‹ Albumines et évolution bactérienne: Action comparative des albumines de l'œuf et du sérum sanguinChapitre 21 sur 49 · L. — SÉRUM NORMAL DIGÉRÉ PAR LE BACILLE PROTÉE · texte numérisé non relu

L. — SÉRUM NORMAL DIGÉRÉ PAR LE BACILLE PROTÉE

Avec le bacille typhique, on note les mêmes modifications que dans les cultures en albumine d’œuf digérée par le bacille Protée.

Au dixième jour de séjour dans le sérum digéré par le bacille Protée, le bacille typhique est très modifié : prédominance des formes longues dans les examens sur lame.

Au onzième jour : les repiquages sur gélose donnent quelques colonies, petites, sèches, plissées.

Au douzième jour : les réensemencement ne don-

nent aucune culture.

De l’ensemencement du bacille typhique dans ces différents milieux, on doit noter l’action exactement superposable du sérum normal pur et de l’albumine d'œuf pure. Dans ces deux milieux, le bacille présente les mêmes modifications et semble détruit dans le même temps.

Cette action destructive est retardée sensiblement dans les milieux digérés par la bacille Protée.

De plus, on remarque l’action nettement opposée de nos milieux purs et après coagulation; alors que le bacille typhique est rapidement détruit dans le blanc d'œuf pur et dans le sérum normal, ces subs-

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tances coagulées constituent un terrain extrêmement favorable pour sa culture.

Tout se passe comme s’il y avait d’un côté pour les milieux albumineux crus, action d’un principe lytique; de l’autre, au contraire, après coagulation, mise en liberté de facteurs qui faciliteraient la conservation et la culture de la bactérie.

Si nous étudions l’action des « principes lytiques transmissibles » sur les bactéries, on peut considérer, d’après M. Legroux que la lyse évolue en deux phases : il s’agit d’abord d’une ectolyse : « lyse partielle, externe, ectopasmique des cellules »; ces cellules dont l’ectoplasme est en partie lysé donnent ou proviennent de colonies sèches, plissées : « et cette colonie sèche correspond toujours à une culture en bouillon auto-agglutinée ». « Le premier stade de la lyse est celui de la partie externe de la cellule ».

« Comme avec les sérums agglutinants spécifiques, l’agglutination correspond à une attaque de l’ectoplasme de la cellule et est un des premiers stades conduisant à la bactériolyse ».

« Après l’ectolyse, l’endoplasme privé de son support tend à prendre la forme sphérique comme toute substance visqueuse mise en suspension dans un fluide moins dense : chaque cellule contient un ou plusieurs granulés sphériques : ces granulations ne persistent pas longtemps vivantes dans les milieux où la bactérie a déjà subi l’action d’un principe lytique. Plus ou moins rapidement on voit, au microscope, apparaître de très fines granulations parfois à la li-

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mite de la visibilité; c’est le terme ultime des transformations morphologiques de la bactérie ».

La réaction de l’endoplasme se traduit également par l’apparition de formes « dix fois plus allongées que l’élément habituel », mais dans lesquelles la coloration ne peut plus mettre en évidence d’endoplasme condensé.

Il ne s’agit pas ici dans l’étude du sérum normal et de l’albumine d’œuf de lyse transmissible, mais nous retrouvons dans le mode d’action du sérum normal et du blanc d’œuf sur le bacille typhique, le même type de destruction qu'avec les principes lytiques transmissibles :

Le bacille typhique ensemencé dans l’albumine d'œuf et le sérum purs donne des repiquages en bouillon où la culture est agglutinée. « L’agglutination en bouillon est un signe de prélyse » et sur gélose nous obtenons des colonies de bacille typhique plissées et sèches. Les formes très longues, les formes plus petites et granuleuses du bacille typhique observées après coloration, indiquent également une atteinte de l’ectoplasme et de l’endoplasme de la cellule. Ces modifications de culture et d’aspect morphoiogique du bacille typhique sont visibles après séjour de 24 heures à l’étuve à 37° des milieux ensemencés, et après 48 heures les repiquages ne donnent pas de culture. L’action du blanc d’œuf et de l’ovalbumine pure est donc très nette et il s’agirait, sans doute, d’une « lyse partielle non transmissible, ectoplasmique et endoplasmique ».

Nous voyons donc que l’action du sérum normal et du blanc d'œuf purs, peut être rapprochée de celle des principes lytiques. Or, si nous coagulons ces milieux albumineux, nous constatons que le bacille typhique y trouve un terrain extrêmement favorable pour sa culture et sa conservation. On pourrait croire que le fait de la coagulation ayant modifié le milieu a également mis en liberté un principe favorable à la culture du bacille typhique, et ce principe agirait de la même manière que les « facteurs de croissance », nécessaires à la culture dans les milieux ordinaires de certaines bactéries aérophiles, hémophiles et de certains protozoaires.

Pour obtenir une culture des bacilles de Pfeiffer, de Weeks, de Ducrey, de Bordet Gengou, de Morax, il est indispensable d’incorporer au milieu nutritif employé, un facteur de croissance quelconque, que ce soit du sang, du sérum, du liquide de sérosité, du liquide d’ascite ou bien un extrait de végétaux tel l’extrait d’amidon.

Ces substances ne sont pas propices par ellesmêmes à la culture. Nous avons même vu que le bacille typhique était détruit par le sérum normal; ces substances contiennent donc un principe qui agirait pour la culture de ces bactéries comme les vitamines dans les maladies par carence et qui permettrait les échanges nutritifs de la bactérie dans le milieu et sa vie.

En 1918, MM. Agulhon et Legroux ont publié une méthode qui permet d'isoler des globules rouges

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