‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 241 sur 328 · LA VIERGE À LA CRÈCHE · texte numérisé non relu

LA VIERGE À LA CRÈCHE

Dans ses langes blancs, fraîchement cousus

La Vierge berçait son Enfant-Jésus.

Lui, gazouillait comme un nid de mésanges.

Elle le berçait et chantait tout bas

Ce que nous chantons à nos petits anges . . .

Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

Étonné, ravi de ce qu'il entend.

Il rit dans sa crèche et s'en va chantant

Comme un saint lévite et comme un choriste ;

Il bat la mesure avec ses deux bras.

Et la Sainte Vierge est triste, bien triste

De voir son Jésus qui ne s'endort pas.

« Doux Jésus, lui dit la mère en tremblant, « Dormez, mon agneau, mon bel agneau blanc. «Dormez; il est tard, la lampe est éteinte, « Votre front est rouge et vos membres las. « Dormez, mon amour, et dormez sans crainte. - Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

« Il fait froid, le vent souffle, point de feu . . . «Dormez; c'est la nuit, la nuit du bon Dieu. « C'est la nuit d'amour des chastes épouses ; « Vite, ami, cachons ces yeux sous nos draps « Les étoiles d'or en seraient jalouses. » Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

« Si quelques instants vous vous endormiez, « Les songes viendraient en vol de ramiers, « Et feraient leurs nids sur vos deux paupières. «Ils viendront; dormez doux Jésus. ^> Hélas! Inutiles chants et vaines prières, Le petit Jésus ne s'endormait pas.

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Et Marie alors, le regard voilé, Pencha sur son fils un front désolé :

«Vous ne dormez pas, votre mère pleure, « Votre mère pleure, ô mon bel ami . . . > Des larmes coulaient de ses yeux: sur l'heure Le petit Jésus s'était endormi.

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