‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 158 sur 328 · L'ENFANT ET LE VIEILLARD · texte numérisé non relu

L'ENFANT ET LE VIEILLARD

Oh ! le lis est moins pur qu'un bel enfant candide, Nouvellement tombé de vos mains, ô mon Dieu ! On sent bien qu'il vous quitte, et sur son front limpide On voit la trace encor de vos baisers d'adieu.

Son bon ange gardien dans son âme nouvelle N'aperçoit nul point noir: tout est blanc, radieux. Jamais pour s'envoler l'ange n'ouvre son aile. Et jamais il ne met la main devant ses yeux.

Dans le cœur de l'enfant point de lave de flamme, Point de serpent caché qui jette son venin ; Tout est candeur: mon Dieu! vous faites sa jeune âme Comme un calice d'or plein d'un parfum divin.

Mais l'enfant devient homme, et le vice s'éveille; L'ange gardien s'endort, ou bien remonte au ciel ; Sur le calice d'or rarement l'homme veille; Il le laisse remplir de limon et de fiel.

Puis il vieillit et voit ses passions éteintes ; Il se fait pur; sa main se lève pour bénir. L'enfant et le vieillard, ce sont deux choses saintes : L'un vient de fermer l'aile, et l'autre va l'ouvrir.

ms^^r ARSENE HOUSSAYE ^^^^ssm

J'aime leurs cheveux blancs, j'aime leur tête blonde. De notre pauvre terre ils ne sont qu'à moitié: Ils ne touchent en rien aux passions du monde; L'un en est pur, et l'autre en est purifié.

II est doux, dans les jours de doute et de souffrance, Où l'on n'a foi qu'au vice, où l'on pleure abattu, D'avoir un bel enfant pour croire à l'innocence. Un père en cheveux blancs pour croire à la vertu.

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