A MES ENFANTS
Mes enfants, votre tête a dépassé ma tête: Pour voir vos fronts il faut que je lève les yeux. Mes enfants, mes amours, mon orgueil et ma fête. Voyez, vous grandissez, et moi je deviens vieux.
Je descends ; vous montez : quand vous serez au faîte, D'en-bas j'écouterai vos chants mélodieux. Je suis l'arbre d'hiver ployé par la tempête; Vous, la fleur du soleil qui regarde les cieux.
Vos vers sont pour mon cœur la voix de votre mère ;
Vous ne recherchez pas une gloire éphémère;
Je triomphe à vous voir tous les jours triomphants ;
Et quand de l'urne d'or la fraîche poésie
Me verse la jeunesse avec son ambroisie.
Je me crois votre frère, alors, ô mes enfants!
99^^?5- LE COMTE JULES DE RESSÉGUIER ^B^^=&m