‹ Alcaloïdes et glucosidesChapitre 11 sur 23 · SOLANINE · texte numérisé non relu

SOLANINE

La solaniné a été découverte en 1821 par Desfosses, pharmacien à Besançon, dans les baies de la morelle, Solanum nigrum (solanées). Elle a été trouvée dans la douce-amère, Solanum dulcamara (solanées), par Legrip, dans le Solanum verbascifolium par Chevalier et Payen, dans le Solanum lycopersicum par Fodéré et Hecht, dans les fruits du Solanum ferox par : ' Pelletier ^et dans les germes encore courts de vieilles pommes deterre par Otto.

; I Elle existe encore, d’après Haaf, dans les jeunes pommes de terre, j I La solaniné a été représentée par différentes formules : Gmelin niait I ; l’existence de l’azote dans la solaniné ; pour lui, l’azote était dû à des impu- I i retés. Delffs lui donnait la formule C'°H^'Oi‘‘ et admettait que ce corps, se . ; i dédoublant, donnait du glucose sans fixation d’eau.

Kletzinsky la représente par C^^H^®AxO^^ tandis que C. Zwenger et A. Kind expriment la composition de la solaniné par C®®H™AzO^^ formule qui doit être forcément bu C^H'^^AzO^'' ou bien C^®H’’AxO^^ Ililger a proposé la formule

La solaniné est dédoublée à chaud par les acides sulfurique et chlorhy- ; drique étendus en glucose et en une autre base, la solanidine.

La solanine, en présence des acides concentrés et froids, fournit'aussi du sucre, mais au lieu de solanidine, deux autres bases moins connues, qui du reste prennent aussi naissance par action des acides concentrés sur la sola- ' ! nidine. 1

La solanine est donc un glucoside : c’est un alcaloïde à fonction complexe, j Propriétés chimiques et physiques. — La solanine est un corps solide se j présentant en cristaux formés de prismes fins et soyeux, revêtant sous le j ' microscope l’aspect de prismes rectangulaires droits lorsqu’on l’obtient de • ' sa solution alcoolique chaude; mais si on la précipite de ses sels par un alcali ; minéral, elle forme des flocons gélatineux se prenant en masse cornée par la, i ! dessiccation. : '

i Dans cet état, la solanine est hydratée; vue au microscope, elle paraît' ! i composée de fines aiguilles.

J Elle se dissout facilement dans l’alcool chaud, mais elle est à peu près inso- j lubie dans l’eau, l’alcool froid, les huiles et l’éther. ' !

Elle est inodore lorsqu’elle est sèche ; mais en s’hydratant, elle dégage une I

odeur qui est la même que celle que l’on constate pendant ta cuisson des | '

' pommes de teri’e. i !

Sa saveur est âcre, amère et nauseuse; elle laisse dans le pharynx un sentiment d’âcreté persistante. '

Soumise à l’action de la chaleur, elle fond à 235-240°. A une température ! plus élevée, elle se décompose, elle répand une odeur de caramel et donne un ; sublimé de solanidine. Par la distillation sèche, elle domie une masse épaisse : acide qui, indépendamment de produits aromatiques, tient en suspension de i I la solanidine. , / i ,

Lorsqu’on la chauffe avec de la potasse caustique, elle ü’éprouve aucune ' modification. Elle réduit à l’ébullition le chlorure et le nitrate d’argent, mais | ; elle ne précipite pas une solution alcaline d’oxyde cuivrique.

A froid, l’acide azotique concentré dissout la solanine en formant une ; liqueur incolore; mais, au bout de peu de temps, la solution prend une colo- • ration pourpre magnifique qui disparaît bientôt. ■

Sous l’influence de l’acide chlorhydrique concentré, la solanine jaunit, i L’acide sulfurique concentré lui communique une couleur orangée ; cette j teinte passe peu à peu au violet foncé et au brun. ;

La solanine possède une réaction alcaline extrêmement faible.

Elle colore à peine en bleu la teinture de tournesol rougie par les acides, i Elle forme avec les acides des sels neutres ou acides, le plus-souvent ■ i amorphes; ils possèdent une saveur amère et brûlante. Ils sont facilement i solubles dans l’alcool et dans l’eau ; mais une grande quantité d’eau lés i ; décompose, surtout quand on les chauffe. La solanine se sépare alors sous; forme d’un précipité blanc floconneux. Le sulfate de solanine est très stable, il n’est point décomposé par l’eau, même en chauffant.

Le chlo7'hydrate forme un corps gélatineux fort soluble ; il s’obtient en . dissolvant la solanine dans l’alcool additionné d’acide chlorhydrique et en ' précipitant la solution alcoolique par l’éther.

Le chloroplatinate constitue un précipité jaune floconneux, insoluble dans' l’éther. Il s’obtient en ajoutant une solution de tétrachlorure de platine au . chlorhydrate de solanine. !

Voxalate a l’aspect de croûtes cristallines. | ’

Le phosphate se présente sous la forme d’une poudre blanche et cristalline. ^ Le sulfate acide est un sel blanc amorphe et très amer. |

Le sulfate neutre se présente après l’évaporation de sa solution dans te vide | ’ sous la forme d’une masse incolore transparente, gommeuse.

On a obtenu d’autres combinaisons de la solanine avec les acides. |

On connaît l’azotate, le citrate, le formiate, le matate, le tartrate, le: chromate. Tous ces sels sont incristallisables, excepté le chromate, qui forme I des aiguilles jaune foncé.

Extraction. — Pour extraire la solanine, on suit soit le procédé Reuling, | ; soit celui d’Otto. i ;

! Procédé Beuling. — Pour retirer la solanine des germes de pommes de terre, on opère de la façon suivante : On fait macérer les germes de pommes I de terre dans de l’eau légèrement acidulée par l’acide sulfurique, puis on décompose à chaud par l’ammoniaque le liquide rapidement filtré. La solanine précipite rapidement en entraînant une certaine quantité de phosphate de chaux. Au bout d’un certain temps, on filtre pour séparer le précipité, on le dessèche complètement et on te fait boûiilir plusieurs fois avec de l’alcool. Par le refroidissement des solutions alcooliques filtrées bouillantes, ta solanine se sépare en presque totalité; Elle n’est point encore absolument pure ; on la fait recristalliser trois ou quatre fois dans l’alcool.

Pour obtenir la solanine qui reste dans les eaux mères alcooliques, on évapore à sec : on obtient ainsi une masse cornée qu’il suffit de dissoudre dans un acide, de précipiter par la chaux et de reprendre par l’alcool.

Procédé Otto. — On peut aussi traiter les germes par l’acide sulfurique ! étendu, puis précipiter les matières colorantes et gommeuses, ainsi que les acides sulfurique et phosphorique en solution, par l’acétate de plomb ; la liqueur est ensuite saturée par un lait de chaux, et le précipité séché est i repris par l’alcool bouillant à 80°; la solanine dépose peu à peu, et on la ! purifie par recristallisation.

SOPHORINE.

La sophorine a été découverte en 1878 par le D"' Wood. Elle existe ' dans le Sophora speciosa, arbuste originaire du Texas et du Nouveau- 1 1 Mexique, qui croît sur les terrains rocailleux et non dans lés plaines fertiles ^ à sol noir. A Matogorda-Bay, un petit arbre atteint la hauteur de trente i pieds; à San-Autonio, sa hauteur est seulement de six à huit pieds. La i semence, qui est inodore, un peu amère, sert de bille aux enfants, bien i : que ses qualités toxiques lui fassent donner le nom de poison-bean (fève i poison).

' • Propriétés chimiques et physiques. — La sophorine est liquide. Elle se

; dissout bien dans l’eau, l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone.

Sa solution aqueuse est précipitée en blanc par l’iodure de mercure et de ; ! potassium. Le chlorure d’or y produit un précipité jaune cristallin. L’acide ! i sulfurique et le bichromate de potasse y déterminent une coloration brun \ sale qui devient d’un vert clair et s’efface peu à peu. L’acide sulfurique pro- ! duit une couleur viande, claire.

; Additionnée de chlorure ferrique, la solution aqueuse de sophorine déve- I loppe une coloration rouge bleu.

La sophorine a une réaction alcaline ; elle se combine aux acides.

Le chlorhydrate et le chloroplatinate sont des sels cristallisables.

Extraction. — Les semences grossièrement pulvérisées sont traitées p'ar l’alcool. On filtre et'on distille pour recueillir l’alcool. On traite l’extrait alcoolique par l’eau. On précipite la solution par l’acétate de plomb, .on la traite par l’hydrogène sulfuré et l’on soumet à l’action des dissolvants le ; liquide acide ou'alcalin. L’alcaloïde est obtenu de la liqueur alcaline par le , chloroforme. j

Effets thérapeutiques. — La sophorine, qui jouit de propriétés toxiques, ; aurait, d’après quelques expériences, une action thérapeutique très éner- | gique. Elle serait drastique et fébrifuge. Une sérieuse étude physiologique est nécessaire pour donner à cet agent la place qu’il mérite. !

SOUKOUPIRINE. !

La découverte de la soukoupirine, qui est .due à Petit, date de 1885. Cette ; substance existe dans l’écorce du Bowdichia tnajor, grand arbre du Brésil, où j il porte le nom de soucoupirie. Il appartient à la famille des légumineuses : I ! papillonnacées, tribu des sophorées. j

SPAPTÉINE.

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La spartéine a été découverte par Stenhouse dans le Spartium scoparium ! j {Cytisus scoparius) genêt à balai, petit arbrisseau de la famille des légumi- I neuses papillonnacées, qu’on rencontre en Europe dans les régions tempérées,

I dans les contrées méditerranéennes de l’Asie et de l’Afrique et qui croît en | abondance dans les bois, les lieux incultes, les bruyèi’es et surtout dans les | terrains siliceux. i

Les be 3 tiaux recherchent les fleurs, les fruits et les jeunes pousses. Dans i ; le Midi, les rameaux constituent un bon pâturage pour les moutons pendant j l’hiver. Les graines prises en trop grande quantité par ces animaux déterminent chez eux de l’hématurie connue sous le nom de genestade.

Stenhouse, le premièr, en 1831, isola du Spartium scoparium deux principes : 1° la spartéine, alcaloïde liquide et volatil ; 2*^ la scoparine, substance ; jaune colorante, cristallisable, qui paraît être un giucoside. ! j

Apr^s Stenhouse, Gerardt et Mils ont étudié la spartéine et se sont surtout | |

^ appliqués à la détermination de la formule chimique qui serait G^H^A; 5 % : ■ c’est-à-dire la formule de Stenhouse C'®lP^A;5^ doublée. |

, Houdé a fait connaître un mode de préparation en harmonie avec les pro- ; I grès de la chimie perfectionnée de:nos jours. i 1

Grandval et Valser ont fait de nombi’euses expériences, sur les sels de j i

spartéine. ! '

Propriétés chimiques' et physiques. — La spartéine est un liquide incolore i :,plus dense que l’eau et privé d’oxygène. Lorsqu’elle est pure, elle distille! i sans altération à 180-181°, sous une pression de 20 millimètres. i ;

Son odeur est assez pénétrante et rappelle un peu celle de la pyridine. | j

Elle possède une saveur très amère et brunit à l’air en prenant une consis- | i tance plus épaisse. ; j

Elle est soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, mais insoluble dans i i la benzine et les huiles de pétrole. ■

I L’acide azotique concentré et bouillant la décompose. Le produit de la ' réaction traité par le chlorure de chaux, donne de la chloropicrine ; par la potasse, il donne un alcali volatil.

L’acide chlorhydrique à 200° est sans action sur elle.

Le brome la transforme en une masse résineuse rouge. Gette transformation s’opère avec dégagement de beaucoup de chaleur.

L’iode en solution éthérée la convertit en un periodure qui cristallise dans ; , l’alcool en belles aiguilles vertes. ; !

Par oxydation au moyen du permanganate de potasse, elle semble donner j i un acide gras et un acide pyridine carbonique dont les formulés n’ont pas été : ' obtenues avec certitude.

Mils a préparé les dérivés alcooliques suivants :

Mure d’éthyle-spartéylammonium. — On chauffe pendant quelques I heures, en tubes scellés, volumes égaux de spartéine et d’éther étbyliodhydrique,

Cet iodure est en cristaux solubles dans l’alcool et dans l’eau. L’oxyde : d’argent le transforme en hydrate d’oxyde d’éthyle-spartéylammonium.

Mure de diétyle-spartéylammonium. — On fait réagir à 100°, en pré- , ; sence d’alcool, l’éther iodhydrique sur le dérivé monoéthylé. On sépare l’iode I j libre par l’hydrogène sulfuré et l’on fait cristalliser le sel dans l’alcool.

L’oxyde d’argent transforme l’iodOre en hydraté d'oxyde.

La réaction de la spartéine est très alcaline. Lorsqu'on approche deux baguettes de verre, l’une imprégnée d’acide chlorhydrique et l’autre de spartéine, on voit se former d’abondantes fumées blanchâtres.

La spartéine et ses sels présentent les réactions chimiques suivantes :

Par la.potasse et l’ammoniaque, les solutions de sulfate de spartéine donnent un précipité blanc insoluble dans un excès de réactif; par le bicarbonate, il n’y a pas de précipité à froid, mais à chaud, le liquide se trouble et il se forme un dépôt blanchâtre.

Par l’iodure de cadmium, on obtient un précipité blanc caillebôté. Le ghospho-molybdate de sodium donne un précipité blanc soluble à chaud.

I j Avec le sel de cuivre, il se forme un p icipité verdâtre. Avec le chlorure de I I platine, un précipité jaunâtre cristallisé.

I I Sel?. ~ La spartéine se combine aux acides pour former des sels qui cris- I j tallisent très facilement; le sulfate, entre autres, se présente sous forme de I gorrhomboèdres, transparents, très solubles.

L'azotate est incristallisable.

Le bromhydrate cristallise en aiguilles prismatiques. Il est soluble dans : l’eau. i

j On peut 1 obtenir soit directement, soit par double décomposition. |

Lq chloraurate constitue un précipité jaune cristallin, très peu soluble dans leau et dans l’alcool, soluble à chaud dans l’acide chlorhydrique qui le : dépose par refroidissement en cristaux micacés, i Le chlorhydrate peut s’obtenir cristallisé.

j Le chloromercurate est préparé en mélangeant des solutions de chlorhy- ; drate de la base et de sublimé. Il se sépare un précipité cristallin, soluble ; dans l’acide chlorhydrique à chaud. Par refroidissement de la solution chlor- '

; hydrique, il se sépare en prismes orthorhombiques brillants. i

; ! Le chloroplatinate forme un précipité jaune presque insoluble dans l’eau i ; i froide et dans l’alcool.

Par dissolution dans l’acide chlorhydrique chaud et par refroidissement, ;

■ on obtient le chloroplatinate en prismes orthorhombiques. !

Formes : m, gV, e', a'; angles : mm = 82“16'; eV (â la base) = , 97°48'; a'ai (à la base) = 10b°24'. (Miller.) . I

I Le chloroplatinate perd ses deux molécules d’eau à 130°. Il est décompo- !

^ j sable par l’eau à la température de l’ébullition et par l’alcool bouillant. !

; I lodhydrate. — On obtient un iodhydrate très bien cristallisé en traitant ^

I une solution chaude de sulfate de spartéine à 3 p. c. par un excès d’iodure ! i de potassium; par le refroidissement et par évaporation spontanée, il se dépose ■ des cristaux prismatiques assez volumineux d’iodhydrate basique. ;

Que la solution ait une réaction acide, neutre ou alcaline, c’est toujours ce même iodhydrate basique qui prend naissance, contrairement à ce qui se passe pour les sulfates.

Si on reprend ces cristaux par l’eau bouillante, on obtient, par refroidissement lent'et évaporation à l’air libre, de très volumineux cristaux inaltérables ;

: à l’air et à la lumière. Ces cristaux appartiennent au système du prisme ;

! droit à base rectangle et peuvent donner les diverses modifications qui déri- I vent de ce système.

I En général, ils affectent surtout la forme de catafalques comme le phos- ■

; phate ammoniaco-magnésien.

î Cet iodhydrate est peu soluble dans l’eau. Aussi l’iodure de potassium le précipite-t-il facilement de solutions moyennement concentrées de sels de spartéine.

Voxalate s’obtient difficilement en cristaux aciculaires.

Le picrate cristallise en longues aiguilles jaunes et brillantes, très peu ! solubles à froid dans l’eau et dans l’alcool, plus solubles à chaud.

I . Le sulfate neutre s’obtient facilement en ajoutant à une solution alcoolique i jde spartéine la quantité théorique d’acide sulfurique. Par évaporation spon- I jtanée de l’exsiccateur, il cristallise en gros cristaux rhomboïdaux retenant I j8 équivalents d’eau de cristallisation.. Il cristallise aussi bien par l’évaporation de sa solution aqueuse. A l’étuve, il s’elîleurit facilement et devient, pulvérulent. C’est ce sulfate qui constitue le sulfate médicinal.

Le sulfate acide s’obtient en précipitant une solution éthérée et titrée de i spartéine par une solution alcoolique au 1/S d’acide sulfurique monohydraté en quantité- théoriquement suffisante ; il se dépose sous forme d’une masse : blanche ; il est très hygrométrique et s’altère en rougissant quand on essaye i de le sécher à l’étuve.

Extraction. —1\ existe trois procédés d’extraction pour isoler la spartéine.

Procédé Stenhouse. — On fait bouillir le Spartium scoparium avec de l’eau, on sépare le liquide et on l’évapore. Par le refroidissement, le liquide se prend en une gelée, mélange de scoparine de chlorophylle et de

spartéine. On reprend cette gelée par l’eau bouillante additionnée de quelques gouttes d’acide chlorhydrique ; par le refroidissement, la scoparine et la chlorophylle précipitent de nouveau et la spartéine reste en solution. On sépare le liquide, on le concentre, on l’additionne de carbonate de soude, et on distillé tant qu’il passe un produit de saveur amère. Au liquide distillé, on ajoute du sel marin jusqu’à saturation, et on rectifie la spartéine qui se sépare alors. (Stenhouse.)

Procédé Mils. — Ce procédé de préparation est plus simple : on épuise la plante par l’eau légèrement acidulée à l’acide sulfurique, on évapore le produit à un petit volume et on distille avec une solution de soude caustique. Le produit distillé est évaporé à siccité avec de l’acide chlorhydrique, et le résidu est soumis à la distillation avec de la potasse caustique. 11 se dégage d’abord de l’ammoniaque, puis la spartéine passe. On la déshydrate en la traitant par le sodium à une douce chaleur, dans un courant d’hydrogène. On sépare l’excès de sodium et on rectifie.

Ces deux.procédés, sans être traités de primitifs, sont loin de réaliser les' progrès de la chimie perfectionnée de nos jours.

Le procédé Houdé, que nous donnons ci-dessous, permet d’obtenir facilement et sûrement un produit d’une pureté irréprochable.

Procédé Houdé. —Les feuilles et les rameaux de Spartium scoparium ayant été réduits en poudi’e de moyenne grosseur,sont lixiviés méthodiquement dans! l’appareil à déplaceinent par de l’alcool à 60° jusqu’à ce que le liquide qui ! s’écoule ne donne plus de précipité par l’iodure de potassium ioduré; les! liqueurs alcooliques filtrées et réunies sont distillées dans le vide à une faible température et le résidu est repris par une solution d’âcide tartrique. On filtre j de nouveau pour séparer une gelée d’un brun verdâtre, principalement corn- j posée de chlorophylle et de spartéine; la solution acide, après avoir été; rendue alcaline par l’addition de carbonate de potasse, est agitée à plusieurs | reprises avec cinq ou six fois son volume d’éther, qui enlève la totalité de I l’alcaloïde.

Afin de purifier le produit, l’éther est agité avec une nouvelle solution d’acide tartrique qui, neutralisée, cède la spartéine aü véhicule éthéré, et ainsi de suite on répète ces manipulations jusqu’à ce qu’on obtienne une ! liqueur éthérée incolore. Par simple évaporation de celle-ci, à l’abri de l’air : et de la lumière, on recueille la spartéine à l’état de pureté. 1

Un kilogramme de plante a donné comme rendement environ 3 grammes de principe actif. 1

SPIGELINE.

Dudley a trouvé cet alcaloïde dans les racines du Spigelia marilandica. Il se présente sous forme de masse cristalline soluble dans l’eau, précipitable en blanc par l’iodure double de mercure et de potasse. Le précipité est soluble dans les acides, l’alcool, l’éther; insoluble dans un excès de précipitant.

La spigeline est volatile; elle donne un précipité blanc avec l’acide métatungstique. :

Extraction. — On distille les racines de la plante avec un lait de chaux. ' Le liquide distillé est reçu dans de l’acide chlorhydrique étendu.

La solution est évaporée à siccité au bain-marie. Le résidu soumis à l’action de l’alcool absolu, la solution alcoolique est filtrée et abandonnée à l’évaporation qui abandonne l’alcaloïde.

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