‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 5 sur 328 · ADIEUX D'UN JEUNE POETE A LA VIE · texte numérisé non relu

ADIEUX D'UN JEUNE POETE A LA VIE

J'ai révélé mon cœur au Dieu de l'innocence ;

11 a vu mes pleurs pénitents, 11 guérit mes remords, il m'arme de constance:

Les malheureux sont ses enfants.

Mes ennemis riant ont dit dans leur colère: Qu'il meure, et sa gloire avec lui !

Mais à mon cœur calmé le Seigneur dit en père: Leur haine sera ton appui.

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A tes plus chers amis ils ont prêté leur rage.

Tout trompe ta simplicité:

Celui que tu nourris court vendre ton image, ■ Noire de sa méchanceté.

Mais Dieu t'entend gémir, Dieu vers qui te ramène

Un vrai remords né des douleurs; Dieu qui pardonne enfin à la nature humaine D'être faible dans les malheurs.

J'éveillerai pour toi la pitié, la justice

De l'incorruptible avenir; Eux-même épureront, par leur long artifice,

Ton honneur qu'ils pensent ternir.

Soyez béni, mon Dieu, vous qui daignez me rendre

L'innocence et son noble orgueil ; Vous qui, pour protéger le repos de ma cendre,

Veillerez près de mon cercueil !

Au banquet de la vie, infortuné convive.

J'apparus un jour, et je meurs; Je meurs, et sur ma tombe où lentement j'arrive,

Nul ne viendra verser de pleurs.

Salut, champs que j'aimais! et vous, douce verdure,

Et vous, riant exil des bois !

Ciel ! pavillon de l'homme, admirable nature. Salut pour la dernière fois!

Ah ! puissent voir longtemps votre beauté sacrée

Tant d'amis sourds à mes adieux!

Qu'ils meurent pleins de jours! que leur mort soit pleurée!

Qu'un ami leur ferme les yeux!

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