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Représentant du peuple

I^es n«'

i à sont reproduits d'après une gravure en taille-douce anonyme, conservée au département des Estampes de la Bibliothèque nationale ; les n** 7 et 8, d'après les dessins de Châtaignier (1772-1817), graves en taille-douce par Poisson.

LA VIE PUBLIQUE EN FRANCE SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE

Le Directoire.

Glaive do cérémonie des Directeurs (Musée d'artillerie).

Réception publique des ambassadeurs par les membres du Directoire exécutif en costume; d'après un dessin de Duplessis-Bertaux (i747-1818), gravé en laille-douce par Berthaut (1748-1810), pour les Tableaux historiques de la Bévolution française.

Ces personnages sont reproduits d'après une gravure en

taille -douce

anonyme (Bibliothèque nationale; département des Es* tampes).

Membre de la haute cour de justice.

Membre du Tribunal de cassation.

Ministre.

Président d'administration municipale.

Membre d'administration départementale.

manière de vivre, qui donnèrent bientôt au lieu qu'il habitait de grandes ressemblances avec le palais d'un souverain. » Il se transporta solennellement aux Tuileries dans une voiture tirée par six chevaux et pénétra dans la cour du Carrousel entre deux rangs de grenadiers faisant la haie,

« usage royal » remarque Bourienne. Aux Tuileries, on vit reparaître les dîners de cent couverts et les réceptions solennelles d'ambassadeurs (( avec les cérémonies usitées chez les rois ». 11 ne paraissait en public qu'accompagné d'une garde nombreuse, ne permettait à ses collègues

Le Consulat.

Ministre.

Le château de la Malmaison en 1802; d'après un dessin de Bourgeois (1767-1830), gravé à Taqua-linte par Amély, femme Coiny.

Membre du corps législatif.

que deux grenadiers devant leur voiture, et enfin commençait à donner à sa femme un rang dans TEtat. Mais cette majesté naissante, encore peu faite au fardeau de l'ancienne étiquette, allait de temps à au Ire s'échapper en fusées de jeunesse à la Malmaison, oii elle se récréait parfois à la comédie de société.

Le Sacre. — Le sacre acheva de marquer le retour aux usages de l'ancien régime; il eut lieu conformément aux traditions légèrement modifiées cependant de l'ancienne monarchie. Les cérémonies durèrent quinze jours; le 2 décembre 1804 fut célébrée la cérémonie religieuse;

Glaiye des licteurs des consuls (Musëe d'artillerie).

Juge du trïbiinsil orlmlneL

Os i.ïftrsoiiiiapc's sont rcpfoduilii d'àpr^-ïi lus defisinti di* Chfitîiigmer ( 1772- H-ll), gravés iîii loillc - dout t^ pfir

Sous-prèfet.

vingt-cinq voitures conduisirent l'empereur, l'impératrice et la cour des Tuileries à Notre- Dame ; la voiture de l'empereur était attelée de huit chevaux ; les autres de six. Le lendemain, des hérauts d'armes à cheval allèrent distribuer au peuple dans les principaux quartiers de la ville, des médailles d'or, d'argent et de cuivre frappées en l'honneur du couronnement impérial. Le 5 décembre, l'empereur remit aux troupes leurs aigles au Champ-de-Mars; le même jour un banquet fut donné aux dignitaires dans la galerie de Diane aux Tuileries. Puis du 6 au 20 décembre, il y eut réception des fonction-

L\ VIE PUBLIQUE EN FRANCE SOUS LA RÉVOLUTION ET LTMFIRE

La Cour impériale.

Dame du palais au sacre, portant les orï'randes.

L'Impératrice Joséphine

60 petit costume.

mmmmm.mmmm'M

Le tràii0 il« IfEmpereur au pabiï^ (k'ii Tuili^ries ; <î'après ud dessin ni] Irait île Percwr (Hti^irAS) et Fou toi ne (nfli-l^sa), gravé par Ch. MouifMaiiaçl7(Sri-U4t»),

Prlnωae.

L Impératrice Joséphine dan» la eo^tuoïf^ qu dfti po riait au hîh rc

Chef des hérauts d'armes.

Ck>stume porté par TEmpereur au sacre

(Hoffmann). Les autres figures ont été gravées on taille-douce, d'après les dessins d'Isabey (1707lS5r»), par Pauquet, Delvaux, par Massard pore et fils, et Audouin, pour l'ouvrage consacré au sacre de Napoléon I'\

Huissier de la Chambre.

Le Sacre.

Le sacre de Napoléon I»'; arrivée do l'Eîmperour à Notre-Dame; d'après un dessin d'Isabey (1707-1855) et do Fontaine (I7G2-1853), pravô en taille-doucc par Dupréel. Cotte vignette est extraite de l'ouvrage consacré au sacre do Napoléon I".

▲rchichancelier

(Hoffmann).

Chapelle impériale au palais des Tuileries, construite par Porcier (1764-1838) et Fontaine (1702-1853); d'après un dessin do Garbizza grave par Chapuis (Monuments de Paris).

Page de la cour impériale (llotrniann).

naires civils ot militaires, soil aux Tuileries, soil au Louvre ; sept mille personnes figuraient à la réception militaire. Enfin une grande fôte offerte par la municipalité de Paris à « Leurs Majestés »

clôtura ces réjouissances.

L'empereur et l'impératrice prirent part à un repas solennel; ils mangèrent seuls sous un dais h une table dressée sur une estrade ; puis ils assis-

Coureur (Hoffmann).

HuisBier (Hoffmann).

tèrent à un feu d'artifice dont le motif principal fut le passage du Mont-Saint- Bernard. D'autres fêtes avaient été données par le Sénat, le Corps législatif et les maréchaux de l'Empire. « Paris resplendissant, écrit Marbot, étalait un luxe jusqu'alors inconnu... ce n'était partout que fêtes, bals et joyeuses réunions. » Dans les cérémonies, les fonctionnaires parurent revô-

LA VIE PUBLIQUE EN FRANCE SOUS LA RÉVOLUTION ET L EMPIRE

Le Sacre.

Le Baore de Napoléon I"; lEmpcrcur plaçant la couronne sur la IHo de l'Impératrice Joséphine; d'après le tableau de David (I7i8-1825),

conservé au Musée du Louvre.

Le Bacre de Napoléon I"; l'Enipereur prêtant serment sur le livre des Évangiles par devant les pr^^iionls *1®^ quatre assemblées; d'après le dessin d'Isaboy (I7«il»-1K5.J) et Pcrcier (I70i-1838), gravé en taille-douce par Pauquet et l^^^ij^j^on [Sacre de Napoléon /").

La Cour impériale.

« Cérémonie du mariage civil do S. M. l'Empereur Napoléon et de S. A. I. Marie-Louise d'Autriche dans la galerie de Sainl-Cloud » ; d'après un dessin au trait do Porcier (1764-1838) et Fontaine (1702-1853), gravé par Pauquet et C. Normand (1765-1840).

lus des nouveaux costumes prescrits par Tétiquette, les hauls dignitaires en habit, manteau, chapeau à plumes, les fonclionnaires en frac décoré de broderies, les uns et les autres portant Fépée, les magistrats et les professeurs dans la robe longue, qui était redevenue le costume des premiers depuis le Consulat.

La Cour impériale. — Napoléon

i do Napoléon !•' (Archives nationales).

voulut que la nouvelle cour fût aussi fastueuse et aussi régulièrement ordonnée que Tancienne. Il fit richement meubler les palais impériaux dont les salles par ses soins furent garnies de tentures de Lyon, de meubles d'acajou, de bronzes, de vases de porcelaine provenant des manufactures impériales, à ce point que Louis XVIII trouva « tous les palais meublés à

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La Cour impériale.

L'Empereur et l'Impératrice recevant sur leur trône les hommages et les félicitations de tous les corps de l'État le lendemain do leur mariage » ; d'après un dessin de Percicr (1764-1838) ot Fontaine (1762-1853), gravé par G. Normand (17G5-1840).

neuf et les garde -meubles remplis. » Les architectes lui édifièrent un trône fort majestueux et vraiment original. Sa table fut servie aux jours ordinaires en vaisselle d'argent, aux fêtes et grands couverts en vaisselle de vermeil. Il exigea des personnes qui figuraient k la cour des costumes élégants et somptueux. Joséphine, qui avait la passion de la toilette, au point de porter rarement deux fois la donna volontiers l'exemple. On la

Album iiistobique. — IV.

Sceau impérial des litres (Archives nationales).

même robe, vit vêtue de

robes brodées d'or et d'argent, garnies de nacre, ou de dentelles qui valaient parfois jusqu'à cent mille francs. Il lui arriva de porter dans ses cheveux, outre la couronne impériale, des perles pour une valeur de plus d'un million. Les princesses finirent par « surcharger leurs robes de perles fines et môme de diamants qui les rendaient sans prix ». Une simple dame du palais, comme M"* de Rérnusat, avait parfois les cheveux ornés de jasmin^ mêlé» à des épis de diamants,

La Cour impériale.

Le banquet impérial dans la f;rniido salle du palais des Tuileries à l'occasion du mariage do rKinpereur avec S. A. I. l'archiduche^-sc; d'Autriche ■; 'raprès un dessin au Irait do Percier (I7(ii isilS) et Fontaine (I7«i2-I8:>:i,i. <.'rav(' par C. Normand (l7rM-1840).

LA VIE PUBLIQUE EN FRANCE SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE

La Cour impériale.

Bal offert à l'Empereur cl à l'Impératrice en 180G à Strasbourg; d'après un dessin au trait de Lix, gravé par Guérin (Bibliolhèque nationale;

département des Estampes).

dont chacun valait do 4 à 5000 francs. « Un habit de cour, écrit celte dame, nous coûtait au moins cinquante louis, et nous en changions fort souvent. » Aux cérémonies officielles comme l'ouverture du Corps législatif qui se faisait toujours en grande pompe, aux cérémonies privées comme les mariages des membres de la famille impériale, de son cru, qui

anciennesmonarchies orientales.

En 1806, étant assis sur son trône, ayant Timpératriceà sa gauche, les princesses, la dame d'honneur sur des tabourets à sa droite, les grands officiers debout des deux côtés, il fit défiler devant lui les dames du palais, les femmes des maréchaux, des grands

L'Empereur dans son cabinet de travail; d'après une aquarelle anonyme représen- OfllCierS et dcS tant l'audienre accordée à une ambassade persane par Napoléon au château do Finkenstein rnini<if rpe nnic

(Prusse) le 27 avril 1807 (Bibliothèque nationale : département des Estampes). miniSireS , pUlS

leurs maris. Les Napoléon en ajouta d'autres rappellent les adulations des

uns et les autres « en habit de cour très pompeux, vinrent, jusqu'au p^^^i du trône, faire leur

Déjeuner de Napoléon I*

assise Marie-Louise ; d'aprt^s 1832), conservée nu

silencieuse révérence » . Un autre jour, il reçut de même les révérences de tous les préfets et de tous les présidents des collèges électoraux. Les principaux divertissements de la cour furent des concerts, des ballets exécutés par les artistes de rOpéra et quelquefois par les princesses et des dames de la cour en habit de théâtre, des cercles tenus par Joséphine, où, à la différence de Tancien régime, on jouait fort peu, des bals suivis de soupers, des représentations théâtrales, et lors du voyage triomphal à Fontainebleau en 1808 des chasses à courre, pour lesquelles Tempereur voulut que la cour eût un costume spécial. Cérémonie et divertissements étaient ordonnés « avec la sévérité de la discipline militaire. Le cérémonial, écrit M*"* de Rémusat, s'exécutait coDiiiie s'il était dirigé par un rnulement de tambour ^ Il devint encore plus rigoureux lorsque l'empereur eut épousé Marie-Louise ; et le brave capitaine Coignet, exprime peut-être sans s'en douter la pensée de plus d'un courtisan, lorsque, après avoir décrit le banquet

Napoléon dans l'intimité.

il tient dans ses bras le roi de Rome; auprès de lui est unt" pointure de Menjaud (1773- >[usc5e do Versailles.

« Aprés-dôieunè do S. M. l'Empereur, accompagne do son épouse et de S. M. le roi de Rome son fils sur la terrasse de Saint-Cloud » ; pravuro t'ii Liillf-itmi.-.' nth'nniii.& destinée à ortioi* ici coiiverrld d'uii^ lahntii*rp (Bibli^tb^rf1le nalkotiaii^ di^parU*nH'fit t\t*i l'iHtaiïiposi.

Voiture du roi de Rome conservée dans les collcclions de l'Empereur d'Autriche.

solennel offert par la ville de Paris à Tempereur et à Marie- Louise au lendemain de leur mariage, il formule ce bref jugement sur ce genre de cérémonies : « Si c'est imposant, ça n'est pas gai.»

La journée de Napoléon. — Dans cette cour bien ordonnée et si fastueuse, il n'y avait qu'un personnage qui dérogeât à Tétiquette et au luxe prescrit; c'était l'empereur. Le plus souvent, il n'était vêtu que d'un uniforme de sa garde; par exception, dans les cérémonies, il portait un riche vêtement avec un manteau et un chapeau à plumes « qui lui allaient très bien w ; il y joignait un magnifique collier Tordre de la Légion d'honneur, tout en diamants. Il mangeait sobrement et vite.

On le servait, entrées et en (remets tout à la fois; i^vvH M'"^ de Rémusat; il mangeait avec distraction, preriHit tout ce qui se trouvait devant lui, fûtce des confitures ou quelque crème qu'il se servait avant d'avoir touché aux entrées. » Il passait la plus grande partie de la journée, matin et soir, au travail et n'en distrayait guère que les moments

LA VIE PUBLIQUE EN FRAxXCE SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE

Cérémonies officielles.

Signature du contrat de mariage de Jérôme Bonaparte et de la princesse de "Wurtemberg dans la galerie do Diane au palais des Tuileries en 1807; d'aprôs un tableau do J.-B. Regnault (1754-1829), conservé au Musdo do Versailles.

Sénateur (Ilotfmann).

Le Tribunat apporte au Sénat les drapeaux conquis sur les Autrichiens en Ministre d'État, procu-

1806; d'après lo tableau do J.-B. Regnault (1754-1829), ayant figuré au Salon de 1812 et reur do la Haule-Cour conservé aujourd'hui au Muséo do Versailles. (Hofl'inann).

réservés aux aiidioncos, auxquels on donnait le nom de levers. Sa toiletle rapidement faite, il passait dans un salon et recevait d'abord les

grandr. officiers do sa maison et les généraux de sa garde; puis, [on faisait entrer les chambellans, les génér^^x de passage k Paris, le préfet

Cérémonies

officielles.

Cérémonie de Touverture de la sesBion du Corps législatif.

Cos deux vignettes ont été reproduites d'après des «quarelles

Alexandre !•%

Honneurs funèbres rendus au Panthéon aux grands dignitaires de l'Empire.

do Fontaine (1762-1833), exécutées pour l'empereur de Russie, de 1809 à 1815.

Grand juge (Hoffmann).

Préfet (Hoffmann).

Glaive de cérémonie des dignitaires impériaux.

Ces deux épées sont conservées au Musée dnrtillerie.

Maire {Sacre Je NapoUon J''}.

Garde champêtre (Martinet).

de Paris, le préfet de police, les princes et les ministres; à tous ces personnages, il donnait ses ordres, accordait publiquement des éloges, ou distribuait brutalement des blâmes. Le soir, l'empereur dînait seul ou en famille, passait quelques moments au cercle de l'impératrice, assistait quelques instants aux divertissements qu'il avait ordonnés et rentrait bientôt dans ses

appartements privés. Pour son lever comme pour son coucher, il avait renoncé au cérémonial compliqué de l'ancien régime.

Paris sous l'Empire. — Bien que Napoléon ait en général peu séjourné à Paris, il voulut que par sa beauté la grande ville attestât son rang de capitale de Tempire; aussi sous son règne filon à Paris de nombreux travaux. Il débarrassa la

LA VIE PUBLIQUE SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE

Encouragements à l'industrie et au commerce.

Le premier Consul visite la labricfue des frères Sevennes à Rouen en 1802; sépia de J.-B. Isahey (1707-1835), au Musëo de Versailles.

ville des vieilles coustruclions, sans discerner toujours celles qui, par leur intérêt historique ou artistique, méritaient d'être conservées ; il fit dégager les édifices publics; il fit ouvrir de nombreuses rues , aménager des places, percer des passages ; la Seine fut bordée de quais : de nouveaux ponts (ponts des Arts, d'Austerlilz et d'Iéna) rejoignirent ses rives; par son ordre, on construisit de nombreux bâtiments d'utilité publique, halles et marchés; on répara les anciennes

mîMPOT

Vue intérieure du marohè Saint- Germain commencé en 1814; d'après une aquarelle do Fontaine (1702-1853), exc^cutéc pour l'enii^^^cur do Russie, Alexandre I'^

églises; enfin des monuments d'un caractère original, tels que le temple de la Gloire, devenu plus tard la Madeleine, des arcs de triomphe, la colonne élevée à la gloire de la Grande Armée, embellirent Paris.

Encouragements à rindustrie et au commerce. — Enfin le souverain s'attacha à montrer l'intérêt qu'il portait au commerce et à l'industrie par les visites assez fréquentes que sous le consulat et au début de l'empire il fit aux grands industriels de Paris et de la

Embellissements de Paris.

Construction de la colonne Vendôme; d'après uqo gravure en taillc-doucc de Duplessis-Bertaiix (1747-1818;.

Travaux de percement de la rue do Rivoli; d'après une eau-forte do Duplessis-Berlaux (1747-1818), représentant un ouvrier serrurier Iravoiilant ù l'inslallalion do la grille des Tuileries.

Le canal Saint-Martin; au fond, la barrière do la Villelle; d'après une gravure en laille-douco anonyme (Bibliothèque nationale; département des Estampes).

province. La jolie sépia d'Isabey nous a garde le souvenir de la visite qu'il fit accompagné de Joséphine à la fabrique des frères Sevennes à Rouen. L'usine d'Oberkarapf à Paris le vit

également, et en 1812 il alla porter à Benjamin Delessert la croix de la Légion d'honneur dans la fabrique de sucre de betterave que cet industriel avait établie à Passv.

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