LE MONTAGNARD ÉMIGRÉ
Combien j'ai douce souvenance
Du joli lieu de ma naissance!
Ma sœur, qu'ils étaient beaux, ces jours
De France!
O mon pays! sois mes amours
Toujours!
Te souvient-il que notre mère, Au foyer de notre chaumière.
Nous pressait sur son sein joyeux.
Ma chère?
Et nous baisions ses blonds cheveux.
Tous deux.
Ma sœur, te souvient-il encore Du château que baignait la Dore, Et de cette tant vieille tour
Du More, Où l'airain sonnait le retour
Du jour?
Te souvient-il du lac tranquille Qu'effleurait l'hirondelle agile.
Du vent qui courbait le roseau
Mobile, Et du soleil couchant sur l'eau.
Si beau?
François-René Vicomte de Chateaubriand
6@^^?5^ CHENEDOLLE ,2^&^â8
Te souvient-il de cette amie, Douce compagne de ma vie?
Dans les bois, en cueillant la fleur
Jolie, Hélène appuyait sur mon cœur
Son cœur.
Oh ! qui me rendra mon Hélène,
Et ma montagne, et le grand chêne?
Leur souvenir fait tous les jours
Ma peine:
Mon pays sera mes amours
Toujours !
CHÉNEDOLLÉ