CHARLES LE GOFFIC
MARIVONIC
Hélas ! le soir tombe et mêle sa cendre Aux brouillards légers qui montent des eaux, Et les bateliers n'ont rien vu descendre Sur le chenal bleu bordé de roseaux.
Mais Marivônic espère quand même.
En vain le tem.ps passe, elle attend toujours, Et, pour faire honneur à celui qu'elle aime. On ne la voit plus qu'en riches atours.
Regardez ! Sa coiffe est toute en batiste. Ah! qu'elle est jolie, avec son Justin Où de fins galons, couleur d'améthiste, Courent sur la laine et sur le satin!...
Et l'année ainsi va chassant l'année.
Marivône est vieille et marche à pas lents, Et rien n'a changé dans sa destinée, Sinon qu'aujourd'hui ses cheveux sont blancs.
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