‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 31 sur 328 · ULRIC GUTTINGUER · texte numérisé non relu

ULRIC GUTTINGUER

J'ai vu des anges dans l'azur

Et contemplé d'un œil d'envie

Ce ciel et si grand et si pur!

Aujourd'hui la terre est trop belle,

Je n'en détache plus les yeux;

Je t'y vois, et crois dans ces lieux

Commencer la vie immortelle.

Dans leur immense majesté

Lis-tu quelque profond mystère?

Sens-tu, comme moi, qu'à la terre

Ton destin n'est pas arrêté?

Crois-tu qu'une race inconnue

Peuple ces mondes radieux?

Sont-ce des anges ou des dieux?

Et toi! duquel es-tu venue?

Du plus beau, je n'en doute pas!

De quelque éclat que Dieu l'honore,

Des yeux t'y cherchent ici-bas, Cher amour, on t'y pleure encore!

De quelques fleurs qu'il soit pare, Quelles que soient ses blanches voies, 11 doit à ses célestes joies Manquer ton regard adoré.

Détourne sans regret la vue De ton étincelant berceau, De peur qu'une voix dans la nue Ne rappelle un ange si beau.

Ta carrière n'est point remplie; Mon sort est toujours dans tes yeux:

Attends, et que le ciel t'oublie Quelque temps encor en ces lieux!

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