LA BELLE ETOILE
Étoile du matin, vierge parmi les anges, Flamme limpide au fond d'un azur argentin, Dont le reflet transforme en éclairs l'eau des fanges, O fraîche Étoile du matin !
Jeune fille du ciel, ô la première Étoile, Compagne du réveil à la faucille d'or, O rêve du berger, ô guide de la voile. Qui veilles sur tout ce qui dort!
Douce petite sœur de la blanche épousée Qui sous son voile clair baisse un front rougissant, Toi qui verses ces pleurs qu'on nomme la rosée Sur les fleurs d'azur et de sang!
O charmeuse lointaine, espérance de l'âme, Toi que même les cœurs ne toucheront jamais! J'ai rêvé cette nuit que tu devenais femme, Belle Étoile, et que tu m'aimais !
Jean Aicard
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Et je t'ai vue, Étoile, — ineffablement tendre, Tandis que j'étais seul sur la grève à songer. Par pitié lentement t'émouvoir et descendre Dans le cœur obscur du berger.