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CHAPITRE XVII

La Vie privée en France au XIX^ siècle

Le costume masculin. — Le pantalon et le gilet sans manches figurent dans tous les costumes masculins depuis 1815; Vhabiê à basques sous la Restauration, la redingote sous le règne de Louis -Philippe, la jaquette sous le second Empire, le veston sous la troisième République complétèrent ce vêtement ; depuis la fin du

Costumes de femme et d'homme au début du règne de Louis-Philippe,

d'après deux lithographies de A. Devéria (1800-1857), dont l'une représente, à gauche

M"« Vatrin, l'autre Alexandre Dumas père.

règne

de

Louis-Philippe, la redingote est devenue vêtement de visite ou de dîner; Thubit, depuis la Restauration, vêtement de cérémonie. Le vêtement de dessus a été au début du siècle un manteau sans manches, le crispin, dont le diminutif fut la pèlerine, puis, à partir du règne de Louis-Philippe, le pardessus à manches. Le costume masculin a été de préférence dans tout le siècle en drap de laine de

ALBUM HISTORIQUB. IV.

Costume de garçonnet vers 18U ; d'après un portrait de famille.

couleur sombre. La cravate fut jusqu'au second Empire un ruban plusieurs fois roulé autour du cou; puis le nœud de cravate, aménagé d'abord au gré de chacun, et de nos jours vendu tout préparé. Le visage fut rasé sous la Restauration, garni sous le règne de Louis-Philippe de la barbe tout entière ou de favoris ; cette coupe se maintint sous le second Empire à côté de la moustache effilée dite en impériale et de la barbiche; sous la troisième République, la barbe a été taillée en pointe ou carrément ou réduite à la moustache.

Les cheveux furent frisés ou courts sous la Restauration, longs ou ramenés en toupet sur le front sous le règne de Louis-Philippe, partagés par une raie sous le règne de Napoléon 111, ensuite de préfé-

Costumes dans la seconde moitié du XIX* siècle.

Gostmnes de femmes eu 1855; d'après un porlrail peint par Wintcrhaltcr (1805-1879), reprëscntaDt l'impératrice Eugënio entourée des dames do sa cour

Costume féminin en I<>i>l . du- Costumes de femmes à la fin du second Empire; d'apn^'s Costume d'homme en 18SS: d'après uu

près un portrait peint par M. La (ian- un lal)lrau « /.« Visite » peint par A. Stevens (Musée do portrait de Puvis de Ghavannes (I82i-1898), dara (Musée du l^uxembour^;. liruxollcs!. peint par M. Bonnat.

ronce taillés en brosse jusqu'au début du xx* siè- tout Je siècle ; la casquette a été la coiiïure néglicle. Le chapeau haut de former dominé pendant gée sous le règne de Louis-Philippe; au début

Miroir on vieil argent et corail

second Empire.

(Modclu de la luai&on Hurbcl).

Cabinet de toilette moderne;

aménagé par la maison Jacob, Delafosse et G'«.

Châtelaine (règne de Louis-Philippe ; d'après une lilhographio de Poyre. (Bibliothèque du Musée des Arts Décoratifs).

Boucles d'oreille

datant de la Restaura tion ; d'après un bijou do famille.

Bijou

moderne.

Cabinet de toilette en 1829; d'après une lilhographio do Vallon do Villeneuve (1795-1800).

Pendentif aux cygnes, émaux montés sur or, par M. R. Laliquo.

(Musée des Arts Dccoralifs).

Porteur d'eau vers 1830; doprès unn lithographie de H. Bcllangé ilSl'O-lsOO).

du second Empire apparaissent le chapeau rond et le chapeau de feutre dont Tusage se généralisa de nos jours; le chapeau de paille date de 1852. Dans la première moitié du siècle la chaussure fut la botte; puis ce fut la bottine à élastiques, à boutons ou à lacets; la chaussette tend à remplacer le bas. Le vêtement est devenu le même pour toutes les classes de la société; la biouse a cessé depuis le début de la troisième République d'être le costume distinctif des ouvriers. Le costume féminin. — Le costume féminin se modifia depuis 1820. La jupe, d'abord droite, s'élargit bientôt à tel point qu'il fallut, à partir de 1834 environ, en soutenir l'ampleur avec une sorte de cage métallique, la crinoline, qui

Bracelet de corail monté sur or datant du second Empire. (Modèle de la maison llerbei).

resta en usage j usque vers 1867; elle fut remplacée jusque vers 1890 par la tournure qui faisait bouffer la jupe sur les reins et la laissait droite devant; puis la jupe redevint droite, tantôt large, tantôt étroite; de 1831 à 1890, elle fut constamment ornée de nœuds de rubans, de volants ou de plis. Le corsage le plus souvent s'ajusta au buste; mais vers 1825, les manches s'élargirent sous le nom de manches à gigots: elles se rétrécirent vers 1837, se froncèrent aux entournures sous le second Empire, et reprirent vers 1890 la forme du gigot pour se rétrécir de nouveau depuis 1897. A la fin du second Empire, le corsage fut souvent une petite veste ouverte dite boléro: cette mode reparut à la fin du siècle

Intérieurs dans la première moitié du XIX^ siècle.

Quinqael et Lampe à couronne

datant du règne de Louis-Philippo (H. d'Allemagne).

avec l'usage du corsaqe^ b/oiise^ formé d'une étoffe légère non ajustée et porté pendant Tété. Le vêtement de dessus a été de préférence Vvcharpe et le châle dans la première moitié du siècle, et depuis, le ma?iteletei layaquette. Le cou, d'abord entouré d'une collerette, se dégagea d'un col plat sous le règne de Louis- Philippe et sous le second Empire ; à la fin du siècle reparut l'usage du col droit d'étoffe ou de toile. La coiffure fut un échafaudage compliqué jusque vers 1840; puis les cheveux redevinrent plats, en bandeaux, avec ou sans boucles sur les tempes ; sous le second Empire ils furent massés par derrière en un lourd chignon parfois enfermé dans une résille; sous la troisième République, les cheveux furent, vers 1880, coupés ras sur le front; puis le chignon disparut, la chevelure fut redressée sur la nuque et boucle sur le front, et enfin tout autour de la tête. Sous la Restauration, les chapeaux furent la toque, le turban ou le vaste chapeau circulaire surchargé de plumes, de fleurs ou de rubans.

Salon sous la Restauration; d'après une lithographie de Hippol^te Lecomto (1781-1857), datée de 1818.

Salon eu 18*6; d'après une gravure sur acier do Eug. Lami (1800-1890) extraite de L'Hiver à Paria.

sous le règne de Louis-Philippe domina la capote à brides, qui se maintint jusqu'au début de la troisième République en se rétrécissant continuellement ; puis elle fut remplacée par un chapeau sans brides, fixé dans les cheveux par des épingles, de forme et de décoration très variées; il y faut joindre dans ces dernières années le chapeau de paille dit canotier. L'usage

Intérieurs dans la seconde moitié du XIX*" siècle.

Salon à la fin du xix* siècle; d'après une pcinlurc do M. Slcwarl, ayanl figuré au Salon de 18D2.

Salle à manger on style moderne; d'après les modèles de S. Bing {VArt Nouveau)

de la voilette encore rare au début de ce siècle, s'est ensuite généralisé. La chaussure fut, jusque vers 1830, le brodequin, puis la bottine à boutons, à talons plus ou moins hauts. Dans le costume de dessous, le corset fut d'un usage général depuis 1820; le linge s'affina el s'orna de plus en plus en avançant dans le siècle. Comme

Lampe Caroel Lampe électrique ;

du règne de Louis- d'après un- modèle de

Philippe (H. d'Al- la maison Henri Beau

lemagne). et C'*.

pour les hommes, le costume féminin est désormais dans ses grandes lignes le môme pour toutes les classes de la société.

La parure. — Au cours du siècle, les hommes n'ont guère conservé de bijoux, sauf la bague, l'épingle de cravate et la chaîne de montre. Les femmes, peu parées de bijoux sous la Restauration, ont porté sous le règne de Louis-Philippe et le second Empire, outre les bagues et les boucles d'oreilles qui furent très longues vers 1860, des bracelets, des chaînes avec médaillons souvent ornés de camées, de pendeloques en corail, des chaînes de front dites féronnières, des broches, des boucles de ceinture, etc. ; sous la troisième République, les bijoux les plus en vogue ont été les bagues, les pendants de cou, les boucles de ceinture, les peignes et les épingles à chapeaux. Dans la toilette de bal, les rivières de perles, les diadèmes et les aigrettes furent pendant tout le siècle les ornements principaux. L'usage des jupes étroites dépourvues de poches a ramené vers la fin du siècle le port du ridicule; enfin, pendant tout le cours du siècle, les femmes ne sont guère sorties sans tenir à la main en élé l'ombrelle, en

ALBUM

Commode d'acajou (1831).

liit en style gothique (rùgno de Louis Philippe). Lit dit cri gondole do Tëpoquo de la Restauration,

Ces meubles sont reproduits d'après le recueil de meubles et objets divers publié, de 1807 à 1831, par La Mésanf/ère (1761- 1831) et ses successeurs, sauf le lit du second Empire dessiné d'après un recueil de

Chaise commune (IHIO).

hiver le parapluie de plus en plus fin et léger.

L'habitation. — L'hôtel particulier a élé dans les grandes villes de plus en plus remplacé par rimmeuble à plusieurs étages et à nombi'eux appartements. Le plus souvent le rez-de-chaussée en est occupé, depuis la Restauration, par des boutiques; les façades, d'abord nues et plates, se garnirent de balcons saillants depuis Ja fin du règne de Louis-Philippe, et de loggias et bow-windows dans ces vingt dernières années. A Tintérieur, les appartements, dans la première moitié du siècle, furent, sauf dans les maisons de luxe, étroits, bas de plafond , carrelés , insu f fisamment éclairés, avec de petites cuisines où point amenée, sans cabinets de

liit de l'époque du second Empire.

dessins originaux d'ameublements du tapissier Deville, et le

fauteuil Louis - Phi lippe dessiné d'après un recueil de meubles de salons, par Paquier (Bibliothèque nationale, département des Estampes).

Fauteuil (règne do Louis-Philippe).

Canapé à cinq places (I83l

Secrétaire (1819).

Feau n'élait toilette; les

water - closets étaient communs et le plus souvent disposés surTescalier, Tescalier lui-même était pauvre et obscur.

La plupart de ces inconvénients ont disparu dans les maisons construites depu is une quarantaine d'années; de plus, beaucoup d'habitations modernes ont été, au moins à Paris, munies d'ascenseurs. Dans tout le siècle, les murs intérieurs ont été recouverts de papiers peints et presque toutes les pièces ont été munies de glaces. Le chauffage se fit d'abord au bois dans des cheminées ou dans des poêles de faïence ; puis à partir de la fin du règne de Louis-Philippe, le chauffage à la houille dans des cheminées prévalut; à la fin du siècle, le chauffage au calorifère commença à se répandre; dans

Armoire à glace ayant figure à l'Expo sition industrielle de 18i4 (Gu.lmard).

les appartements, il est en outre souvent fait usage du poôle à feu continu.

On s'éclaira d'abord avec les lampes à huile et les bougies ; à ces deux modesd'écl ai rage a été de plus en plus substitué depuis

Buffet de salle à manger exécuté en 1857: d'après un modèle de la fabrique de Mazaroz et Ribaiier.

Fauteuil en ébène, dit de style I^uis XV, ayant figuré à l'Exposition industrielle de 18U(Guilraard).

Chambre à coucher de style moderne: meubles et aménagement de la maison Kriéger.

vingt ans l'éclairage au pétrole, au gaz ou à Télectricilé.

Le mobilier. — Les meubles imaginés au xix* siècle combinent des meubles antérieurs, tels le buffet de salle à manger, la toilette-commode, l'armoire à glace, qui datent do la fin de la Restauration, ou le lit flanqué d'étagères du style moderne. Chaque pièce de l'appartement eut désormais son mobilier particulier; la chambre à coucher présente l'armoire à glace, la toilette-

Pendulo datant du règne de Louis- Philippe d'après un meuble de tamillo.

commode, le secrétaire sous la Restauration, les chaises et fauteuils de repos, le lit autrefois surchargé de lideaux et de tentures, enfermé pendant la première moitié du siècledans une alcôve, disposé ensuite le long d'une paroi ou d'une encoignure, et depuis une vingtaine d'années, appuyé seulement au mur par la tête. La salle à manger dispose de la table k rallonges, ronde jusqu'aux dernières années du siècle, depuis rectangulaire ou carrée, du buffet de salle à manger, de servantes et de chaises. Au salon, on trouve, avec le piano traditionnel, l'infinie variété des sièges dont le principal fut, jusqu'au milieu du siècle, le divan à

L'Alimentation .

Chauffe - assiettes '^^^^^ J-BBHHH^ ' ' '-^^ ^ ^t^'J^^I^^MËÎlMH^^'W ^H'*W^^5^^,^ Porte-oulUères sous le

(1836); d'après une irra- règne de Louis-Philippe;

vure du journal de modes ^***^® d'hôte on 1810; d'après un dessin de Gavarni (1804-1800), grave sur bois par So^er, d'après une lithographie de

« le Fallût ». P®"'' " '*^' Français peints par eux-nidnies •. Duval le Camus (1790-1854).

Cuisine en I815:d'aprës une peinture deDrolling(1752-l8l7) (lusée diUifre).

coussins, remplacé dans la suile par le canapé. Les essences le plus fréquemment em ployées furent, jusqu'à la fin du règne de Napoléon m, Tacajou et le palissandre employés en plaqués, puis le noyer et le chêne. Le goût du confort a répandu depuis le début du règne de Louis-Philippe Tusage des sièges capitonnés, des tentures aux fenêtres, des

Restaurant à la fin du xix*' siècle; intérieur d'un Bouillon Duval à Paris; d'après une photographie.

Aménagement d'une cuisine moderne; d'après une photographie.

rideaux de mousseline remplacés à la fin du siècle par les stores et les brisebise, des tapis et des peaux de bêtes. Le goût du luxe s'est manifesté dans les riches garnitures de cheminée du règne de Louis- Philippe et du second Empire, pendules et candélabres, aujourd'hui abondonnés, dans la multiplicité des bibelots et des objets d'art, groupés jusque dans ces

Cafés et restaurants.

Café sous la Restauration : le café Lamblin au Palais-Royal, d'après un tableau de Boiily (1761-1845) daté de 1817, aujourd'hui au musée Gondé, à Chantilly.

dernières années sur des étagères, aujourd'hui répandus sur de petites tables ou abrités dans des vitrines, dans |a profusion des fleurs et des plantes d'appartement.

L'alimentation. — L'heure du dîner ayant constamment reculé au cours du siècle , le monde élégant a pris l'habitude de couper l'après-midi par une légère collation , dite à l'imitation des Anglais , five o'clockj qui est devenue un prétexte à réunions. La facilité des communications a permis l'arrivée sur les marchés des aliments les plus variés; dans les villages mômes, le pain de froment est seul consommé ; rares sont les Français qui, sauf par goût, n'ont plus d'autre boisson que Teau. Dans le mobilier de la table, l'argenterie ne s'est maintenue que pour quelques pièces, les couverts et les services accessoires qui se sont multipliés dans les dernières années du siècle, ainsi que la verrerie. Jusqu'à la fin du second Empire, le service se fit « la française^ les

Album historique. — IV.

Terrasse de café moderne; le café de la Paix à Paris en 1905 ; d'après une photographie.

Restaurant moderne: grande salle de la taverne Pousset, à Paris en 1905; d'après une photographie.

plats étant servis sur la table et disposés sur des réchauds ; depuis, il s'est fait à r anglaise y la table étant seulement or née de corbeilles de fleurs. Les cuisines, môme dans les appartements simples, sont aujourd'hui plus propres et mieux agencées que celles de la première moiliédn siècle. Cafés et restaurants. — Les restaurants principaux de Paris, d'abord groupés au Palais-Royal, se sont depuis répandus dans tous les quartiers de la ville. Sous le règne de Louis-Philippe, les restaurants à prix fixe et à bon marché se multiplièrent; à côté d'eux se maintinrent les restaurants à la carte, dont l'un des types le plus célèbre est depuis 1850 le bouillon Duval; ils ont fait peu à peu disparaître la table d'hôte. Déjà sous la Restauration les cafés s'embellirent ; du Palais-Royal ils émigrèrent aux boulevards où

Les transports.

Fiaore sons la Restauration ; d'après une f^ravure en (aillodouce d'Eug. Lami (1800-1890).

Cabriolet sous la Restauration ; d'après une gravure en taille-douce d'Eug. Lami (1800-1890).

Calèche légère en 1852 (Basley .

La rue à Paris sous la Restauration après un ora)2:e ; d'après un dessin de G. Vernet (1758-1835), gravé en tailledouce par Debucourt (1735-1832).

Voiture de maître en 1005; d'après une photographie.

leur nombre s'accrut considérablement sous le second Empire ; alors aussi s'établit l'usage de les faire précéder sur la voie publique d'une terrasse. Vers la fin du règne de Napoléon m apparurent les brasseries ; puis sous la troisième République fut créée la taverne, participant à la fois du restaurant et du café ; les plus brillants de ces établissements, somptueusement aménagés, tendent à remplacer de nos jours pour les soupers les restaurants de luxe dont la vogue a baissé depuis 1870.

Les transports. — Jusqu'en 1828, il n'y eut d'autres moyens de communications à Paris que les fiacres ; c'étaient tantôt la berline à deux chevaux, tantôt le cabriolet. A cette date fut fondée la première compagnie d'omnibus; les voitures étaient disposées comme les diligences avec coupé, intérieur et rotonde à des prix différents. En 1855, il y avait neuf compagnies différentes qui fusionnèrent en une seule à laquelle fut attribué le monopole des transports en commun

Omnibus vers 1829; d'après une lithographie de Katfet (1804-1860)

Tram'way à traction électrique en 1005; d'après une photographie.

dans Paris ; les voitures prirent alors l'aspect que nous leur connaissons encore aujourd'hui. Eq 1876 furent établies les premières grandes lignes de tramways, et c'est en 1892 que l'on commença à substituer la traction électrique à la traction animale. Pour les voitures privées, la berline et le cabriolet dominèrent jusqu'en 1848; la calèche et le coupé devinrent alors les voitures à la mode; avec rinvention des voitures automobiles vers 1892, ces types furent encore conservés; mais les fabricants leur substituent de plus en plus des véhicules plus appropriés à la traction automobile. Jusqu'en 1867, il n'y eut sur la Seine que les bateaux à vapeur qui reliaient Paris et les communes riveraines de la banlieue ; à l'occasion de l'Exposition universelle, on créa la première compagnie de bateaux-omnibus sur le modèle des steamers fluviaux d'Amérique. Dès 1852 était construit un chemin de fer de la gare Saint- Lazare à Auteuil; prolongé, il devint le chemin

Les transports

Costumede dame pour automobile en 1905; d'après un modèle de la maison Strôm.

Voiture automobile de course en 1905 {La Vie au Grand air).

Costume d'honinio pour automobile ; d'après un modèle de la maison StrOm.

de fer de ceinture qui fui ouvert à la circulation des voyageurs en 1864.

Enfin en 1900, le chemin de fer sou-terrain, le Métropolitain, commença à fonctionner.

Les divertissements. — La danse est restée au xix* siècle un des plaisirs les plus goûtés des Français; avec la promenade au bois de Boulogne et les visites, c'a été le principal divertissement de la société élégante. Dans la première moitié du siècle, on dansait surtout dans les salons le quadrille dont les figures classiques furent fixées de 1800 à 1820; puis on lui préféra les danses dites de caractère, le plus souvent d'origine étrangère, valse, polka, mazurka, scottisch, redowa, boston, etc. ; il fut d'usage, dans toute la seconde moitié du siècle, de tei^miner le bal par une sorte de divertissement, appelé « cotillon ». C'était aussi le plaisir de la danse qui attirait les jeunes gens de toute condition dans les bals publics groupés sur le pourtour des boulevards extérieurs comme la Closerie des Lilas et la Grande-Chaumière ou dans le cœur môme de Paris comme le jardin Mabille ou le Château des Fleurs aux Champs-Elysées. Ces établissements furent fréquentés surtout sous le règne de Louis-Philippe et sous le second Empire; on y

Coupe- limousine automobile en i905 ; d'après une photographie.

Fiacre automobile électrique en 1905 d'après une photographie.

trouvait d'ailleurs, outre des salles de bal, la plus grande partie des divertissements que l'on rencontre aujourd'hui dans nos fêtes foraines ; en particulier, sous la Restauration, ces plans inclinés dits montagnes russes , qui délaissés seulement vers les dernièresannéesdu règne de Louis- Philippe, ont retrouvé une vogue nouvelle à la fin du siècle. Ces bals publics furent peu à peu supplantés dans la faveur du public par les bals de corporations et les bals d'arrondissements, et par les cafés-concerts. Déjà, connus sous la Restauration, ces établissements se développèrent pendant le règne de Louis-Philippe et de Napoléon IH, et sous la troisième République se transformèrent soit en théâtres où se jouent des pièces à grand spectacle, soit en cabarets artistiques dont le premier spécimen fut le cabaret du Chat-Noir installé à Montmartre en 1885. Les bals masqués de l'Opéra ont eu leur plus grande vogue sous le règne de Louis-Philippe. Des fêtes du Carnaval, les plus curieux épisodes furent jusqu'en 1838 la descente des masques de la Courtille, guinguette qui se trouvait h Ménilmontant, et jusqu'en 1870 la promenade du Bœuf gras sur les grands boulevards ; dans ces vingt dernières années, la population parisienne se

Les divertissements.

Bal de ■ooiètë en 1819; d'après uoe lilhographie do H. Lccomto (1781-1857). Co groupe do danseurs cxécuto la première figure du quadrille français, dile le pantalon.

Bal moderne; d'après une peinture do M. Slewart, le Cotillon, ayant figuré au Salon de 1892,

Les divertissements .

Exercice de haute école ; le cheval Parlisan monté par rëcuycr Haucher.

Écuries du cirque Olympique, dirigé par Franconi.

Voltige ; la sylphide par M"«Kennebel.

Dressage des animaux :

lo cheval qui mange à table.

""ÎHBIÇ^

Saut à travers des cerceaux H II

au milieu de flammes, dit la JJ II

Voûte infernale. "jj Ij

- Saut des banderoles

Clown équilibiisle nageur. par le clown Auriol. Cloinm équilibriste.

Ces vignettes font partie d'une suite de lithographies de V. Adam (1801-1867), exécutés on 1840 sous lo titre de « Loisirs » ; elles représentent

les personnages et les exercices les plus célèbres du cirque Franconi.

Rn4».iit tout U mai $ de 0cccmJ»r<.

Jouets d' enfants sous la Restauration ; d'après une lithographie do Boilly Jouets modernes; d'après Tafflche exécutée pour le magasin du Louvre (176i-i845) « les Jouets du Jour de l'An », exécutée en 1824. par M. Sabattier pour les étrenncs de l'année 1905.

Les divertissements.

Montagnes russes oq 1817; d'après une gravure en taille-douce de la suite intitulée « Le Suprême bon ton ». L'individu que l'on voit au premier plan assis dans le traîneau représente le type caricature que l'on avait coutume de prêter aux Anglais en France, sous la Restauration.

Les bains de rivière à Paris, au début de la Restauration ; d'après une lithographie de Marlot (1771-1847) extraite du « Tableau de Paris ^

Café concert ou » estaminet lyrique ■• au passage JoulFroy, à Paris, en 1849 {F Illustration).

Le bal Mabille sous le second Empire; d'après une lithographie de Arnoult père.

Les divertissements.

IjO Carnaval sous le règno de I^ouis-Philippo ; le char du Bœuf gras; d'après une lithographie de V. Adam (1801-1867).

divertit le mardi gras au jeu, imité d'une coutume italienne, de la bataille des confetti et la mi-carême voit de somptueux cortèges de chars dont le personnel est formé de préférence par les blanchisseurs et les blanchisseuses.

Comme autre lieux de divertissements, le XIX® siècle a connu les panoramas et les dioramas dont le goût fut très répandujusquevers 1840 et les cirques équestres; les spectacles qui y attirent la foule n'ont guère changé pendant tout le siècle. On trouvait des diminutifs de ces attractions dans les fêtes foraines; mais la richesse de ces

Le Carnaval en 1905 ; le char de la Reine des Reines; d'après une photographie.

chevaux de bois de nos arrièregrands-pères a succédé le manège mû par la vapeur ; l'éclairage électrique y a remplacé le lumignon. Enfin les jouets d'enfant ont été perfec-

La tribune des courses à Longchanips en 1005; daprès une photographie {La Vie au Grand air). f înTlTK^s sur-

tout dans le dernier quart du siècle; jusqu'à la fin du second Empire, nos enfants n'eurent guère que la poupée de bois ou bourrée de son, le cheval de bois, les animaux grossièrement façonnés, les arbres aux feuillages en copeaux ; ils disposent aujourd'hui de poupées articulées, d'armées entières de soldats de plomb, maux de choiics, de jouets scientifiques, etc.

Les sports. — L'équilation fut le sport favori des gens du monde jusqu'aux dernières années

cr- »r-»>"

La promenade de Longohamps sous le règne de Louis-Philippe; d'après

un dessin de A. Dévèria ( 1 800-1 8;i7),V par Bënard et Bichebois aîné.

Adam (1801-1867), et Bichebois, lithographie

d'anicaout-

spectacles s'est singulièrement accrue dans le dernier quart du xix° siècle; au modeste manège de

Les sports.

Une partie de football; d'après uno peinture do M. O. Guillonnot, exdcutëe en 1899, aujourd'hui au parloir du lycée Lakanal, à Sceaux (Seine).

Le canotage; huit de course. Canot automobile: le Mercedes (photo Bol et C'*).

Ces quatre vignettes ont été reproduites d'après des documents communiqués par le journal « La Vie au Grand air ».

du XIX® siècle; le goût en était d'ailleurs entretenu par le développement des courses de chevaux. Réorganisées parTEtaten 1819, les courses

eurent d'abord lieu à Paris, au Champ-de-Mars, une fois par an; en 1833 fut fondée la Société d'Encouragement pour l'élevage du cheval; elle

Fête de gymnastique au Havre lo 16 juillet 1905 ; mouvcmonls d'ensemble exécutes par 700 gymnastes.

Joueurs de polo à cheval.

Joueurs de la-virn-tennis.

Toutes les vignettes reproduites sur cette page, sauf la Coupe, ont éié exécutées d'après des documents communiqués par le journal • La Vie au Grand air ».

transporta les courses à Chantilly, puis en 1856 fut inauguré l'hippodrome de Longchamps; dans la seconde moitié du siècle, des champs de course furent ouverts dans toute la France. Pendant toute la Restauration et le règne de Louis-Philippe, un des sports les plus goûtés fut la natation auquel se joignit la pratique du canotage. Les provinciaux installés à Paris se plaisaient à pratiquer aux Champs- Elysées les jeux en usage dans les contrées

Album historique. — IV.

Joueurs de golf.

neur, et alors se de nombreuses les concours dev

Prix dit « Coupe Gordon- Bennett »

attribué chaque année au vainqueur de course automobile.

d'oii ils étaient originaires; un écrivain nous signale en 1829 la présence dans cette promenade de jeux de paume, de boule, de ballon et de quilles.

Au lendemain de la guerre de 1870, la gymnastique, déjà pratiquée dans les écoles depuis la Restauration fut remise en honformèrent dans toute la France sociétés de gymnastiques dont inrent un des éléments de la vie

Fête de Saint-CIoud (Seine-et-Oîso) en 19u3; d'après une pholographic.

Vélodrome à Auteuil (Seine) ; d'après une photographie.

nationale. A partir de 1880, la pratique des sports rentra tout à fait en faveur, avec l'usage de la bicyclette qui succéda au vélocipède connu depuis la fin du second Empire; en 1882 se fonde la première Société de courses à pied;

Le tourbillon de la mort au Casino de Paris, en 1903; d'après une aquarelle de M. Widhoptf. — Ces deux vignettes ont été dessinées d'après des documents communiqués par « La Vie au Grand air ».

en 1905, on comptait unies dans une vaste association, rUnion des Sociétés françaises de sports athlétiques, plus de 800 sociétés réunissant un total d'environ 60000 membres. Auprès de Paris et des grandes villes s'installaient des établisse-

Les villégiatures.

Établissement thermal à Vichy en 1816; d'après uoe aquatinte de Jazot, représentant l'arrivée de la duchesse do Bcrry dans cette ville (Bibliothèque nationale ; départc'mcnt des Estampes).

menls d'un nouveau genre, dits vélodromes, formés d'une piste ovale où ont lieu des courses.

Le développement du cyclisme et de l'automobilisme faisait naître des courses spéciales auxquelles on donne le nom de « circuits ».

Les villégiatures. — Dans la première partie du siècle, les citadins ne quittaient guère la ville qu'ils habitaient. Les Parisiens allaient prendre l'air aux Tui-

Les bains de Dieppe en 1828; bain des dames; d'après une aqualinle de Garneray (1783-1857), extraite des « Ports de France ».

\ bains de Dieppe eu 1905 ; d'aprôs une photographie.

leries, ou bien aux Champs-Elysées; puis, quand le second Empire eut aménagé en promenades les bois qui avoisinent les fortifications, ils se transportèrent soit au bois de Yincennes, soit au bois de Boulogne où les attirait encore depuis 1860 le Jardin d'acclimatation avec ses exhibitions de peuplades exotiques. L'été, ils se rendaient en foule dans les villages des environs de Paris. La passion de la duchesse de Berry, princesse napolitaine, pour le bord de la mer,

Établissement thermal à Vichy en 1905; la sourcede la Grande- Grille; d'après une photographie communiquée par la Compagnie des Établissements de Vichy.

créa dans notre pays le goût des bains de mer; Dieppe et Boulogne furent les deux premières plages à la mode.

Les déplacements de la cour impériale soit à Biarritz, soit à Plombières, soit à Vichy, généralisèrent l'habitude des villégiatures à la mer ou dans les villes d'eaux; et la majeure par-tie des habitants des villes françaises sous la troisième République a pris rhabitude de passer tout ou ils peuvent disposer

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