‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 69 sur 328 · ÉLÉGIE A UNE MÈRE · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE A UNE MÈRE

Un ange au radieux visage.

Penché sur le bord d'un berceau.

Semblait contempler son image, Comme dans l'onde d'un ruisseau.

Charmant enfant qui me ressemble, c Disait-il, oh! viens avec moi!

' Viens, nous serons heureux ensemble,

La terre est indigne de toi.

; Là, jamais entière allégresse :

" L'âme y souffre de ses plaisirs.

Les cris de joie ont leur tristesse, Et les voluptés, leurs soupirs.

« La crainte est de toutes les fêtes ; 'i Jamais un jour calme et serein « Du choc ténébreux des tempêtes « N'a garanti le lendemain.

m^^^P^ JEAN REBOUL ,a^;^=«^

« Eh quoi ! les chagrins, les alarmes K Viendraient troubler ce front si pur ! 'i- Et par l'amertume des larmes . Se terniraient ces yeux d'azur!

« Non, non, dans les champs de l'espace

« Avec moi tu vas t'envoler ;

« La Providence te fait grâce

•; Des jours que tu devais couler.

Que personne dans ta demeure « N'obscurcisse ses vêtements, '• Qu'on accueille ta dernière heure « Ainsi que tes premiers moments ;

Que les fronts y soient sans nuage.

Que rien n'y révèle un tombeau; '! Quand on est pur comme à ton âge, ï Le dernier jour est le plus beau. ^

Et, secouant ses blanches ailes.

L'ange à ces mots a pris l'essor Vers les demeures éternelles . . .

Pauvre mère ! . . . ton fils est mort !

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