‹ Album lyrique de la France moderneChapitre 84 sur 328 · A UN RAYON DE SOLEIL · texte numérisé non relu

A UN RAYON DE SOLEIL

Est-ce toi, rayon de l'aurore?

L'oiseau gazouille un chant d'amour; Ma vitre scintille et se dore ; Lyre, frémis, voici le jour!

Du soleil rapide étincelle, Glissant sur le .monde endormi.

Au malheureux du moins fidèle.

Viens-tu consoler un ami?

Luis sur mon front, flamme chérie,

Messagère des divins lieux.

Toi qui n'as quitté ta patrie

Que pour nous faire aimer les cieux.

Es-tu peut-être, ô jeune flamme.

Un reflet de l'éternité?

Quand tu luis, je crois que mon âme Rêve mieux l'immortalité.

Vois-tu la rose, près d'éclore, Rougir sous ton baiser d'amour?

Comme rougit la fraîche aurore Quand l'aube ramène le jour.

Du vallon, qu'attristait la pluie, Viens-tu dessécher les torrents?

Comme un baiser de mère essuie La joue humide des enfants.

m&^^S- EUGÈNE BOREL .Ë^^^m

Vas-tu sur la nef égarée Au nautonnier rendre l'espoir?

Brille ... la voile est déchirée, Le flot mugit, le ciel est noir.

Vas-tu sur la tour solitaire, Parlant de bonheur au captif, Voir dans le cachot qui s'éclaire Se dérider un front pensif?

Au malheureux farouche et sombre.

Prisme heureux, parle d'avenir ; Ou si tu n'en peux voiler l'ombre, Brille au moins comme un souvenir.

Avec toi la fraîche rosée Du ciel descendit ce matin, Et sur la verdure arrosée Tu vas rayonner dans son sein.

Qu'as-tu vu dans ton vol sublime ?

Peut-être un jeune séraphin.

Courbé près du Dieu qui l'anime, Et murmurant l'hymne divin.

Parle-moi, rayon de l'aurore, De ceux qu'on regrette ici-bas:

Au ciel nous aiment-ils encore?

Aux mourants tendent-ils les bras?

N'as-tu point vu dans l'autre sphère Une femme heureuse ... et pleurant, Qui, cherchant un fils, vers la terre Inclinait un front rayonnant?

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^S^^g- EUGÈNE BOREL .Ê^s=^iS8

C'est ma mère, ô céleste flamme!

Reprends ton vol mystérieux, Sur ton aile emporte mon âme, Avec elle remonte aux cieux.

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