‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 308 sur 328 · HYMNE AUX ARBRES · texte numérisé non relu

HYMNE AUX ARBRES

Louons les arbres d'être beaux et de bruire Si doucement dans les vergers et dans les bois; Rameaux éoliens, où le ramier soupire Branches frôlant les tuiles brunes des vieux toits; Célébrons-les tous à la fois.

Il est des pommiers retombants Dont le feuillage fait comme un feu d'artifice, Il est des peupliers inquiets qui frémissent

Au plus léger souffle du vent.

Parmi les rocs, les pins sévères Épandent un grave murmure Les saules gracieux trempent dans les rivières Leur ondoyante chevelure.

Les acacias des jardins Balancent au soleil leurs grappes embaumées, Les ormes bienveillants qui bordent les chemins Tendent leurs bras vêtus de mousse veloutée.

Les bouleaux ont des robes d'argent où l'aurore A laissé le reflet de sa face rieuse Les tilleuls chuchoteurs tremblent; les sycomores Sont pleins d'ombres mystérieuses.

^t^=^?î? ADOLPHE RETTÉ ^^^^83

Les hêtres tressaillants, s'entrelacent, les frênes

Semblent flamber au crépuscule ; Quand la nuit monte, un grand rêve circule Dans la frondaison pensive des chênes.

Aimons les arbres qui nous aiment Unissons notre voix à leur voix fraternelle, Répétons avec eux les strophes d'un poème Où chantera la vie universelle.

Que le rythme profond des forêts nous enlève,

Que toute essence nous accueille

Que notre cœur batte selon les sèves

Que notre âme se fonde en l'océan des feuilles.

Ib

Page 1