‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 193 sur 328 · LAURENT-PICHAT · texte numérisé non relu

LAURENT-PICHAT

C'est l'appel ingénu d'une petite fille Qui descend du berceau, voyant qu'on l'oubliait . . . Elle entr'ouvre la porte, et, d'un air inquiet, Pieds nus sur le tapis, demande qu'on l'habille.

La mère l'aperçoit, l'enferme dans ses bras. L'étouffant de baisers dans ses chaudes étreintes; Et de son cœur déborde un flot de larmes saintes . Son enfant la regarde et ne la comprend pas;

Mais un sublime instinct lui dit qu'il faut se taire . , Dans ces pleurs convulsifs, dans ces baisers de feu, Elle a senti passer quelque chose de Dieu, Et, sans le pénétrer, devine un grand mystère . . .

Comme on voit lentement se relever les fleurs Après l'orage, ainsi la femme se relève : «Enfant, pardonne-moi; je sors d'un mauvais rêve,» Répond-elle tout bas, souriant dans ses pleurs.

Une divine paix rassérène son âme.

Le sacrifice est fait; le grand combat fini.

La victime a pleuré dans son Gethsémani,

Mais la mère triomphe . . . elle a vaincu la femme.

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