‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 64 sur 328 · LA MORT DE JEANNE D'ARC · texte numérisé non relu

LA MORT DE JEANNE D'ARC

Silence au camp! la vierge est prisonnière; Par un injuste arrêt Bedfort croit la flétrir: Jeune encore, elle touche à son heure dernière ...

Silence au camp ! la vierge va périr . . .

A qui réserve-t-on ces apprêts meurtriers?

Pour qui ces torches qu'on excite?

L'airain sacré tremble et s'agite . . . D'où vient ce bruit lugubre? où courent ces guerriers Dont la foule à longs flots roule et se précipite?

La joie éclate sur leurs traits :

Sans doute l'honneur les enflamme; Ils vont pour un assaut former leurs rangs épais: Non, ces guerriers sont des Anglais, Qui vont voir mourir une femme.

Qu'ils sont nobles dans leur courroux!

Qu'il est beau d'insulter au bras chargé d'entraves! La voyant sans défense, ils s'écriaient, ces braves:

Qu'elle meure! elle a contre nous Des esprits infernaux suscité la magie . . .

— Lâches! que lui reprochez-vous?

D'un courage inspiré la brûlante énergie. L'amour du nom français, le mépris du danger.

Voilà sa magie et ses charmes ;

En faut-il d'autres que des armes Pour combattre, pour vaincre et punir l'étranger?

Du Christ avec ardeur Jeanne baisait l'image;

Ses longs cheveux épars flottaient au gré des vents:

Au pied de l'échafaud, sans changer de visage.

Elle s'avançait à pas lents. O

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