AUBADE
Voici la chanson de la bien-aimée.
Que l'aube m'apporte et que je redis, La douce chanson toute parfumée Qui change mon cœur en un paradis.
Ces vers sont éclos pour la bien-aimée. Pour que ses beaux yeux, que ses yeux charmants Qu'emplit une aurore encore innommée Les couvrent demain de rayonnements!
ms^^:;^ ALBERT GLATIGNY <a^^^8S
Je l'aime, je l'aime ! et c'est une fête En moi, hors de moi, rien que d'y songer. Âme de lumière et de bonté faite, Son charme s'épand subtil et léger.
Mais regardez donc, alors qu'elle passe, Cet air délicat et mignon qu'elle a.
Dire que pourtant toute cette grâce, Ce charme, cet air, c'est à moi cela!
Je suis riche, mais riche à faire envie Aux oiseaux du ciel, tant j'ai de l'amour Au fond de mon cœur qui la glorifie, Cher être béni! ma vie et mon jour!
C'est elle, mon bien, mon trésor, ma femme. Celle que je montre aux astres joyeux Comme la moitié douce de mon âme, L'épouse au regard tendre et sérieux.
Hiver, tu me plais ! tu me plais, ô sombre Endormeur des bois, puisque je peux voir Ses beaux cils baissés projeter leur ombre Sur la joue aimée où sourit l'espoir.
O bonne chanson ! chanson la meilleure Qu'une lèvre humaine ait chantée encor, Éternise-toi ! résonne à toute heure, Fanfare d'amour, chère à ce cœur d'or.
Chante dans les bois, chante dans la plaine. Chante dans la nuit, chante au clair soleil. Toi qui dis l'amour dont mon âme est pleine Et cours lui porter le joyeux réveil.
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Catulle Mendès
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