‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 307 sur 328 · NOCTURNE · texte numérisé non relu

NOCTURNE

La blême lune allume en la mare qui luit, Miroir des gloires d'or, un émoi d'incendie. Tout dort. Seul à mi-mort, un rossignol de nuit Module en mal d'amour sa molle mélodie.

Plus ne vibrent les vents en le mystère vert Des ramures. La lune a tu leurs voix nocturnes: Mais à travers le deuil du feuillage entr'ouvert Pleuvent les bleus baisers des astres taciturnes.

La vieille volupté de rêver à la mort A l'entour de la mare endort l'âme des choses. A peine, la forêt, parfois fait-elle effort Sous le frisson furtif de ses métamorphoses.

Chaque feuille s'efface en des brouillards subtils. Du zénith de l'azur ruisselle la rosée Dont le cristal s'incruste en perles aux pistils Des nénufars flottants sur l'eau fleur d'élysée.

QS^^^ ADOLPHE RETTÉ .Ë^^^SêB

Rien n'émane du noir, ni vol, ni vent, ni voix Sauf lorsqu'au loin des bois par soudaines saccades Un ruisseau turbulent roule sur les gravois : L'écho s'émeut alors de l'écho des cascades.

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