ARAL UNE
L’araline est un glucoside contenu dans l’écorce, la racine et les fruits de . l’Aralia spinosa, arbuste de la famille des ombellifères qui croît aux Etats- ! Unis, surtout dans le Sud. Il a été découvert par H. Holden. i Propi'iétés chimiques et physiques. — L’araline cristallise en écailles I jaunâtres; elle n’a pas d’odeur. Sa saveur est amère et légèrement âcre; elle '
est soluble dans l’alcool, insoluble dans l’éther et la benzine. Elle est soluble .
dans l’eau, avec laquelle elle forme par agitation une mousse persistante. L’acétate de plomb, le bichlorure de platine, le chlorure mercurique ne for- \ ment pas.de précipité dans sa solution. Le contact de l’acide chlorhydrique développe une odeur légèrement aromatique qui est celle de la plante. Il en | est de même de l’acide sulfurique.
En présence de l’hydrate de potasse et à l’ébullition, l’araline donne une ' coloration ambrée. En ajoutant de l’acide tannique à la solution froide, il i ne se fait pas de changement, mais quand on chauffe il se forrne un précipité i floconneux. ;
Sous l’influence des acides étendus et bouillants, l’araline se dédouble en j glucose et en aralirétine qui forme un précipité bleu, inodore, insipide. i
Extraction. — Les écorces grossièrement pulvérisées sont épuisées par l’alcool dans un appareil à déplacement. On, distille l'alcool et on reprend ^ l’extrait par la benzine et l’éther, on filtre. La partie insoluble est mélangée ; avec de l’acétate de plomb. Le précipité qui se forme entraîne mécaniquement ! l’araline. On reprend par l’alcool, qui abandonne le glucoside par l’évaporation. .. ■ ARBÜTINE. i
L’arbutine existe dans plusieurs plantes de la famille des pyrolées et des • éricacées. Kawalier l’a découverte et isolée le premier. On la trouve dans les , feuilles de la gaultherie couchée, Gaultheria procumbens, petit arbuste du j Canada; on l’extrait de la busserole ou raisin d’ours. Kennedy a signalé sa ; présence dans le Kalmia latifolia. j j'
Propriétés chimiques et physiques. — L’arbutine est un glucoside cristallisé en longues aiguilles incolores et groupées en aigrettes. Elle possède une i saveur amère. Soumise à l’action de la chaleur, elle fond; par le refroidissement, elle se prend de nouveau en cristaux. L’eau froide la dissout avec difficulté. Elle est très soluble dans l’eau chaude et l’alcool ainsi que dans l’éther.
; L’arbutine se dissout facilement dans l’acide azotique concentré; en ajoutant ! à ce liquide plusieurs fois son volume d’alcool, on obtient à la longue des ; aiguilles déliées plus solubles dans l’eau que dans l’alcool, insolubles dans l’éther; elles fondent lorsqu’on les chauffe et se prennent par refroidissement - en une masse cristalline. Leur solution ne forme pas de précipité avec les sels métalliques.
I Suivant Strecker, ces aiguilles constituent la binitro-arbutine. Dissoute dans l’eau et soumise à l’ébullition en présence d’un peu d’acide sulfurique, cette substance se transforme en binitro-hydroquinone qui se sépare en , lamelles jaunes brillantes peu solubles dans l’eau froide, mais se dissolvant i assez bien dans l’eau bouillante, dans l’alcool et dans l’éther. L’éther les I enlève à leur solution aqueuse.
Une dissolution aqueuse d’arbutine absorbe facilement le chlore gazeux I en donnant lieu à un mélange de quinones mono, bi et trichlorées qui ont été ! étudiées par Staedeler.
Le brome se comporte de la même manière que le chlore à l’égard d’une ; dissolution aqueuse de l’arbutine.
Le chlorure ferrique étendu colore l’arbutine en bleu.
: Lorsque l’arbutine est chauffée vers 50 à 60“ avec du carbonate d’argent,
elle s’oxyde. La solution évaporée et additionnée d’alcool fournit des flocons I cristallins que Schifif désigne sous le nom de diarbutine. La diarbutine ne j possède pas de saveur amère. Le zinc et l’acide sulfurique régénèrent de : l’arbutine.
I Comme tous les glucosides, l’arbutine peut fournir des éthers acétiques ou I benzoïques.
i L’arbutine, selon Hlasiwetz et Habermann, fournit, en présence de l’émulsine ou des acides étendus, et bouillants de la glucose, de l’hydroquinone et de l’éther monométhylique, de l’hydroquinone. Ils attribuent à l’arbutine la formule
Pour rechercher l’arbutine, on l’arrose de quelques gouttes d’acide nitrique concentré; on fait bouillir ensuite, pendant un certain temps, avec un mélange de 8 volumes d’alcool et de 1 volume d’acide sulfurique, enfin on ajoute de l’eau et un excès de potasse. Le liquide prend la coloration violette du sel potassique de la dinitro-hydroquinone. i Extraction. — On traite les feuilles de busserole par l’eau bouillante; on ^ filtre et on précipite par l’acétate de plomb. On filtre de nouveau et on fait passer un courant d’acide sulfhydrique gazeiix dans la liqueur, on enlève le sulfure de plomb qui s’est formé et on concentre jusqu’à consistance sirupeuse. L’arbutine se dépose au bout de quelque temps en aiguilles jaunâtres.
: On redissout ces aiguilles dans l’eau, on ajoute du charbon animal et on fait recristalliser.
i . Cent parties de busserole donnent environ 3.5 parties d’arbutine.
ARGYRESCINE.
L’argyrescine est un glucoside contenu dans l’extrait alcoolique des coty- : lédons du marron d’Inde. Elle a été étudiée par Rochleder. Elle est soluble dans l’eau, qui l’abandonne par évaporation à l’état de masse gommeuse. L’alcool faible la dissout et la laisse déposer en cristaux microscopiques d un ^ blanc argentin. L’éther la précipite de sa solution dans falcool absolu. L’argyrescine est très soluble et brûle avec une flamme très fuligineuse. Les alcalis la dissolvent en donnant de l’acide propionique et de l’acide escinique.