‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 25 sur 328 · BÉRANGER .Ë^^^m · texte numérisé non relu

BÉRANGER .Ë^^^m

Mon enfant, qu'elle est pure et belle!

C'est celle d'un objet charmant.

Fille heureuse, amante fidèle, On l'accorde au plus tendre amant.

Des fleurs ceignent son front nubile, Et de l'hymen l'autel est prêt . . .

— Encore une étoile qui file, Qui file, file et disparaît.

— Mon fils, c'est l'étoile rapide D'un très grand seigneur nouveau-né:

Le berceau qu'il a laissé vide

D'or et de pourpre était orné.

Des poisons qu'un flatteur distille C'était à qui le nourrirait . . .

— Encore une étoile qui file, Qui file, file et disparaît.

— Mon enfant, quel éclair sinistre!

C'était l'astre d'un favori,

Qui se croyait un grand ministre Quand de nos maux il avait ri.

Ceux qui servaient ce dieu fragile Ont déjà caché son portrait . . .

— Encore une étoile qui file, Qui file, file et disparaît.

— Mon fils, quels pleurs seront les nôtres! D'un riche nous perdons l'appui; L'indigence glane chez d'autres,

Mais elle moissonnait chez lui.

Ce soir même, sûr d'un asile,

A son toit le pauvre accourait . . .

— Encore une étoile qui file, Qui file, file et disparaît.

C'est celle d'un puissant monarque! . . . Va, mon fils, garde ta candeur;

JA

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Ib

Et que ton étoile ne marque Par l'éclat ni par la grandeur.

Si tu brillais sans être utile, A ton dernier jour on dirait:

Ce n'est qu'une étoile qui file, Qui file, file et disparaît.

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