‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 306 sur 328 · REFUS · texte numérisé non relu

REFUS

Ce ne fut qu'un moment: il restait en arrière; Les autres descendaient et ne nous voyaient pas; Je leur avais donné mon baiser d'écolière; 11 prit ma main: <'Et moi?) demanda-t-il tout bas.

Il plongea dans mes yeux son regard plein de flammes. Nous étions grands amis: sans souci du danger, Nous avions bien souvent confondu nos deux âmes; Je l'aimais simplement et sans presque y songer.

Que désirait-il donc? ... Un baiser . . . peu de chose! Mais je restais pensive et je baissais le front: Notre amitié m'était si chère ! ... A peine éclose, La voir finir. . . C'était bien cruel et bien prompt!

Il était là pourtant et ma main dans la sienne, Et je sentais ses yeux sur les miens attachés. Je ne sais s'il comprit ma surprise et ma peine ; Je répondis: «Non, non, nous en serions fâchés.»^

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Il détourna la tête et partit sans rien dire. Je le vis tout d'abord lentement s'éloigner, Puis s'arrêter soudain, et, tâchant de sourire, Envoyer jusqu'à moi son âme en un baiser.

Une seconde encore ... Il allait disparaître: Mais son adieu muet alors lui fut rendu ; Et je rentrai rêveuse, espérant que peut-être Mon ami, malgré tout, ne serait pas perdu.

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