Alcaloïdes et glucosides
Quand les recherches doivent être dirigées sur les organes, comme le foie, le cœur, les poumons, etc., il faut d’abord diviser ces organes en très petits fragments et additionner la masse avec de l’alcool pur et concentré le plus possible. On en fait autant pour toute masse suspecté. On y ajoute ensuite environ 1/2 à 2 grammes d’acide tartrique, suivant la quantité et l’état de la masse à examiner. Le mélange est introduit dans un ballon et chauffé entre 60 et 75°. Après le refroidissement complet, le tout est jeté sur un filtre, et la partie insoluble est lavée avec de l’alcool concentré. On abandonne dans le vide la liqueur filtrée ou on l’expose à un courant d’air chauffé tout au plus à 35°, si l’on n’a pas de machine pneumatique à sa disposition.
Si, après la volatilisation de falcool, la solution aqueuse renferme des corps gras ou des matières insolubles, on la jette sur un filtre mouillé par ; de l’eau distillée ; on réunit les eaux de lavage à la liqueur filtrée, et le tout i est évaporé dans le vide presque à siccité, ou sous une cloche sur de l’acide sulfurique concentré. On épuise ensuite ce nouveau résidu par de l’alcool absolu et froid, puis on évapore l’alcool à l’air libre à la température ordinaire ou, ce qui est préférable, dans le vide. On dissout dans la plus petite quantité d’eau possible le résidu acide ainsi obtenu, et la solution, introduite j dans un petit flacon-éprouvette, est additionnée peu à peu de bicarbonate de , soude ou de bicarbonate de potasse pur et en poudre, jusqu’à ce qu’il n’y ait I plus d’effervescence. On ajoute alors quatre à cinq fois son volume d’éther pur, l’on agite le tout et l’on abandonne au repos. Quand les deux liquides : sont séparés de nouveau et que la solution éthérée s’est éclaircie, on en ' décante une petite partie dans une capsule de verre et on l’abandonne dans un lieu bien sec à févaporation spontanée. Le résidu constitue l’alcaloïde : recherché; mais l’alcaloïde peut être solide et fixe ou liquide et volatil. .
L'alcali est solide et fixe. — Dans ce cas, on peut ne pas obtenir de suite | un résidu alcalin après l’évaporation de l’éther. Quand cette circonstance se présente, on ajoute au liquide une solution de potasse ou de soude caustique . et on agite vivement avec l’éther. Celui-ci enlève à la solution de potasse ou ;
, de soude l’alcaloïde naturel devenu libre; on laisse alors évaporer la solution ' éthérée. Après févaporation, il reste quelquefois autour de la capsule un . corps solide; cependant, le résidu est ordinairement composé d’une liqueur ; incolore ou laiteuse et qui tient un corps solide en suspension. Ce résidu bleuit constamment le papier de tournesol ; il possède une odeur animale désagréable, mais nullement âcre ou piquantè, comme cela a lieu avec un alcaloïde volatil.
Quand on s’est ainsi assuré de ta présence d’une base fixe, on doit chercher ! à la faire cristalliser, afin de pouvoir opérer Mude de ses caractères et de ses réactions; mais les opérations que l’on vient d’indiquer ne suffisent pas encore pour l’obtenir dans cet état. L’alcaloïde est encore souillé par des impuretés.. Pour fen débarrasser, on projette dans la capsule quelques gouttes d’eau faiblement aiguisée d’acide sulfurique et qu’on promène sur les parois pour mouiller la matière et dissoudre la base. Comme le contenu de i la capsule est un mélange de matière grasse et d’alcaloïde, l’eau acidulée 1 n’en mouille pas les parois ; elle dissout la base à l’état de sulfate acide et ' abandonne le corps gras. Si fopération est bien faite, le liquide aqueux doit être limpide ; on le décante doucement, on lave de nouveau avec de 1 l’eau acidulée, on réunit les eaux de lavage au premier liquide, puis on j évapore dans le vide ou sous une cloche sur l’acide sulfurique concentré. On I mêle ensuite le résidu avec une solution très concentrée de carbonate de I potasse pur et on reprend le tout par de l’alcool absolu. L’alcaloïde seul est
dissous et, par l’évaporation de l’alcool, on l’obtient cristallisé. On en détermine ensuite la nature par l’étude dé ses caractères physiques et ses'propriétés chimiques.
L’alcaloïde est liquide et volatil. — Quand l’alcali est volatil et liquide, on remarque sur les parois de la capsule, après l’évaporation de la petite quantité d’éther, des stries liquides qui se réunissent au fond du vase. 11 se développe alors, sous la moindre influence de chaleur, une odeur désagréable,
; âcre ou irritante, et qui varie suivant la nature de l’alcaloïde.
Dans ce cas, on ajoute 1 ou 2 centimètres cubes de solution concentrée de potasse ou de soude au restant de la solution éthérée, et l’on agite vivement. Ce traitement par l’éther est réitéré trois ou quatre fois ; puis toutes ces j liqueurs, contenant l’alcaloïde en dissolution, sont réunies dans le même flacon, on y ajoute 3 à 4 centimètres cubes d’eau distillée, additionnée d’un ; cinquième de son poids d’acide sulfurique pur, puis on agite vivement. Par le repos, l’éther surnage ; on le décante, et la solution aqueuse qui renferme l’alcaloïde à l’état de sulfate acide est lavée de nouveau par un peu d’éther. Cette seconde opération a pour but de débarrasser complètement la solution aqueuse des matières animales que l’éther avait enlevées précédemment à la solütion alcaline. Il ne faut pas oublier que le sulfate de conicine étant èoluble dans l’éther, ce dernier en retient toujours en dissolution ; cependant la plus grande partie de l’alcaloïde se retrouve dans l’eau acidulée ; l’alcaloïde cherché est ainsi réuni sous un petit volumé et dans un assez grand état de pureté. Pour l’isoler, il suffit d’ajouter une solution concentrée de potasse ou de soude caustique, puié d’épuiser par l’éther. On abandonne la solution éthérée à l’évaporation spontanée à la plus basse température, possible. L’ammoniaque se vofatilise presque entièrement avec l’éther et, pour en chasser les dernières traces, on place la capsule sous la machine pneuma- ' tique sur de l’acide sulfurique. L’alcaloïde se trouve alors dans des conditions de pureté suffisantes pour que l’on puisse déterminer sa nature à l’aide de ses caractères physiques et de ses réactions chimiques.
V. Uslar et J. Erdman ont propos? une méthode générale pour l’extraction et la recherche des alcaloïdes vénéneux;.elle.^ recommande p^ar SaVsimplL. cité; elle est basée'sur les ïaits suivants : .
1 Les bases végétales libres sont solubles dans l’alcool amylique surtout, à
chaud ; ,
2 L eau pure, ou mieux encore l’eau alcalisée, n’enlève pas ces Bases ainsi dissoutes, mais elle les sépare complètement lorsqu’elle a été préalablement aiguisée par de 1 acide chlorhydrique, les chlorures organiques ^(^ui prennent
naissance étant peu solubles dans l’alcool amyliqtie. "
Voici 4 manière d’opérer : ,
La matière suspecte est, s’il y a lieu, réduite en bouillie avec de l’eau, i légèrement ac idulé e avâc de l’acide chlorhydrique, puis mise à digérer ' pendant deux heures à une température de 60.à 80" G.; on passe à .travcri! ~un linge ’ftiouillé, on...ép.uise le résidu avec de l’eau chaude, également acidulée, et après avoir'réiihi les'liquides, on ajoute de l’ammoniaque én léger excès, on concentre 'à feu nu et on dessèche, enfin, au bain-marie. Après avoir épuisé le résidu avec de l’alcool amylique chaud, on filtre aussitôt à travers du papier préalablement humecté d’alcool amylique.
Le produit de la filtration- est ordinairement souillé de matières grasses ou colorantes que l’on éliniine en agitant vivement le liquide avec de l’eau presque bouillante additionnée d’un peu d’acide chlorhydrique; l’alcool* amylique cède alors l’alcajoide, tandis qu’il retient fa majeure partie des matières grasses ou -jjolorantes. Puis on le retire avec une pipette en caoutchouc pour ne pas aspirer ses vapeurs ; ngitant ensuite le liquide aqueüx et chaud avec une nouvelle portion d’alcool amjîique, on arrive sans trop dé" peine à enlever toutes les matières étrangères, de manière à décolorer complètement la dissolution acide contenant, comme on l’a dit, l’alcaloïde à l’état
j de chlorhydrate. On concentre celle-ci quelque peu, on l’additionne d’aininoj I Iliaque en.léger excès et on ajoute de l’alcool amylique, lequel, après une j agitation réitérée, s’empare de l’alcaloïde. Après que les deux couches de ! liquide se sont dûment séparées, on soutire la supérieure, qui contient l’alcool i et l’alcaloïde et on reprend la couche inférieure par une nouvelle proportion ; d’alcool amylique chaud; réunissant ensuite les liqueurs alcooliques, on les évapore au bain-marie; d’ordinaire, le résidu est formé de l’alcaloïde pur. S’il I devait avoir conservé de la couleur, on en serait quitte pour reprendre la série des opérations qui viennent d’être décrites, c’est-à-dire faire dissoudre , dans l’acide chlorhydrique, agiter avec ded’alcool amylique, retirer celui-ci à I la pipette, sursaturer par l’ammoniaque, agiter avec l’alcool amylique et I chasser celui-ci par évaporation au bain-marie.
I II est bien l’are que l’alcaloïde ne soit pas complètement purifié par ce ^ traitement.
Il n existe pas de réactif unique permettant de déterminer d’une manière j positive et certaine qu’un corps est un alcaloïde.
j On doit avoir recours à une série de réactions spéciales et caractéristiques i pour déterminer la nature de pareils corps.
Avant tout, il est nécessaire de constater la présence de l’azote dans le corps auquel on suppose la fonction alcaloïdique. Dans ce but, on prend une petite quantité de la substance à analyser. On la sèche et on la chauffe avec un peu;.|le sodium. Le résidu refroidi est repris par l’eau, on filtre, et au liquide filtré on ajoute quelques gouttes d’une solution d’un sel ferreux et" d’un sel ferrique, puis de l’acide chlorhydrique en léger excès. Il y, a formation de bleu de Prusse.
Tout alcaloïde doit donner cette réaction, maïs elle démontre simplement ^ 1 que la substance est azotée.
é^V'cA^O/ i
Les alcaloïdes peuvent revêtir la plupart des formes pharmaceutiques. Ils i se prêtent d’une manière admirable à toute espèce de manipulation. On j les emploie en poudre, potion, vin, sirop, pastilles, pilules, granules, cap- , suies, perles, pommades, glycérolés, suppositoires, lavements, gargarismes, | collyres, lotions, fumigations, etc. '
Mais, au milieu de cette multiplicité, on peut se demander quelle est ja | meilleure forme, quelle est celle qui.offre les plus grandes facilités et les meil- î leures garanties dans l’administration, quelle est celle, enfin, que choisira j de préférence le médecin. ■ |
En règle générale, lorsque l’alcaloïde est soluble et qu’il n’a ni saveur ni . odeur désagréables, on le fera prendre en solution, potion, élixir, etc. Si, au contraire, il a une odeur et une saveur désagréables, facile's néanmoins i à dissimuler, on.l’administrera sous forme de sirop, élixir, pastillés, biscuit; | si, de plus, l’odeur ou la saveur est tout à fait désagréable. ou repous- ! santé, on choisira les pilules, les capsules, les cachets, les dragées, etc. La ‘ forme la plus agréable, celle qui flattera le plus le goût du malade, doit ^ être préférée à toute' autre. Le médecin ne doit pas oublier qu’un médica- ! ment pris avec répugnance se trouve dans le même cas qu’un aliment donné dans les mêmes conditions ; il n’est pas toujours digéré ou mieux absorbé ; il ^ ne rend pas ordinairement la somme d’effet qu’il produirait dans le cas con- | traire. ■
A notre avis, il existe deux formes qui conviennent spécialement aux aléa- loïdes. Ces deux formes répondent à tous les besoins et à toutes les indica- ; lions : ce sont les granules et les solutions titrées.
Granules. — Sous cette forme, la saveur amère, âcre et désagréable que peut présenter l’alcaloïde est parfaitement masquée. Le médicament se conserve indéfiniment et peut être dosé d’une manière parfaite et rigoureuse, i De plus, avantage précieux, le granule, étant facile à loger et à transporter, est destiné à rendre au praticien des campagnes éloignées de toute pharmacie ' le service incalculable d’avoir toujours sur lui une série complète des, prin -1 cipaux agents thérapeutiques. , , i
Cette forme, cependant, n’est pas exempte d’inconvénients. Elle est souvent ; rejetée,par les malades; pour queiques-uns, c’est une simple affaire dejiépu- ' gnance à avaler ce genre de médicament; pour d'autres, au contraire, la > difficulté réside dans une conformation particulière du gosier qui ne permet : pas au granule.de passer. Dans tous les cas, elle ne convient nullement pour i l’enfance et doit être rejetée lorsque la substance est âcre et caustique, car on pourrait faire naître sur le point en contact des troubles ou des lésions. |
I Le granule présente encore un antre inconvénient, c’est que, lorsqu’il est. trop dur, il peut traverser l’esloinac et même l’intestin sans être dissous; ; mais, c’est là un écueil auquel on peut facilement remédier.
Solutions titrées. — Depuis quelque temps,, l’usage des solutions titrées i d’alcaloïdes*-se répand de plus en plus. Très faciles et très commodes à employer, elles offrent de grands avantages dans leur administration et surtout par la rapidité et l’énergie de leur effet ; mais il faut avouer que ces médi- ' caments, dosés par gouttes, présentent une action telle qu’il y aurait un certain danger à augmenter la quantité prescrite ou un grand inconvénient à dépasser le nombre de gouttes indiqué dans les formulaires. Le ..plus souvent, ce sont les pharmaciens ou les médecins qui sont appelés à opérer la répartition par gouttes du médicament prescrit, et alors l’habitude de ce genre de dosage est une garantie de Tes '.ctitude de l’opérateur. Mais il ; arrive aussi que le malade ou les personnes qui le soignent, moins expertes, '
Aj^/AA//////t^‘
iAlûz/f/o/a////^.
^// Ao/J/J/ ^,
Az//(^Az/<2^,
, Ai z^oT^////
AAo/:^yZi