‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 230 sur 328 · LES BERCEAUX · texte numérisé non relu

LES BERCEAUX

Après le départ des oiseaux Les nids abandonnés pourrissent.

Que sont devenus nos berceaux?

De leur bois les vers se nourrissent.

Le mien traine au fond des greniers, L'oubli morne et lent le dévore ; Je l'embrasserais volontiers Car mon enfance y rit encore.

C'est là que j'avais nuit et jour Pour ciel de lit des yeux de mère Où mon âme épelait l'amour Et ma prunelle la lumière.

Sur le cœur d'amis surs et bons, Femmes sans tache, sur le vôtre, C'est un berceau que nous rêvons Sous une forme ou sous une autre.

Cet instinct de vivre blottis Dure encore à l'âge où nous sommes ; Pourquoi donc, sitôt trop petits Berceaux, trahissez-vous les hommes?

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