SOIR RELIGIEUX
Le déclin du soleil étend, jusqu'aux lointains. Son silence et sa paix, comme un pâle cilice; Les choses sont d'aspect méticuleux et lisse Et se détaillent clair, sur des fonds byzantins.
L'averse a sabré l'air de ses larmes de grêle, Et voici que le ciel luit comme un parvis bleu. Et que c'est l'heure oîi meurt à l'occident le feu. Où l'argent de la nuit à l'or du jour se mêle.
A l'horizon, plus rien ne passe, si ce n'est
Une allée infinie et géante de chênes
Se prolongeant au loin, jusqu'aux fermes prochaines,
Le long des champs en friche et des coins de genêt.
Ces arbres vont, — ainsi des moines mortuaires Qui s'en iraient, le cœur assombri par les soirs. Comme jadis partaient, les longs pénitents noirs Péleriner, là-bas, vers d'anciens sanctuaires.
Et la route d'amont, toute large s'ouvrant Sur le couchant rougi comme un plan de pivoines, A voir ces arbres nus, à voir passer ces moines On dirait qu'ils s'en vont ce soir, en double rang,
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Vers leur Dieu dont l'azur, d'étoiles s'ensemence; Et les astres, brillant là-haut sur leur chemin, Semblent les feux de grands cierges, tenus en main. Dont on n'aperçoit pas monter la tige immense.