‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 252 sur 328 · LES CONQUERANTS · texte numérisé non relu

LES CONQUERANTS

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal Fatigués de porter leurs misères hautaines De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutaL

Ils allaient conquérir le fabuleux métal Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines; Et les vents alizés inclinaient leurs antennes Aux bords mystérieux du monde occidental.

Chaque soir espérant des lendemains épiques, L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques Enchantait leur sommeil d'un mirage doré;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles, Ils regardaient monter dans un ciel ignoré Du fond de l'océan des étoiles nouvelles.

José Maria de Hérédia

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RECIF DE CORAIL

Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore Éclaire la forêt des coraux abyssins Qui mêle, aux profondeurs de ces tièdes bassins, La bête épanouie et la vivante flore.

Et tout ce que le sel ou l'iode colore Mousse, algue chevelue, anémones, oursins. Couvre de pourpre sombre en somptueux dessins. Le fond vermiculé du pâle madrépore.

De sa splendide écaille éteignant les émaux,- Un grand poisson navigue à travers les rameaux. Dans l'onde transparente, indolemment il rôde.

Et brusquement, d'un coup de sa nageoire en feu. Il fait dans le cristal morne, immobile et bleu Courir un frisson d'or, de nacre et d'émeraude.

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