie-Française fut éclairée par des lampes Quinquet. Les salles de spectacle n'étant pas chauff'ées, on allumait dans dos
LES LETTRES, LES SCIENCES ET LES ARTS AU XVI1I« SIÈCLE
La Musique.
Gcnoert dans un salon vers 17oo; d'après lo dessin do Aug^. de Saint-Aubin (1736-1807), gravé par Duclos.
chambres de vastes brasiers dit chauffoirs , auprès desquels, dans l'intervalle des pièces, acteurs et spectateurs venaient se réchauffer. Les représentations avaient lieu de six à neuf heures; la sortie était fort pittoresque : « 11 faut passer à travers une foule de laquais qui portent ilambeaux et torches allumées » (Mercier). Les spectacles étaient annoncés par des affiches de couleur apposées le matin sur les murs. Dans Tart théâtral, la grande innovation fut la réforme du costume, due à Lekain et à M"'' Clairon. Le 20 août 1755, Lekain joua dans V Orphelin de la Chine le rôle de Gengis-Khan avec un costume que Ton considéra comme un modèle d'exactitude historique. Les efforts de M"* Clairon pour chasser les paniers du costume des tragédiennes ne réussirent qu'à demi; car.
Orgue do Marie-Antoinolte, conserve aujourd'hui dans l'église Saint-Sulpico, à Paris.
dans la gravure qui représente le couronnement du buste de Voltaire en 1778, nous voyons les actrices du Théàtre- Fraixçais encore empêtrées dans ce malencontreux ornement.
La musique. — La musique fut un art très goûté au xYin*" siècle. Comme au moyen âge, les princes, les grands seigneurs, les financiers avaient auprès d'eux un corps de musique sous la direction d'un chef. Ces musiciens donnaient des concerts l'hiver dans les salons et les galeries, l'été dans les jardins; ils faisaient le service de la chapelle; ils accompagnaient en musique les repas d'apparat. C'est au xviii" siècle que furent créés les premiers concerts publics sous le nom de concerts spirituels; ils furent inaugurés en 1725 aux Tuileries par le musicien Philidor ; ils avaient lieu pendant
Les Sciences.
».*t,'(*tg;
Laboratoire au xviii* siccio
Laboratoire au xviii* biècle.
Ces deux vignettes soot reproduites d'après deux dessins au lavis, exécutées par M— Lavoisier, représentant les expériences poursuivies par Lavoisier sur la respiration. C'est M"« Lavoisier qui sert de secrétaire à son mari (Grimaux).
ï'^nJ^S
Laboratoire allemand au xvm* siècle; d'après la reconstitution du Musée germanique de Nuremberg.
Pendule par Martin Carlin (Musée du Louvre).
la semaine sainte à six heures du soir et furent donnés presque sans interruption de 1725 à 1791 ; à la fin du siècle il y avait encore concert à la Noël et à la Pentecôte. Comme instruments perfectionnés ou créés à cette époque, il faut citer Torgue, très goûté des
Médeoins vers le milieu du xvui< siècle; d'après un dessin de Oudry (1686-1735), gravé en taille-douce par Tardicu, pour l'illustration des fables do La Fontaine.
Horloge d'appartement du début du xviii* siècle (appartient à M. E. Pamienlier).
amateurs, la harpe à pédale et le clavecin à marteau, dit forte piano, fabriqué par Silbermann, de Strasbourg.
Enfin Mercier nous apprend que Ton commençait à rencontrer par les rues Torgue de Barbarie, dit aussi orgue d\\llemagne, et il célèbre
LES LETTRES, LES SCIENCES ET LES ARTS AU XVII1« SIÈCLE
Les Sciences.
MacHine
Noilet (Muhée dfïâ Arta et Métiers).
Microscope du dïir de Ch aulnes (MiifKl^e des Arts
Expâriûncea il 4^1orlpidt<ï: cfi i"Ui; d'sprt*^ unç pravure en latUo-douccs
Télescope; d'après une gravure oa taille-douce de Choffard (1730-1809).
cette invention comme propre à répandre le goût de la musique parmi les classes inférieures de la société.
Les sciences. — La faveur que Tétude des sciences rencontre au xviii* siècle ne paraît pas avoir beaucoup modifié les conditions extérieures des recherches scientifiques. Les savants
Pompe à fou de Tabbë NoHct (Musëo des Arts et Métiers).
Le baquet magnétique de Mesmer (1734-1815); d'après taille-douce anonyme (Bibliothèque nationale : département
Machine électrique : d'après une gravure en taille-douce do Gravelot (1699-1773).
travaillentdansleurs laboratoires particuliers qui semblent assez pauvrement installés, si Ton en juge par les gravures qui nous représentent le laboratoire d'un des savants les plus riches de ce temps, le fermier général Lavoisier. Les instruments scientifiques n'ont pas encore la simplicité
une gravure en des Estampes).
technique des nôtres; ils se mettent à la mode du jour, comme on en peut juger par les pieds chantournés du microscope du duc de Chaulnes ou par Tornementation de pur style Louis XVI du premier aérostat lancé par les frères Montgolfier. Un témoignage de rintérét porté aux sciences par la société du xvni* siècle, c'est la place que tient la science dans ToRuvre des graveurs de ce temps; Cochin popularise par le travail de son burin les premières expériences d'électricité; la gravure nous a conservé de môme le souvenir du baquet magnétique ou de Tenthousiasme causé par les premiers essais d 'aérostation. On peut encore attribuer au goût général alors manifesté pour la science la passion du siècle pour les automates. D'habiles gens surent exploiter la vogue des sciences : « On trouve au Palais- Royal, écrit Mercier, jusqu'à des cours de physique, de chimie, d'anatomie , d'histoire naturelle... Là les femmes badinent avec les sciences qui ne sont plus pour ellesqu'unjoujouqui les amuse autant que leur caniche ou leur perruche. » C'est aussi le xviii*' siècle
Les Sciences.
Expèrienoe d'aèrostatlon dirigdo par les frères^Montgolfler dons lo jardin |M. Réveillon en 1783; d'après une gravure en taille-douce do Dosrais.
Asoension de Charles el Robert au jardin des Tuileries, 1" décembre 1783, d'après une gravure en taille-douce anonyme.
Retour du ballon do Charles et Robert, après l'ascension du 1" décembre 17s:i, d'nprès une pravurc on taille-douce de Mancost.
qui vit les médecins abandonner tout signe distinctif dans leur costume.
L'art en France.
— L'art en France rencontre au xvni* siècle des conditions très favorables à son développement.
Comme au siècle précédent, il a la protection officielle de l'État; dès 1750, le roi permet à jour et à heure fixes la visite et l'étude de ses collections artistiques ; en 1748, une sorte d'École des beaux-arts est organisée par la création de l'École royale des élèves protégés. L'initiative privée vient en aide au gouvernement ; le peintre de fleurs Bachelier fonde, en
1766, à Paris, une école de dessin qui devient, en
1767, École royale. A leur tour les villes de province créent des écoles de dessin ; de 1737 à 1777, on voit s'organiser des écoles de ce genre à Montpellier, Toulouse, Rouen, Reims,
Marseille, Lyon, le Mans, Amiens, Troyes , Tours , Dijon; cette dernière nous a donné Prud'hon. Ce mouvement est guidé, pas toujours heureusement, il est vrai, par la direction générale des bâtiments du roi, sur laquelle M"''' de Pompadour exerça pendant quelques années son influence
LES LETTRES, LES SCIENCES ET LES ARTS AU XVIII» SIÈCLE
Les Arts.
Atelier de l'Acaddmie ro}aIe de peinture de J-.ondres; daprès une peinture de Zort'ani (l7;i;{-l78Sj, datde de 1772 et gravée ù la manière noire
par Richard Karlom (l7i:M822j.
Le Salon de 1786; d'après une gravure en taille-douce anonyme (Bibliothèque nationale; dèparicmeut des Estampes).
par l'intermédiaire de son frère, M. de Marigny. nombreux prolecteurs, amateurs éclairés comme Dans la société du temps, Part rencontre de le comte de Caylus, riches financiers comme La
Album historique. — IV. 13
L'Architecture française.
Architeciure civile: salon de i'hùtoi do iSouhise, aujoiii-d'hui palais des Archives nationales, amënagé par Botfrand (1607-1754).
Architecture reiioieuse : uel et chœur do i ogiisc de l'abbavo de Sainto-Gencviêve, aujourd'hui désignée sous lo nom do Panthéon, commencé en 1764 par Soufflet (1709- 178U).
Architecture civile : ta<;adc de l'École militaire, couslruile par Gabriel (1699-1782}.
An des jardins : la maison du meunier à Trianon. Art des Jardins : la niaisuii du seigneur ù Triaiiun.
Ces constructions furent élevées en 1783 sur les plans de l'archilecto Mique (1728-1794).
Popelinière. L'institution du Salon de peinture et de sculpture qui s'organise définitivement à partir de 1737, révèle à la foule les œuvres cl les noms des membres de l'Académie de peinture et de sculpture, qui seuls ont le droit d'y placer leurs ouvrages. Ces expositions avaient lieu dans la grande galerie ou dans le salon carré du Louvre ; elles étaient fort suivies, surtout à la fin du siècle : « On y accourt en foule, écrit
Mercier ; les Ilots du peuple, pendant six semaines entières, ne tarissent point du matin au soir; il y a des heures où l'on étouffe. » L'artisle, comme l'homme de lettres et le savant, n'a plus un rang secondaire dans la société ; sa position devient parfois lucrative. Les artistes sont nombreux en ce siècle; souvent une famille entière s'adonne à un art: on a des familles d'architectes comme celles des Louis, de sculpteurs
LES LETTRES, LES SCIENCES ET LES ARTS AU XVIII^ SIÈCLE
L'Architecture étrangère.
Architecture italienne: fontaine do Trevi, à Rome, conslruilo <lo IT^Ii à 1748 par l'ar.-hilccte Nicoolo Salvi (Hi'.iU-lTol).
Architecture allemande : façade du pavillon du Zwingcr, h Dresde, construit de 1711 à 1722, par Poppelmann (1662-1730).
comme celles des Slodtz, des Coustou, des Adam, de peintres comme celles des Van Loo ou des Coypel, de graveurs comme celles des Cocliin, des Moreau ou des Ozanne.
L'architecture. — L'architecture avait commencé à se transformer pendant les dernières années du règne de Louis XIV ; avec la Régence, cette transformation achève de s'opérer. Elle se produisit surtout à Tintérieur des édifices et porta de préférence sur la décoration où la ligne contournée se substitue à la ligne droite. Robert
Architecture espagnole : porte du couvent de San Telmo, à
Séville, construit en 1734 par Antonio Rodriguoz.
de Cotte et Germain Boffrand furent les initiateurs de cette révolution ; avec Oppenort triomphe le style Régence, qui, par l'exagération du chantournement des lignes devient, avec Meissonier, le style rocaille. Au milieu du siècle, une réaction se produit contre la fatigue que causait à Toei! la vue de tant de courbes parfois extravagantes. Alors a lieu une renaissance classique ; la ligne droite reparaît dans les édifices religieux ou civils; Gabriel et Soufflot sont les grands protagonistes de cette révolution; ils font d'ailleurs des motifs qu'ils empruntent à Vantiquité gréco-romaine ou à
La Sculpture française.
Buste fij uïarbiv tle M"* iJii llfirrj, ^^a^ J'jij (t730-I809), conservé au Miisccdu Louvre.
Buste en marbre do Buffon, par I!oudon(nil-I828),conser\'éauMus(*o du Louvre.
Statue équestre en bronze do Pierre le Grand, par Falconct (17161791), sur la place Sainl-Isaae, à Saint- IVlcrsbourp.
Mercure atlachant ses lalonnières; statuette on marbre de Pigalle (171 i- 1781 ), constituant lo morceau do réception du statuaire à rAcadëmie en 1744 (Musée du Louvre).
Marie Leczinska, statue en marbre exécutée en 1731 par Guillaume Couslou (1677 1746). aujourd'hui nu Musée du Louvre.
Bas-relief en marbre do la fontaine do (ircnellc, a Paris, exécutée par Bouchardon (I6yî<-1762j en 17 VO.
rarchitecture italienne de la Renaissance un usage remarquable et construisent des édifices purs de style, élégants dans leur allure générale et quelquefois empreints d'une sévère majesté. Malheureuse-
Cul-de-lampe; motif ornemental compose par lo graveur Babel (1720-1770).
ment le retour au classique eut aussi ses exagérations; rien n'est plus curieux que de feuilleter les recueils d'architecture privée de la fin du siècle; Ton y voit maint hôtel particulier couvert d'un dôme bas ou
Tète de Neptune, par L.-S.
Adam ^1700-1759); au palais de Sans-Souci (Potsdam).
LES LETTRES, LES SCIENCES ET LES ARTS AU XVIII» SIÈCLE
iOl
La Sculpture française.
Tombeau do Lan^iiot do Guerp-y, ciirri do Saint-Sulpice, par Michel Slodtz (lT0"i-17(U). dans It^gliso Saint-Sulpice, à Paris,
Le Christ portant sa croix, statue en marbre de Bouchardon {1698-I76i), conservée dans Idglise Saint-Sulpice, à Paris.
Les chevaux du soleil, haut-relief de Le Lorrain dans Tancien hôtel de Rohan, aujourd'hui l'Imprimerie nationale.
précédé, comme un temple, d'un portique. Une transformation capitale se produit dans la seconde moitié du siècle dans Fart des jardins; au jardin français avec ses allées régulières, ses parterres, ses arbres taillés et ses pièces d'eau,
Panneau en bois d'une porte du salon d'Hcrculo au château do Versailles.
moins librement de la nature avec ses allées sinueuses, ses cours d'eau, ses cascades et ses fabriques, maisonnettes, tombeaux, ruines, petits temples, etc. A l'étranger, l'Allemagne adopte avec passion le style rocaille
Panneau en bois d'une porte du salon d'Hercule au chAteau de Versailles.
se substitue le jardin dit anglais, imité plus ou dont elle fit le style rococo; la réaction classique
La Peinture française.
L'embarquement pour Gythère, peinture de A. Watleau (1684-1721), morceau de réception & l'Acadëmie (Musée du Louvre).
ne s'y fit sentir que tout à la fin du siècle. L'Angleterre, au contraire, resta constamment fidèle à Tarchitecture imitée de Tantique. Les destinées de Tarchitecture en Italie et en Espagne furent à peu près les mêmes qu'en France.
La sculpture française.
— Dans rhistoire générale de la sculpture, l'école française du xviii* siècle tient une place des plus remarquables par le sentiment de la vie et de la grâce. Elle puise encore beaucoup de ses motifs dans la mythologie ; mais les divinités des Coustou, des Adam, des Pigalle ou des Clodion appartiennent à un Olympe spirituel de farouche. Elle excelle
OiUes, peinture de A. Walleau (1684-1721), conservée au Musée du Louvre.
et léger, qui n'a rien dans la reproduction
du modèle vivant et peu d'époques ont présenté des portraitistes aussi aptes à rendre le caractère de leur modèle qu'un Houdon ou bien un Pajou.
Elle n'a guère, il est vrai, le sentiment religieux, et le xvui® siècle, à ce titre, à part le beau Christ de Bouchardon, compte bien peu d'oeuvres de valeur.
Son penchant à la grâce légère et souriante l'a rendue peu propre également à l'expression des idées élevées et les monuments par lesquels elle prétend éterniser le souvenir des personnages héroïques ou vertueux, statues ou tombeaux, s'ils témoignent d'une grande habileté de main, sont souvent plus déclamatoires qu'émouvants. Enfin nous retrouverons
LES LETTRES, LES SCIENCES ET LES xMiTS AU XVlll* SIÈCLE
La Peinture française.
Pastorale : dessus de porto, pointure do Boucher (1704-1770) à l'Iiôlel do Soubiso, ù Paris, aujourd'hui hôtel des Archives nationales.
aux arts mineurs ces habiles praticiens qui ont su plier le métal et le bois à leurs caprices ingénieux. La France seule en ce siècle eut une école de sculpteurs de premier rang; les autres pays ne présentent que des artistes secondaires.
La peinture française. — L'œuvre des peintres français du xviii* siècle est très varié. Parmi ces artistes, il faut distinguer d'abord ceux qui continuent les traditions du siècle précédent, les auteurs de tableaux d'histoire, de tableaux religieux ou de scènes mythologiques, les Coypel, les Vanloo, Natoire, Restout, etc., dont Tœuvre, très abondant, mais en général
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Venus et Vulcain, peinture do Musée du
froid et ennuyeux, n'a pas ajouté grand'chose à la gloire de l'art français. Il y a plus à retenir des portraits d'apparat de Tocqué, de Nattier, qui, avec les formules de leurs prédécesseurs, ont conservé leurs habitudes de précision et de fidélité.
Mais c'est avec d'autres peintres qu'apparaît l'originalité du xviu® siècle ; c'est d'abord avec Watteau, le peintre des fêtes galantes, qui introduit dans l'art français une note tout à fait nouvelle par le choix des sujets et le mélange, dans des proportions presque indéterminables, d'une sincérité absolue dans le dessin de ses personnages et d'une fantaisie poétique
Natoiro (1700-177"/), consorvéo au Louvre.
La Peinture française.
Portrait de M-
Crozat, point par Avcd (1702-1766;, et conservé au Musée do Montpellier.
dans le paysage où il les place et dans la lumière dont il les enveloppe. Il faut placer à part Boucher, qui valut surtout comme décorateur avec ses. pastorales spirituelles et ses scènes mythologiques où il a tracé comme une sorte d'apothéose du corps de la femme encore affiné par son dessin parfois un peu conventionnel et ses colorations gracieuses et légères. Enfin, Ton peut
placer dans un troisième groupe les artistes qui se sont attachés à une étude plus immédiate de la nature et ne s'en sont point éloignés comme les précédents par les rêves ou les caprices de leur imagination. C'est d'abord le grand Chardin, le peintre ému de la vie bourgeoise, le portraitiste fidèle, et Tintroductcur dans notre art d'un genre nouveau, la nature morte étudiée pour elle-même; c'est Greuze qui gâte par
La raie, nature niorlo peinte par Muséo du
Figure do fantaisie, peinture de Fragonard (I732-IS00), conservée au Musée du Louvre.
l'emphase ou la sensiblerie une science remarquable de la composition ; ce sont les animaliers comme Oudry ou Desportes, les paysagistes comme J. Vernet ou Hubert Robert, encore bien conventionnels , il faut l'avouer, avec leurs marines ou leurs ruines où le souvenir du paysage classique contrarie souvent l'observation directe de la nature.
La peinture étrangère. — La peinture étrangère est vite caractérisée. L'Allemagne et les Flandres s'attardent dans un classicisme ennuyeux. En Hollande, Troost, seul et assez platement, conserve la tradition des maîtres de l'art précédent; les Van Huysum apportent dans la peinlure des Heurs et des fruits une minutieuse précision. La peinture espagnole subit une éclipse. En Italie. Rome offre des peintres de
Chardin (1699-1779;, conservée au Louvre.
LES LETTRES, LES SCIENCES ET LES ARTS \V XVin« SIÈCLE
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La Peinture française.
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