LA RÉSIGNATION
Le lit où je repose est baigné de mes pleurs; Comme l'herbe des champs ma jeunesse est fanée, Et si j'ai vu passer une belle journée, C'était une eau rapide entraînant quelques fleurs.
Sur cette mer du monde où le nocher s'égare. Crédule, j'ai vogué sur la foi de l'orgueil, Et quand les vents poussaient mon navire à l'écueil, Nulle main sur le bord n'a fait briller le phare.
Me voilà séparé de tout ce qui m'est cher; Que votre volonté, mon Dieu, soit accomplie! Ma bouche se résigne, et du calice amer Je saurai, s'il le faut, boire jusqu'à la lie.
^SV3ê>