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ISIS

Sceau de Napoléon III (1852-1870).

Sceau de la troisième République {revert).

Les Assemblées politiques.

Salle des séances de la Chambre des députés sous la Reslauralion; craprès un dessiu do Moutaut. grave en taillc-doiu-e par Couciié,

conservé au départcmonl des Estanii»cs do la Bibliolhèque nationale.

Plan do la salle des séances do la Chambre des députés sous la Reslauralion: accompagnant les deux gravures ci-dessus.

menaçait ruine. En 1848, on construisit dans la cour du Palais-Bourbon, pour les 900 membres de l'Assemblée constituante, une salle qui fut démolie en 1852. Dans tous ces édifices, Taménagement intérieur fut celui qu'avait adopté Vignon pour la salle de la Convention : l'hémicycle de gradins auquel font face la tribune de l'orateur et le fauteuil présidentiel. La tribune disparut dans les assemblées du second empire oii chaque orateur parlait de sa place; elle fut rétablie en 1867.

Costume des députés. — « Les députés ne peuvent siéger en séance publique sans ôlre

Costumes de député et de pair sous la Reslauralion ; d'après des gravures anonymes conservées au déparlement des Estampes de la Bibliolhèque nationale.

revêtus de leur costume », avait-il été établi dans la séance du 27 juin 1814.

Cette obligation fut peu respectée ; mais un député ne pouvait prendre la parole sans porter le costume officiel. Ce costume était l'habit bleu de roi à boutons et broderies fleurdelisées, culotte et bas; il comportait l'épée; celui des pairs, avec le manteau et le chapeau à plumes, rappelait le vêtement des sénateurs impériaux. Le costume, tombé tout à fait en désuétude pendant la monarchie de juillet, reparut sous le second empire. Ce fut alors l'habit de drap bleu avec boutons décorés à Taigle, le gilet blanc, le pantalon de casimir

Lk VIE PUBLIQUE AU XIX« SIÈCLE

Les Assemblées politiques; opérations électorales.

Salle des séances de l'Assemblée nationale en mai 1848; d'après une gravure sur bois du journal l'Illustration.

rendait solennellemenl en séance; jusqu'en 1848, il fut précédé de vétérans de la garde nationale qui fu-

blanc, le chapeau bicorne à plumes noires, Fépée.

Ce costume n'était pas obligatoire en séance pour les députés. Au contraire, jusqu'en 1870, les sénateurs portèrent en séance le costume de petite tenue qui était, à quelques détails près, le même que celui des députés. Les assemblées républicaines se sont contentées d'insignes dislinclifs, portés seulement dans les cérémonies officielles, écharpe tricolore à franges d'or passée en sautoir, décoration ornée des faisceaux de la République surmontée de la main de justice.

Cérémonial législatif. — Dès la Restaurai ion. le président se

Salle de vote û Taris ; élections d'avril 1848 {lllnslration).

Les débuts de la liberté de réunion; un club on 1848 {Illustration).

rent remplacés, après la suppression de ce corps, par un détachement d'infanterie de ligne. Avant 1870, l'ouverture des sessions se faisait solennellement; sous les règnes de Louis XVIII et de Charles X, les Chambres allaient au Louvre écouter le discours du trône.

Louis-Philippe venait à la Chambre prononcer ce discours ; il y parlait le chapeau sur l'A tête. Sous le règne de Napoléon III, l'ouverture des sessions se fit d'abord aux Tuileries dans la salle des Maréchaux, puis au

Les Assemblées politiques.

r Ouverture de la session législative do iSiiO par S. M. l'Empereur dans la nouvelle salle des Élals au palais du Louvre, le 7 février 1839.

Sénateur eu petite Sénateurs en grande tenue.

Première séance du Corps législatif pendant la session de 18(ii. tenue.

Ces vignettes sont reproduites d'après des gravures sur bois du journal V Illustration.

Louvre, dans la salle des États; le souverain y lisait son discours debout sur une estrade audessous d'un dais. Dans le cours de la session, les communications entre les deux chambres ou avec le gouvernement se firent jusqu'en 1848 par rintermédiaire de messagers crÉtat, fonctionnaires qui, revêtus d'un costume spécial, se

tenaient pendant toute la séance assis en avant des gradins, en face du président.

Intronisation des chefs d'État. — Louis XVIII prit possession du trône sans cérémonie spéciale, Charles X se fit sacrer avec tout le cérémonial de l'ancien régime. Louis-Philippe vint prêter serment de fidélité à la Charte devant la Chambre;

LA VIE PUBLIQUE AU XIX' SIÈCLE

Les Chefs d'État.

Médaille des députés, argent (face), sons le règne de Charles X (Musée Carnavalet)

Médaille des députés, argent (face), sous le règne de Napoléon III (Musée Carnavalet).

Do ces trois portraits, celui de Charles X a été peint par Ingres en 1829; celui de Napoléon III est l'œuvre de H. Klandrin : celui de S. Carnet est dû à A. Yvon.

Tous trois sont conservés au Musée de Versailles.

Le roi Charles X (1824-1830).

L'empereur Napoléon m (1852-1870).

de même le prince Louis Napoléon, élu président de la République par un plébiscite, prêta serment devant l'Assemblée législative. Quand il devint empereur, une députation des assemblées alla lui porter le scnatusconsidte, qui établissait le changement de régime.

Sous la troisième République, c'est la proclamation à la tribune du Congrès, par le président de cette assemblée, du nom du personnage sur qui s'est porté le choix des votants qui confère ses pouvoirs au chef du gouvernement. De 1815 à 1870, les chefs d'État ont porté dans les cérémo-

i 'l'i * l'O Prësideot de la République S. Camot (1887-1S04 .

mes un costume militaire ^ ^ wxuoi, ^

avec le cordon de grand-croix de la Légion d'hon- de reconstituer le

neur; cet insigne est aujourd'hui tout ce qui distingue le chef de l'État.

La Cour au XIX*' siècle.

— Pendant le xix® siècle, il n'y eut de véritable vie de cour en France que sous le règne de Napoléon 111. Quelques bals, de grandes chasses, la célébration des fêtes religieuses et la reconstitution d'anciens usages, comme la consécration des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit, six semaines avant les journées de juillet, tels furent les épisodes les plus saillants de la vie de cour sous les règnes de Louis XVIH et de Charles X. Louis-Philippe se garda bien de rétablir le cérémonial et personnel des cours de Tan-

Établissement des chefs d'État.

Sacre de Charles X i824-1830) dans la cathédrale de Reims, lo 29 mai 1825, peint par Gérard (1770-1837), conservé au Musée do Versailles.

cien régime. Il s'attacha, suivant le mot de J. Janin, à faire de la cour u la meilleure maison bourgeoise de Paris ». A la différence du roi-citoyen, Napoléon III réorganisa une véritable cour avec grand maréchal , grand chambellan, grand écuyer, grand veneur, grand maître des cérémonies, grand aumônier, maison militaire, garde particulière du souverain (ce furent les cP7it~gardes)y maison de Timpératrice, maison du prince impérial; les domestiques, nombreux, reçurent une livrée brillante, les écuries impériales furent renommées pour la qualité des chevaux et Télégance de la carrosserie. Les visites des souverains étrangers, les expositions universelles furent l'occasion de fêles brillantes; des bals et de grandes chasses en étaient

Louis-Philippe (1830-1848) prêtant serment devant la Chambre des députés, de maintenir la Charte de 1830, le 9 août 1830; d'après le tableau d'K. Dévéria (i80.'i-1865j, conservé au Musée de Versailles.

les principaux éléments. Les souverains résidaient pendant la plus grande partie de l'année aux Tuileries; mais ils passaient la belle saison à Saint-Cloud, où la vie était très simple; à Fontainebleau, où les promenades en forêt et les repas sur l'herbe étaient les distractions principales; à Compiègne, à la fin de l'automne, où il était d'usage de convier les arlistes, les savants et les écrivains les plus renommés de l'époque. A Paris, comme dans les résidences d'été, l'étiquette était peu rigoureuse.

Fêtes publiques. — Jusqu'en 1848, il fut d'usage de célébrer la Saint-Louis; le second empire adopta, comme fête nationale, la date anniversaire de la naissance de Napoléon P""; la troisième République commémore le souvenir

LA VIE PUBLIQUE AU XIX" SIÈCLE

Établissement des chefs d'État.

Proclamation de J. Orôvy oomme président de la République par le président du Congrès, dans la salle des séances du Congrès au palais do Versailles, le 30 janvier 1879 ; d'après une gravure sur bois du journal VlUustration.

de la prise de la Bastille. Le fonds commun à toutes ces cérémonies a consisté dans des fêtes foraines, des jeux publics, des concerts, des bals en plein air, des illuminations. Il faut y ajouter, à l'époque de la Restauration, des distributions de comestibles et de liquides ; sous le second empire, on donna quelquefois au Champ-de-Mars des pantomimes militaires représentant des scènes des guerres de Tépoque. De nos jours, une revue militaire est Télément principal de ces fêtes.

Album bistobiqub. — IV.

Séance du Conseil des ministres, tenue (l'apn's lo lal)lHnu point pnr C. Jnrquand Versailles.

La justice. — Le premier empire avait donné un uniforme à tous les fonctionnaires. La tendance commune à la plupart des administra lions publiques pendant tout le xix'' siècle a été l'abandon de tout vêtement distinctif. Plus que tous les autres corps de TEtat, la magistrature est restée fidèle dans l'exercice de ses fonctions au port de son costume; Tappareil extérieur des jugements n'a guère changé depuis la Restauration. Ce qui s'est modifié le plus, c'est le système pénal. D'abord en 1836 fut

au palais dos Tuileries le liiaoùt 184J:

nso.i-iST.N , conserve nu Mus('c de

La vie de cour.

Rëoeption des ambassadeurs du roi de Siam an palais do Fontainohloau par l'empereur Napoléon III et rimpéralrice Eugénie, le 27 juin 1861 : d'après le tableau point par Gërônie (1824-1904), conservé au Musée de Versailles.

Livrée impériale à la française : postillon vi pardon d'attelage. courrier.

Livrée impériale à l'ancrlnise:

Premier grand bal donné au palais des Tuileries Livrée impériale Livrée impériale

dans la salle des Maréchaux, en 1800. h l'anglaise : garçon h la française : co-

d'attelagc. cher et piqueur.

Costumes de oour.

Costume de cour. d'a])rës le portrait do la princesse Mathilde (1820-I9ui), peint par E. Dubufc (IS2U-18S3/ o:i 18G1 (Musée do Versailles;.

Livrée impériale à l'anglaise : postillons.

Les vignettes qui ne sont pas accompagnées de leur provenance sont reproduites d'après des gravures sur bois du journal V Illustra tion (ISfiO).

LA V[E PUBLIQUE AU XIX« SIÈCLE

Fêtes publiques.

Distribution de vivres, d'après un tableau peint par Boill.v (I761-184:i), exposé au Salon do 1822 (collection Donière).

La première Fôte nationale du 14 Juillet k Paris, sur la place de la République; d'ap^^s le tableau peint par M. Roll (Musée do la Ville de Paris).

supprimée la chaîne des forçats, et Ton n'eut plus lo lamentable spectacle de ces misérables,

enchaînés deux par deux, par série de vingt ou trente, assis dos à dos, les jambes pendantes sur

La Justice.

86anoe d*ane cour d'assises sous la Restauration ; le procès Fualdès à Âlbi en 1817: d'après une gravure au Irait de Normand fils, conservée au département des Estnmpes de la Bibliothèque nationale (collection Hennin).

L'exposition au pilori sous la Restauration, châtiment des « petits voleurs » ; d'après un dessin de Philipon (1802-1862), lithop^raphié parAVattier (1800-1868), exlroit d'un album intitulé Compensations.

La prison pour dettes sous la Restauration; le bain du créancier. La prison pour dettes sous la Restauration : le café dos prisonniers.

La prison pour dettes était, sous la Restauration, établie à Sainte-Pélagie; elle fut en 1826 transférée rue de Clichy.

Ces deux vignettes sont reproduites d'après des lithographies de V. Adam (1801-1867).

de longues charrettes et voyageant ainsi à travers toute la France pour gagner les ports où étaient installés les bagnes. Le bagne lui-même fut aboli en 1854 et les condamnés aux travaux forcés furent désormais transportés aux colonies ; avec le bagne disparurent les fers, la casaque et le bonnet, rouge pour les condamnés temporaires, vert pour les condamnés à perpétuité, signes auxquels on reconnaissait alors les forçats. Le régime pénitentiaire s'est également transformé ; avant 1840, les prisonniers vivaient dans la plus singulière promiscuité ; il y avait telle prison, comme Sainte-Pélagie à Paris, où

les détenus qui, quelquefois encore, couchaient deux dans le même lit, faisaient leur toilette à une fontaine dans la cour, n'avaient point de réfectoire, et quand il pleuvait, se tenaient en commun dans une vaste salle, sansyêtreasti*eints à aucune occupation. C'est vers celte date que fut introduit en France le régime cellulaire ; la comparaison d'une cellule à la Conciergerie, seule prison où ce régime existât avant 1840, et d'une cellule de la prison récemment construite à Fresnes (Seine), rendra sensibles les modifications apportées au régime des prisons, dans la seconde moitié du xix° siècle. En 1867, fut sup-

LA VIE PUBLIQUE AU XIX» SIÈCLE

Le Bagne.

La ohaine, dans les premières années du règne de Louis-Philippe (lS30-18i8); d'après une lithographie de V. Adam (1801-1867).

Le ferrement des forçats en 1836; d'après nno gravure en taille-douce de Debout, extraite de liaf/ties, prisons et criminels, par Appert.

Forçats en 1830; d'après une lithographie de Camp à Bourail (Nouvelle-Calédonie) pour les forçats employés aux travaux publies

If. Gaugain, extraite de Les Bagnes, par M. Alhoy. A l'intérieur de l'île.

Les trois vignettes. Camp à Bourail, Préau des condamnés à Nouméa, et Atelier d'habillement des condamnés , ont été dessinées d'après dos photographies conservées à la Bibliothèque de l'Office colonial à Paris.

Prëau flans la maison de détention des condamnés à Nouméa (Nouvelle Calédonie).

Atelier d'habillement des condamnés dans l'île Non (Nouvelle-Calédonie).

La Police

Les Prisons.

Seroent de ville

sous la Rcstaurntion /'Rov ot Fi^ron^.

Gardien dn la pabc

sons Je seronU i^nipirti^

Cellule de (a Conoicrgeric nn IH^ii. d après un dessin de llollârd, LilliD^raphLi:? pai* V. Ituntj, ronservé au d(*part«me[jl des Kslampos d" Iq bibliothèque riHitionalc.

Cellule df la |jristm «(qK^itomontnlii de FroiincB (Hcino), construiJo par M. lï, PoiisiiïJD; il'iipft'ii une jihotdpraplueH

Détenus se préparant à la prise des ment des fiches anthropom<^triques, d journal VJUuêtration (1889).

Gardien de la paix sous la seconde République (Rev et Feront

primée la prison pour dettes, curieuse prison , comme on en pourra juger par nos deux gravures, où Ton voit les détenus faire un mauvais parti au créancier qui s'aventure imprudemment au milieu d'eux, ou tromper Tennui de leur captivité par de joyeuses séances au café installé pour eux dans la prison.

La lutte contre les fléaux. — Le xix*' siècle a énorgiquement lutté contre les fléaux auxquels rhomme est exposé, et dans ce combat, il a appelé à lui toutes les ressources de la science. Voyez dans cette curieuse vignette de Daubigny, représentant un incendie sous le règne de Louis-Philippe, les procédés encore rudimentaires dont on disposait alors pour combattre

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