LES LARMES DE LA VIGNE
Mars est venu, la vigne pleure :
Le vent du nord, passant brutal, Fait, sur les branches qu'il effleure, Rouler des perles de cristal;
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s@^^^ LOUIS BOUILHET ,a^rsge
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Et peu sensible à tes alarmes, Au flanc des côtes sans chemins, La terre boit tes grandes larmes, Consolatrice des humains.
Oh! dis-nous, se peut-il qu'on voie.
Pour calmer nos âpres douleurs.
Sortir un jour des flots de joie De tes rameaux gonflés de pleurs?
Toute joie a sa source amère:
Poète, ne t'étonne pas Si je suis triste, moi, la mère De l'ivresse et des gais repas.
Le ciel, jaloux du vin qui charme, A taxé mon philtre puissant, Et je paie aux dieux une larme Pour chaque goutte de mon sang.
Toi-même, à l'heure du délire, N'entends-tu pas avec effroi Monter, aux strettes de ta lyre.
Tous les sanglots qui sont en toi?
m&^^^- HENRI DE BORNIER ji^^^sm