‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 278 sur 328 · LE VENT D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

LE VENT D'AUTOMNE

Prolongeant sa voix monotone A travers les bois dépouillés, Que chante-t-il, le vent d'automne Qui passe dans les peupliers?

C'est une plaintive musique, Toute d'accords aériens, Pénétrante et mélancolique Comme un refrain des temps anciens, Rêveuse, vague, insaisissable, D'un bercement délicieux, Et d'un charme indéfinissable Qui nous met les larmes aux yeux.

Le ciel a des tons d'incendie.

Le soleil est terne et mourant.

Par les herbes du fond verdie L'eau du ru chuchote en courant.

Un parfum de menthe sauvage Monte du sol aux gras labours.

Avec lui du cœur se dégage Le souvenir des anciens jours.

mS!^^^ JEAN AICARD vS^^=îg8e

Quoi, c'est bien ici que naguère

Entouré d'amis, tout enfant.

Sous les yeux de ma pauvre mère.

C'est ici que je vins souvent.

Mais ou donc est l'aunaie ombreuse?

J'erre seul parmi ses débris.

Amis et famille nombreuse.

Le ciel, hélas! m'a tout repris!

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