ULRIC GUTTINGUER
J'ai vu des anges dans l'azur
Et contemplé d'un œil d'envie
Ce ciel et si grand et si pur!
Aujourd'hui la terre est trop belle,
Je n'en détache plus les yeux;
Je t'y vois, et crois dans ces lieux
Commencer la vie immortelle.
Dans leur immense majesté
Lis-tu quelque profond mystère?
Sens-tu, comme moi, qu'à la terre
Ton destin n'est pas arrêté?
Crois-tu qu'une race inconnue
Peuple ces mondes radieux?
Sont-ce des anges ou des dieux?
Et toi! duquel es-tu venue?
Du plus beau, je n'en doute pas!
De quelque éclat que Dieu l'honore,
Des yeux t'y cherchent ici-bas, Cher amour, on t'y pleure encore!
De quelques fleurs qu'il soit pare, Quelles que soient ses blanches voies, 11 doit à ses célestes joies Manquer ton regard adoré.
Détourne sans regret la vue De ton étincelant berceau, De peur qu'une voix dans la nue Ne rappelle un ange si beau.
Ta carrière n'est point remplie; Mon sort est toujours dans tes yeux:
Attends, et que le ciel t'oublie Quelque temps encor en ces lieux!
6©^=^?5- PIERRE LEBRUN .a^^^5Ê8