LA PETITE MERE
Regardez, Monsieur, ma poupée.
C'est ma fille, savez-vous bien !
Oh ! sa robe est toute fripée !
C'est sans doute ce vilain chien . . .
Elle s'appelle Marguerite, Ma fille ; elle n'a que deux ans.
Hein! quelle est grande, ma petite.
Et qu'elle a de beaux yeux luisants!
Sous sa paupière blanche et rose.
Elle a des cils longs et soyeux.
Savez-vous la plus belle chose?
Elle ouvre et referme les yeux.
Je l'habille et la déshabille Depuis la tête jusqu'aux pieds. C'est tout comme une grande fille, Elle a des bas et des souliers.
Elle ne sait pas se conduire.
Mais quand je la prends par la main,
Elle s'en va comme un navire
Et marcherait jusqu'cà demain.
m^^p^- MARC MONNIER .s^è-xgfô
Le soir pour dire sa prière, Son caractère est des plus doux; Et comme avec moi fait ma mère, Je lui fais plier les genoux.
Puis je la baise sur la bouche Et la mets dans ses petits draps.
Et bien souvent, quand je me couche, Je la fais dormir dans mes bras.
Alors le monsieur dit: — Sans doute Ta poupée, elle parle bien?
— Ôh! non, Monsieur, mais elle écoute.
Elle écoute sans dire rien!
Ib