‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 62 sur 328 · PENSEE · texte numérisé non relu

PENSEE

Oh ! qui me rendra ma jeunesse.

Ma jeunesse de dix-huit ans!

Qu'avec vous encor je renaisse, Première saison, heureux temps,

Où l'azur du ciel se reflète Au fleuve indolent de nos jours, Age, où la famille est complète, Age, où l'on aime peur toujours!

Auprès d'une mère et d'un père.

Quel malheur peut nous effrayer?

On s'endort, on rêve, on espère . .

Une mort vient nous réveiller.

Hélas! à des lois infinies L'univers marche résigné; 11 est d'étranges harmonies.

Tout a son poste désigné:

68^=^?^ CASIMIR DELAVIGNE .5^è=S^

Au printemps des chants et des fêtes; Des zéphyrs à la jeune fleur; Au sombre Océan les tempêtes ; Au cœur de l'homme la douleur.

Heureux du moins (et je l'éprouve), Si, dans la femme de son choix, Celui qui perdit tout retrouve Un écho de ces douces voix,

Un ressouvenir de ces âmes, Un reflet des regards lointains.

Qui réchauffaient comme des flammes Et, comme elles, se sont éteints!

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