‹ Album historiqueChapitre 6 sur 133 · d'après un · texte numérisé non relu

d'après un

Roi dans le costume du sacre; portrait de Louis XVI, j)ar Callet (1741-1823), conservé au niusôe de Versailles. Le roi porte le manteau royal do velours violet, fleurdelisé, fourré et bordé d'hermine ; l'épilogo toute d'hermine; on ne distinguo que les manches de la tunique do dessous en satin violet. Il tient de la main gauche une toque do velours noir garnie d'un bouquet de plumes blanches surmonté d'une aigrette de plumes noires de héron; la main droite est appuyée sur la main de juslico.

Seorètaire d'État ( 1 722) ; gravure en taille-douce de Desplaces (1682- 1T39), d'après un dessin de d'Ulin.

Orand-Haltre des Cérémonies

(1722); gravure en taille-douce de Haussard, d'après un dessin de d'Ulin.

Les costumes d'huissier, de secrétaire d'État, de grand maître des cérémonies reproduits sur cette page, ainsi que ceux de chancelier et de conseiller d'Ktat reproduits page I, et ceux do garde écossais, do

Reine en costume de cour; portrait de Maric-Anloinelte par Callet (1741-1823), conservé au musée de Versailles.

Roi d'Armes (1722): gravure en taille-douce de Duchange (1662-1757), d'après un dessin de d'Ulin.

garde de la prévôté de l'hôtel et de Cent- Suisse, reproduits page 5 sont empruntés à l'ouvrage consacré aux fêtes du sacre do Louis XV et exécutés sous la direction du peintre d'Ulin (1659-1748).

nOIS, NOBLES, BOURGEOIS ET PAYSANS EN FRANCE DE 1715 A 1789

La cour.

Un des six Oardes Écossais ( i 722) : ii^ravurc en Uillc-doucc de Cochin \o père (1688-1744), d'après un dessin de dUlin (1639-1748).

La CSour sous le règne do Louis XVI; « la rcino annonranl à Madamo de Bcllcgardo

des juges et la liberW do son mari « (mai 1777); gravure en taille-douce de Duclos, d'après

un dessin do Desfossës.

Garde de la prévôté de THÔtel (1722) ; gravure en taille -douce de Dcsplaces (1682-1739), d'après un dessin de dUlin (1659-1748).

Peut Soeaa do Louis XVI (1771-1793), conserve aux Archives nationales.

Monnaie d'or de Louis XV (17i5-1774i, dite Louis aux deux L couronnés.

Monnaie d'argent de Louis XV ; dcu dit Vertugadin.

Monnaie d'or de \mu\s XVI (177'»- 1793).

dite Louis aux lunettes.

Pompe funèbre en l'iionncnr de Marie-Thérèse d'Espagne, dauphine de Franco, morte en 174(i. célébrée h Notre-Dame de Paris; gravure en laillc-douce deCochin (1715-1790).

on vit le duc de Chartres et le duc de Peiithièvre avec des habits dont les boutonnières étaient brodées de diamants; le reste de la cour était vôtu (( d'étoffes d'or de grand prix ou de velours de toutes couleurs, brodées d'or ou garnies de point d'Espagne ». Cette décadence relative de la cour s'explique par le caractère de Louis XV;

Cent -Baisse de la garde; gravure en taille-douce de Desplaccs (1682-1739), d'après un dessin de d'Uiin.

Ces monnaies sont conservées au Cabinet des médailles.

le roi avait un incessant besoin d'agitation; on a calculé qu'en une seule année il n'avait pas couché cinquantedeux nuits à Versailles ; il allait de château en château; il détestait Versailles, 011 il lui fallait se plier aux obligations de l'étiquette; il se plaisait surtout à Choisy où tout cérémonial était aboli; des divertissements chers à son aïeul, il ne garda que le goût du théâtre. Sous Louis XVI, la cour se modifia davantage encore; elle redevint joyeuse,

Conseils et parlements

l«e GonBeil de Régence pendant la minorité de Louis XV; pcinluro anonyme conscrvde au musée do Vorsaillos. On remarquera que parmi ces personnages, les uns sont assis. les autres debout. L'étiquette permettait en etfet le fauteuil aux grands seigneurs, membres du conseil, tandis que les fonctionnaires, mailres des requùlcs ou autres qui n'étaient pas titrés, devaient demeurer debout.

Le Parlement en 1780; gravure en taille-douce de Patas (1744-1812), d'aprrs un dessin de Binet (176t-I80û) représentant la proclamation de rinnoccnce do Mario Salmon, faussement accusée d'assassinat (Bibliothèque nationale; département des Estampes).

Intérieur de prison en 1777; en taille-douce.

gravure anonyme

La question par les brodequins en 17

gravure anonyme en taille-douce.

Ces vignettes sont empruntées à une curieuse gravure populaire, conservée dans la collection Hennin au département des Estampes de la Bibliothèque nationale, et représentant l'histoire de l'assassin Desrues qui fut exécuté en 1777.

par suite de la passion que la jeune reine avait des plaisirs; mais Marie-Antoinette s'alTranchit des sévérités de l'étiquette avec plus de hardiesse que Louis XV; la reine ne revêtait la robe de cour qu'à regret et préférait la robe de percale, le fichu de gaze et le chapeau de paille, qui lui étaient familiers au petit Trianon. Habits brodés, plaques d'ordre et cordons cessèrent d'ôtre portés, et, alors que sous les règnes précédents, le contrôleur avait seul le privilège de s'appuyer sur une canne à bec de corbin, plus d'un seigneur se présenta devant le roi la canne à la main. La cour de Louis XVI ne

recouvrait toute sa magnificence que dans quelques circonstances particulières, par exemple lors des entrées royales à Paris. Alors, entre deux haies de gardes françaises et suisses, la cour gagnait la capitale dans de splendides carrosses tirés par six ou huit chevaux richement harnachés, tenus en main par des valets de pied, tandis que d'autres laquais tenaient les boutons des portières, entouré d'écuyers et de pages, précédé des Cent-Suisses de la garde, drapeau déployé, tambour battant, des gardes de la ville à cheval, aux habits bleus et aux vestes rouges bordées d'or, au milieu de nom-

Les nobles.

Reine et enfants de France on costume ordinaire: Marie-Aiiloinottc, sa fillo Madame Royale, le dauphin mort en l789, et le duc do Normandie, depuis Louis XVII, porlrail peint en 1787, par M"* Vigée- LebruQ (ll'iS-lSiS), conservé au musée do Versailles.

breux spectateurs qui se

disputaient les écus neufs jetés par les officiers de la maison du roi.

Les Nobles.

— • Parmi les nobles , les uns vivent pauvrement en province ; les autres, en petitnombre,

demeurent auprès du roi et mènent la vie oisive et dispendieuse dont leurs ancêtres avaient pris Thabitude à la cour de Louis XIV. Ils ont autour d'eux de nombreux laquais qui

Prinoesse en coslumc do cour : Madame Ilcnriellc de Franco jouant do la basse do viole; portrait point en 1754 par Natticr (1685-1766). L'arlisle considérait celle peinture comme « un do ses meilleurs ouvrages * (Musée do Versailles}.

portent jabot à dentelles, souliers à boucles de brillants , et deux montres, comme leurs maîtres ; ils tiennent chaque jour table ouverte. A Versailles, leur vie est absorbée par leur

Dame noble; M"* do Pompadour (1720-1764); portrait au pastel par La Tour (170i-1788) confcervé au musée du Louvre.

service

Enfants nobles; Charles X, à l'âge de six ans, p^^,|« . j^

et sa sœur (plus tard reine de Sardaignc), ù l'âge COUT , d

de quatre ans; portrait ])eint par Drouais (1727- Ttjc île 1775) et conservé au musée du Louvre. '

ploient

de

Pa-

em-

la

plus grande partie de leur temps à des visites dont Mercier fait une ironique peinture : « Le beau monde consacre quatre ou cinq heures

Collation tU* gt'ii'i du muri'h^ ; ffâguimit ilci V n Eairt',' du jtm^-î <!■ .1/ .

tableau peint en 1755 par J, Vernot, qui s'est représenté à gauche.

Gentilshommes et dames nobles, abbè et mendiant ; fragment du « Port de Marseille », tableau peint en 175* par J. Vcrnet (1714-1789).

■ il ^ y

'--^^MMi

Famille noble en 1779; gravure en taille-douce de A. de Saint-Âubiu (1736-1807), d'après un tableau do Le Peintre.

deux ou trois fois la semaine à faire des visites. Les équipages courent toutes les rues de la ville et des faubourgs. Après bien des reculades, on s'arrête à vingt portes pour s'y faire écrire ; on paraît un quart d'heure dans une demi-douzaine de maisons; c'est le jour de la maréchale, de la présidente, de la duchesse ; il faut paraître au salon, saluer, s'as-

Nobles et dames nobles jouant au trie trac vers 17iO; gravure en taille douce de Larmessin (1684-1755), d'après uo tableau do Lancret (1690 intitulé r ■ Après-midi ».

Famille noble en 1788; gravure en taille-douce de Willo (1715-1807), intitulée « le Patriotisme français ».

seoir tour à tour sur le fauteuil vide... Ces allées et venues dans Paris distinguent un homme du monde; il fait tous les jours dix visites, cinq réelles et cinq en blanc. » Le jeu était fort en faveur dans les salons, ainsi que d'autres distractions plus innocentes; au milieu du siècle, on s'amusait à faire danser des pantins ; plus tard, la mode fut d'extraire d'étoffes

Nobles et Bourgeois.

Halte de chasse; tableau peint en 1737 par Carie Van Loo (n05consorvé au muséo du I^ouvro.

d'or les lils qu'elles renfermaient. On appelait cela /mrfiler. « Je ne vous parle plus de nos chasses, écrivait en

1771, de Chanteloup, Tabbé de Barthélémy à madame du Deffand, parce que nous ne chassons plus; de nos lectures, parce qu'on ne lit plus; de nos promenades, parce que nous ne sortons point. Que faisons-nous donc? Les uns jouent au billard, d'autres aux dominos, d'autres au trou-madame. Nous déliions, effilons, parfilons. » Les financiers rivalisaient de luxe avec les grands, u Dans telle maison de fermier général, vous trouverez vingt-quatre domestiques portant livrée, écrit Mercier, sans compter les marmitons, aide-cuisine et six femmes de chambre pour madame... Trente chevaux frappent du pied dans Técurie. » 11 n'y avait pas moins de richesse chez les hauts ma-

Album historique. — IV.

Ttij),

« Le petit lever de l'homme de Cour » au début du règno de Louis XVI, gravure en taille-douce de Moreau le Jeune (17U-1814).

FamiUe bourgeoise; portrait do M"» Mercier, nourrice de Louis XV, dont elle tient le portrait sur ses genoux et do sa famille peint en 1737 par Dunionl (1701-1781 i, conservé au niusûe du Louvre.

gistrats ; mais leurs hôtels et leur genre de vie étaient plus sévères.

Les Villes.— Au xviii* siècle dans un grand nombre de villes on remplaça les remparts par des promenades avecgrilles, terrasses, fontaines et mails; on fit disparaître les cimetières intérieurs; on perça de larges places; on construisit de nombreux édifices publics, hôtels de rintendance, hôtels de ville, hôtels des fermes, etc. ; des salles de spectacle; les rivières furent boi'dées de quais, sur lesquels on éleva, ainsi que dans les rues nouvelles, des maisons bien aligneras et d'un modèle uniforme. Les villes de TEst, comme Reims et Nancy, les grands poils, Nantes, Bordeaux, Marseille, participèrent surtout à ce mouvement; au contraire les villes du centi'e, Tours excepté, restèrent jusqu'à la veille de la Révolution, suivant Arthur Young, « laides et puantes. »

Les nobles.

Intèriear noble au début du règne de Louis XVI. « I^ tlië & l'anglaise dans le salon des quatre glaces au Temple avec toute la cour du prince de Conli écoulant le jeune Mozart. » Tableau peint par Ollivicr (1712-1781), conservé au musée du I^ouvre. L'appartement est de style I-ouis XV.

Intérieur noble sous le règne de Louis XVI; « l'Assemblée au concert; » gravure en taillc-douco do Dcquevauvillor (1745-1805), d'après une

gouache de Lavrince (1737-1809). L'appartement est do style Louis XVI.

Transformation des villes au xviir siCclc : la place Rovale à Reims, inaugurëo en 1765 ; au centre, la statue de Louis XV ;

à droite, l'hôlol des Fermes.

Vue générale d'une ville & la veille do la Révolution : Sentis en 178C; gravure en taille-douco de Née (173M818), d'aprùs un dessin do Tavernier, extraite du Voyage pittoresque en France,

Les Bourgeois; industrie et commerce. — Dans les rues nouvelles, les boutiques commencèrent à se transformer ; des devantures vitrées remplacèrent les auvents du moyen âge ; Ton adopta Tusage de décorer les boutiques ; à la fin du siècle, le Petit-Dunkerque à Paris, Tancôtre de nos grands magasins de nouveautés, était célèbre pour sa magnificence. Commerçants et artisans cessèrent de se grouper les uns auprès des autres. Les conditions matérielles de Tindustrie se modifièrent peu encore ; cependant, de vastes manufactures s'établirent , comme à Paris la fabrique de papiers peints de Réveillon, qui occupait quatre cents ouvriers. Le travail enrichissait un grand nombre de bourgeois et d'artisans, et quelques publicistes, comme le marquis de Mirabeau, renouvelèrent une fois de plus l'indignation que nous avons signalée tant de fois à propos de Taisance toujours croissante des bourgeois et des artisans. N'a-t-il pas vu tel marchand dormir la grasse ma-

Intèrleur d'une Tille à la veille de la Révolution; Laon on 1787 : gravure en taille-douce de Née (1732-1818), d'après un dessin de Tavernier, extraite du Voyage pittoresque en France.

tinée, après s'être fait remplacer dans sa boutique : « sa femme porte couleurs, rubans, dentelles et diamants au lieu du noir tout uni , qu'elle ne mettait encore qu'auxbons jours;»

le ménage « brûle de la bougie »; le mari <( prend le café et fait journellement sa partie de quadrille ». Il y avait mieux encore ; car Arthur Youg nous apprend que les grands négociants de Bordeaux se faisaient servir dans de la vaisselle plate.

Paris au XVIIP siècle. — A Paris, comme dans les grandes villes de province, d'importantes transformations furent accomplies. Malgré les travaux déjà exécutés sous le règne de Louis XIV, il y avait encore beaucoup à faire. « 11 faut, écrivait Voltaire en 1740, des marchés publics, des fontaines qui donnent en effet de Teau, des carrefours réguliers, des salles de spectacle; il faut élargir les rues étroites et infectes, découvrir les monuments qu'on ne voit pas et en élever qu'on puisse voir. » A ces plaintes,

Paris.

La Promenade des remparts à Paris vers le milieu du xviii* siùcle; gravure en taille-douce de A. de Saint-Aubin (1736-1807).

La Promenade du Palais-Royal à la veille de la Révolution; pravuro en taille-douce de Debucourt (l7o5-1832).

il ajoulait on 1768 : « Vous avez des boucheries dans de petites rues sans issue qui répandent en été une odeur cadavéreuse capable d'empoisonner tout un quartier. Les exhalaisons des morts tuent les vivants dans vos églises

et les charniers des Innocents sont encore un témoignage de barbarie. » Vers la même époque, Mercier s'indignait de voir encore des maisons sur les ponts; il signalait la malpropreté de la Seine « où nombre de teinturiers répandent leur

Paris et ses environs.

La plaoa Louis XV à Paris en 1178; f*ravuro en taillc-douco do Nëc (1732-1818), d'ai»ns un dessin du chevalier de Liesse, extraite du Voyage pittoresque en France. On distingue nettement les foss<<s où périrent six à huit cents personnes, dans la bagarre survenue lors du (eu dcrtifice C(*lébr6 en l'honneur du mariage du dauphin, qui l'ut plus tard Louis XVL et do Marie-Antoinette.

Environs de Paris vers le milieu du xviii» siècle: gravure en taille-douce de Masquclier (1741-1811). d'après un dessin du chevalier de Liesse, extraite du Voyage pittoresque en France. A gauche, le château de Bcllevuo; en bas, l'ancien pont de Sèvres en bois, au fond le mont Valérien.

Le thëfttre des Variétés à Paris et le boulevard vers 1783: gravure en taille-douce do Ndo (1732-1818), d'après un dessin de Lallemand (1710-1805), extraite du Voyage pittoresque en France.

Une rue de Paris sous la régence : gravure en taille-douce de Guërard; au fond une boulangerie ; à droite, domestiques allumant le réverbère au son do la cloche agitée par le personnage au premier plan.

lointure trois fois par semaine. J'ai vu Peau, ajoiile-t-il, en conserver une couleur noire pendant près de six heures »; et à la fin du règne de Louis XVI, A. Young s'étonnait de ne pas trouver de troltoirs dans des rues trop souvent boueuses, ce qui rend ici, écrit-il, « la promenade à pied une fatigue et un travail pour un

homme et une impossibilité pour une femme bien mise. »

Transformation de Paris. — L'embellissement de Paris s'effectua surtout dans la seconde moitié du règne de Louis XV et pendant le règne de Louis XVL Mais, déjà dès 1729, on mit des écriteaux au coin des rues pour en indiquer les

Les bourgeois.

Intérieur boargeois simple: le Bënëdicitc, par Chardin (1699-1779), conservé au musée du Iiouvrc.

noms; puis, à partir de 1745, (les réverbères à Thiiile furent substitués aux lanternes munies de chandelles de suif; enfin Ton exigea dans les rues le remplacement des pittoresques enseignes du moyen âge par des enseignes sculptées en bas-relief ou posées à plat le long des murs, et les gouttières saillantes furent également proscrites. De nouveaux quartiers se bâtirent à Touest de Paris autour de la place Louis XV, aujourd'hui la place de la Concorde ; la rue Royale fut alors percée ; d'autres rues furent établies entre les boulevards, la place Louis XV et le Palais-Royal; toute cette région devint la plus propre de Paris ; Tarislocratie et la établir; aussi, avec ses bc

Intérieur bourgeois simple ; la « Mère laborieuse », tableau point", par Chardin (1699-1779) et ayant figuré au . Salon de 1740 (Musée du Louvre).

et la mieux bâtie finance vinrent s'y aux hôtels et ses

Ricbe intérieur bourgeois ; le déjeuner, tableau peint par Boucher (1704-1770) en 1733, conservé au musée du I^uvre.

rues tranquilles, faisait-elle contraste avec les rues étroites, bordées de hautes et noires maisons, populeuses et animées de Test et' de la Cité. En 1786, un édit prescrivit la démolition des maisons construites sur les ponts de la Seine; deux ans après disparaissait le cimetière des Innocents ; enfin, Paris tout entier avait été enfermé dans un mur d'octroi, et Tarchitecte Ledoux avait édifié à rentrée dos grandes voies ces pavillons bizarres dont quelques-uns existent encore aujourd'hui.

Les Plaisirs de Paris. — Les parties les plus animées de Paris au xvin* siècle furent sous le règne de Louis XV les boulevards avec leurs belles allées plantées d'arbres, leurs cafés, leurs pâtisseries, leurs restaurants, leurs

L'industrie.

Le commerce.

Intérieur simple : « Les dernières paroles de J.-J. Rousseau », gravure en taille-douce do Moreau lo Jeune (1741-1814).

Intérieur pauvre on n85 ; « Terpsiohorc charilahlo ou M"« Guimard la célèbre danseuse, visitant les pauvres » ; gravure en taille-douco anonyme.

Une usine en 1768; fabrication du for-blanc; gravure en taille-douce extraite do VEnqfclopédie. On remarquera que tous les engins employés pour cette industrie sont en bois;

Boutique vers 1777; épicerie; gravure en taille-douro faisant partie df» la suite concernant l'histoire do l'assassin Dcsruos (v. page 6).

théâtres et leurs baraques de saltimbanques.

Sous le règne de Louis XVI, les parties les plus fréquentées de Paris furent les Champs-Elysées « où tout invite à se rendre, écrit Mercier, le charapôtre du lieu, les maisons ornées de ter-

rasses, les cafés », etc., et surtout le Palais- Royal, transformé en 1781 par le duc de Chartres. Avec ses arcades garnies de boutiques de tout genre, de restaurants, de divertissements, avec ses jardins, et plus tard avec son cirque, cet

Artisans et

gens du peuple.

Gagne-Petit auvergnat »

ou rémouleur (1" 42).

Mendiant ù la porlc do 1 église Saint- Ttoch (1753); la fleur do lys qu'on volt sur sa lionppclando indique qu'il a autorisation olTiciello de mendier.

Gens du peuple vers le milieu du xviii' siècle écoulant un chanteur do cantiques; gravure en taille-douce do Cochin ;1715-I":!t0).

Crieur pour faire arroser pendant l'été et allumer le réverbère pendant l'iiiver (1737),

IjCS métiers représentes sur cette plan che sont extraits d'une suite de Boucliardon publiée sous le titre d* « Étude* prîtes dam le bas peuple ». Le men-

Racoommodeur de seaux et de soumets (1738).

Vendeur do la liste des gagnants do la loterie (1746).

Dëcrotteur (1737).

diant est reproduit d'après un tableau do Chardin (1699-1779) peint en 1753 et grave en tailledouce par Surugue (IC86-176Î).

édifice devint le rendez-vous des Parisiens et des étrangers.

Le dimanche, les cabarets des environs de Paris, courtilles et guinguettes, parmi lesquels le cabaret de Raraponneau, s'emplissaient l'après-midi de buveurs, tandis que le petit bourgeois « allait se promener assez ennuyeusement aux Tuileries, au Luxembourg, à l!Arscnal, aux boulevards », ou bien encore, s'il était plus aisé, passait la journée dans sa petite maison de campagne de la banlieue. D'autres,

comme le père de M™*" Roland, partaient de grand matin pour Rellevue ou Meudon, faisaient un frugal dîner chez quelque Suisse ou quelque jardinier du palais et rentraient le soir à Paris. D'ailleurs, en tout temps, les distractions ne manquaient pas à la population parisienne, avec les fôtes données à propos d'événements politiques comme la signature de traités de paix, ou d'incidents de la vie des princes et de la famille royale, naissances ou mariages. Bals et feux d'artifices en étaient les éléments les plus goûtés.

Divertissements populaires.

Feu d'artifice donné au roi ot à la rcino par la villo do Paris lo 21 janvier 1782 à l'occasion do la naissance de Mb' le Dauphin, inventé par P.-L. Moreau, architecte du roi, dessiné cl gravé par J, Moreau le Jeune » (1751-1814).

Bal publie à l'occasion du mariage du Dauphin, donne à Paris lo 23 cl lo 26 février 1743 dans une salle de verdure construite sur la plccc Louis-le-Grand, aujourd'hui place Vendôme; gravure en taille-douce anonyme extraite des «• Fêtes données à Paris pouf le mariage du dnfi^ Inu en 1745 »,

Album historiqub. — IV, 3

Les paysans.

Paysan semant (milieu du xviii» siècle); gravure en taille-douce extraite des Fables de La Fontaine illustrées par Oudry (1086-1755).

Un village à la veille do la Révolution ; Attigny-sur-Aisne ; gravure en taille-douce do Niquct, d'après un dessin de Saraud, extraite du Voyage pittoresque en France.

Pasrsan, paysanne et enfant

vers le milieu du xviii* siècle; gravure en taille-douce extraite des Fables de La Fontaine illustrées par Oudry (1080-1755).

Cour de ferme; tableau peint par Lépicié (1735-178'») conservé au Musée du Louvre.

Les Paysans. — La richesse des villes s'opposait à la misère des campagnes.

Le quart du sol était en friche ; la moitié du centre de la France était couvcMie de bruyères ; à part quelques grandes et belles routes que Ton devait auxTrudaine, les chemins étaient fort médiocres. Los paysans n'habitaient en général que des maisons en pisé, couvertes de chaume, sans fenêtres, sans plancher, où la même pièce servait à la fois de chambre à coucher, de cuisine et de salle à manger. Ils étaient mal vêtus. <( Les souliers de gros cuir sont regardés comme un luxe par la partie misérable de la

Habitation paysanne probablement des environs de Beauvais; gravure en taille-douce anonyme d'après un dessin de Boucher (1704-1770).

nation, qui se trouve heureuse lorsqu'elle peut en avoir», écrivait le marquis de Paulmy en 1779. Leur nourriture se composait de pain d'avoine, de châtaignes , de raves, de lait caillé, rarement de viande.

Ils étaient peu nombreux ceux qui, comme les paysans des environs de Marseille, au témoignage de Fabbé Coyer, se montraient aux voyageurs bien vêtus selon les saisons, habitaient dans des maisons de pierre à toit de tuiles, et qu'on voyait en bas de soie, les jours de fête « faire danser au son du tambourin les compagnes de leur travail, plus parées encore que leurs danseurs ».

Étable en 1782, d'après une eau-l'ortc de de Boissicu (1733-1810).

Scène d'éleoUon; achat de voix pour rélcction du lord-maire de Londres; gravure en taille-douce do "W. Hogarth (1€97-1'Î64), exécutée en 1757.

Sceau d'Anne (1702-1714) daté de 1711, conservé aux Archives nationales.

Page 1