LES ROSES DE SAADI
J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mair j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les nœuds ont éclaté: les roses envolées, Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées; Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir.
La vague en a paru rouge et comme enflammée Ce soir ma robe encor en est tout embaumée . . . Respire-en sur moi l'odorant souvenir.
SOUVENIR
Toujours je pleure au nom de mon enfant: Sans sa beauté rien n'est beau dans ma vie. Du monde et de ses biens c'est le seul que j'envie. Mais je ne l'attends plus, la mort me le défend.
Je le revois dans la fleur éphémère;
Elle apparaît pour sourire et périr; Comme elle, mon enfant, sur le sein de sa mère, Après avoir souri, se pencha pour mourir.
Je le revois partout oîi de mon âme S'attache encor la mourante langueur; Quand le jour sur mes yeu.x ne répand plus sa flamme, Je le revois toujours: n'est-il pas dans mon cœur?
ms^^^ Mme DESBORDES-VALMORE ^B^^-^m
Mon doux enfant! ma plus vive tendresse!
Quel autre amour me tiendrait lieu de toi? De te garder, mon fils, je ne fus pas maîtresse; Mais ta fidèle image, oh ! comme elle est à moi !