AUGUSTA
Je me souviens du soir, où, recueillie et pâle. Tu disais, pressentant déjà l'heure fatale: '< Qu'il est long, le sentier qui conduit au tombeau! '< Qu'il est pénible, ami, mais que le terme est beau! ' Efface de tes traits jusqu'à l'ombre du doute ; '< Sème, sème plutôt quelques fleurs sur ma route. '< Et toi, qui tardes tant, lève-toi, vent de mort ! «Viens, frémis dans ma voile et me conduis au port. '■■ Ma lèvre assez longtemps but à la coupe amère, "J'ai soif d'une autre vie! Ouvre tes bras, mon père! 'Bénis ceux que j'aimais, et comme à moi, dis leur: '< L'aube du dernier jour est l'aube du bonheur. » Et pourtant, j'espérais. Mais dans un soir d'automne, Quand la verte forêt voit pâlir sa couronne, La tombe t'engloutit au matin de tes jours. Toi qui, montrant ton cœur, me répétais: Toujours!
Et ton vol glorieux me laissant solitaire. Le cœur encor brisé de ton suprême adieu. Plus d'espoir, me disais-je, elle oubliera la terre Dans les bras de son Dieu.
Car j'ignorais alors que l'âme qui s'envole Garde à l'âme qui reste un retour d'amitié. Qu'elle ait encor pour elle un mot qui la console. Un regard de pitié.