‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 294 sur 328 · L'ABREUVOIR · texte numérisé non relu

L'ABREUVOIR

En un creux de terrain aussi profond qu'un antre Les étangs s'étalaient dans leur sommeil moiré, Et servaient d'abreuvoir au bétail bigarré, Qui s'y baignait, le corps dans l'eau, jusqu'à mi-ventre.

Les troupeaux descendaient par des chemins penchants : Vaches à pas très lents, chevaux menés à l'amble, Et les bœufs, noirs et roux qui souvent, tous ensemble, Beuglaient, le cou tendu, vers les soleils couchants.

Tout s'anéantissait dans la mort coutumière,

Dans la chute du jour: Couleurs, parfums, lumière,

Explosion de sève et splendeur d'horizon;

Des brouillards s'étendaient en linceuls aux moissons, Des routes s'enfonçaient dans le soir, infinies. Et les grands bœufs semblaient râler ces agonies.

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