‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 27 sur 328 · ADIEUX DE MARIE STUART · texte numérisé non relu

ADIEUX DE MARIE STUART

Adieu, charmant pays de France,

Que je dois tant chérir!

Berceau de mon heureuse enfance,

Adieu ! te quitter, c'est mourir.

Toi que j'adoptai pour patrie.

Et d'où je crois me voir bannir, Entends les adieu.x de Marie, France, et garde son souvenir.

Le vent souffle, on quitte la plage; Et, peu touché de mes sanglots, Dieu, pour me rendre à ton rivage.

Dieu n'a point soulevé les flots!

Lorsqu'aux yeux du peuple que j'aime

Je ceignis les lis éclatants.

Il applaudit au rang suprême

Moins qu'aux charmes de mon printemps.

En vain la grandeur souveraine

M'attend chez le sombre Écossais ;

Je n'ai désiré d'être reine

Que pour régner sur des Français.

mS^^3- BÉRANGER ^^^^m

L'amour, la gloire, le génie.

Ont trop enivré mes beaux jours ;

Dans l'inculte Calédonie

De mon sort va changer le cours.

Hélas! un présage terrible

Doit livrer mon cœur à l'effroi :

J'ai cru voir dans un songe horrible.

Un échafaud dressé pour moi.

France, du milieu des alarmes,

La noble fille des Stuarts,

Comme en ce jour qui voit ses larmes

Vers toi tournera ses regards.

Mais, Dieu ! le vaisseau trop rapide

Déjà vogue sous d'autres cieux.

Et la nuit, dans son voile humide.

Dérobe tes bords à mes yeux !

Adieu, charmant pays de France,

Que je dois tant chérir!

Berceau de mon heureuse enfance.

Adieu! te quitter, c'est mourir.

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