ETHER
Quand on est sur la terre étendu sans bouger, Le ciel paraît plus haut, sa splendeur plus sereine; On aime à voir au gré d'une insensible haleine, Dans l'air sublime fuir un nuage léger.
Il est tout ce qu'on veut : la neige d'un verger. Un archange qui plane, une écharpe qui traine, Ou le lait bouillonnant d'une coupe trop pleine; On le voit différent sans l'avoir vu changer.
Puis un vague lambeau vaguement s'en détache S'efface, puis un autre, et l'azur luit sans tache Plus vif, comme l'acier qu'un souffle avait terni
Tel change incessamment, mon être avec mon âge Je ne suis qu'un soupir animant un nuage. Et je vais disparaître épars dans l'infini.