‹ Alcaloïdes et glucosidesChapitre 5 sur 23 · sec formé par un mélange de tanna o ^ ^ plusieurs · texte numérisé non relu

sec formé par un mélange de tanna o ^ ^ plusieurs

■! devenue libre, est traité dans un ma ias p faneuse est on dessèche

reprises; on concentre l’alcool en ^r^e sulfu^^^^^^ Les

' jtion est d’un jaune de soufre.

I p„c«é E^rhach épui. "

1 Palcool à 8b p. c. additionne de 1/4 p. c. dae^^^^^ q

1„„ ajoute un .iq.'rotorme laisse en s’évaporant de

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! rr r::X- l:ûrnouveau a,e; du Chloroforme. On obtient

rature élevée pendant un long temps diminuent le rendement. Le résidu de I la distillation est étendu de dix fois son poids d’eau ; l’huile séparée, on agite le liquide avec du clîloroforme, à plusieurs reprises, tant que le chloroforme i se colore. Le chloroforme provenant des divers traitements sera évaporé en consistance sirupeuse, puis on chasse les dernières portions de chloroforme' en chauffant pendant une heure le résidu sur une plaque de verre à une température de 80 à 100°. Le chloroforme se sépare difflcilemeüt ; on s’assure que la colchicine en est totalement débarrassée en la chauffant à 100” ; on constate ainsi que son poids ne varie plus.

Procédé Houdé. — On prend 34 kilogrammes de semence de colchique que l’on épuise par lixiviation au moyen de 100 kilogrammes d’alcool fort à 96".

Les liqueurs réunies et filtrées sont distillées à la plus basse température possible afin de retirer la totalité de l’alcool.

L’extrait obtenu est agité à plusieurs reprises avec son volume d’une solu tion d’acide tartrique au vingtième, opération qui a pour but de séparer les matières grasses des huileuses; cependant, les liqueurs acides en retiennent encore une notable quantité qu’on enlève par des agitations répétées avec de ' l’éther à 62°, lavé à l’eau.

On filtre et on agite ces liqueurs contenant toute la colchicine à l’état de tartrate avec du chloroforme qui, s’emparant de l’alcaloïde seulement (l’acide tartrique restant dans la solution aqueuse), l’abandonne par évaporation à l’état cristallisé.

De la sorte, on obtient un produit encdre impur et imprégné de matière colorante; on le reprend par un mélange de chloroforme, d’alcool et de benzine et,, peu à peu, on arrive à isoler les cristaux incolores constituant la col- i chicine à l’état de pureté.

Celte méthode nous permet de retirer dés semences de colchicine une ' quantité de principe immédiat qui n’est pas inférieure à 3 grammes par kilo- i gramme. j

COLLOTURINE.

L’écorce du lotur, provenant du Sijmplocus racemosa, renferme trois alcaloïdes : la colloturine, la loturine et la loturidine.

Propriétés chimiques et physiques. — La colloturine a été découverte par O. liesse. C’est une substance qui se présente en prismes pyramidés brillants, inaltérables à fair. Soumise à l’action de la chaleur, elle se sublime lentement ' à 234®. La solution chlorhydrique possède une fluorescence bleue; elle : donne, avec le chlorure d’or, un précipité floconneux jaune. !

Extraction. — L’écorce du lotur est grossièrement pulvérisée, on la place i dans un appareil ^ déplacement et on l’épuise par falcool bouillant. On ' distille le liquide et on évapore à sec. Le résidu, additionné de soude, est repris ' par fétlier. On distille la solution éthérée et on reprend le nouveau résidu, ' qui est cristallisé par facide acétique. Par l’addition du sulfocyanate de potas-1 sium à la solution acétique, la lot.urine et la colloturine sont précipitées ; la ' loturidine reste dissoute. Les deux premières bases sont alors remises en i liberté par la soude, dissoutes dans féther, puis purifiées par cristallisation ‘ dans l’alcool bouillant. La loturine cristallise en prismes brillants, devenant rapidement mats et pouvant, en raison de cette circonstance, être séparés faci- ; lement à la main des cristaux de colloturine, qui, comme nous l’avons dit, ' .se présentent en prismes pyramidés brillants. |

CONIIYDRINE C^Il^A^O.

La conhydrine est un alcaloïde oxygéné solide et volatil qui existe dans la | ciguë à l’état naturel. Il a été étudié par Wertheim, auquel nous devons la ! plus grande partie des connaissances que nous possédons sur ce corps. i

Propriétés chimiques et physiques. — La conhydrine est une base qui .se j présente sous la forme de paillettes incolores, nacrées et irisées. Lorsqu’on |

l’expose à l’action de la chaleur, elle fond à 126‘'65 et bout à 226“3; elle est volatile sans décomposition, ne laisse pas dé résidu et répand au loin : l’odeur de la conicine. Chauffée à 240° avec un excès de baryte anhydre, elle

■ se sublime; chauffée à 200°, en vase clos, avec de l’acide sulfurique étendu, elle reste inaltérée; chauffée en vase clos à 100°, en présence d’un excès

I d’oxyde de mercure métallique, en partie à l’état d’oxyde mercureux, la j conhydrine est transformée en une masse résineuse très amère, soluble dans

' l’alcool et insoluble dans l’éther. • .

■ La solubilité de la conhydrine dans l’eau est assez grande ; elle est entière ; dans l’alcool et dans l’éther. Sa réaction est alcaline.

La conhydrine déplace l’ammoniaque de ses combinaisons, même à froid.

La potasse caustique n’a pas d’action sur elle.

■ La stabilité de cet alcaloïde est très grande; on peut le dissoudre dans I l’acide azotique, concentré en évitant toutefois la production de chaleur, et faire , passer un courant de vapeurs nitreuses sans qu’il soit attaqué, car en faisant évaporer la solution dans le vide, on obtient des cristaux d’azotate de conhyi drine. Lorsqu’on fait arriver de l’acide nitreux sec sur cette hase, le gaz est i absorbé; il se forme un liquide sirupeux vert ; si l’on fait passer un courant i d’acide carbonique pour chasser l’acide azoteux, la masse devient plus fluide,

; et de la potasse caustique ajoutée à cette solution en sépare la conhydrine inaltérée.

Le sodium et l’acide phosphorique lui enlèvent les éléments de l’eau et la I transforment en conicine. Dans cette réaction, le sodium en excès paraît i ! former une combinaison avec la conicine. Cette combinaison répond à la for- 1 mule ; elle ne diffère donc de la conicine que par les éléments de

i l’eau en plus. C’est pour expliquer cette relation de composition qu elle a été

‘ désignée sous le nom de conhydrine.

; i Lorsqu’on chauffe au bain-marie des équivalents égaux de conhydrine et ' ; d’iodure d’éthyle, la base se dissout d’abord, puis le mélange se prend en bouillie cristalline. Ces cristaux constituent l’iodhydrate d’éthylconhydrine ; ils sont i incolores, solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther ; par la dessiccation, ils se j colorent même dans le vide. Traités convenablement, ils donnent 1 éthyl- ! conhydrine, liquide oléagineux jaune et qui finit par se prendre en cristaux, i Cette base, traitée par l’iodure d’éthyle, s’y combine pour former un sel qui i se présente sous la forme de petits cristaux durs : l’iodhydrate de di étbylconhydrine.

Comme nous l’avons dit, la conhydrine est alcaline' elle ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les acides; elle se combine avec ces derniers pour former des sels, la plupart cristallisés.

' U acétate et le chlorhydrate forment des masses sirupeuses incristallisables.

I Vawtate cristallise lorsqu’on a soin de concentrer la liqueur en consisi tance, sirupeuse.

Le sulfate est formé de gros cristaux incolores, solubles dans l’eau et dans l’alcool.

I Le chloroplatinate se présente sous l’aspect de magnifiques cristaux volui mineux et colorés en rouge hyacinthe.

Préparation. — Pour préparer la conhydrine, on traite les fleurs du Co 7 iiim maculatum avec de l’eau, aiguisée d’acide sulfurique ; on concentre la liqueur et on y ajoute un excès de chaux ou de potasse caustique, puis on distille. Le résidu contient la base nouvelle mélangée avec de la conicine et de l’ammoniaque.

Pour l’obtenir pure, on neutralise le produit de la distillation par de l’acide ; sulfurique étendu, puis la solution est évaporée en consistance sirupeuse; on traite le résidu par l’alcool absolu, qui sépare le sulfate d ammoniaque formé, on filtre, et l’alcool est chassé par l’évaporation ; il .reste un extrait auquel on , ajoute par petites portions un excès de potasse caustique, lorsqu’il est bien I refroidi, et qui est ensuite traité à plusieurs reprises par de l’éther. La soluj tion éthérée étant filtrée, on distille l’éther, et il reste un résidu qu’on soumet à la distillation fractionnée dans un courant de gaz hydrogène ; il

passé d’abord un mélange d^ther eFde cônicine, puis de la conicine pure et enfin, vers la fin dé l’opération, le col et la voûte de la cornue se couvrent de paillettes incolores irisées : c’est la conhydrine. On détache cette croûte cristalline et, après l’avoir fortement refroidie, on la soumet à la presse, puis on achève de purifier les cristaux en les faisant cristalliser à plusieurs reprises dans l’éther.

CONICINE

La .conicine, qui porte aussi les noms de cicutine, conine, confine, est un alcaloïde végétal non oxygéné. Il a été découvert en 1826, par Brandes et Giesecke, dans la grande ciguë [Conium maculatum, Cicuta major, ombelli-' fères). Depuis lors, cette plante a été l’objet de nombreux travaux. Parmi les savants qui s’en sont spécialement occupés, nous devons citer : Ôchader, Geiger, Ortigosa, Planta, Kekulé, Wertheim, Schorm, etc. La conicine est | répandue à l’état de sel dans toutes les parties de la plante, mais elle existe ; surtout dans les fruits qui n’ont pas atteint leur maturité complète. ' |

La conicine n’est pas la seule base contenue dans la ciguë ; elle est toujours I accompagnée de deux autres alcaloïdes : la conhydrine, dont nous avons déjà ; parlé, et la méthylconicine, qui a été découverte par Planta et Kekulé dans ! différents échantillons de conicine du commerce. C’est une base non oxygénée, | liquide et vdatile, d’une densité plus faible que celle de l’eau, peu soluble dans j ce liquide, mais cependant en suffisante quantité pour lui commun'iquer une ! forte réaction alcaline.

Propriétés chimiques et physiques. — La conicine est liquide. Lorsqu’elle ' est pure, elle est incolore et reste incolore à la lumière ; elle s’altère rapidement au contact de l’air ; elle se colore en brun en passant par les nuances ! les plus belles et les plus variées et finit par se résinifier. On peut la distiller ■ sans altération à l’abri de l’air, mais si on la soumet à cette opération en ■ présence de l’air, elle s’altère en partie et donne de l’ammoniaque et une ! matière résineuse. D’après Wertheim, la conicine préparée avec des semences j fraîches de ciguë, et rectifiée à 140“ à plusieurs reprises dans un courant | d’hydrogène, est parfaitement limpide et incolore; elle peut se conserver pen- ‘ dant des mois sans altération, et peut même être distillée au contact de l’air j sans qu’elle soit sensiblement altérée. i

Les auteurs ne sont pas d’accord sur son point d’ébullition. Ce point serait ; | suivant- Ortigosa, à 210“; suivant Geiger, à 150“, et d’après Wertheim, à j 168", à la pression normale, et à 163“5 sous une pression de 739 millimètres. Ces différences proviennent de ce que la conicine est toujours plus ou ; moins mélangée de méthylconicine. L’action prolongée d’une température ! de 200“ polymérise la conicine. ' |

Selon Schiff, les densités de la conicine à 0",15" et OO'’ sont respectivement 0.886, 0.873, 0.811. I

Elle dissout à froid le quart de son poids d’eau et l’abandonne à chaud. | Elle se dissout elle-même dans 90 parties d’eau. Elle se dissout dans l’alcool, j dans l’éther, dans les essences et dans les huiles grasses. Un mélange de 1 partie de conicine et de 4 parties d’alcool n’est pas précipité dans ; l’eau. ^

Elle émet des vapeurs à l’air, à la température ordinaire, et produit des vapeurs blanches, comme l’ammoniaque, lorsqu’on approche une baguette imprégnée d’acide chlorhydrique.

Elle a une odeur forte, extrêmement pénétrante et désagréable, qui rap- 1 pelle à la fois celle du tabac, de la ciguë et de la souris. Sa saveur est chaude, i très âcre et corrosive. '

Elle possède le pouvoir rotatoire et est fortement dextrogyre, mais ce pou- 1 ; voir rotatoire ne peut être défini exactement, car il varie, pour la base pure, j avec le temps écoulé depuis sa distillation, et pour les solutions, avec la ! ' nature et la concentration du dissolvant. ! ,

La conicine possède une réaction fortement alcaline et ramène au bleu le 1 i papier de tournesol rougi par un acide; elle précipite un grand nombre | |

- 3 m^rm“éE[n^dëTeurs combinaisons salines; elle paraît même expulser • l’ammoniaque ajoutée à une solution d’azotate d’argent; elle forme un preci- I üité qui se redissout dans un excès de conicine ; elle forme, avec une solution : àe sulfate de cuivre, unprécipité peu soluble dans l’eau et soluble dans alcool et l’éther. Schorm, en faisant le mélange d’une solution de sulfate d alumine ; ou de chlorure de zinc avec une solution aqueuse de conicine, a obtenu au 1 bout d’un certain temps des cristaux parfaitement définis, constituant des •

I sels doubles. ,, i

I En présence du chlore, la conicine répand dlabondantes vapeurs blanches

qui possèdent l’odeur du citron. Le produit de cette action fournit, apiès refroidissement, un corps cristallisé blanc très volatil, fort soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther.

Blyth, en mettant en contact la conicine brute avec un excès de brome et , plaçant le mélange dans le vide sur de l’acide sulfurique, a obtenu une ; matière entièrement brune. Reprise par l’eau, cette matière donne une solution qui, décolorée par le charbon, puis filtrée, laisse déposer par févaporation des cristaux incolores, fondant à 100® environ, solubles dans 1 alcool et moins solubles dans l’éther. Blyth n’a pas déterminé la composition exacte de ce corps.

Wertheim, en dirigeant à travers de- la conicine pure un courant de gaz hypoazotique bien sec, a constaté que ce gaz était absorbé en grandes quantités. Lorsque la réaction est terminée, on chauffe le produit entre 30 et 40° et l’on fait passer un courant d’acide carbonique qui entraîne l’excès d’acide hypoazotique. Le produit de la réaction est ensuite traité successivement par une solution étendue de carbonate desoude, par de l’acide chlorhydrique faible et enfin par de l’eau distillée; on obtient ainsi une huile jaune plus légère que feau, insoluble dans ce liquide, possédant une odeur aromatique et une saveur brûlante et n’ayant aucune action sur les couleurs végétales. Wertheim lui a donné le nom à’azochonhydrine. Cette substance est soluble dans les acides ; sulfurique, azotique concentré, acétique et formique monohydratés. L’eau la précipite de ces dissolutions ; les alcalis sont sans action sur elle, même à chaud. Lorsqu’on chauffe entre 80 et 90“ de l’azochonhydrine en présence d’un excès d’acide phosphorique anhydre, il se produit une vive réaction qu’on peut modérer en ajoutant au mélange du verre pilé ; il se dégage de l’azote et il se produit en même temps une huile jaunâtre d’une odeur pénétrante et désagréable : c’est le conylène.

Planta et Kekule ont étudié l’action de l’iodure d’éthyle sur la conicine. En chauffant au bain-marie et en vase clos un mélange d’iodure d’éthyle et de différentes variétés de conieines du commerce, ils ont obtenu presque constamment deux produits, dont fun, liquide, était de l’iodure d’éthylconicine et dont l’autre, cristallisé, était l’iodure de méthyléthylconicine.

Hoffmann est parvenu à transformer la conicine en une nouvelle base à laquelle il a donné le nom de congrine. Il est arrivé à ce résultat en distillant le chlorhydrate de conicine avec du zinc en poussière. Le liquide distillé renferme une quantité notable (25 à 30 p. c.) de cette substance, qui, à l’état pur, est un liquide incolore d’une fluorescence bleuâtre, surtout â la lumière solaire. Son odeur est particulière et rappelle celle de la pyridine ou de la picoline, mais elle est moins pénétrante.

Sels de conicine. — La conicine s’unit aux acides pour former des sels neutres lorsqu’ils sont purs, difficilement cristallisables, possédant une légère odeur de conicine lorsqu’ils so.nt humides et sans odeur à l’état sec ; solubles dans l’eau et falcool, ils sont insolubles dans l’éther et solubles dans un mélange d’éther et d’alcool.

Le bromhydrate est cristallisable en prismes rhomboïdaux, inodores, d’une saveur faiblement amère, solubles dans l’eau, l’alcool, peu solubles dans féther, le chloroforme. ^

Chauffés, ils dégagent l’odeur de la conicine, fondent vers 100“, et se volatilisent au-dessus.

Ils contiennent, en équivalents, 39 d’acidebromhydrique et 61 de conicine, sans eau de cristallisation.

Voici comment M. Mourrut prépare ce sel :

Il fait passer dans la masse de l’alcaloïde un courant de gaz bromhydrique obtenu par la décomposition du bromure de phosphore en présence de l’eau. Si la conicine est pure, on obtient de suite des cristaux incolores qui, repris par l’eau, donnent un produit irréprochable. Si on a opéré sur la conicine du commerce, on remarque, lorsque l’alcaloïde est saturé par l’acide, que la masse cristalline est souillée d’un liquide oléagineux brun noirâtre. Par le repos, ce liquide se rassemble au fond du ballon, et on peut le • recueillir en partie. Les cristaux, traités par la benzine bien rectifiée, abandonnent les matières colorantes qui les souillaient et donnent, par cristallisation, un produit chimiquement pur ; il reste dans les eaux mères du bromure d’ammonium. Ce corps oléagineux se comporte exactement comme l’éthylconine décrite par G. Brown et Fraser. Il est très probable que I c’est l’éthylconine elle-même.

Le chlorhydrate de conicine cristallise dans le système du prisme rliom- i boïdal droit. Bien qu’il soit excessivement soluble dans l’eau et dans l’alcool, 1 il n’est pas déliquescent. Pour l’obtenir, on dirige du gaz chlorhydrique au I travers d’une solution de conicine dans l’éther sec ; il se sépare immédiate- | ment sous la forme d’une poudre cristalline.

Le chloromercurate se présente sous la forme d’un précipité jaune citron, insoluble dans l’eau et l’éther et peu soluble dans l’alcool.

Le chloroplatinate cristallise en prismes quadrangulaires ; il est peu soluble à froid dans l’eau, l’alcool et l’éther, mais très soluble dans l’alcool bouillant; chauffé au-dessus de i 00”, il dégage de la conicine.

Viodhydrate est anhydre; il ne s’obtient cristallisé qu’avec de l’acide iodliydrique très pur et parfaitement privé de fer. Ce sel cristallise par évaporation lente en grandes aiguilles aplaties, inaltérables à l’air et à la lumièreÿ

il constitue des prismes rhomboïdaux obliques; chauffé lentement dans le j vide, il se sublime à la manière du sel ammoniac. j

L’oxalate neutre- forme des cristaux indéterminés, groupés eii mamelons et privés d’eau de cristallisation. • ;

Le tartrate acide forme des prismes rhomboïdaux droits volumineux et | très remarquables; il s’obtient en unissant des quantités calculées de base | et d’acide.

L'acétate, l’azotate et le sidfate paraissent à peu près incristallisables. L’azotate est très déliquescent; le sulfate, lorsqu’on le concentre, brunit et dégage l’odeur de l’acide butyrique. |

Schorm a obtenu encore un borate, un carbonate et un picrate de 1 conicine. '

Extraction. — Il existe plusieurs procédés pour l’extraction de la conicine.

. Les plus connus sont ceux de Geiger et Schorm.

Procédé de Geiger. - — Les semences écrasées sont délayées dans de l’eau : contenant en dissolution un excès de potasse caustique, puis on distille tant que les vapeurs aqueuses possèdent une réaction’alcaline. Le produit de la distillation renfei’me de la conicine, de l’eau avec une huile volatile et une assez grande quantité d’ammoniaque. On sature par l’acide sulfurique dilué, l’huile non alcaline est enlevée par décantation et la solution aqueuse est évaporée au bain-marie en consistance ' de sirop épais. Ce résidu est ensuite agité avec un mélange de deux parties d’alcool pour une partie d’éther. Le sulfate d’ammoniaque reste indissous et la liqueur renferme le sulfate de conicine. On filtre, puis on évapore au bain-marie pour chasser l’éther et l’alcool, on ajoute un peu d’eau au résidu et on chauffe encore pour achever de ; chasser l’alcool. On mélange alors le résidu sirupeux avec la moitié de son volume d’une solution concentrée de potasse caustique, puis on distille vivement à l’aide d’un bain d’huile ou d’un bain de chlorure de calcium. Le produit de la distillation est déshydraté au moyen de fragments de potasse

caustique récemment fondue, puis rectifiée dans le vide ou dans un courant , d’hydrogène. On peut remplacer les trois quarts de potasse caustique par ; le même poids de chaux vive pulvérisée. ;

Ce procédé- donne environ 30 grammes de conicine pour 3 kilogram- | mes de fruits récents ; 13 grammes seulement avec des semences desséchées, j Lorsqu’on emploie les feuilles fraîches, on obtient à peine 4 grammes dalca- j loïdes pour 50 kilogrammes de la plante. ,

Procédé de J. Scliorm. — On arrose les semences de ciguë avec de l’eau ' , chaude et après gonflement on les traite par un peu de carbonate de soude.

Les alcalis caustiques ne doivent pas être employés. On fait usage de 4 kilogrammes de carbonate de soude pour 100 kilogrammes de semences et, après :

1 avoir rendu le mélange homogène par une agitation prolongée, on distille ! au moyen d’un courant de vapeur à la pression de trois atmosphères environ. '

! On recueille tant que la liqueur distillée est alcaline. Dans le produit obtenu, j la conicine se sépare, huileuse quand on a employé des semences mûres, :

I plus fluide lorsqu’elle provient de fruits d’une maturité moins avancée. On ; i neutralise par l’acide, chlorhydrique ; on évapore en consistance de sirop. ; ' On agite le résidu avec un volume double d’alcool fort et on sépare le sel i ammoniac précipité, on enlève l’alcool au bain-marie, on ajoute une quantité i équivalente de lessive de soude et on agite le mélange avec de l’éther qui dissout la conicine impure. Sous l’influence d’un refroidissement énergique, la liqueur éthérée abandonne de longues aiguilles de conhydrine. Ce dernier composé passe à la distillation avec l’éther et peut être ainsi recueilli, tandis que la conicine reste.

Un autre mode de préparation consiste à épuiser les semences par l’eau aiguisée d’acide acétique et à évaporer l’extrait dans le vide jusqu’en consistance de sirop, on ajoute au produit de la magnésie et on agite le tout avec de l’éther; on obtient ainsi un peu moins d’alcaloïde, mais celui-ci est plus pur et donne plus facilement des sels cristallisés.

Dans les deux méthodes ci-dessus, l’alcali qui est resté après distillation de l’éther est desséché par le carbonate de potasse et distillé au bain d air, 10 parties p. c.' passent entre 110 et 168% 60 p. c. entre 168 et 169», i c’est la conicine pure, et 20 p. c. entre 169 et 180«.

Recherche du polm,.-faction.- On suit la méthode de Stass, en ayant soin d'éviter ou d'ahréger autant que possible le contact des substances avec l'air, car l'oaygène altère la conicine. Dans le jugement qui eut lieu en 1861 à Dessau, contre Jatin, qui avait empoisonné sa maîtresse avec de la conicine, les experts, Keissner et Voley, suivirent le procédé suivant : Ils I ajoutèrent do la magnésie calcinée jusqu'à produire une reac ion alcaline 120 orarames du contenu stomacal et intestinal, lequel sélevait en tout a 1800 grammes. Ils versèrent ensuite de t'eau dans le mélange et le soumirent I à la distillation dans une cornue adaptée à un réfrigérant de Liebig.

L'opération ne fut interrompue que lorsque le contenu de la cornue ut devenu épais. Le produit alcalin de la distillation fut neutralise avec 1 acide oxalique pur et fut évaporé à sec au bain-marie. Le résidu fut traité par l'aleool absolu, qui laissa de l'oxalate d'ammoniaque indissous. La liqueur alcoolique filtrée, ayant été évaporée, donna un résidu qui, sous l’iniluence d'une lessive de soude, laissa dégager l'odeur de souris propre à la conicine. Cette base fut enlevée par l’agitation avec l’éther et resta, après évaporation, SOUS l’aspect de gouttelettes et de stries oléagineuses.

Ils firent les essais suivants,pour la caractériser ;

Une très faible quantité fut placée sur lè porte-objet du microscope avec une goutte d’une solution claire d’albumine. Le mélange prit un aspect opaUn blanchâtre, et le microscope fit voir des stries formées de petits points en tout semblables à celles que produisent d’autres substances coagulant l’albumine Une baguette de verre, trempée dans de l’acide chlorhydrique, ayant été approchée du liquide d’épreuve, on observa des fumées blanches, lour es e

Une partie du même liquide d’épreuve, privé d’éther, fut additionnée d’eau ; en quantité suffisante pour que la solution ne présentât qu’un trouble très faible. On chauffa ensuite au voisinage du point d’ébullition, et la liqueur se ' troubla tellement qu’elle prit un aspect laiteux; elle devint claire par le . refroidissement.

L’addition de l’eau de chlore rendit complètement laiteuse une autre partie du même liquide.

En examinant au microscope le sulfate obtenu en traitant par la méthode de Stass une autre partie du contenu de l’estomac et de l’intestin, les mêmes experts observèrent des tables à contours nets, irrégulièrement hexagonales, parmi lesquelles se trouvaient disséminés des prismes excessivement déliés, paraissant être quadratiques.

Un essai comparatif fait par Lehmann avec du sulfate de conicine qui avait exigé cinq à dix jours pour cristalliser établit que les cristaux obtenus par Reissner et Voley pouvaient être pris avec probabilité pour du sulfate de conicine.

Enfin, les experts trouvèrent une preuve concluante dans l’odeur tout à fait caractéristique de la conicine que développait le liquide.

COPÏINE.

Salisbury a constaté l’existence de cet alcaloïde dans la racine de Coptis trifolia; il accompagne la berbérine. E. Z. Gross lui a donné le nom de coptine. C’est un corps incolore, donnant, avec, l’iodo-mercurate de potassium, un précipité cristallisé. Il se dissout dans l’acide sulfurique sans coloration à froid ; à chaud, la solution devient pourpre. Il a été fort peu étudié.

' CO RYDALINE

La racine de corydale (Conjdalis biilbosa et fabacea) ainsi que la racine d’aristoloche [Aristolochia cava) contiennent un alcaloïde qui a été découvert | par Wackenroder et nommé corydaline; il a été particulièrement étudié par ; Dœbereiner, Muller et Wicke.

Propriétés chimiques et physiques. — La corydaline cristallise en prismes |

; courts ou en aiguilles incolores, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, l’alcool amylique, le sulfure de carbone, la benzine et i la térébenthine. Elle fond à 130“ en une masse brun rouge. Sa saveur est | amère ; elle possède iine réaction alcaline. L’acide nitrique la transforme en une résine brun rouge; l’acide sulfurique la dissout en se colorant en jaùne rouge.

L’iodüre d’éthyle se fixe à 100“ sur la corydaline et donne un iodure d’ammoniaque quaternaire en cristaux jaunes, peu solubles.

La corydaline se combine aux acides et forme avec eux des sels bien définis. , Leur solution est précipitée par les alcalis ou carbonates alcalins. Un excès d’alcali dissout le précipité ; le sulfocyanate potassique, le chlorure mercurique, l’iodo-mercurate de potassium, l’iode, les picrates, le métatungstate et le phosphotungstate de sodium, le dichromate de potassium, les chlorures d’or et de platine, etc., donnent des précipités dans la solution des sels de corydaline.

U acétate est sous forme de cristaux très solubles.

he chlorhydrate VGwèi l’aspect d’aiguilles groupées en faisceaux, perdant leur eau sur l’acide sulfurique ; très solubles dans l’eau et dans l’alcool. Il est anhydre, cristallise à chaud dans l’acide chlorhydrique étendu.

Le chloroplatinate se précipite en flocons cristallins jaunes. ;

Le sulfate est constitué par des prismes minces peu solubles.

Extraction. — Deux procédés sont employés pour l’extraction de la corydaline.

Dans le premier, on épuise les racines par l’eau aiguisée d’acide chlorhy-1 drique, on précipite le liquide par le carbonate sodîque et l’on épuise le | précipité par l’alcool. j

second est dû à Wicke. Les racines concassées sont épuisées à plusieurs reprises à 50° par 6 parties d’eau acidulée par l’acide sulfurique, les liqueurs réunies sont précipitées par le sous-acétate de plomb, filtrées, débarrassées du plomb par l’acide sulfurique et précipitées enfin par le métatungstate ou le ' phospbotungstate de sodium; il faut veiller à ce que,b liquide demeure fortement acide. Le précipité blanc jaunâtre étant recueilli et exprimé, on le mélange encore humide avec de la craie, on le dessèche au bain-marie pour l’épuiser par l’alcool bouillant ; après avoir chassé l’alcool par la distillation, on obtient des cristaux de corydaline qu’on lave à l’alcool éthéré froid et dont on achève la purification par cristallisation dans le même véhicule bouillant.

CROSSOPTÉRINE.

Cet alcaloïde a été découvert par 0. Hesse. Il existe en très petites quantités (0.018 p. c.) dans l’écorce de Crossopterix Kotschyana ou febrifuga rubiacée, assez répandue au Soudan et réputée comme fébrifuge. L’extrait aqueux de cette écorce présente une fluorescence bleue, mais ne renferme pas de quinine.

Propriétés. — La crossoptérine est une substance blanche, amorphe, soluble dans l’alcool et l’éther, insoluble dans l’eau et la soude, soluble dans l’ammoniaque. Sa réaction est alcaline, elle forme des sels avec les acides; le chloroplatinate et le cbloraurate sont jaunâtres et amorphes.

CRYPTOPINE.

La cryptopine a été découverte en Angleterre, dans le laboratoire des frères Smith, par J. Smiles, qui l’a dénommée ainsi dans l’intention, sans doute, i i de rappeler qu’elle s’est longtenips dérobée aux recherches des investiga- ; j leurs; elle est peu abondante dans l’opium. L’auteur n’a pu retirer que I 150 grammes de ce corps sur quatre à cinq tonnes d’opium, i Propriétés chimiques et physiques. — La cryptopine pure est incolore,

! cristallisée en prismes à six pans, sans odeur, d’une saveur amère suivie d’une

I sensation de froid qui possède quelque chose de la menthe poivrée; elle est

i très soluble dans le chloroforme et l’alcool ; elle est sensiblement soluble ^ i dans l’eau, et, suivait la quantité d’eau qui la dissout, elle cristallise ou donne

; ' une gelée un peu moins transparente que la gélatine ; elle est insoluble dans

: l’essence de térébenthine et la benzine. Soumise à l’action de la chaleur, elle

i fond vers 215°; chauffée plus fortement, elle donne des produits ammonia-

; eaux et brûle sans laisser de résidu.

I Elle constitue un alcali aussi fort que la morphine, la codéine, la théi baïne. Elle possède divers caractères qui la distinguent des autres substances ; basiques contenues dans l’opium. Sa solubilité la distingue de la morphine, son insolubilité dans l’éther l’en rapproché et l’éloigne de la codéine et de la théi baïne. L’acide sulfurique la colore en bleu très intense, il rougit la thébaïne.

! La tendance des sels de cryptopine à former des gelées est aussi bien parti-

' culière. La papaverine bleuit par l’acide sulfurique; la couleur devient

orange par l’addition d’une petite quantité de sel de nitre, puis enfin, jaune. La cryptopine, dans la même circonstance, devient verte, puis jaune, et en ajoutant une très petite quantité de l’alcaloïde, le vert reparaît aussi intense que le vert produit par l’acide sulfurique et la méconine.

' Une solution de cryptopine dans l’acide azotique concentré se colore peu à ' peu en jaune, et il se forme une nouvelle base, la nitro-cryptopine, qui cris- : tallise dans l’alcool bouillant, en tables ou en prismes, d’un jaune pâle,'et 1 donne avec les acides des sels généralement cristallins.

La cryptopine se combine avec les acides pour former des sels bien définis.

I Vazotate cristallise en petits prismes.

! Vacétate est formé de cristaux en prismes déliés très solubles.

Le chlorhydrate est moins soluble dans l’eau que le sel correspondant de | morphine, mais il est plus soluble dans l’alcool. |

Le chloroplaiinate cristallise en fines aiguilles solubles dans l’eau bouillante.

Le chloromercurate se présente sous forme de mamelons formés de petits prismes solubles dans l’eau bouillante.

Le chromate, l’iodhydrate, l’oxalate, le picrate, le tartrate, peuvent facilement être obtenus. *

Extraction. — On neutralise exactement les eaux mères alcooliques provenant de la préparation de la morphine par l’acide sulfurique, et on distille pour chasser l’alcool. La cornue est lavée à l’eau chaude, et les eaux de lavage sont réunies au résidu de l’opération; on filtre, on précipite par du lait de chaux; on recueille le dépôt compact et coloré qui s’est formé, on le lave et on le traite par l’alcool bouillant. La liqueur, filtrée et distillée de nouveau, laisse dans la cornue une masse solide colorée, formée par un mélange de thébaïne et de crÿptopine. On transforme ces deux substances en | chlorhydrate; on précipite par l’ammoniaque, et le précipité lavé, soumis à i la presse, séché et pulvérisé, est traité par l’éther ou l’alcool, qui enlève ' toute la thébaïne. |

Le résidu du traitement par l’éther, traité de nouveau par l’acide chlorhydrique et purifié à l’aide du charhon animal et de cristallisations dans ; 'l’alcool, donne la crÿptopine pure. !

Il est facile de reconnaître si la crÿptopine retient de la thébaïne ; celle-ci | donne, avec facide sulfurique pur et concentré, une couleur bleue intense, j tandis que le mélange de ces deux corps se colore en violet, en pourpre, etc., i selon la quantité de thébaïne. , '

CURARINE. !

La curarine est le principe actif du curare.

De tout temps, le curare a été caractérisé par la plus remarquable de ses . propriétés, celle d’être un poison violent quand on fintroduit dans une plaie, , tandis qu’il est innocent quand on l’ingère dans le canal intestinal.

Il a été désigné sous les noms variés de Woorara, Woorari, Wourari, Wurali, Urari, Ourary. Il est connu depuis la découverte de la Guyanne par ■ Walter Raleigh, en 1575. Pendant longtemps, sa composition a été inconnue. | De nombreux explorateurs et savants l’ont considéré comme un mélange de divers extraits de substances toxiques végétales et animales. On admet géné-, râlement aujourd’hui qu’il est formé des extraits de diverses plantes strych-:

; nées, et particulièrement des Stnjchnos toxifera, Castelnœ et triplinerva.\ C’est une matière d’apparence résineuse, d’un brun noirâtre, ressemblant assez, i pour l’aspect, à de l’extrait de jus de réglisse. On la rencontre dans le com-: merce, soit dans de petits pois d’argile, soit dans des calebasses. Réduit en poudre, il est brun. Sa saveur est amère. C’est un poison très violent; lesi Indiens de l’Amérique du Sud s’en servent pour empoisonner leurs flèches. • Propriétés chimiques et physiques de la curarine. — La curarine se pré-; sente sous la forme d’une masse solide non cristallisée, transparente, en;

: couches minces d’une couleur jaune pâle. Elle est déliquescente, très soluble dans beau et l’alcool, insoluble dans l’éther et l’essence de térébenthine. Sai dissolution possède une saveur excessivement amère ; elle rougit le papier de, curcuma et ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les acides. La | solution aqueuse neutralise les acides ; les sels qu’elle forme avec les acides i sulfurique, chlorhydrique et acétique sont tous très solubles, et il'est impos- 1 sible de les obtenir cristallisés. Lorsqu’on soumet la curarine à faction de la chaleur, elle se carbonise en répandant d’épaisses vapeurs qui, quand on les respire, font éprouver une sensation d’amertume fort désagréable ; il reste i . après sa combustion un résidu à peine appréciable, qui n’est nullement : alcalin. |

' L’acide azotique concentré la colore en rouge de sang. i

L’acide sulfuriqiie concentré lui communique une belle coloration car-

Extraction. — Plusieurs procédés sont mis en usage.

Procédé Boussincjault et Roulin — On fait bouillir le curare pulvérisé avec de l’alcool, on ajoute ensuite un peu d’eau et on distille l’alcool ; le résidu aqueux, décanté et décoloré par du noir animal, est ensuite précipité par la i noix de galle; le précipité, lavé et porté à l’ébullition avec un peu d’eau, est additionné d’acide oxalique jusqu’à dissolution ; enfin, le tanin est enlevé au précipité par un traitement à la magnésie ; le curare restant en solution est i ensuite évaporé à sec, repris par l’alcool, et la solution alcoolique, à son tour, est évaporée à sec et séchée dans le vide.

i Procédé Pelletier et Petroz. — L’extrait alcoolique, privé de matières ' grasses par un traitement à l’éther, est redissous dans leau; la solution I aqueuse est ensuite traitée par le sous-acétate de plomb, et la liqueur filtrée et |

I privée de plomb par fhydrogène sulfuré, décolorée, débarrassée d’acide acé- •

tique par une ébullition avec de l’acide sulfurique étendu d’alcool, débar- ,

! rassée d’acide sulfurique par l’hydrate de baryte, puis de l’excès de ce 1

: dernier par un courant d’acide carbonique, et enfin évaporée à sec. j

i Procédé Pmjer. — On traite le curare par l’alcool bouillant. On distille ;

1 pour recueillir l’alcool. Le résidu est repris par leau; la liqueur filtrée est ' précipitée par du bichlorure de mercure. Le précipité, étant décomposé par : l’hydrogène sulfuré, fournil le chlorhydrate de curarine, qu’on peut faire cris- ■ ' lalliser.

; Procédé Salomon. — La solution aqueuse de curare, agitée avec l’éther " d’alcool amylique, le pétrole et le chloroforme pour enlever les différents ; alcaloïdes, est épuisée par le phénol, qui dissout la curarine. Le phénol est 'évaporé dans une capsule, et le résidu amorphe dissous dans l’alcool absolu.

On filtre et on fait évaporer.

j Recherche du poison. — Comme pour la plupart des alcaloïdes, il serait bon, dans un cas d’empoisonnement par le curare, de recueillir le sang, le . foie, les reins et les urines ; il serait prudent de conserver aussi une partie du ^ tissu musculaire. Les organes, ainsi que les urines préalablement évaporées au bain-marie, seraient traités directement par la méthode de Stass. Si le poison avait pénétré en grandes parties dans le torrent de la circulation, il serait avantageux de soumettre le sang à la dialyse, et on pourrait dans le liquide obtenir les réactions de la curarine. Dans tous les cas, il faut isoler le poison et le caractériser par les réactions qui lui sont propres, et aussi par l’expérimentation sur les animaux.

, Réactions. — Au point de vue médico-légal, il importe de faire connaître I parfaitement les caractères qui distinguent la curarine. A. Fluckiger donne I à ce sujet les détails les plus précis ; Quand on soumet la curarine à l’action j des agents oxydants et de facide sulfurique, elle donne, comme la strychnine, une belle coloration-violette. Si fon ajoute à une solution de curarine : une solution saturée de bichromate de potasse, il se précipite une combinaison 1 amorphe de chromale de curarine incristallisable, tandis que celui de strychnine cristallise facilement.

Le chromate de curarine desséché à l’air, mis dans de l’acide sulfurique concentré, y développe une belle coloration d’un bleu intense, tandis que la strychnine donne une coloration violette. Il faut employer le bichromate de potasse pour la recherche de la curarine ; le chromate neutre sufiit pour caractériser la strychnine. Le chromate de curarine est bien plus soluble dans l’eau que le chromate de strychnine, aussi est-il très important d’opérer la précipitation de la curarine d’une solution très concentrée. Oh y parvient au moyen de l’alcool ou de la glycérine. Le chromate de la strychnine, bien que n’ayant jamais subi l’influence des rayons solaires directs, ne peut être conservé longtemps dans son état de pureté ; peu à peu, il prend une couleur foncée et ne donne plus dans l’acide sulfurique concentré qu’une coloration brune.

La coloration bleue, résultant de l’action de l’acide sulfurique sur le cbromate de curarine, est moins stable que la coloration violette produite par l’extrait de curare. L’acide chromique ne peut pas être substitué au mélange

d acide sulfurique et de bichromate de potasse dans cette dernière réaction. ;

La curarine peut être précipitée de ses solutions concentrées dans la glycé-j rine par l’iodure double de potassium et de mercure, comme aussi par le' cyanure de potassium et de platine. Ces précipités sont amorphes, leurs'

, solutions alcooliques ne cristallisent pas comme le font les combinaisons cor- i respondantes de la strychnine. j

CUSCAMINE. I

La découverte de la cuscamine appartient à Hesse. Cette substance a été ! retirée par lui d’une écorce de quinquina ressemblant à celle du cusco et ^ provenant probablement du Cincliona Pelletierana. Elle est cristallisée et i accompagne un alcaloïde amorphe, la cuscamidine. ■

La cuscamine cristallise dans l’alcool en prismes aplatis, très solubles dans l’éther et le chloroforme. Exposée à la chaleur, elle fond à 218". Elle se combine avec les acides pour former des sels qui sont privés de fluorescence.

Ils ont une saveur astringente, un peu amère. Le chlorure ferrique ne les ; colore pas. L’ammoniaque ou la soude produisent dans leur solution un préci- i : pité floconneux. ,

Le chlorhydrate est en gelée très soluble. '

Le chloroplatinate et le chloraurate sont jaunes et amorphes. ;

Le hi'omhydrate cristallise en lames incolores. j

Le nitrate forme des aiguilles déliées presque insolubles dans l’eau. ! Voxalate neutre se présente sous forme de fines aiguilles peu solubles ! dans 1 eau froide ; l’oxalate acide est en prismes groupés en étoiles.

Extraction. La cuscamine reste dans les eaux mères de l’aricine. Pour i i l’obtenir, on précipite par addition d’une petite quantité d’acide azotique. Le i I nitrate de la base est transformé en oxalate peu soluble. On décompose celui-ci ’ ^ et on purifie l’alcaloïde, i :

CUSCONIDINE. j i

Ce nom a été donné par Hesse à une base incristallisable qui accompagne I ' I aricine et la cusconine dans l’écorce du quinquina de Cusco. Elle se trouve I ' dans les eaux mères du sulfate de cusconine et peut en être précipitée par' i l’ammoniaque sous forme de flocons jaune pâle. Ses sels sont incristalli- ' sables. j :

CUSCONINE C^H^A^^O^-f 2ffO. ' '

La cusconine est isomérique avec l’aricine et l’accompagne dans une écorce i '

de quinquina faux calissaya importée de Cusco. ! '

Cette substance se présente sous forme de lamelles blanches, peu bril- 1 ‘

lantes, groupées généralement en rosaces. L’alcool la laisse déposer souvent ! en prismes courts. Soluble dans l’éther, elle est plus soluble dans l’alcool et ’ très soluble dans le chloroforme. L’eau et les alcalis n’en dissolvent que des traces. Soumise à l’action de la chaleur, elle commence par perdre l’eau de cristallisation, fond à HO" et se solidifie en une masse amorphe. Vers 130» elle brunit en se décomposant lentement.

Laction des réactifs sur la cusconine est caractéristique. L’acide nitrique! concentré la colore en vert foncé et la dissout ensuite en prenant une teinte i : jaune verdâtre. L’acide sulfurique concentré la dissout et prend une couleur jaune verdâtre, qui passe au brun par la chaleur. Si l’acide sulfurique ren- ! ferme en solution du molybdate d’ammoniaque, la cusconine produit à unej

douce chaleur uue belle liqueur bleu foncé qui vire au vert olive à une tem- : pérature plus élevée et reprend la couleur bleue primitive en se refroidissant.

Avec les autres réactifs, la cusconine se comporte comme l’aricine, présentant cependant cette différence que les précipités qu’elle produit sont un peu plus solubles. Elle se combine aux acides, mais comme elle a une réaction alcaline très faible, elle ne parvient pas à les neutraliser complètement.

! Ses sels sont peu solubles dans l’eau et donnent des solutions fluorescentes ;

: ils sont en général incrislallisables et susceptibles de former des gelées. La I saveur en est âpre, puis faiblement amère.

I Le chlorhydrate se précipite à l’état de masse gélatineuse, lorsqu’on ajoute i de l’acide chlorhydrique à la solution de l’alcaloïde dans l’acide acétique.

Le chloroplatinate et le chloraurate constituent des précipités jaunes .

i amorphes et peu solubles. , ,1 ' j r ■

! Le bromhydrate forme un précipité gélatineux, assez soluble dans leau ' pure, beaucoup moins soluble en présence du bromure de potassium. |

' Viodhydrate est jaunâtre, parfois amorphe ou gélatineux, mais le plus 1

! souvent cristallisé. ■ t- •

! Le sulfate neutre est une masse gélatineuse, cornée après dessiccation, ; ! qui se précipite par addition de sulfate d’ammoniaque ou d’acide sulfurique à ; la solution d’acétate. L’alcool fort dissout ce sel et l’abandonne par évaporation . d’abord en masses lamelleuses, vers la fin sous forme de gelée, j Le sulfate acide est également gélatiniforme et ne se dissout pas dans un i excès d’acide. Par les propriétés de ces deux sulfates, la cusconine se distingue î nettement de tous les autres 'alcaloïdes des quinquinas. ;

1 Extraction. — On prépare un extrait alcoolique de l’écorce concassée, on i ' le sursature par du carbonate de soude et on l’épuise par l’éther, qui s’empare ■ des alcaloïdes.

La solution éthérée cède à l’acide acétique assez concentré la majeure : partie des alcaloïdes. Au bout de vingt-quatre heures de contact, le vase i est revêtu d’un faible dépôt cristallin d’acétate d’aricine. La solution acé- I tique saturée à chaud d’ammoniaque jusqu’à ce qu’elle colore le tournesol en i rou^e vineux, laisse déposer par le refroidissement une nouvelle quantité d’acétate d’aricine, mais le liquide devient tellement épais que, pour en effeci tuer la filtration, il faut au bout de vingt-quatre heures le chauffer modérei ment jusqu’à ce que la viscosité disparaisse. Le liquide filtré étant mele a I une solution saturée de sulfate d’ammoniaque, le sulfate de cusconine se pré- 1 cipite presque totalement, mais ce sel est si visqueux et si volumineux qu il j est impossible de le séparer par filtration. Le magma est placé sur des dou- I blés de toile, puis comprimé graduellement, i On précipite la base et on purifie.

CYTISINE

I La cylisine a été découverte par A. Iluseman en collaboration avec Marmi I dans les semences du Cytisus laburnum.

' C’est une substance qui cristallise facilement. Elle a une saveur amère, puis caustique; exposée à la chaleur, elle fond à 454“5 et se sublime en longues aiguilles- elle se dissout facilement dans l’eau et dans l’alcool étendu; elle esl presque insoluble dans l’éther, la benzine, le chloroforme, le sulfure de carbone; elle constitue l’un des alcalis végétaux les plus énergiques, elle déplace dès la température ordinaire l’ammoniaque de ses combinaisons salines Elle se combine aux acides et forme des sels simples ou doubles. VaMe forme des prismes renfermant quatre équivalents d’eau de cristal-

^'^Le chlorhydrate peut être obtenu cristallisé, il est très soluble dans l’eau.

Les autres sels à acides minéraux cristallisent difficilement ou ne cristallisent pas du tout.

On peut aussi préparer des sels.doubles d’or, de platine, de mercure-, i Les soldions de cylisine précipilent, même lorsqu'elles sont extrêmement 1 otendnes, l'iodure double de mercure et de polassium. L'iodure de potassmm lioduré donne avec elles un précipité rouge brun, dabord amo p .

I devient ensuite mslallin. L’eau bromée les précipite en jaune orange. L’eau ; chlorée est sans action sur elles.

j L acide sulfurique concentré ne colore pas la cytisine ; si l’on projette dans ! le mélange des fragments de Lichçomate de potasse, il se colore d’abord en

j jaune, puis en brun .sale et enfin en vert ; si c’est de l’acide nitrique que l’on

; ajoute, la masse devient jaune orange.

I La cytisine se rencontre dans la plupart des cytisus.

I ^ Le principe toxique est répandu dans toutes les parties du végétal : bois,

. ecorces, bourgeons, feuilles, gousses et graines, mais sa répartition est inégale; l’écorce particulièrement, celle de la racine, les fleurs et les graines sont les parties qui eu renferment le plus. Dans les feuilles et les gousses il y a des déplacements de la matière vénéneuse qui les abandonne peu à peu pour se concentrer dans la graine au fur et à mesure de sa formation et de sa maturation. Les feuilles du mois de mai en contiennent six fois plus que celles du mois de juillet et dix fois plus que celles du mois d’octobre. La , jeune gousse encore verte est extrêmement vénéneuse, tandis qu’à l’automne, alors qu’elle est noirâtre, racornie, elle ne renferme plus que des ^ traces de poison. La dessiccation n’atténue point faction toxique de ce végétal.

Extraction. — Pour l’obtenir, A. Iluseman et Marmi ont suivi le procédé suivant : On fait macérer pendant quarante-huit heures les semences concassées dans de l’eau aiguisée d’acide sulfurique; la liqueur filtrée, neu- tralisée par la chaux, précipitée par l’acétate de plomb et débarrassé par l’acide sulfhydrique de l’acétate de plomb en excès, est neutralisée de nouveau par le carbonate de soude et évaporée. Lorsqu’il ne reste plus qu’un petit volume de liqueur, on précipite par une solution de tanin, tout en ! maintenant le mélange alcalin plutôt qu’acide. Le précipité blanc flocon-

j neux obtenu ayant été lavé rapidement, est délayé dans de l’eau et le mélange '

I chauffé au bain-marie avec de la litharge jusqu’à ce qu’il ne se colore plL , par le percblorure de fer. Dans ces conditions, il est desséché, puis traité par I alcool. Ce dernier, filtré et évaporé, fournit un sirop qui, traité par l’acide azotique concentré et additionné de 6 à 8 volumes d’alcool, laisse séparer par le refroidissement d’abord des matières résineuses, puis de beaux cristaux d’azotate de cytisine que l’on purifie. Pour avoir l’alcali lui-même on mélange le nitrate desséché et pulvérisé avec une solution de potasse extrêmement concentrée et on chauffe jusqu’à ce que la cytisine se sépare sous ' 01 me d une matière huileuse. Après un lavage à l’eau, on l’expose à un cou- ^ ran de gaz carbonique destiné à transformer en carbonate la potasse libre quelle retient. Il suffît alors de dissoudre dans l’alcool absolu, d’évaporer la liqueur en consistance sirupeuse et de laisser refroidir pour voir l’alcaloïde se solidifier en une masse cristallisée.

DATÜRINE.

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et tait connaître ses caractères.

L H A^O . Elle parait isomère avec l’atropine, à laquelle elle ressemble j extrêmement; elle est blanche, elle cristallise très facilement ; elle se dépose i de sa so ution hydro-alcoolique sous forme de prismes bien nets, incolores, : ' rès brillants et groupés; elle est inodore, sa saveur est d’abord légèrement | ^ amère, puis elle devient très âcre, semblable à celle du tabac I ’

■Soumise avec précaution à l’action de la chaleur, elle se volatilise en partie 1 ^ sans altération, sons forme de nuages blancs. Elle se décompose en dégaoeant ' ' (les vapeurs ammoniacales lorsqu’on la chauffe en présence des alcalis'f.xes i hydratés. !

Elle est peu soluble dans l’eau; elle en exige 280 parties environ à la température ordinaire et 72 à la chaleur de l’ébullition. La solution se trouble par le refroidissement sans que la daturine cristallise. Par l’évaporation de la solution aqueuse, on n’obtient pas d’abord de cristaux, mais si on humecte avec de l’eau la masse non cristalline, ou bien qu’on abandonne la solution elle-même à l’évaporation spontanée, il se forme au bout de quelque temps , des cristaux de daturine. Cette substance se dissout aisément dans l’alcool, moins bien dans l’éther. Elle se combine avec les acides minéraux pour former des sels. Ces derniers sont en général inaltérables à l’air et aisément solubles ; ils donnent en partie de très beaux cristaux. Leur solution aqueuse se comporte avec les réactifs comme celle de la daturine pure. Les alcalis inorganiques en précipitent l’alcaloïde sous forme de flocons blancs, lorsque' la liqueur n’est pas trop étendue. D’après Pesci, la daturine soumise à l’action de l’acide nitrique donne, comme l’atropine, de l’apoatropine.

On trouve dans le commerce la daturine sous deux formes : la daturine lourde et la daturine légère. La daturine lourde est un mélange d’atropine et d’hyosciamine riche en, atropine; par une série de cristallisations fractionnées, on peut en séparer cette dernière base à l’état pur, mais il vaut mieux : transformer le mélange des alcaloïdes en chloraurates qu’on sépare facilement par cfistallisation. Le chloraurate d’hyosciamine est én tables brillantes fusibles à 154-160°, tandis que celui d’atropine qu’on trouve dans les eaux mères du précédent est sans éclat et fond à 135-139o. De ces sels, on peut par l’action de l’hydrogène sulfuré séparer à l’état pur les deux bases dont le mélange constitue la daturine: l’hyosciamine fusible à 108°.5 et l’atropine fondant à 113.5-114°.5.

La daturine légère est une poudre blanche faiblement cristalline, fusible à 90-95° et constituée presque exclusivement par de l’hyosciamine. On peut en séparer le peu d’atropine qu’elle contient en transformant le mélange en chloraurates comme ci-dessus. (A. Ladenburg.) On sait que Planta regardait l’atropine et la daturine comme chimiquement identiques, parce qu’il pensait que leurs compositions chimiques étaient les mêmes, aussi bien que leurs réactions et leurs propriétés physiologiques. Cette manière de voir, soutenue par Ladenburg, comme nous l’avons vu ci-dessus, était géneralemen acceptée malgré les travaux de Schroff, Lemaitre et Bouchardat, démontrant qu’il existait des différences importantes entre ces deux substances. Grâce aux ; recherches d’Erhardt et de Pôhl, il n’est plus possible de laisser subsister pareille erreur. En effet, l’atropine et la daturine cristallisent différemment. Leurs propriétés optiques ne sont pas les mêmes : la daturine dévie le p an; de polarisation à gauche, tandis que l’atropine n’agit pas sur lui. D autre ^ part leurs réactions ne sont pas identiques : les sels d’atropine sont précipités par le chlorure de platine, mais non ceux de daturine. L’inverse est obtenu avec l’acide picrique, qui précipite seulement les sels de daturine.

Les solutions aqueuses de daturine présentent une réaction alcaline très

— On connaît deux procédés d’extraction de la daturine.^ Le premier appartient à Geiger et Hesse. Le second, qui est du à Hartz, a été

publié il y a peu de temps. ' ^

Procédé de Geiger et Hesse. — Les semences réduites en poudre sont traitées à plusieurs reprises par l’alcool bouillant. On distille et on fait évaporer les liqueurs à une chaleur très douce; on les décolore en les traitant à plusieurs reprises par de la chaux et de l’acide sulfurique, et les filtrant. Lorsqu elles sont suffisamment rapprochées par l’évaporation, on y ajoute un excès de carbonate de soude pulvérisé, on met à la presse et on traite par 1 alcool absolu, on reprend en même temps les eaux mères par de lether on reuni les liqueurs alcooliques et éthérées, on y ajoute de nouveau de la chaux, on f.ltie, on traite le liquide filtré par du charbon animal, on retire la majeure partie de l’alcool et de l’éther et enfin on fait évaporer à une douce chaleur, i Procédé Hartz. - 121 livres anglaises (45M33) de semences de Mura ont été récoltées en octobre 1879; après leur dessiccation, on les a réduites i en poudre grossière dans un moulin. La poudre introduite dans des percola-

: teurs par quantités de II à 16 livres a été humectée de benzine de pétrole.

. Après vingt-quatre heures de macération, on a procédé à la percolation aveci^ le même liquide, jusqu’à ce que toute la matière grasse parût extraite. La h poudre de semence de datura fut alors étalée sur des papiers pour évaporer I la benzine, bien desséchée à l’étuve, passée de nouveau au moulin, enfin dans ; un tamis n" 30. La poudre grossière fut encore une fois traitée par la benzine,

; puis desséchée et tamisée.

Cette poudre fut par portions de 12 livres humectée d’alcool à 60 p. c., tassée dans un percolateur de Squibb de 18 litres, laissée en macération ;

I pendant vingt-quatre heures et épuisée par le même liquide. Les 18 premiers |

I litres de liquide obtenus ont été distillés en vue de retirer l’alcool que l’on a ramené à 60 p. c. et employé à continuer l’épuisement. Les liquides recueillis sont reçus séparément dans des bouteilles de 9 litres et numérotés 1, 2, 3,

4, 3. A partir du 3°, ces liquides servent au traitement d’une nouvelle dose de 12 livres de poudre.

Le contenu de l’alambic est un liquide d’un vert foncé contenant de l’albumine coagulée de couleur verte. On l’évapore dans une capsule de porcelaine, puis on le laisse refroidir. Cela fait, on passe le liquide dans une toile, | on presse le résidu albumineux, d’abord à la main, puis à la presse. On concentre le liquide au bain de vapeur, puis pour 12 livres de semences on ! ajoute peu à peu au liquide maintenu froid dans la neige 3 onces fluides | (83,2“) de soude caustique liquide (D = 1.22) et pareil volume d’eau, il se i dégage de l’ammoniaque. Ce mélange, par portions de 4 onces environ, a été ; introduit dans un flacon de 9 litres avec 4 litres 1/2 de benzine de goudron j ' de houille (contenant environ 90 p. c. de benzol pur) et fortement agité. ■ I

Quand l’extrait a été introduit en totalité, on agite encore pendant dix minutes i et on laisse refroidir. La benzine a été versée dans un nouveau flacon de j 9 litres, dans lequel on a versé un mélange de 90 grains (3®*'83) d’acide! j sulturique pur, et de 3 onces fluides d’eau; puis on a recommencé l’agita-; tion avec le benzol pendant dix minutes. Le liquide aqueux se dépose-conte- ! nant le sulfate de daturine. On le sépare à l’aide d’uii entonnoir et l’on fait i repasser la benzine dans le flacon à extrait; on renouvelle l’agitation de l’extrait ' avec le benzol pour enlever aussi complètement que possible toute la daturine.

A la solution de sulfate de daturine on ajoute, goutte à goutte, autant de solution de soude caustique qu’il en faut pour précipiter complètement la j

I daturine, puis on verse 8 onces de benzine, on ferme le flacon et on agite i

; vivement. Pour faciliter la dissolution de la daturine dans la benzine, on I ;

j plonge le flacon dans l’eau à 48‘’8 C. ; au besoin, on ajoutera 4 onces de | ■

benzine si la dose précédente de benzine était insuffisante. [

On sépare la benzine du liquide aqueux et on la reçoit dans une capsule de I porcelaine. Au bout de douze heures, la daturine s’est déposée à l’état de ; cristaux. La masse cristalline est pressée pour extraire l’excès de benzine,que i, l’on fait servir à un nouveau traitement. ' :

Rendement. — Par le procédé ci-dessus, Hartz a obtenu, des 121 livres de j semences traitées, 83 -3/4: livres de poudre sèche et privée d’huile, 1,413 I grains (91 973) de daturine ou 0.167 p. c. de semences desséchées et i 0.233 p. c. de la poudre de semences privées d’huile.

! De 4 kilogrammes de semences de stramonium, Pesci est parvenu à extraire ■ ■

I 1.9 de daturine.

Les capsules, les semences, les feuilles, la tige et les racines contiennent ! toutes de la daturine. Toutefois, les semences et les racines sont les parties les | plus riches en alcaloïdes. I

La daturine n’existe pas seulement dans le Datura stramonium. Le Datura i nietel, le Datura fasluosa et le Datura arborea contiennent le môme alcaloïde. '

DELPHINE. i

La delphiue existe dans les graines du staphysaigre {Delphinium staphy- j j sagria, renonculacée). Cet alcaloïde a été découvert par Brandes en 1819. | |

Il lui avait donné le nom de Delphium. Lassaigne et Feneuille ont repris ;

\ ce cor ps et ont fait connaître ses propriétés. Couerbe en a fait l’objet j |

de sérieuses recherches au point de vue de ses réactions chimiques. On doit à ce dernier savant un procédé facile de préparation. -

Propriétés chimiques et physiques.- — La delpliine paraît ne pas cristalliser; à l’état de pureté, elle est sous forme d’une poudre blanche,^ un peu jaunâtre, d’apparence résineuse; son odeur est nulle. Sa saveur est très mnère et ensuite âcre; elle prend à la gorge et persiste longtemps. Lorsqu’on la chauffe, elle se liquéfie comme de la cire ; par le refroidissement, elle redevient dure et cassante comme de la résine. Si on continue à la chauffer un peu plus fort, elle se boursoufle, noircit, répand une fumée blanche d’une odeur parti- ; culière ; elle laisse un charbon très léger, qui brûle sans donner de résidu. ;

Elle est à peine soluble dans l’eau. L’alcool et l’éther sulfurique la dissol- ^ vent très facilement; la dissolution alcoolique.verdit fortement le sirop de , violettes et ramène au bleu la teinture de tournesol rougie par les acides.

Ladelphine forme, avec les acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, oxalique, acétique, etc., des sels neutres très solubles dont la saveur est extrêmement amère et âcre.. Les alcalis la précipitent sous forme d’une gelee blanche, semblable à l’alumine.

Vacétate de delpliine neutre obtenu directement ne cristallise pas ; il se dessèche en une masse transparente, dure, d’une saveur très amère et ensuite âcre.

} Le nitrate se présente sous forme cristalline jaune.

! L’oxatoe a l’aspect de feuillets blancs. . . ^

j Le sulfate oblenu directement et évaporé à l’air libre ne cristallise pas ; il

se dessèche en une masse transparente dure, semblable à la gomme; il se dissout dans l’alcool et dans l’eau avec facilité.

D’après Marquis, la delpliine ne serait pas le seul alcaloïde contenu dans les graines du staphysaigre. Pour lui, il y aurait encore ;

1” La delphinine, alcaloïde cristallisable auquel il attribue la formule

2® La staphysagrine, qui est amorphe et a pour formule C'^lPAsO 3“ La delphinoidme, également amorphe, avec la formule ;

4® La delphisirie, alcaloïde cristallisable en mamelons, représenté par

Ces corps sont peu connus.

- Préparation. - Procédé Couerbe. - On obtient la delpliine en épuisant i par de l’alcool rectifié bouillant les semences de staphysaigre réduites en ! pâte • on filtre et on distille l’alcool ; il reste un extrait brun de nature grasse i et très âcre qu’on fait bouillir avec de beau aiguisée par de facide sulfurique I jusqu’à ce que celle-ci ne dissolve plus rien. Il se forme du sulfate de delpliine i impur d’où falcali est précipité par la potasse ou fammoniaque. On le dissout

i dans l’alcool, auquel on ajoute du noir animal, et par l’évaporation de 1 alcool,

i la delpliine se dépose. Pour la purifier, on la redissout dans 1 acide sulfu- ' rique très étendu, puis on y instille goutte à goutte de l’acide azotique etendu de la moitié de son poids d’eau. 11 se sépare une matière poisseuse et noirâtre- on laisse déposer pendant vingt-quatre heures,on décante,etla liquem'

est ensuite précipitée par un alcali. Le précipité est repris par l’alcool absolu on filtre et l’alcool est distillé. 11 reste une matière formée de deux substances que féther parvient à séparer. Celle qui se dissout est la delpliine pure; celle qui ne se dissout pas est un corps particulier que Couerbe a nommé staphysain.

DltAMlNE.

La ditamine est extraite d’une écorce connue sous le nom de dita. Cette écorce est fournie par YAlstonia scholaris ou Eohites scholaris, de la famil e des apocynées. Dans les forêts des îles Philippines et particulièrement dans la province de Batangas, cet arbre croît abondamment. Il peut fournir une gran e quantité d’écorce sans en souffrir notablement. Gruppe, pharmacien à Manille, U le premier fait des recherches sur cette écorce qu’il a introduite en Europe. Il est parvenu, par une méthode calquée sur la préparation de la quinine a len extraire une matière incristallisable qui constitue son principe actif.

Gorup-Besanez, en suivant le procédé de Stass, a étëTssez heureux pour en i retirer un alcaloïde cristallisable et non volatil. |

Jobst et Hesse ont repris l’étude de l’écorce de dita et ont démontré qu’elle [' renfermait des alcaloïdes et des corps neutres; ils en ont séparé la ditamine, i I l’échicaoutchine, l’écliicérine, l’échirétine, l’écliitaminc, l’éclntoine. l’échiténine et l’échitine.

^ Propriétés chimiques et phijsiques. — La ditamine est une poudre blanche, à saveur un peu amère, très soluble dans l’éther, le chloroforme, la benzine i et l’alcool, qui la laissent déposer à l’état amorphe ; elle paraît pouvoir cris- ' talliser dans le pétrole bouillant, où elle forme des groupements mamelonnés ; 1 elle donne avec l’acide sulfurique concentré une liqueur rougeâtre passant au j ' rouge violet sous l’influence de la chaleur, mais cette réaction ne semble pas très nette; elle donne avec l’acide azotique une coloration jaune qui, lorsqu’on ' chauffe légèrement, devient vert foncé, puis rouge orange; on mêm^ temps. ! il se dégage des vapeurs rutilantes, ’ I

i La ditamine fond à 75" en un liquide jaune devenant rouge à 130. Saj j réaction est alcaline ; elle bleuit le tournesol rougi par les acides et se corn-1 i bine avec'ces derniers en formant des sels très amers précipitables par l’am-j 1 moniaque. Les sels de ditamine sont amorphes, excepté le chlorhydrate, qui I cristallise dans des circonstances encore mal définies. i

j Le chlorhydrate, lorsqu’il est préparé par évaporation à froid de sa solution, forme un vernis jaunâtre qui, dissous dans un peu d’eau,

■ donne, quand on dilue beaucoup la liqueur, un résidu amorphe contenant I parfois des cristaux. Dans certaines circonstances, ce sel a été obtenu ! à l’état de belles aiguilles incolores facilement solubles dans l’eau et dans I l’alcool.

, Le chloraurate est un précipité jaune très fusible.

Le chloromercurate est un précipité amorphe, soluble à l’ébullition et I déposant par refroidissement à l’état cristallin. !

Extraction. — L’écorce de dita, grossièrement pulvérisée, est lessivée avec j le pétrole léger, qui enlève les matières grasses et résineuses. On l’épuise j ensuite par l’alcool bouillant. La liqueur alcoolique additionnée d’eau est | distillée pour séparer l’alcool. Le résidu est une solution aqueuse contenant i la ditamine à l’état de sels. On en sépare par filtration une substance rési- ! neuse verte ; on sursature par de la soude caustique le produit qui se trouve ; être acide, et l’on agite avec de l’éther qui dissout l’alcaloïde mis en liberté, j j L’éther, agité à son tour avec de l’acide acétique dilué, cède à ce dernier la ! ditamine. On décolore l’acétate par le noir animal, on filtre, et l’on précipite | par l’ammoniaque. |

Dix kilogrammes d’écorce de dita traitée par le procédé ci-dessus n’ont pas donné plus de 0®''40 de ditamine. î

DOUNDAKINE. i

La doundakine est fournie par l’écorce d’un arbrisseau désigné sous le j nom de Doimdake, appartenant à la famille des rubiacées. Il croît sur la côte! occidentale de l’Afrique.

Propriétés chimiques et physiques. — La doundakine se présente sous la ' forme d’une poudre jaunâtre, formée de cristaux rhomboédriques visibles au ^ microscope. Son goût est amer. Elle est soluble dans l’eau et l’alcool et pos- . sède une réaction alcaline; elle précipite par la liqueur de Winkler, les acides phosphotungstique et phosphomolybdique.

Extraction. — On traite l’écorce par l’acide sulfurique dilué, on filtre, on ajoute der la chaux en excès au soluté, on évapore à siccité et l’on épuise la masse par l’alcool, on arrive de cette façon à un rendement de 0.04 p. c.

Action plnjsioloyique. — Les effets physiologiques de la doundakine ont été, dit Péris, étudiés pour la première fois au laboratoire de Vulpian par Bochefontaine, Marcus et moi. La doundakine est une substance assez active.

3 centigrammes, injectés sous la peau d’un cobaye de 700 grammes, le tuent en vingt-quatre heures par arrêt de la respiration. Son action principale est de produire, surtout sur les grenouilles, un certain état qui rappelle la

i catalepsie. Comnîe^ne cfre malléable, l’animal conserve toutes les positions ! qu’on lui donne, puis, plus tard, survient la résolution musculaire. Cet effet se détermine par l’intermédiaire de la protubérance et du bulbe, car il con-| tinue à se produire si on enlève l’encéphale, mais ne reparaît pas si on sec-i tionne la moelle épinière au niveau du bec du calamus. Les mouvements réflexes diminuent considérablement, la sensibilité disparaît peu à peu. La ! pression sanguine s’abaisse d’abord, puis s’élève. Les battements du cœur eti ;

: la respiration finissent par se ralentir.

I Les Foulalils du Fonta-Djalon connaissent les propriétés toxiques du doun- ' dake, car, ajoute le même savant, nous avons reconnu par l’expérimenta-

i ■ tion qu’un poison de flèches qui leur sert pour la chasse des petits animaux i ;

est composé en grande partie d’un extrait de cette écorce.

Propriétés thérapeutiques. — Venturini a, le premier, attiré l’attention , sur les propriétés de la doundakine. L’écorce de doundake passe dans le pays : :

i pour fébrifuge. Corre l’a souvent employé avec avantage dans l’anorexie, la

^ dyspepsie atonique, l'anémie consécutive aux fièvres paludéennes. Elle est paifaiteraent indiquée dans tous les cas où les amers purs sont employés. On la recommande dans le traitement de là scrofulose, de la goutte, de l’anémie, | des affections intestinales. Mais son action spéciale sur le système nerveux ; l’appelle à un plus grand avenir. Elle peut rendre de très grands services ; i elle a très bien réussi dans un cas de paralysie agitante.

Le D'' Besson la considère comme un succédané très efficace de la qui- ^ ■ nine. Combemale vante ses effets fébrifuges.

L’étude du doundake et de son écorce a été reprise par Edouabd Ileckel et Schlagdenhauffen. Ils ont fait de nombreuses recherches chimiques. Ils hésitent à considérer la doundakine comme un alcaloïde. De nouvelles expériences sont nécessaires pour qu’on soit fixé sur la nature de ce corps.

DUBOISINE.

La duboisine est contenue dans le Duboisia myoporoides, arbre qui croît en Australie dans différentes localités voisines de Sydney et au cap York'. On ^ le trouve dans la Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Guinée. Par ses carac- ^ tères botaniques, il semble pouvoir être classé indistinctement parmi les scrophulariées et les solanées, ou plutôt il paraît former un trait d’union entre ces deux familles. Généralement cependant les botanistes le rangent dans la seconde. La duboisine a été isolée presque au même moment, 1878, en Angleterre par Gerrard et en France par Petit. Ces deux chimistes ne l’avaient obtenue que sous la forme d’un produit amorphe, sirupeux et plus ou moins coloré en jaune. Depuis leur découverte, Ladenbury et Duquesnel sont parvenus à bavoir à l’étal cristallin.

Propriétés chimiques et physiques. — La duboisine à l’état de pureté cristallise en fines aiguilles incolores groupées autour d’un point central ; elle est beaucoup moins soluble que le produit amorphe ; elle se dissout dans falcool, le chloroforme, l’éther, beau et le sulfure de carbone ; elle est isomère avec l’atropine et présente un grand nombre de réactions complètement semblables : - . • -4 ' 11

Avec l’acide tannique les deux alcaloïdes forment un précipite blanc,

soluble dans l’acide chlorhydrique ;

L’iodhydrargyrate de potassium les précipite en blanc ;

La potasse, la soude, l’ammoniaque les précipitent également en blanc ; un excès d’alcali redissout le précipité ;

Le chlorure d’or et le bichlorure de platine les précipitent en jaune

I de précipité par le sullbcyanure de potassium et le bichlorure de mer-

' cure, à moins que ce dernier sel ne soit en solution saturée.

Les deux alcaloïdes se volatilisent partiellement quand on les chauffe entre i deux verres de montre. Les vapeurs condensées ont l’aspect d’un vernis transparent.

L atropine et la duboisine ont entre elles des différences marquées. La i duboisine se dissout bien plus facilement dans l’eau et ses solutions sont i fluorescentes; elle est lévogyre, tandis que l’atropine ne dévie pas sensible- j ment la lumière polarisée. ' ^

L’acide azotique concentré est sans action appréciable sur l’atropine, mais ]

; il colore légèrement en brun la duboisine. Si l’on traite l’atropine par l’acide j I sulfurique concentré, l’alcaloïde n’est pas modifié;, à chaud, la liqueur se'^ trouble et dégage une odeur agréable que l’addition du bichromate de potasse j rend plus intense ai même temps qu’il y a dépôt d’oxyde vert de chrome et | dégagemeiit de vapeurs acides. Au contact de l’acide sulfurique, la duboisine : se comporte différemment; à froid, il y a production d’une coloration rouge i brun et si l’on élève la température, il se dégage une odeur désagréable qui | rappelle celle de l’acide butyrique. Bouillie avec l’hydrate de baryte, l’atro- ■

; pille donne une odeur d’essence de gaulthéria, la duboisine, une odeur désa- ! gréable. j

La duboisine neutralise les acides et se combine avec eux pour former des sels. On a obtenu l’acétate, le bromhydrate, le chlorhydrate, le nitrate, le j phosphate, le sulfate et le tartrate de duboisine. Le bromhydrate et le sulfate I sont seuls cristallisables. Le sulfate est neutre, déliquescent et doué de propriétés mydriatiques énergiques. - i

Extraction. — On se sert habituellement des procédés Gerrard et Petit. Procédé Gerrard. — On traite par l’alcool l’extrait aqueux des feuilles i jusqu’à à qu’il ne se forme plus de précipité, on sépare l’alcool par filtration, on lave le résidu avec l’alcool. Après distillation, le nouveau résidu est ! étendu d’une petite quantité d’eau, traité par l’ammoniaque et agité par le | chloroforme. Celui-ci, étant distillé, laisse la duboisine sous l’aspect d’une i masse visqueuse jaune.

Procédé Petit. — On dissout l’extrait aqueux de la plante dans la plus i petite quantité d’eau possible;, on ajoute à la solution du bicarbonate de ‘

, potasse jusqu’à ce que la réaction soit franchement alcaline; on agite alors l'

, avec de l’éther qui, par distillation, abandonne la duboisine sous forme d’un vernis peu coloré. Pour avoir un produit pur, on dissout la duboisine dans!

1 acide sulfurique étendu et on répète le traitement par le bicarbonate de' potasse et d’éther.

ÉCIIITAMINE C''IPAî; 20^+4IP0. j

L’échitamine est retirée de YEchites scholaris. 0. Hesse en a fait l’objet de ' nombreuses recherches. On lui doit les connaissances qu’on possède sur ce I corps.

Propriétés chimiques et physiques. — L’échitamiiie cristallise de ses solu- . tions dans 1 alcool concentré ou l’acétone en prismes brillants, perdant trois

de leurs molécules d’eau à 80“ et la quatrième à 150”. Elle est soluble dans la benzine et np se dissout pas dans l’essence de pétrole. j

Les solutions déchitamine se colorent à l’air en s’oxydant. La base mono- I hydratée absorbe l’oxygène quand on la chauffe à 100-110”. On obtient ainsi | une oxyéchitamine peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’acide chlorhy- j drique et dans l’alcool, dont les sels sont incristallisables, très altérables et i amers.

Léchitamine possède une réaction alcaline très prononcée. Elle se com- ,1 bine aux acides pour former des sels. j

Le bromhydrate cristallise en aiguilles incolores; il est peu soluble dans I l’eau. !

Le chlorhydrate cristallise en aiguilles incolores brillantes ; il est peu 1 soluble dans l’eau froide, complètement insoluble dans l’acide chlorhydrique concentré. f

Ce sel, soumis à l’ébullition avec de l’acide chloi’hydrique, se transforme en une base dont le chlorhydrate reste en solution et peut réduire le tartrate cupropotasslque à la manière d’un sucre. Cette base est complètement précipitée de sa solution acide par l’acide phosphotungstique.

Le chloraurate est un précipité amorphe, jaune brun.

h^ clüovovliitmate se présente sous forme d’un précipité jaune floconneux. L’oxalate est très soluble dans l’éau et peu soluble dans l’alcool absolu.

Le vicrcite et le tannale sont des précipités amorphes.

On a obtenu l’acétate, le benzoate, le sulfate, le salicylate, qui sont solubles

^^'ExMion — On extrait l’écliitamine des eaux mères alcalines de la ditamine en neutralisant ces eaux par l’acide acétique et en concentrant de façon à n’avoir en liquide qu’un quinzième ou un vingtième du poids de lécoice primitive. On ajoute alors un peu d’acide chlorhydrique et du sel marin tant qu’il se forme un précipité. Après avoir lavé celui-oi à l’aide de 1 acide chlorhvdrique concentré, on le fait cristalliser dans de l'eau chargée de cet acide En décomposant.le chlorhydrate d’échitamine par la potasse et en enlevant la base ainsi en liberté par l’éther ou le chloroforme, on obtient par évaporation de ces dissolvants de l’échitamine amorphe.

ÉCHITÉNINE, C'°H^'A2;0^

Propriétés chimiques et physiques. - L’échiténine est amorphe, fond audessus de 120 degrés et se dissout dans l’alcool, le chloroforme et 1 éther. L’acide sulfurique concentré la colore en rouge violacé, l’acide azotique en rouge pourpre, passant au vert, puis au jaune. L’ammoniaque et la soude la précipitent de ses solutions concentrées. Sa réaction est alcaline. Elle se combine avec les acides.

Le chloromei'curate est un précipité pulvérulent jaune pâle.

Le chloroplatinate est un précipité jaune.

Extraction. — Les eaux mères acides et chargées de chlorure de sodium,

I d’où l’échitamine s’est précipitée, cèdent cet alcaloïde au chloroforme.

ÉMÉTINE.

C’est en 1817, à cette époque mémorable où la découverte récente de la morphine ouvrait à la chimie, à la pharmacie et à la médecine une voie si féconde en toute nature, que Pelletier et Magendie isolèrent sous le nom d’émétine, le principe vomitif de l’ipécuanha. Les propriétés générales de cette base organique n’ont été bien spécifiées que par les nombreux travaux qui ont été faits depuis. L’émétine est contenue dans un grand nombre d’espèces d’ipécacuanha. Les meilleures sortes d’ipécacuanha fournissent 3/4 à 1 p. c.

' d’émétine pure d’un blanc de neige. Les plus mauvaises sortes, 1/400 à

Propriétés chimiques et physiques. — On attribue généralement à l’émetine la formule C''H''AsO^ C’est une substance qui se présente sous forme de poudre légère d’une blancheur parfaite lorsqu’elle a été obtenue à l’état de pureté. Sa couleur est grisâtre lorsqu’elle n’est pas bien purifiée.

Elle se colore en jaune sous finfluence des rayons solaires, surtout si en même temps elle est exposée à fair. A l’abri des rayons lumineux, elle reste blanche. Cette coloration jaune, due à la lumière, ne dépasse pas la couche superficielle des gros fragments d’émétine, dont la partje interne reste entièrement blanche.

Elle n’a pas d’odeur. Sa saveur est très amère et un peu désagréable. Elle n’attire pas l’humidité et ne tombe pas en déliquescence, comme Pelletier et Magendie l’avaient annoncé.

Exposée à l’action de la chaleur, elle commence à fondre à 50°. Elle prend alors faspect d’un extrait brun transparent.

Elle est très peu soluble dans l’eau. A la température de 15” C., beau distillée en dissout le millième de son poids. L’eau additionnée d’un acide ne l’enlève pas ou presque pas à ses solutions dans l’éther ordinaire, l’éther de pétrole, les huiles grasses. Dans l’eau à la température de 62 à 65” C., elle se rassemble en grumeaux de la couleur de la gomme arabique. Ces grumeaux constituent des boules avant leur refroidissement complet et se laissent

léduire en une poudre ayant 1 aspect du sable quand le refroidissement est 1 ' complet.

I L’émétme pure se dissout aisément dans l’éther sulfurique à froid le , chloroforme, l’éther acétique, les alcools méthylique, amylique, vinique, le

j sulfure de carbone, l’essence de térébenthine, les huiles essentielles. Les uiles grasses et l’acide oléique la dissolvent en quantité notable. A froid ! el e se dissout difficilement dans l’éther de pétrole et la benzine. La solution i ; est facile à chaud, mais une partie de l’émétine se dépose pendant le refroi- ' ■dissement. '

L’émétine se sépare en fines paillettes de ses solutions éthérées ou alcoo-1 iques lorsqu’on a le soin de les évaporer avec précaution et très lentement ! Si 1 évaporation est rapide, elle prend la forme de grains arrondis et plus tard celle dune poudre fine.

Une solution d’émétine dans l’éther de pétrole, la benzine ou l’éther ordi- = naire, abandonnée à l’évaporation très lente sur un filtre de papier, produit , sur les bords de ce filtre des croûtes d’un blanc de neige où le microscope i permet de distinguer de fines aiguilles cristallines peu réfringentes, tantôt i ces cristaux sont groupés en étoiles, tantôt sous la forme de corps sphériques i ou enchevêtrés de façon à figurer des masses d’apparence amorphe. La sur- ' ace de cette émétine cristallisée se colore promptement en jaune à la lumière.

Les solutions aqueuses d'émétine sont précipitées par tous tes sels des I alcalis fixes ou des terres alcalines. Le précipité est une poudre blanche ou colorée qui se dissout en partie dans un excès de ces sels. ;

La potasse et la soude caustiques dissolvent très facilement l’émétine et les i : solutions absorbent très facilement l’oxygène de l’air. |

L’ammoniaque caustique ne la dissout pas en aussi grande quantité que les alcal,s wméraux fixes; cependant l’eau ammoniacale s’en salure d’une manière notable. Mélangée avec de la chaux on de la magnésie et exposée à 1 air, 1 emétine atteint bientôt une teinte jaune safranée.

L’éinétine a une réaction fortement alcaline, elle neutralise les acides et orme des sels. Ces sels ne présentent pas des formes cristallines régulières- - .is Sé disso véot aisément dans l’éau, l’alcool et les huiles grasses, ils soni insolubles dans 1 ether ordinaire, l’éther de pétrole et la benzine.

Tous les sels de l’émétine se colorent en jaune à la lumière, â l'exception ' ^ du tanna e. Si on ajoute de Teau à une solution incolore d’émétine dans ’

1 éther sulfurique et que l’on fasse traverser le liquide par un courant d’aeide i

tel’ér' ““ ^

dant'TeaT^’ P^^osp/iafe sont incristallisables et très solubles *

Le nümte et le chromate sont très peu solubles dans l’eau. Ils se dissolvent i dans ce liquide lorsqu’on élève la température. !

Le chlorhydrate est parfaitement cristallisé. j

Utannate est blanc, amorphe, il est presque insoluble dans l’eau j

pTnnTl'i7- nombreux procédés pour extraire l’émétine : i

est éüuti ^ vT ~ L’ipécacuanha grossièrement pulvérisé '

P sé par 1 alcool. On distille pour recueillir l’alcool et le résidu est •

ctorOnfT'^'^HT'^''' par l’al- j

ét ’toéün r r' P™-- <>«»■■»■■■ On évapore de nouveau

et 1 éméfine i este sous forme de masse blanchâtre. |

T déplacement la poudre d’ipécacuanlia, j

di^bo d avec 1 alcool; puis le liquide est concentré au bain-mLie jusqu’i:

tiqu rn‘’“r''’ «le potassé caus-

éll i T 0' ''''“'•“''“'■“'e en volume à peu près

forl o“ “à !° "‘s T*"' ““ '’™‘ on recueille le ohioro-

fo me qu, a gagné la partie inférieure du vase, et on le remplace par une

Lm 'fr” complot du mélange

Les solutions flltrées sont distillées au bain-marie; eljes laissent un rés'du i

brun formé d’émélïne et d’une substance résineuse; on isole ces deux substances l’une de l’autre en traitant cette émétine impure et brune par un acide ^ faible qui dissout seulement l’alcaloïde. La solution saline est alors précipitée par l’ammoniaque liquide, qui sépare l’émétine sous forme d’une grosse . poudre grisâtre que l’on fait digérer dans l’éther sulfurique; ce liquide dis- , Lt un peu de matière résineuse et laisse comme produit de l’émétine aussi ; pure que possible.

Procédé Glémvd. - Ce procédé est basé sur l'emploi eombine de la chaux et de l'éther. Il consiste à traiter par l'éther un mélange convenablement préparé de poudre ou d'extrait d'ipécacuanha et de chaux, ou le précipité , obtenu en ajoutant un excès de chaux à une dissolution provenant du traite- ^ ment à froid de l’ipécacuanha par de l’eau acidulée par l’acide sulfurique. , Ces mélanges, ainsi que ce précipité lavé à l'éther, cèdent à ce dissolvant i i tout l’alcaloïde qu’ils contiennent. „ • *

* Pour retirer l’alcaloïde de sa solution élhérée, il suffit de distiller celle-ci ^ , i à sec et de reprendre le résidu par de l’eau acidulée, ou bien d’agiter cette ; ^

I solution avec de l'eau acidulée. On obtient ainsi un liquide aqueux plus ou ;

I moins acide qui, par l’addition de l’ammoniaque, livre une émétine à peine .

! colorée.

1 Procédé J. Lefort et F. Wurtz. - 500 grammes d’extrait alcoolique; • d’ipécacuanha sont dissous à chaud dans 1/2 litre d’eau. .

D’autre part, on fait une solution de nitrate de potasse ou de soude dans i |

de l’eau saturée à chaud. j

Lorsque les liqueurs sont refroidies, on verse la solution de nitrate dans ,

celle de l’extrait jusqu’à cessation de précipité et l’on abandonne le mélange ,

à lui-même pendant vingt-quatre heures. 1

Le dépôt abondant qui se forme acquiert bientôt la consistance poisseuse; ,

^ il est brun noirâtre et consiste en nitrate d’émétine imprégné de matière !

colorante. Le liquide qui le surnage contient la plus grande partie de a ; substance brune propre à l’extrait d’ipécacuanha et, à l’état de sel minéral, l’acide ipécacuanhique qui était uni dans l’origine à l’émétine.

Le nitrate d’émétine n’étant soluble que dans cent fois son poids deau, on le lave à trois ou quatre reprises différentes avec une petite quantité deau froide, et après cette opération il se trouve dépouillé de la plus grande partie des matières étrangères qu’il contenait. Son poids est de deux cents grammes environ, c’est-à-dire à peu près la moitié de l’extrait employé.

Le précipité est dissous à chaud, dans un peu d’alcool et la solution est versée dans un lait épais de chaux contenant deux cents grammes de chaux délitée. On expose ensuite le mélange au bain-marie en l’agitant de temps a autre afin de faciliter la décomposition du nitrate d’émétine par l’oxyde ter reux,'et lorsqu’il est complètement sec, on le réduit en poudre que l’on met dans un flacon contenant de l’éther sulfurique.

Après quelques heures et en agitant le flacon, l’émétine, mise ainsi en liberté, se dissout dans l’éther qu’elle colore en jaune clair. On épuise la poudre par deux ou même trois nouvelles additions d’éther, et les solutions réunies sont distillées dans un appareil ad hoc.

Le résidu de la cornue est sous la forme d’un sirop plus ou moins épais, jaune brunâtre, que l’on traite par de l’eau acidulée par l’acide sulfurique La petite portion de résine qui avait été entraînée par le nitrate d emetine et qui avait été ensuite dissoute par l’éther parce qu’elle avait échappé à la cornbinaison avec la chaux, se précipite et la solution filtrée renferme toute 1 émetine à l’état de sulfate.

Ce sel, traité ensuite par l’ammoniaque faible, laisse déposer 1 alcaloïde sous la forme d’un précipité blanc jaunâtre volumineux, qui est ensuite lave et

séché à une basse température.

Procédé Podwyssot%lii. - 1° On épuise la poudre d’ipécacuanha par 1 elliei afin d’en extraire une huile liquide et un mélange de matières grasses et cireuses; on continue ce traitement jusqu’à ce que l’éther ne lai-sse plus de

i ré>,çl„ quand on l'évapore sur un verre de montre. Il est avantageux de se

I sei v,r d abord d éllier ordinaire, puis d'employer l'élher-de pétrole à oliaud ■

; pùretr™ ‘ ^ "" P"'*»

i con'ït“d‘''““ 1 “,*'^ r“'"‘ q-i donne an

, contact des alcalis, tout particulièrement de l'hydrate de baryte, une belle

, ■ c»l«ra wn rouge pourpre. Quelques centimètres cubes de l'extrait étliéré que

! rôle ,tf r P»- '’“8«ation une cclojon

ou„e instantanée. On a réussi à isoler celle matière colorante de sa combinaison barylique sous la forme d'aiguilles cristallines : elle a reçu le nom | d érylhroeéphaléme. La quantité de ce produit contenue dans la racine d'ipécacuanha a semblé proportionnelle à celle de l’éraétme ■ ^ !

2“ Le résidu de l'action de l'étber ordinaire ou de’l'éther de pétrole sur la poudre d ipeeaouanha est soumis à l'action de l'alcool à 88- à chaud sans : addilmn d un acide ; on renouvelle deux ou ti-ois fois le traitement par l'aioool

I qu'il coXl “ 'P"'*'-' '^‘■■■‘out à cause de la dexlrinê j

l'éfLl ''‘'f 1 ''“°“’"'’ P‘“’ dans

1 I r ’ ' i r ‘‘“““P* “‘“-e en vert les i

I sels de protoxyde de fer. On chasse l'alcool par distillation, de façon à obtenir '

I un exhait sirupeux à peu près exempt d’alcool ;

: 4» A cet extrait alcoolique refroidi, on ajoute du perchlorure de fer dissous '

I dans une petite quantité d'eau, environ 40 à 13 p. c. du poids de la racine *

■ 1 'i' P^Worace de fer est sufllsante '

: ™ dcns une capsule de porcelaine un échantillon de l'extrait alcoo- ^

bque et a son contact un fragment de perchlorure de fer solide. Il ne se '

' l'e^S'oZèr T éi°" '' P'''''''»™« 'i' fef = dté ajouté à

U* ^ P"'' ‘P de fer, on ajoute du carbonate de

soude pulvérméou une solution concentrée du même sel, en agitant sans cesse e mélange jusqu à ce qu'il devienne alcalin et qu'il ait une couleur chocolat

oose*oas la I “dispensable. La soude ne décom- '

pose pas la combinaison du fer avec le tannin ;

‘P ““'■‘'““‘“P P“‘'‘’>i"P ™ '•‘'dltionné d'une petite < uantité d'éther de pétrole, puis versé dans un matras que l'on chauZ au i ain-mane; on agitera fréquemment tant que durera l'ébullition de l'éther

mur l'é"'*”’ “ “ '““''P™ °”P PP“P ‘‘P PP‘ de pétrole '

pour 1 évaporer sur un verre de montre. L'émétine se dissout dans l'étber de '

I^lrole et l'évaporation de ce liquide laisse de l'émétine parfaitement blanche :

On décante donc l'éther de pétrole saturé d'émétine pour l'évaporer et on e remplace dans e matras par l'éther de pétrole neuf, tant que ce liquide eve des traces demétine. Les extraits sont très chargés d’émétine It un repos de douze heures dans un milieu froid en détermine la séparation presque complète a létat de précipité blanc. Les extraits peu chargés d'émétine évapores par insufflation d'air, déposent des flocons blancs d'émétine. Une évaporation lente de la solution de pétrole ou l'évaporation au bain-marie ne donnent pas de l’émétine absolument blanche.

ERGOÏININE CTI«A2;‘'0®. i

L’ergotinine a été isolée par Tanret en 187S. Elle est retirée du seigle ergoté {Sclerotiim daviis, champignons). Avant cette découverte, de nombreux travaux avaient été entrepris pour trouver le principe actif de l’ergot. Vauquelin et Maas furent les premiers qui s’occupèrent de la recherche de ce corps. En 1831, Wiggers annonça avoir isolé une substance alcaline à laquelle d donna le nom d’ergoLine. Dix ans plus tard, Bonjean de Chambéry proposa, sous le nom d’ergotine, un extrait aqueux d’ergot. En 18G3,

Wenzell puÏÏÎia la découverte dans le seigle ergoté de deux bases organiques amorphes : l’ecboline et l’ergotlne. En '1875, Dragendorff et Padzizowski avancèrent que le principe actif de l’ergot est insoluble dans l’alcool et que c’est un acide qu’ils -appelèrent acide sclérotique. Buchein, de Berlin, après de longues et vaines recherches, crut pouvoir conclure que l’ergot ne devait pas , son action à un principe particulier, mais à l’ensemble de sa constitution Les travaux de Tanret ont fait cesser l’incertitude qui régnait sur la composition de seigle ergoté en dotant la thérapeutique d’un principe actif toujours iden- : tique dans sa composition et ses effets. Grâce à lui, le praticien peut désor- I mais abandonner l’usage des différentes espèces d’ergotine qui ne sont, en I définitive, que des préparations complexes et bien souvent infidèles.

! Propriétés chimiques et physiques. — Tanret donne la description sui- : I vante des propriétés chimiques et physiques de l’ergotinine ; G est une sub- ,

1 stance blanche, cristallisée et fixe ; à cause de la facilité avec laquelle elle se , j colore à l’air, il est bien difficile de l’obtenir incolore et, par conséquent, ; ' plus ou moins altérée. J’ai constaté, en effet, qu’elle absorbe assez rapide- \ ment l’oxygène, en plaçant sur le mercure un tube rempli incomplètement d’une solution alcoolique d’ergotinine cristallisée.

Les solutions d’ergotinine pure sont très fluorescentes. Un rayon lumineux marque encore sa trace dans celles au 1/50,000. Ses solutions alcooliques se colorent à la lumière en un vert qui, d’abord très clair, se fonce peu à peu et finit par passer au brun, tandis que ses solutions acides se colorent en rouge. Ce phénomène est déjà visible au bout de quelques minutes d insolation.

L’ergotinine est insoluble dans l’eau et très soluble dans l’alcool, 1 éther et jle chloroforme. Cristallisée, elle l’est beaucoup plus difficilement. Mais I altérée par l’air ou la lumière, elle a perdu en partie sa solubilité dans * l’éther, tandis qu’elle l’a gardée dans l’alcool et le chloroforme.

La réaction de l’ergotinine est à peine alcaline. C’est une base faible qui peut, sous ce rapport, être comparée à la narcotine. 11 est, en effet, difficile .

' de l’obtenir combinée aux acides à l’état de sels et elle semble plutôt se dissoudre dans certains acides organiques (l’acide acétique, notamment) que s y combiner. Une addition d’eau, l’évaporation même suffisent pour décomposer souvent les solutions de ces sels peu stables. Le chloroforme 1 enlève en plus ou moins grande quantité à ses solutions acides et, chose remarquable, les acides ne peuvent plus l’enlever au chloroforme que si Ion additionne ce dernier de son volume d’éther.

Avec les acides minéraux, elle forme des sels assez peu solubles et difficilement cristallisables. J’ai préparé, cependant, un sulfate d’ergotinine cristallisé en laissant évaporer à l’air de l’acide sulfurique étendu saturé d ergotinine. Mais, malheureusement, les cristaux ainsi obtenus sont noyés dans- ! une eau noire qui contient la plus grande partie de l’alcaloïde altéré. On les en sépare assez facilement par des lavages à l’alcool ; mais la perte en alca- ; loïde est considérable. L’évaporation dans le vide est trop rapide pour permettre aux cristaux de se former.

; i Comme tous les alcaloïdes, l’ergotinine donne des précipités avec l’iodure ; double de mercure et de potassium, avec l’iodure ioduré de potassium, l’acide ! phosphomolybdique, le tanin, le chlorure d’or, le chlorure de platine, l’eau bromée. La réaction qui lui est particulière est la belle coloration rouge violet, puis bleue, qui se développe quand on la traite en présence dun peu d’éther par l’acide sulfurique étendu de 1/7 d’eau. La coloration rose, puis brune qu’elle prend en solution sucrée par le même acide est aussi caractéristique.

' Selon Tanret, la quantité d’ergotinine contenue dans 1 kilo de seigle ^ ergoté est d’environ 1 gramme. Si le seigle ergoté est ancien, cette quantité est un peu moindre.

' Dans la préparation de l’ergotinine cristallisée, il reste un résidu sponi o-ieiix légèrement coloré en jaune. Tanret lui a donné le nom d’ergotinine jLorphe. Cette substance ne paraît être qu’unejnodific^tion moléculaire

de lergotinine ‘cristallisée. L’une et l’autre jouissent, en effet, de propriétés ^ identiques, ainsi elles ont la même intensité de fluorescences lorsqu’elles ‘ sont dissoutes; leur capacité de saturation par les acides est la même et elles se colorent de la même manière par l’éther et l’acide sulfurique. Mais où ^ leurs caractères diffèrent, c’est dans le degré de solubilité, l’ergotinine amorphe étant beaucoup plus soluble que l’autre dans les divers réactifs.

, Les sels d’ergotinine obtenus jusqu’à ce moment sont ; le bromhydrate, ^ le citrate, le chlorhydrate, le lactate et le sulfate. Les deux derniers cristal- : lisent,

^ Extraction. — L’ergot de seigle finement pulvérisé est épuisé par de ' l’alcool à 96», et l’alcoolature additionnée de soude caustique jusqu’à réaction' ' i franchement alcaline. On distille au bain-marie. Le résidu est agité avec une ; ' grande quantité d’éther, puis la liqueur éthérée est privée par l’eau d’un ; ' savon qu’elle avait dissous. Après séparation de la partie aqueuse fortement colorée, l’éther chargé d’alcaloïde est agité avec une solution d’acide citrique i ; et la solution de citrate d’ergotinine, lavée avec de l’éther, est décomposée par le carbonate de potasse en présence d’éther, qui s’empare de l’alcaloïde j ; mis en liberté. On décolore au charbon animal bien lavé la solution étherée i d’ergotinine, puis on la met à distiller. Quand la liqueur commence à se trou- ! ;-bler o„ la verse dans une éprouvelte bouchée et placée à l'obscurité dans un ’ beu frais. Le lendemain, le vase est tapissé de cristaux d'ergotinine. Une nouvelle concentration donne encore quelques cristaux. j

ÉRYTHRINE. \

L érythrine est contenue dans l’écorce de VErythrina corrollodendron, grand ! ' arbre de la famille des légumineuses, qu’on trouve dans le nord du Brésil, , ' i où l’écorce est vulgairement employée comme calmant et hypnotique. i

Différenls essais praliques sur cette écorce ne laissent aucun donte sur ■ l’existence de l’érythrine. Les réactifs de Bouchardat, Valser, "etc., donnent les ' précipités caractéristiques de la présence d’un alcaloïde. Des recherches chi- Il ! miques sont nécessaires pour être fixé sur la nature de ce corps.

En attendant, Bochefontainc et Rey ont essayé, sur des batraciens et des mammifères, si cette écorce possédait une action physiologique déterminée. ' L’ensemble des phénomènes observés d’une part et d’autre part la persis- i tance de 1 excito-motricité nerveuse et de la contraclilité musculaire condùisent à conclure que VErythrina coroUodendron agit sur le système nerveux !• central pour en diminuer ou abolir le fonclionnement normal. j

' ÉRYTHROPIILÉINE. ‘

L’érythrophléine, découverte par Gallois et Ilardy, est le principe actif I extrait de l’écorce de VÉrythrophleum guineense, de la famille, des légurni- '■

. neuses, connue sous le nom de Mancome et de Tali, employé en Amérique ! pour empoisonner les flèches et préparer des poisons d’épreuve. i

^ Propriétés chimiques et physiques. — L’érythropliléine se présente sous i 1 aspect d’une substance cristalline, .soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther acétique; i ; elle est peu ou pas soluble dans l’éther, le chloroforme et la benzine. ’ i Sa réaction est alcaline ; elle se combine avec les acides pour former des I sels cristallisés pour la plupart. On a obtenu un chlorhydrate et un chloroplatinate.

L’érylhrophléine précipite par les réactifs généraux des alcaloïdes.

Extraction. — On épuise l’écorce grossièrement pulvérisée par l’alcool,,on ' distille et on concentre le résidu qui est sursaturé par le bicarbonate de soude, et on extrait l’alcaloïde par la méthode de Stass modifiée par l’emploi de l’éther acétique. I

j I lïSENBECKINE. .

! I L’ésenbeckine a été découverte par Cam. Eude. On la retire de Fécorce de 1 l’Esenbeckia fehrifiuja. C’est un corps peu . connu, dont l’étude demande de 1 nouvelles recherches.

I ÉSÉRINE.

I I [Plujsostigmine, calabarine.)

; 1 L’ésérine à l’état de pureté sous forme de cristaux bien définis a été isolée j j par A. Vée. Avant ce chimiste, Jobst et 0. Hesse avaient retiré des fèves de j j Calabar un produit impur, incristallisable, auquel ils avaient donné le nom de j I physostigmine rappelant son origine. La fève de Calabar est produite par le j i Physostigma venenosum, forte plante grimpante atteignant jusqu’à 40 pieds i j anglais de long; elle croît dans la région occidentale d’Afrique, à l’ouest des I j sources du Niger notamment au Vieux-Calabar, au Gabon et dans la Guinée ;

1 elle appartient à la famille des légumineuses, sous-ordre des papilionacées tribu des Euphaséolées.

i Le iTom d’ésérine donné par A. Vée au principe actif de la fève de Calabar vient du mot éséré, employé par les naturels du Vieux-Calabar pour désigner le végétal qui fournit la fève.

Progriétés chimiques et physiques. —■ L’ésérine est solide, cristallisable ; les cristaux sont des lamelles très minces, de forme rhombique parfaitement régulière ou altérée par des modifications sur les angles obtus. Elle estinco-

■ lore lorsqu’elle est pai’faitement pure, mais sous l’influence de l’air et d’une

■ i eau mère alcaline elle s’altère avec facilité et prend souvent une teinte I rosée. Les cristaux examinés au microscope se colorent dans la lumière pola-

: risée. Elle est douée d’une saveur très faiblement amère qui ne se développe ' ique lentement; elle est peu soluble dans l’eau; elle est soluble' dans l’alcool,

; le cbloroforme et l’éther. Soumise à Faction de la chaleur, elle fond à 69” et commence à se décomposer à t50”. Elle répand d’abondantes vapeurs blanches et brûle sans laisser de résidu.

Les acides dissolvent facilement Fésérine et les dissolutions ainsi obtenues précipitent Fiodure double de potassium et de mercure, Fiodure de potassium ioduré, le bichlorure de mercure et le chlorure d’or, l’acide phosphomolybdique.

A. Vée donne comme réaction caractéristique de Fésérine libre ou de ses sels, la propriété que possède cet alcaloïde de se colorer en rouge intense sous l’influence de l’air, par l’addition d’une très petite quantité de potasse,

: de soude ou de chaux, mais la teinte rouge n’est pas permanente, elle passe bientôt au jaune, au vert et au bleu; enfin, si l’on agite une solution aqueuse ■ ainsi colorée avec le chloroforme, celui-ci se charge des principes colorants,

^ phénomène qui ne se produit pas avec l’éther, ce dernier restant incolore dans les memes conditions. Cette réaction peut, d’après A. Vée, déceler dans ' une liqueur incolore la présence de moins d’un cinquième d’ésérine. Les carbonates alcalins et la magnésie produisent également cette teinte, les bicari bonates la développent à peine.

; L’éserine a une réaction alcaline. Ses solutions aqueuses ramènent au bleu : le papier de tournesol rougi par les acides. Elle se combine aux acides et i donne naissance à des sels parfaitement définis.

Sels d’ésénne. — La combinaison de Fésérine avec les acides est très i facile. Un grand nombre de sels ont été obtenus. Les plus connus et les plus i employés sont le bromhydrate, le salicylate et le sulfate, j Le bromhydrate se dépose lentement, mais régulièrement, en cristaux ! groupés en étoiles ou en croûtes cristallisées fibreuses. Ce sel est parfaite- : ment soluble dans l’eau et doime des solutions neutres ; il se conserve parfai- I leinent à l’air même bumide. Ses solutions sont presque incolores, si on a le ; I soin d’employer l’eau bouillie légèrement additionné de glycérine qui assure sa conservation. -

i par de l’éther anhydre qui le laisse déposer à peu près pur. Par des cristal- I lisations reposées, soit dans l’éther, soit dans l’alcool, on parviendrait saiis ;

i î doute à le débarrasser entièrement de la matière rouge qui l’accompagne,

: mais elle y adhère avec tant d’opiniâtreté qu’il est difficile d’en séparer les :

dernières traces si l’on opère sur des quantités un peu grandes.

EUPATORINE.

1 Propriétés chimiques et physiques. — L’eupatorine a été découverte par ^

Rhigini, dans les feuilles et les fleurs de l’eupatoire. C’est un principe mal ■

I défini ; il se présente sous la forme d’une poudre blanche dont la saveur est stii gencris analogue au principe amer que contient l’eupatoire, mais en ,

même temps piquante. Elle est insoluble dans l’eau, mais soluble dans 1 éther r

sulfurique et l’alcool absolu. Elle a une réaction alcaline, elle se combine avec l’acide sulfurique et forme un sulfate qui cristallise en aiguilles soyeuses.

Extraction. — Pour obtenir ce principe, Rbigini a suivi le procédé sui- ^ vant; On fait bouillir pendant deux heures environ les feuilles et la tige d’eu- i

j patoire avec de l’eau acidulée au moyen de l’acide sulfurique. On sature ■

' par de la chaux. Le précipité obtenu est traité par l’alcool. Le liquide est ' I filtré et distillé. Le résidu évaporé constitue l’eupatorine.

' PAGINE.

; D’après Zanon, Buchner et Ilerberger, cet alcaloïde se trouve dans les faînes du hêtre. C’est un principe mal défini et dont l’existence est problématique.

' FUMARINE.

: Les nombreuses propriétés thérapeutiques de la fumeterre ont attiré

^ l’attention des savants sur cette plante; elle a été l’objet de différentes ' recherebes. Peschier, Wunkler, Demarsuy, se sont occupés de son analyse.

' Peschier a découvert l’alcaloïde qu’elle contient et auquel il a donné le nom

de fumarine.

Propriétés chimiques et physiques. - La fumarine forme des prismes rhomboïdaux à six pans; elle,est peu soluble dans l’eau, à laquelle elle com- . mimique néanmoins une réaction alcaline et une saveur amère; elle est insoluble dans l’éther, ce qui la distingue de la corydaline ; elle se dissout . facilement dans l’alcool, le chloroforme, la benzine, le sulfure de carbone, l’alcool amylique.

: L’acide azotique ne colore pas la fumarine à froid ; mais si l’on évapore

la liqueur, elle se colore en jaune brun. Avec l’acide sulfurique, elle donne un liquide violet qui brunit en présence du bichromate de potasse ou du • prussiate rouge. La fumarine neutralise les acides pour former des sels.

I L’acétate esi très soluble dans l’eau ; il cristallise en aiguilles soyeuses.

: I Le chlorhydrate et le sulfate sont moins solubles.

Le chloraurate et le chloroplatinate cristallisent en octèdres.

' Extraction. — Pour extraire la fumarine, Hannon réduit en bouillie les' j parties vertes de la plante, addilionne d’acide acétique-et fait digérer pendant quelques heures au bain-marie. La liqueur filtrée, évaporée à consistance I sirupeuse, est reprise par l’alcool bouillant qui dissout l’acétate de fumarine et l’abandonne après décoloration et évaporation.

On peut aussi exprimer le suc de la plante, l’étendre d’eau et le précipiter par l’acétate de plomb. La liqueur filtrée et traitée par de l’acide sulfurique étendu donne une solution de sulfate de fumarine. Ce dernier sel, décomposé 1 . par la potasse, donne un précipité caillebotté soluble dans l’alcool, d’où il cristallise par évaporation lente.

j GEISSOSPERMINE

1 La geissosperniine est retirée de l’écoree du Pao-Pereiro [Geissospermum I loeve, apacynées). Elle a fait l’objet d’une élude chimique de la part de 0. Ileise ■ j et d’un, travail sur son action physiologique de la part de Bochefontaine et I l'reistas.

Propriétés chimiques et physiques. - La geissosperniine est en petits |

, prismes terminés par des dômes, très solubles dans l’alcool, à peine solubles '

I dans l’eau et dans l’éther. . j

• : Les alcalis en excès ou l’ammoniaque la précipitent de ses solutions dans '

; les acides ; le précipité, d’abord amorphe, ne tarde pas à devenir cristallin; j les cristaux renferment une molécule d’eau qui se dégage à 100“; vers 160" ' l’alcaloïde fond en un liquide brun. Il est levogyre. ’ ’ ^

L’acide ^azotique concentré dissout la geissosperniine en se colorant en I

pourpre; l’acide sulfurique pur donne.au premier moment une solution iuco- ! lore qui se teinte bientôt en bleu pour redevenir incolore à la longue. L’acide j niolybdique en solution sulfurique donne de suite une coloration bleu foncé, i persistante. Cliauffée avec la chaux iodée, elle donne un sublimé léf^er et I jaunâtre. ®

Elle se combine aux acides, les neutralise et forme des sels parfaitement | definis. Le chloroplatinate est un précipité amorphe de couleur jaune pâle, i

Extraction. — L’écorce de Pereiro contient deux alcaloïdes, l’un cristalli- 1 sable et l’autre amorphe. Le premier a reçu le nom de geissospermine et le i second celui de pereirine. On retire la geissospermine de la pereirine brute au ' moyen de l’étber qui dissout la pereirine et laisse la geissosperniine. i

GELSÉMINE C^'lP^AsOl ’

La gelsémine est le principe actif du gelsemium sempervirens (loganiacées) arbuste grimpant, commun dans les terrains plats qui avoisinent la mer et les : fleuves dans la Virginie, la Caroline, la Géorgie. Elle a été découverte par i Fredrigke et étudiée au point de vue chimique par Robbins, Wormeley et, Gerrard.

Propriétés chimiques et physiques. — C’est une matière soliije, friable,! transparente, qui cristallise difficilement dans l’alcool. Elle est incolore etj inodore. Sa saveur est amère. Presque insoluble dans l’eau froide, elle se > dissout en. petites proportions dans l’eau bouillante qui se trouble par lei refroidissement en déposant un peu de gelsémine. Elle est soluble dans l’al- j cool, l’étber, le chloroforme, le sulfure de carbone.

Soumise à l’action de la chaleur, elle se ramollit à 38“ c. et fond à 45" en I . un liquide presque incolore. Chauffée sur une lame de platine, elle brûle avec j ■ une flamme jaune orange sans laisser de trace de résidu. ^

L acide azotique concentré dissout la gelsémine en prenant une coloration i d’un jaune tirant sur le vert. j

L’acide sulfurique concentré produit d’abord le même effet, mais le mélange ■' devient bientôt rouge brun, et si l’on élève la température, d’un rouge foncé ! sale. j

Si l’on ajoute du bichromate de potasse à la dissolution sulfurique, on j observe surtout à la ligne de contact une couleur'rouge cerise qui passe peu ! à peu au violet et au bleu et au bleu verdâtre. En remplaçant le bichromate | de potasse par le bioxyde de manganèse, on obtient une éclatante coloration ! rouge cerise, surtout au point de contact. Une trace de gelsémine suffit pour i produire cette réaction; elle décèle aisément 1 milligramme de gelsémine j dans 10 grammes d’acide sulfurique concentré ; elle est encore appréciable i ' dans une liqueur à 1/100,000. Si i’on opère avec de l’alcaloïde pur, la colo- j ration est assez intense pour que l’on puisse croire que l’on agit sur de la i strychnine. Mais des essais parallèles évitent cette erreur. D’ailleurs, la strych- [ nine donne un pourpre intense qui passe au rouge.

L’acide picrique donne un précipité jaune cristallin.

Les alcalis la précipitent en blanc de ses sels; le chlorure d’or la précipite ' en jaune, et le pi-écipité, qui est amorphe, est soluble dans l’eau bouillante. ‘/Le bichlorure de platine donne un précipité également jaune,soluble à l’ébul- ■ lition.

Elle s’unit aux acides et forme des sels cristallisés, fusibles vers 100®.

Le chlôrhijdi^ate est modérément soluble dans l’eau; il s’en sépare avec ^

: l’aspect d’une poudre amorphe en réalité constituée ' par des petits cristaux granuleux. L’alcool froid le dissout peu, il est beaucoup plus soluble dans l’alcool à chaud ; de ce dernier liquide, il se dépose lentement en cristaux prismatiques. On prépare de la façon suivante le chlorhydrate de gelsémine cristallisé : La poudre grossière de gelsemium est délayée dans un lait de j chaux, dé façon à former une pâte épaisse, qui est desséchée, pulvérisée et I épuisée par déplacement par de l’alcool à 90°.

L’alcool est retiré par distillation ; les liqueurs -concentrées sont filtrées ; pour séparer la résine, puis agitées avec du chloroforme.

Après un contact suffisant, le chloroforme, assez fortement coloré en jaune,

, est séparé et agité avec une solution au 100® d’acide chlorhydrique. Le chlo- I reforme se décolore, et il se forme une solution chlorhydrique limpide et I incolore.

I Celle-ci est concentrée et mise à évaporer dans un exsiccateur contenant : de l’acide sulfurique : il se forme des cristaux en aiguilles.

Le bromhîjdrate cristallise beaucoup plus aisément dans l’eau et dans l’alj cool que le chlorhydrate ; il prend' la forme de prismes.

' Le sulfate et Vazotate sont très solubles dans l’alcool et dans l’eau, et ils cristallisent par l’évaporation.

I Extraction. — On connaît plusieurs méthodes pour extraire la gelsémine ; les méthodes Robbyns, Gerrard et Wormeley sont les plus suivies.

Méthode Robbyns. — On épuise la racine de gelsemium mise en poudre grossière par un mélange d’alcool et d’eau. L’extrait liquide concentré laisse •déposer une matière résineuse. On filtre et on ajoute de facétate basique de plomb tant qu’il y a précipité. On filtre de nouveau et on débarrasse la liqueur ^ du plomb dissous par un courant d’hydrogène sulfuré, puis on Fagite avec de Féther pour lui enlever les dernières traces d’une matière qu’elle retient et qui présente toutes les propriétés de Fesculine. On ajoute de la potasse jusqu’à ; réaction alcaline... Il se dépose un léger précipité floconneux qu’on recueille sur un filtre, on le lave èt on le dissout dans l’acide chlorhydrique. La solu- . tion filtrée et additionnée de potasse est agitée pendant quelque temps avec de Féther qui,' évaporé spontanément à l’air, laisse déposer la gelsémine.

Procédé Gerrard. — On épuise par l’alcool la racine de gelsemium parfai-' tement pulvérisée. On distille pour recueillir 1 alcool. Le résidu forme un extrait mou qui se divise en deux couches. La couche supérieure, dérouleur verte, avant l’aspect d’une oléo-résine, est éliminée. La couche inférieure est ^ étendue d’eau. On filtre pour enlever les dernières traces de résine et on ajoute une quantité suffisante d’acide chlorhydrique. On évapore jusque \ers 60° centigrades. On additionne d’ammoniaque et on agite avec de Féther. La , liqueur éthérée contient la gelsémine ; cette liqueur possède une magnifique fluorescence qu’elle doit à de l’acide gelséminique. Onia laisse à Fair afin qu’elle puisse perdre une partie de son ammoniaque et on ajoute, par petites portions, de l’acide chlorhydrique, en agitant le mélange jusqu’à ce que la fluorescence : ait disparu, ce qui indique que tout l’alcaloïde a été enlevé à Féther. Le chlor- . hydrate de gelsémine ainsi obtenu, décomposé de nouveau par la pota.sse,

; donne la gelsémine pure.

i Procédé Wormeley. — 100 grammes de poudre de racine sèche sont mis . ‘ en macération pendant deux jours dans 400 centimètres cubes d’un mélange 1 à parties égales d’eau et d’alcool (D=0,815), que Fon acidulé légèrement avec I de l’acide acétique, et que Fon chauffe et agite. On passe le liquide dans un j linge, on lave la partie solide avec de l’eau alcoolisée, on réunit les deux

, liquides. Ôn évapore à 200 centimètres cubes et on laisse déposer la matière ; résineuse. On filtre, on concentre à 80 centimètres cubes,-et, au besoin, on filtre de nouveau.

On extrait l’acide gèlséminique que contient le liquide concentré précédent, encore acide, par l’étlier, en employant ^trois à quatre volumes d’éther en j deux ou trois fois. Après l’extraction de c,et acide, on chasse féllier par une douce chaleur, on rend le liquide un peu alcalin par une addition de soude caustique ou carbonatée, on traite le tout par l’éther. L’alcaloïde obtenu par 1 évaporation de l’éther est redissous dans 12 centimètres cubes d’eau acidulée : par 1 acide chlorhydrique, la liqueur filtrée est traitée par un léger excès de ' soude caustique, qui donne lieu à un dépôt assez considérable d’alcaloïde blanc, que l’on recueille sur un filtre et lave à l’eau pure. Le reste de l’alca- , loïde est retiré du liquide filtré par le chloroforme.

La racine sèche donne ainsi 0.25 p. c. de erelsémine.

GLAUCINE.

Cet alcaloïde existe dans les feuilles du glaucier jaune, glaucium Luteuin, papavéracées. Il a été isolé par Probst en- 1839 .

Propriétés physiques et chimiques. La glaucine se sépare de sa solution aqueuse sous forme de croûtes cristallines, composées de paillettes nacrées. Lorsqu’on la précipite de ses sels par l’ammoniaque, ellé prend , l’aspect d’une masse poisseuse; elle revêt le même aspect lorsqu’elle dépose | de sa solution éthérée. .

Elle possède une saveur acre et amère; elle fond au-dessus de 100” en un liquide huileux. Une température élevée la décompose.

Elle prend une couleur violette avec l’acide sulfupique concentré ; par l’addition de l’eau, il se forme une solution d’un rouge foncé où l’ammoniaque produit un précipité bleu indigo.

L’acide azotique la décompose promptement.

Elle bleuit le tournesol rouge et se combine avec les acides pour former ' des sels. • r

r Le chlorhydrate cristallise en aiguilles soyeuses, qui prennent à la lumière ^ une teinte rougeâtre. Il est très soluble dans l’eau et dans l’alcool'et insoluble dans l’éther.

Le s’obtient facilement en cristaux. Comme le chlorhydrate, il est très soluble dans l’eau et dans l’alcool.

Extraction. — On prend les feuilles vertes qui sont broyées. On exprime le suc que l’on clarifie, et on ajoute de l’azotate de plomb; , on,filtre, et au moyen de l’hydrogène sulfuré on enlève l’excès de plomb. A la liqueur claire on ajoute une décoction d’écorce de chêne. Le précipité renferme la glaucine. On le lave, on l’exprime et on le mêle encore humide avec de la chaux. ! On épuise le mélange à une douce chaleur par l’alcool. On fait passer uni courant de gaz carbonique dans la solution pour enlever la chaux, on filtre, on chqsse l’alcool par évaporation, on lave le résidu à l’eau froide.

Ce résidu, qui est de la glaucine impure, est repris par l’eau bouil-j lante, qui, en refroidissant, laisse déposer la glaucine en croûtes cristal- 1 Unes. I

GLAUCOPICRINE. i

La glaucopicrine a été isolée par Probst; elle est contenue dans la racine 1 du glaucier. Cette plante renferme deux bases parfaitement distinctes, la : glaucopicrine dans les racines et la glaucine dans les feuilles. ’ |

, Propriétés physiques et chimiques. — Elle se présente sous forme de cris- ' taux grenus inaltérables à l’air, solubles dans l’eau à chaud et dans l’alcool, i moins solubles dans l’éther ; elle possède une saveur très amère; chauffée avec ^

1 acide sulfurique concentré, elle donne un produit poisseux vert foncé. Elle ; bleuit le papier de tournesol et forme avec les acides des sels généralement f cristallisés.

Le chlorhydrate s’obtient en tables rhomboïdales ou en prismes greupés en faisceaux, solubles dans l’eau, insolubles dans l’éther.

Le sulfate et le phosphate se présentent sous forme cristalline.

Extraction. — On pulvérise grossièrement la racine et on l’épuise par Tacide acétique. Le liquide recueilli est filtré et précipité par l’ammoniaque.

La base impure est redissoute dans l’acide acétique et la solution additionnéed’une décoction d’écorce de chêne. Le nouveau précipité est lavé et délayé avec de la chaux dans l’alcool, on chauffe doucement et on filtre. On sépare la chaux par un courant de gaz carbonique dirigé dans la solution alcoolique, ou chasse falcool par distillation et on évapore le résidu. On l’épuise par féther bouillant, on évapore la solution éthérée ; le résidu est de la glaucopicrine qu’on puriQe encore en la lavant avec un peu d’éther froid. Enfin, on fait cristalliser la glaucopicrine dans l’eau bouillante.

GLEDITSCHINE.

Les gousses du féyier [gleditschia triacantha), arbre épineux pouvant atteindre vingt mètres de hauteur et appartenant à la famille des légumineuses, contiennent, d’après Lautenbach, un alcaloïde auquel il a donné le nom de gléditschine.

Propriétés physiques et chimiques. — ■ L’alcaloïde se présente sous l’aspect d’un corps résinoïde pulvérulent; insoluble dans leau, il est soluble ' dans falcool. Il neutralise les acides et forme, avec les acides acétique, chlorhydrique, sulfurique et tannique, des sels cristallisables en forme rhomboïde.

1 GNOSGOPINE.

Propriétés chimiques et physiques. — La guoscopine est un alcaloïde de I l’opium. Elle a faspect de longues et fines aiguilles lorsqu’elle est obtenue après plusieurs cristallisations dans l’alcool bouillant ; elle est insoluble dans l’eau, fessence minérale, falcool amylique, les solutions de soude caustique, i^aqueuses ou alcooliques; elle se dissout dans 1,500 parties d’alcool froid ;

I elle est soluble dans le chloroforme et le sulfure de carbone et faiblement. dans le benzol. Sous l’influence de la chaleur, elle fond vers 233°. A une ' plus haute température, elle brûle avec une flamme fuligineuse et laisse un résidu de charbon qui disparaît lentement à une température plus élevée.

' Elle se dissout dans facide sulfurique pur en le colorant en jaune clair i qui passe au rouge carmin par une addition d’acide azotique, et cette colorai tion est durable. Cètte réaction sert à différencier la gnoscopine de la rhœdine qui donne la coloration rouge par le seul contact de facide sulfurique ou chlorhydrique.

La gnoscopine se combine avec les acides. Les sels cristallisent très bien I et ont une réaction acide. •

Le chlorhydrate cristallise en prismes ayant l’éclat du verre, qui perdent leur eau de cristallisation à une température modérée ; sa solution donne un t précipité cristallin de couleur chamois par le bichlorure de platine et un précipité blanc par fiodure de mercure et de potassium.

L’analyse élémentaire de la gnoscopine conduit à la formule Préparation. — La gnoscopine est extraite des eaux mères de la préparai tion de la narcéine.

GÜACIIAM.4NINE.

i Propriétés chimiques et physiques. — La guachamanine est retirée du: 1 cjuachamaia toxifera, appartenant à la famille des apocynées. Elle a été découverte par Sachs.

La guachamanine forme une masse amorphe, jaunâtre, cornée, résinoïde. Sa saveur est très amère ; soluble dans l’eau, elle est complètement insoluble dans falcool absolu. Sa réaction est alcaline; elle s’unit aux acides pour former des sels qui sont incristabisables.

Elle forme un précipité caractéristique quand on la traite par le phosphate de tungstème. Elfe précipite par les divers réactifs des alcaloïdes.

GUARANINE. ■

a guaranine a été découverte par Théodore Martins, en 1826 Elle est retirée du PaulUnia smMis, de la famille des Sapindaeées. Le PauUmia mrest un arbrisseau grimpant qui se trouve principalement au nord du Brésil, sur les bords de la rivière des Amazones.

Pt"-" »e présente sous

ouppes Wauches.ou en faisceaux brillants. Elle a tous les caractères de la

et semble complètement identique avec elle; mêmes propriétés, même '

composition, mêmes équivalents chimiques. Ce que nous avons dit de la caféine s’applique entièrement à la guaranine au point de vue chimique.

Dosage. Snow a fait connaître une méthode d’essai qui a la plus grande ressemblance avec la méthode d’essai de la noix vomique, recommandée par Lyons. Voici en quoi elle consiste : Introduire 5 grammes de guarana dans un petit flacon d’environ 100 c. c. de capacité, puis 44 c. c. de chloroforme, boucher et agiter, puis ajouter 6 c. c. *d’un mélange de 6 volumes d’alcool et 1 volume d’une solution concentrée d’ammoniaque, agiter fréquemment pendant plusieurs hèures et laisser reposer pendant une nuit. Filtrer rapidement sur un filtre de 108 millimètres de diamètre, recevoir le. liquide filtré.dans un vase gradué jusqu’à 40 c. c. correspondant à 4 grammes de matière, évaporer le chloroforme, traiter le résidu avec un peu d’eau, filtrer à travers du coton, puis au papier, en faisant servir les eaux de lavage du premier filtre au lavage du second. Le lavage doit être prolongé tant que le liquide filtré est précipitable par l’acide,phosphomolybdique. Le liquide filtré qui mesure ordinairement 40 à SO c.c., est placé dans un séparateur et lavé avec du chloroforme employé en petites quantités jusqu’à ce que le liquide aqueux ne soit plus précipitable par l’acide phosphomolybdique ' En général, deux lavages sont suffisants. On évapore la solution chlorofor- 1 mique dans un verre taré, on dessèche le résidu à 100“, on laisse refroidir ! et on pèse de nouveau. En multipliant par 2S le poids exprimé en grammes,’ 1 on a le pourcentage d’alcaloïde.

Voici un autre.procédé. On évapore à siccité 5 c. c. d’extrait fluide avec' environ 30 grammes de litbarge en poudre, on'introduit le tout dans un fla- ' con de 120 à ISO.c. c. de capacité, on ajoute 100 c. c. de chloroforme, on agite pendant trois à quatre heures, puis on filtre au papier avec un peu de i magnésie destinée à fixer les parcelles de matière insoluble en suspension dans : le liquide. 80 c. c. du liquide filtré correspondant à 4 c. c. d’extrait fluide 1 sont évaporés à siccité, desséchés pendant une demi-heure à 100". Le résidu ' est pesé froid. En multipliant par 25 le poids du résidu sec exprimé en i grammes, on a le pourcentage d’alcaloïde. . '

Extraction. — Greene a fait connaître le procédé suivant : Le guarana I finement pulvérisé est intimement mélangé avec 3 fois son poids de ' htharge en poudre fine. On fait bouillir ce mélange avec de l’eau distillée : jusqu’à ce qu’en cessant momentanément l’ébullition, le précipité se rassemble I rapidement au fond du vase et le liquide qui surnage soit clair et incolore. ! 15 grammes de guarana exigent à peu près une pinte (567 grammes) d’eau ' distillée. L’ébullition a besoin d’être maintenue pendant plusieurs heures pour j qqe le liquide remplisse la condition précédente, aussi faut-il de temps en temps remplacer l’eau évaporée. On laisse refroidir le liquide, on le décante ^ on filtre; cela fait, on reçoit le précipité sur le filtre et on lave ce précipité à I l’eau distillée bouillante, tant que le liquide filtré est précipitable par l’acide 1 phosphomolybdique ou par les chlorures d’or et de platine. Après quoi, on ' précipite le plomb du liquide filtré par un courant d’hydrogène sulfuré et ^

I on sépare le sulfure de plomb par une nouvelle filtration. La solution est j évaporée au bain-marie, filtrée pour enlever un léger dépôt de soufre, enfin I concentrée et abandonnée à la cristallisation. La guaranine cristallisée, ! exprimée entre des feuilles de papier à filtre, est d’un blanc parfait. On lui

I fait subii’ une seconde cristallisation. Les eaux mères concentrées donnent un i nouveau dépôt de guaranine cristallisée, qu’une nouvelle cristallisation dans'

I l’alcool affaibli et bouillant rend incolore et parfaitement pure.

' Ce mode opératoire a donné un rendement de 5.05 de guaranine pour ' 100 de guarana.

j Bochefontaine et Gosset-préconisent le procédé suivant : i On triture 100 grammes de guarana réduit en poudre fine avec 1 granime I de magnésie calcinée, puis le tout est humecté avec un peu d’eau.

La pâte, grise au moment du mélange, est abandonnée à elle-même pen- I dant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, elle a pris une couleur ! rouge acajou caractéristique.

1 On l’épuise alors en trois fois dans une allonge au moyen de 4-0 grammes i de chloroforme bouillant.

' Le choroforme, chargé des principes qu’il a dissous, est distillé à la I trompe.

i On dissout avec l’eau bouillante l’alcaloïde encore impur attaché aux j parois du ballon sous forme d’un dépôt blanchâtre, en grande partie composé ! de cristaux. On filtre et l’on soumet à l’évaporation sur l’acide sulfurique, j On obtient ainsi, après plusieurs cristallisations successives, de magni- !fiques cristaux incolores, acidulés, soyeux, qui se rassemblent en belles j houppes blanches ou en faisceaux brillants. Par cette méthode, on obtient '4.50 grammes environ de guaranine pure pour 100 grammes de guarana. GYMNOCLADINE.

i La gymnocladine existe dans le Gymnoeladus dioica ou chicot du Canada,

! grand arbre qui croît dans l’Amérique boréale et appartient â la famille des i légumineuses.

I Les graines de cet arbre portent, aux États-Unis, le nom de coffee-becin, et I l’arbre lui-même est désigné sous le nom dè coffee-trea, parce que, lors-. ‘ qu’elles sont torréfiées, elles peuvent être employées aux mêmes usages que : le café.

I L’histoire chimique de la gymnocladine est à faire. Les recherches qui ont i été exécutées demandent une étude sérieuse qui fera la lumière sur cette ! substance toxique.

i HARMALINE.

La harmaline est contenue dans les graines du Peganum harmala (rutacées) à l’état de phosphate probablement. Découverte par Gœbel en 1837, elle a été étudiée successivement par Will et Warentrap et par Fritzsche

Propriélés chimiques et physiques. - La harmaline est blanche à l^at de pureté, mais elle se présente souvent avec une teinte jaune ou brunat.e Pour la purifier, on met l’alcaloïde en suspension dans l’eau, on dissout presque entièrement par l’acide chlorhydrique et on filtre la solution du chlorhydrate. La partie non dissoute de la base retient la matière colorante. La solution étendue d’eau est précipitée de nouveau par le chlorure de sodium ou l’acide chlorhydrique; le chlorhydrate qui se sépare est lave au se , marin puis redissous dans l’eau, traité par le charbon animal et finalement 1 additionné de potasse caustique. La harmaline se «^pare parfaitement pure 1 Elle est peu soluble dans l’eau et dans l’éther, assez soluble dans 1 alcool ; froid, très soluble dans l’alcool bouillant. Elle cristallise dans ce dernier ! liquide en octaèdres à base rhombe. Elle colore la salive en jaune.

Soumise à faction de la chaleur, elle fond en répandant des vapeurs blanches et en se charbonnant. Dans un tube, elle donne un sublimé blanc et farineux. Les oxydants la transforment en harmine ; ils la convertissent aussi en une matière colorante rouge, insoluble dans Peau et soluble dans l’alcool.

Sous finfluence de l’acide azotique concentré, elle donne un dérivé nitré, la nitroharmaline. Cette base est très peu soluble dans feau froide, qu’elle

colore cependant en jaune ; peu soluble dans l’éther froid, plus soluble dans 1 éther chaud. Elle se dissout bien mieux dans l’alcool que la harmaline ou la' harmine. Elle est légèrement soluble dans les liqueurs alcalines et' soluble dans les huiles grasses ou essentielles.

Dissoute à chaud dans le naphte, elle dépose . par refroidissement en aiguilles jaune clair qui paraissent contenir 5 à 6 p. c. de naphte combiné.

Elle fond vers 120°, en une masse brune qui cristallise par refroidissement; à chaud, elle déplace l’ammoniaque des sels ammoniacaux.

L acide azotique la transforme en nitroharmine. Elle se combine aux acides 'et forme des sels jaunes et cristallins.

L’acide cyanhydrique se combine avec la harmaline pour former l’hydrocyanbarmaline qui se présente en cristaux rhombiques plats quand on la prépare au moyen de l’alcool. Ces cristaux ne s’altèrent ni dans le vide, ni dans lair sec; ils supportent sans s’altérer une température'de 100 °; on peut même élev'er la température au-dessus de 100 ° sans décomposer cette base; à 180°, elle se dédouble en acide cyanhydrique et harmaline. ^Cette décom-' position en présence d’eau et d’alcool s’effectue à la température d’ébullition de ces liquides. i

L’acide nitrique à l’ébullition agit sur une solution d’iiydrocyanharmaline ; ' il donne une liqueur pourpre qui dépose par refroidissement des granulations rouges amorphes, que l’ammoniaque colore en vert.

Le chlore, dégagé par un mélange d’acide chlorhydrique et de chlorate de potasse, la transforme en un produit résineux. En présence de ces acides, ! l’hydrocyanharmaline se conduit comme une base et forme des sels peu stables.

La harmaline forme avec les acides des sels jaunes, fort solubles et cristallisables.

L azotate se présente sous l’aspect d’aiguilles cristallines faciles à obtenir et peu solubles dans l’eau froide.

Le chlorhydrate est en longues aiguilles jaunes et prismatiques, assez solubles dans l’eau et dans l’alcool.

Le sulfate se prend dans le vide en.masses radiées; avec un excès d’acide sulfurique, il se forme des aiguilles fort solubles.

Extraction. — On-pulvérise grossièrement les graines et on les traite dans un appareil à déplacement par de l’eau aiguisée d’acide sulfurique ou d’acide i acétique. !

On ajoute à l’extrait une solution de sel marin : les chlorhydrates des alca- ; loides du péganum étant au nombre de deux, la harmine et la harmaline, insolubles dans ce liquide, précipitent en retenant de la matière colorante. Ce précipité est séparé et lavé ; par dissolution dans l’eau et filtration, une partie , e la matière colorante est éliminée ; une addition de noir animal à la liqueur ; donne une solution incolore d’où l’ammoniaque précipite, en chauffant à ! 50°-60° tes alcalis purs. Par addition d’ammoniaque, la harmine précipite | d abord, la harmaline ne précipite qu’ensuite. ■ i

La harmine est alors en aiguilles microscopiques, et la harmaline sous ' forme de feuillets. i

On peut employer avec avantage l’azotate de soude plutôt que le chlorure ' de sodium, les nitrates des alcalis étant moins solubles que les chlorhydrates ^

On retire par ce procédé de 2.6 à 2,8 p. c. de harmaline. ’ i

, HARMINE. !

Xa harmine a été retirée par Fritzsche des graines du Peganum harmala I ou elle existe en plus petite quantité que la harmaline. j

Propriétés chimiques et physiques. — La harmine cristallise en prismes ' ihomboidaux; elle est presque insoluble dans l’eau, très peu soluble dans'

e e lei à froid, l’ar 1 ébullition, elle déplace l’ammoniaque des sels ammoniacaux. • i

' ' Sous rinfluenre du chlore, elle forme un composé nouveau, la dichlorhar-l

• mine, qui se présente en cristaux aiguillés. Ce composé est presque insoluble ■ dans l’eau froide, très légèrement soluble dans la soude. Il se dissout bien : dans l’alcool, l’éther, le sulfure de carbone et la benzine.

Les sels qu’il forme sont généralement très peu solubles en présence ! d’un excès d’acide.- Ils sont très peu stables et se décomposent partielle I ment.

On connaît un dérivé nitré de la barmine, la nüroharmine, mais ce com- : posé n’a pu être obtenu par l’action de l’acide azotique sur la barmine; il : dérive de l’action de cet acide sur la harmaline.

I La barmine forme avec les acides des sels incolores; leurs solutions étenj dues-sont bleuâtres; concentrées, elles sont jaunes.

! L'azotate est. en aiguilles incolores, peu solubles dans l’eau froide, moins : solubles encore dans l’eau additionnée d’acide azotique.

Le chlorhydrate se présente sous forme d’aiguilles cristallines, /solubles j dans l’eau et dans l’alcool.

Extraction. — On prépare la barmine en suivant le procédé qui sert à ] obtenir la harmaline,. les deux bases étant à l’état de chlorhydrate. La bar- ’ mine précipite la première par addition d’ammoniaque ; le précipité est formé i d’aiguilles."

j On peut aussi l’obtenir en oxydant la harmaline. A cet effet, on chauffe le 1 bichromate de harmaline au delà de 120”; il se décompose subitement avec i production de barmine, dont une partie se volatilise et l’autre se condense en ■j cristaux. Mais il est préférable de chauffer la harmaline avec un mélange à parties égales d’acide chlorhydrique et d’alcool, additionné d’un peu d’acide nitrique. On porte à l’ébullition et la transformation de la harmaline en barmine est bientôt effectuée : on refroidit donc la liqueur et il se sépare une grande quantité de fines aiguilles de chlorhydrate de barmine.

i IIÉLIOTROPINE.

L’héliotropine existe dans l’Heliotropium europceum ; elle a été isolée par : J.-A. Battandier.

Propriétés chimiques et physiques. — L’héliotropine se présente sous forme I de lamelles cristallines ou de prismes paraissant appartenir au système rhom- 1 boïdal oblique. Elle est facilement soluble dans l’eau ordinaire et dans l’eau acidulée. Elle a une forte réaction alcaline et se combine aux acides pour former des sels. Soumise à l’action de la^chaleur, elle brûle avec l’odeur delà corne, en laissant un charbon volumineux et boursouflé. Elle est précipitée de ses sels sous forme huileuse par la potasse. La solution de ses sels brunit comme celle des sels de conicine ou de nicotine; elle est d’une amertuine au moins égale à celle de la quinine; elle donne admirablement toutes les réactions des alcaloïdes.

Extraction. — On fait bouillir les plants d’héliotrope avec de l’eau acidu- I lée d’acide chlorhydrique, on évapore cette décoction en consistance siru-

HOMOQUININE.

! L’homoquinine a été découverte simultanément par Howard et Hodgkin. Elle a fait de la part de Hesse l’objet d’une étude particulière. Elle existe

î dans les cpiina cuprea. Elle cristallise dans l’éther aqueux en prismes aplatis j ou en lamelles, selon que les cristaux contiennent 1 ou 2 molécules d’eau.

, Elle est facUement soluble dans l’alcool et le chloroforme et peu soluble dans i l’éther. Sa solution sulfurique est fluorescente. Le chlore et l’ammoniaque la i colorent en vert, comme la quinine ; elle se combine aux acides et donne des i sels généralement cristallisés.

; Le chlorhydrate est très soluble dans l’eau.

i Le sulfate basique se présente en petites aiguilles cristallines peu solubles ^ dans l’eau et dans l’alcool.

hydrastine. * ’

L’hydrastine est contenue dans la racine de YHydrastis canadensis, plante de lafomille des renonculacées. Reconnue en 1851 par Durand, de Philadelphie, elle a été successivement étudiée-par Perrins, de Worcester, Mahla de Chicago, Lloyd, de Cincinnati, Kraut et Power.

Propriétés chimiques et physiques.— L’hydrastine pure est en cristaux ^ incolores pouvant atteindre une longueur de 8 à 10 millimètres ; ces cristaux ’ appartiennent au système orthorhombique ; ils sont anhydres. Soumis à l’action de la chaleur, ils fondent à 132" c.

Insoluble dans l’eau et la benzine du pétrole, peu soluble dans l’éther et 1 alcool froid, elle se dissout dans le chloroforme et les acides dilués.

L’ammoniaque précipite la solution chlorhydrique en blanc et le précipité est légèrement soluble dans un excès d’ammoniaque. Cette même solution est précipitée par l’iodure de potassium, l’iodure de mercure et de potassium, le ferrocyanure de potassium, le chlorure mercurique, l’acide picrique le chlorure d’or, etc.

En faisant réagir l’hydrogène naissant sur l’hydrastine, on a obtenu l’hydro- ' hydrastine. •'

L'hydrasline se combine avec Hode, avec le brome'; le composé iodé est cristallisable.

^ D’après Lyons, l’hydrastine peut être dosée volumétriquement par le reactif de Mayer, dont chaque centimètre cube précipite environ 30 milligrammes d’hydrastine d’une solution à 1/200. Si la solution est un peu plus concentrée, l’équivalent .est un peu plus fort, et si elle est moins concentrée 1 équivalent est un peu plus faible.

L’acide sulfurique ne se colore qu’en jaune faible au contact de l’hydrastine pure. Si l’on chauffe, le mélange devient d’un bleu pourpru foncé. Si l’acide sulfurique contient des traces d’acide nitrique, la coloration est jaune et rouge orange, si l’acide azotique atteint la proportion de 1 / 1,000 ; au delà de cette proportion, le mélange est orange, puis rouge pâle.

L'acide azotique pur donne une coloration orange qui est'stable. Eu ajou- ' tant de l'eau, le résidu Insoluble se dissout en produisant une fluorescence ■ bleue intense. ;

Dissoute dans l’acide sulfurique concentré avec un peu de bioxyde de manganèse, l’hydrastine donne lieu à une coloration orangé pâle qui devient ^ rouge cerise foncé, et finalement jaune orangé pâle. Cette réaction est carac- ’ teristique.

L’hydrastine, additionnée d’acide sulfurique, puis d’iodate de baryum, produit une poloration orangée qui devient cramoisie, puis d’un rouo-e de sang, enfin orangée pâle. Le bichromate de potassium dans les mêmes clr-' constances produit les mêmes colorations, mais moins intenses. Le permanganate de potassium conduit aux mêmes colorations finales, mais elles sont plus fugaces.

Les soluüons d'hydrasline sont précipitables par le bichromate de pelassmm ; 1 ac.de sulfurique rougit instantanément le précipité. Cette coloration pâlit très rapidement.

L’acide sulfomolybdique produit une coloration verte qui, peu à peu devient brune et pâlit. ^ ’ î

L’hydrastine se combine avec les acides.

Le chlorhydrate est incristallisable. Le sulfate est amoi-phe. On a obtenu ’ également l’acétate, le citrate, etc.

Extraction. ~ La poudre à’Hydrastis canadensis humectée d’alcool est convenablement tassée dans un percolateur et soumise à l’action de l’alcool jusquà épuisement. Au liquide, on ajoute de l’acide sulfurique en grandi excès et apres quatre heures de repos, on enlève le sulfate de berbérine formé '

On-filtre le liquide qui reste, et on ajoute de l’ammoniaque de manière à

* laisser une légère réaction acide ; on sépare le sulfate d’ammonium, puis par distillation, le liquide est concentré en consistance sirupeuse, et le résidu versé : dans 10 fois son volume d’eau froide. Après vingt-quatre heures de repos, on I fdtre pour séparer les substances résineuses, les huiles; le liquide fdtré est une ' ! solution impure de sulfate d’hydrastine. On ajoute de l’ammoniaque en excès ' notable ; ou recueille l’hydrastine impure qui se dépose et dn la dessèche ;

I on met ce produit impur en macération dans 100 fois son .poids d’eau froide rendue légèrement acide par l’acide sulfurique, et l’on fdtre au bout de vingti quatre heures. On précipite de nouveau le liquide fdtré avec de l’ammoniaque i en excès; on sépare le précipité et on le dessèche. Ce précipité est pulvérisé I ; et traité par l’alcool bouillant, qui dépose en refroidissant des cristaux jaunes i ^ d’hydrastine impure. On purifie le produit par des cristallisations répétées i I dans l’alcool.

■ j HYDROQUININE. .

L’hydroquinine a été découverte par Heise en 1882 dans les eaux mères j de la fabrication du sulfate de quinine. 11 a publié un mémoire très complet ! sur cette substance.

i Propriétés chimiques et physiques. — L’hydroquinine, précipitée de son ' ! sulfate par la soude, est d’abord amorphe, mais devient peu à peu cristalline ;

I sous cette dernière forme, elle retient de l’eau de cristallisation qu’elle perd à ; ( 115”. Dans le chloroforme, elle cristallise anhydre, elle est très soluble dans i l’alcool, le chloroforme, la benzine, l’éther, le sulfure de carbone, l’acétone ! aqueuse, l’ammoniaque ; elle èst insoluble dans l’eau et les oxydes alcalins ; i soumise à l’action de la chaleur, elle fond à i 68" en brunissant. Elle bleuit le ! tournesol rouge par un acide. Sa saveur est amère.

s La solution^ulfurique présente la même fluorescence bleue que la quinine i et fournit comme cette dernière une coloration verte intense par le chlore et I l’ammoniaque ; elle se distingue de la quinine parce qu’elle ne décolore que I très lentement le permanganate de potasse.

Chauffée eu vase clos entré 140 et 150” pendant six heures avec 8 fois son poids d’acide chlorhydrique de densité 1.125, l’hydroquinine se transforme en hydrocupréine. Cette dernière base esLtrès soluble dans l’éther, le chloroforme et l’alcool, un peu soluble dans l’eau, plus soluble dans le même liquide chargé d’arnmoniaque et surtout de potasse et de soude. En présence des alcalis caustiques, l’éther ne l’enlève pas à la solution aqueuse. Le contraire se produit en présence de l’ammoniaque. Ses solutions salines ou sa solution alcoolique se colorent en brun foncé par le perchlorure de fer ; elle ' i fond entre 168 et 170°, est très, alcaline, et forme avec les acides des sels : généralement cristallisés qui se colorent en vert par l’ammoniaque et le chlore et résistent à l’action du permanganate. La solution sulfurique nest pas fluorescente.

i L’hydroquinine forme, comme la quinine avec les acides, trois sortes de sels : un sel basique, un sel neutre et un sel acide. Ces sels présentent en général la même solubilité que les sels correspondants de quinine.

Préparation. — Pour se procurer l’hydroquinine, on traite les eaux mères du sulfate neutre de quinine, eaux mères que l’on produit en grande quantité dans la fabrication du sulfate de quinine pur et qui retiennent la totalité de l’hydroquinine. On les neutralise exactement; on recueille le sel basique qu’elles abandonnent ; on transforme celui-ci en sel neutre qu’on fait cristalliser, et on répète sur les nouvelles eaux mères le même traitement que sur ; les premières. Après plusieurs opérations semblables, pratiquées nécessaire- I ment à l’origine sur de grandes quantités de matière, on obtient un sulfate de quinine basique pouvant contenir plus de 30 p. c. de sulfate d hydroquinine.

On le met en solution dans un excès d’acide sulfurique dilué, et on ! élimine la quinine en ajoutant du permanganate de potasse, qui l’oxyde; on

filtre la liqueur; on la sursature par la potasse et on l’agite avec de l’éther, ' du chloroforme ou de la benzine, qui enlèvent l’hydroquinine. On agite là solution éthérée, chloroformique ou benzinique avec de l’acide sulfurique dilué; on neutralise la liqueur sulfurique concentrée, et le sulfate basique d hydroquinine cristallise par refroidissement. On le purifie par des cristalli- ; sations répétées dans l’eau bouillante et on précipite la base par la soude. ;

HYOSCINE.

Landenburg, en 1881, a fait connaître cette nouvelle base. A l’état de : pureté cest un corps sirupeux presque solide. Il accompagne l’iiyosciamine : dans la jusquiame et reste dans les eaux mères au sein desquelles l’hyoscia- '

, mine sest déposée lentement. Chauffée à 100" avec de l’eau de baryte, elle

se dédoublé en acide tropique et en une base bouillant à 241-243", sôlidi- ' fiable par le refroidissement et isomérique avec la trôpine, c’est la ’pseudotropine. ^

L'iodure de mercure et de potassium donnent avec le chlorhydrale d'Iivos- ' mine de solution diluée légèrement acide, un précipité amorphe jaune clair le ' chlorure de mercure, un précipité amorphe ou huileux ; riodure de potassium iodé, un corps huileux noir; le ferrocyanure de potassium, un précipité blanc amorphe. Elle se combine avec les acides. Les principaux sels sont les :

SUlNîlUtS I i

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soluble dans 1 eau que le même sel d’iiyosciamine

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Prépurufton. On prépare rhyoscine à l’état de pureté, en prenant le, eaux mères de la préparation de l’hyosciamine alors qu’elles ne donnent plus de cristaux de cette base. Ou transforme en cliloraurates les bases qu’elles 1 P aient renfermer. Ces chloraurates sont cristallisés au moyen de l’eau i

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dhyoscine, on dégage la base par les procédés ordinaires. !

IIYOSCIAMINE C^fPAaO®. ^

L’hyosciamine a été découverte par Brandes en 1820. Elle a fait l’objet de nombreuses recherches de la part de Runge, Geiger, Hesse, Hôhn Reichardt, Landenburg, etc. ' '

Elle existe dans la jusquiame, Eyosciamus niger, dans la belladone, : -Atropa belladona, dans le Dubosia myoporoides, dans le Datura stramonium, ! où elle domine. ’ j

D’après Landenburg, cet alcaloïde est identique à la dalurine et à la duboisine, et isomérique avec l’atropine. j

Propriétés chimiques et physiques. - D’après Geiger et liesse, l’hyosciamine se présente sous la forme d’aiguilles soyeuses groupées en étoiles très ’ solubles dans l’alcool et l’éther. Il est très difficile de l’obtenir sous cet état ‘ Grand nombre de chimistes ont vainement cherché le, moyen de l’obtenir ‘ ainsi cristallisée. D’habitude, elle se. présente sous l’apparence d’une poudre i cristalline légère. Dans le commerce, elle forme une masse incolore et vis- '

, queuse, elle se sépare de sa solution hydroalcoolique en petites aiguilles mal ! formées. Elle n’a pas d’odeur lorsqu’elle est bien sèche. Sa saveur est âcre et i désagréable. Elle est plus soluble dans l’eau et l’alcool dilué que l’atropine, i Elle.mest pas volatile à la température ordinaire, mais à mesure que la tem- ! pérature s’élève, elle fond d’abord à une douce chaleur, puis elle se volati- ' lise en se décomposant en partie. Son point de fusion a été fixé à 108 5 ^ -

Les .reactions de l’hyosciamine sont à rapprocher de celles de l’atropine. !

C est ainsi que sous l’influence de la baryte hydratée ou de l’acide chlorhy.;|

' drique, l’hyosciamine se dédouble en Iropine et en acide liyoscLque, cet acide élant identique avec l’acide tropique, i

L’hyosciaraine et l’atropine diffèrent par leur point de fusion. Nous avons vu que l’hyosciamine fond à 108.5 ; l’atropine ne fond qu’à 113.5.

Le chloraurate d’atropine fond à 135% tandis que le chloraurate d’hyos- i i ciamine n’entre en fusion qu’entre 159 et 160”.

Cette base est précipitée par l’iode en brun ; l’infusion de noix de galle y :

1 fait naître un précipité blanc, le chlorure d’or un précipité blanc jaunâtre; : le chlorure de platine ne la précipite pas.

; Lorsqu’on chauffe, en proportions équivalentes, l’acide tropique dérivé de : l’hyosciamine et l’atropine dérivée de la même base., en présence d’acide i chlorhydrique étendu, on régénère non de l’hyosciamine, mais de l’atropine.

I De même quand on chauffe de la tropine dérivée de l’atropine et de l’acide ! hyoscique, on régénère de l’atropine.

: L’atropine et l'hyosciamine fournissent donc des produits de dédoublements

I identiques, et les deux alcaloïdes étant certainement isomères, il en résulte ■ i que l’isomérie doit être attribuée, dans ce cas particulier, à la position réci- : î proque des groupements, et non à des groupements de nature différente. ‘

I ! Un seul sel d'hyôsciamine a été bien étudié, c’est le chloraurate. j j Les alcalis minéraux altèrent l’hyosciamine.

I L’acide azotique concentré la dissout sans coloration ; l’acide sulfurique Ja ;

, j brunit. ;

!* La réaction de l’hyosciamine est très alcaline; elle neutralise complètement ;

I les acides et forme avec eux des sels très solubles, difficiles à cristalliser.

' Ces sels donnent un précipité rouge amorphe avec l’iodure double de I bismuth et de potassium, un précipité jaune devenant bleu après quelque j temps avec le phosphomolybdate de soude, un précipité jaune floconneux et

■ 1 prenant bientôt la forme cristalline avec le chlorure d’or, un précipité jaune ^ j avec l’acide picrique, un précipité blanc par la potasse, le carbonate de

; potasse, l’ammoniaque.

^ ' Les principaux sels sont ; 1

L’acétate, le chloraurate, le chlorhydrate, le nitrate, le phosphate et le , sulfate. Ce dernier fournit de longs cristaux brillants et incolores. ;

! Le chloraurate est celui qui a été le mieux étudié. Au moment de sa for- - i

I mation, il se présente sous l'aspect d’un précipité huileux qui se solidifie assez I rapidement et qui, dissous dans l’eau bouillante, s’en sépare en lamelles cris- ‘ 1 tallines d’un beau jaune d’or brillant.

; i Extraction. — Toutes les parties de la jusquiame renferment de l’hyoscia-

i ! mine, mais ce sont les feuilles sèches qui en fournissent la plus grande pro- ^

■ I portion; viennent ensuite les fruits, les racines et aussi les tiges; il existe 1 plusieurs procédés d’extraction. Les plus usités sont les suivants :

I i Procédé Geiger et Hesse. — Dans ce procédé, on traite les graines de :

i jusquiame écrasées par de l’alcool chaud aiguisé de 4/50 d’acide sulfurique; ^

: i la masse est exprimée fortement; puis le liquide filtré est additionné d’un ; I excès de chaux caustique, et le tout agité jusqu’à ce que la solution prenne

: ! une réaction alcaline. La liqueur alcoolique, filtrée de nouveau, est saturée ;

; par de l’acide sulfurique étendu, ajouté goutte à goutte; après une nouvelle ^ I filtration, l’alcool est distillé aux trois quarts environ. Le résidu est mélangé î avec de l’eau qui sépare une matière résineuse, puis chauffé doucement pour i séparer les dernières traces d’alcool. Une solution concentrée de carbonate de j potasse est alors ajoutée avec précaution, et le liquide est filtré aussitôt qu’il ; se forme un trouble. La liqueur est ensuite saturée par un grand excès de ; carbonate de potasse et agitée fréquemment avec de l’éther. La solution . éthérée est décantée, l’éther chassé par la chaleur et le résidu élhéré repris , par de l’eau tant qu’il se produit un trouble. On filtre, on ajoute à la liqueur deux fois son volume d’un mélange d’alcool et d’éther, puis du charbon, et l’on agite jusqu’à .décoloration, Après l’avoir filtré, on évaporé le liquide à | une douce chaleur puis on le dessèche dans le vide.

Procédé pim. — Les graines de jusquiame sont écrasées et traitées dans un appareil à épuisement par leur poids de sulfure de carbone rectifié, qui enlève une matière grasse ; cette matière est sans action sur la pupille. Le résidu est séché, et repris par de l’eau additionnée d’un centième d’acide : acétique dans un appareil à déplacement, jusqu’à ce que le liquide passe incolore ; celui-ci est évaporé en consistance d’extrait.

; Pour enlever une partie des sels terreux, on traite l’extrait par cinq à six fois son poids d’alcool à 90» centésimaux ; on filtre et l’on ramène la solution alcoolique au tiers, par la distillation au bain-marie. Ce résidu est alors additionné de 2 à 3 grammes de potasse caustique et de 30 grammes de chlorofonne environ par kilogramme de semences; on agite, et, après un certain temps de repos, il se dépose à la partie inférieure du flacon une solution d’hyosciamine dans le chloroforme. Après décantation, on fait évaporer le chloroforme, on reprend l’alcaloïde par l’alcool, et l’on obtient un

liquide visqueux, noirâtre, gluant, d’une odeur vireuse, contenant quelques cristaux fragmentés. i

Procédé Thorey. - Un kilogramme de semences de jusquiame pulvérisées est traite à 30 ou 40 degrés par de l’essence de pétrole qui enlève flmile Le résidu desséché est maintenu en contact à la même température avec de I alcool à 83 p. c. additionné d’une très petite quantité d’acide chlorhydrique,

puis mis à la presse et épuisé par un second traitement avec le même véhi- ^ cule. Les liqueurs alcooliques réunies et privées de la plus grande partie de 1 alcool qu’elles renferment par la distillation au bain-marie, on obtient un résidu acide mélangé de résines que l’on évapore à siccité. La masse est alors traitée par le chloroforme jusqu’à ce qu’elle n’abandonne plus rien puis rendue alcaline par la potasse et traitée de nouveau par le cbloroformè qui ■se charge de l’alcaloïde mis en liberté. On évapore la seconde liqueur chlo- ' ro ormique, on lave à l’eau le produit jusqu’à ce que celle-ci cesse de.se colo-, rer et on le dissout dans de l'eau aiguisée d'acide chlorhydrique. La liqueur évaporée donne enfin des aiguilles cristallines groupées en croix de chlorhy- ■ drate d hyosciamine. ^ '

ProeJMUmhn et Reicimrit. - On traite les graines de jusquiame d'abord : par 1 éther alm de séparer la matière grasse, puis par de l’alcool additionné de quelques gouttes d’acide sulfurique. On distille Ja solution alcoolique on neutralise le résidu aqueux par de la soude et on précipite par une solution i e annin. Le précipité est desséché sur une plaque de porcelaine dégourdie ’

. mele encore humide avec un excès, de chaux et enfin épuisé par de l’alcool ;

Après avoir traité la solution alcoolique par l’acide sulfurique, puis par la soude, on y ajoute de l’éther qui dissout l’hyosciamine mise en liberté Par la distillation de la liqueur éthérée, on obtient un liquide oléagineux incolore I qui se concrète à. la longue. '

Procédé Thibaut. — Les semences de jusquiame, d’abord broyées au moulin, sont épuisées de la grande quantité de matière grasse qu’elles ren- ; ferment par le sulfure de carbone. Les semences, privées de leur corps gras i sont mises à sécher au soleil ou à une température de 30 à 33» pour chasser ’

1 excès de sulfure de carbone; elles sont ensuite pulvérisées de nouveau et ! mé angées avec 2 à 3 p. c. d’acide tartrique en poudre. On laisse le con- ’ tact se prolonger pendant deux jours. Au bout de ce temps, on traite à deux 1 reprises différentes par digestion le mélange par de l’eau distillée. Le liquide ^ est filtre et le marc soumis à la presse. Les liqueurs étant réunies, on les ' précipite par un excès d’iodure-de potassium, iodure préparé avec : iode, 7s'-30- i lodure de potassium, 13 grammes, eau distillée, 230 grammes Le précipité recueilli sur un filtre, puis lavé à l’eau distillée, est décom- I posé par 1 acide sulfureux. Sous l’influence de cet agent, la combinaison iodée, se trouve transformée en sulfate d’alcaloïde et en acide iodhydrique et devient' I pi esque incolore. Le mélange est alors traité par la magnésie calcinée, base '

CS faib^^ qui ne peut, malgré son excès, altérer l’alcaloïde. La masse séchée .à. 30 ou .0 est reprise par de l’alcool à 93». L’alcool est distillé dans le vide, i

I Le résidu qu’on obtient se présente sous la forme d’une masse légèrement . colorée. On la traite par le chloroforme pur et anhydre pour séparer .une certaine quantité d’iodure de magnésium que l’alcool a entraîné. Le résidu chloroformique ne présente alors que quelques petits cristaux enchevêtrés dans une matière visqueuse. On la traite par l’acide sulfurique étendu;

! on agite avec le chloroforme pour enlever ce qui reste d’impuretés, puis on ' ajoute à la liqueur filtrée un léger excès d’une solution de potasse, on agite i avec du chloroforme et on décante rapidement. On répète deux fois ce trai- ! tement dans les mêmes conditions que précédemment ; on fait évaporer le I chloroforme dans une capsule ou un verre de montre et l’on trouve pour j résidu l’alcaloïde.

! Purification de Thijosciamine. — La meilleure méthode pour obtenir I l’hyosciamine à l’état de pureté, consiste à faire cristalliser plusieurs fois son j chloraurate. Quand ce chloraurate est pur, il est en belles lamelles d’un jaune d’or éclatant, fusibles à 159-160'’.

I On fait passer dans la solution aqueuse de ce sel un courant d’hydrogène i sulfuré; l’or précipite, le liquide est filtré, fortement concentré, et précipité ; par un^xcès de carbonate de potasse ajouté en solution concentrée. L’alcaj loïde mis en liberté est séparé au moyen du chloroforme. La solution chloro- I formique est desséchée sur du carbonate de potasse, séparée de ce sel et ' distillée en partie. On abandonne à l’évaporation spontanée ce qui reste de I chloroforme, et on obtient l’hyosciamine cristallisée en aiguilles soyeuses.

! On dissout cet alcaloïde dans un peu d’alcool et on verse la solution dans j l’eau. L’hyosciamine se sépare en cristaux. (Ladenburg.)

i hypoquebrachine.

L’hypoquebrachine est l’un des six alcaloïdes isolés par Hesse de l’écorce de ! ÏAspidosperma quebracho. Elle se présente sous la forme d’un vernis possé- 1 dant une odeur de quinoléine qui disparaît par la chaleur. L’hypoquebra- ' chine fond vers 80». Elle est soluble dans l’alcool, l’éther, le chlorofome.

! Elle est alcaline et amère. Elle forme des sels solubles et amorphes. L’am- : moniaque ne la précipite qu’en solution concentrée; les alcalis caustiques la i précipitent sous forme résineuse. La solution dans l’acide sulfureux est vio- ' lacée; la couleur s’accentue par l’addition d’acide molybdique; l’acide per- ' chlorique la colore en rouge. La solution du chlorhydrate est colorée en : rouge cerise par le chlorure de fer; le chlorure d’or y produit un précipité I jaune devenant rapidement violet ; le chloroplatinate de sodium, un précipité ICAJANINE.

! Nous désignons sous ce nom le poison du mboundou. i Le m’boundou est un arbuste qui paraît appartenir à la famille des logania- I cées et qu’on rencontre au Gabon, notamment au cap Lopez, sur les bords ! de la rivière Como et de l’Oga-Waï.

Cet arbuste, appelé encore icaja, akazga, qui atteint une hauteur de ^ a 3 mètres, a une racine pivotante dont le diamètre au collet ne dépasse guère 3 centimètres et dont la longueur est de 50 à 70 centimètres. Une écorcemince rougeâtre recouvre cette racine, dont le bois est blanchâtre et resis-

C’est l’écorce qui est la partie la plus active du m’boudou., Cette substance a été étudiée d’abord par Pécholier et Saint-Pierre, en 1867, puis par Fraser (d’Edimbourg), enfin par Peyri et par Rabuteau, dans un travail fait en commun. Ces savants se sont servi, dans leurs recherches, de racines arrachées par Peyri, sous un sol humide, dans le voisinage de la rivière Como, à 1 trente lieues environ dans l’intérieur des terres.

; L’étude chimique du principe actif de l’icaja est incomplète. Jusqu’à ce 1 jour il a été impossible de se procurer un principe parfaitement défini et ' pouvant être sûrement caractérisé. Les auteurs n’ont expérimenté que sur des i quantités minimes, et les opinions qu’ils ont émises diffèrent complètement 1 lav la nature de cette substance. Les uns lui reconnaissent des propriétés I particulières, les autres déclarent qu’elle ne contient que delà strychnine.

igasurine.

L Igasurine a été isolée par Desnoix dans la noix vomique iNux vomica- ^ P"'* Schutzen^

Prop,nétés chimiques et. physiques. ~ L’igasurine cj’istallise en prismes

fiorL “î “''r''*' P- '• ^

'k !j,„ r r Desnoix, cet alcnloïde offre.

, ; a pins grande analogie avec la brucine, et la différence de solubilité dans

l eau est a peu prés le seul caractère qui distingue, d'après lui, T deux ; bases organiques.. - ueux, ,

! L'i^nriue exige 100 parties d'ead bouillante pour se dissoudre Par le refro.d.se„e„t, elle se dépose en partie sor. forme de houppes soyLes q

font prendre a liqueur en niasse. Dans les mêmes conditionsTa brucine exle i 500 parties d’eau bouillante. m m ucine exige

I Igasurine est très soluble dans l’alcool. le chloroforme et les huiles ' ' ^ essentielles, mais peu soluble dans l'éther. La solution alcoolique, commt' celle de la brucine. dévie à gauche le, plan de la lumière polarisée, et son P moi rotatoire est très voisin de celui de cette dernière. Comme la bnicme, 1 Igasurine se colore fortement en rouge sous l'intluence de l'aoide azo- ^

«Ter;:; TT ' i '

sam drë ™ tempdratare plus élevée la détruit en produi- '

sant des vapeurs ammoniacales. ^

L’igasuriite se combine avec les acides. Les sels qu’elle forme avec eux '

îvdvTT T f “““ “ On connaît l'azotate, leelilor-

yd ate, le sulfate; tapotasse, la soude, l’ammoniaque font naître dans'leurs ' soluüons des précipités abondants solubles dans un excès de liqueur alTe ^

luie de platine un pi-écipité jaune; le bicarbonate de potasSe-ou de soude précipité egalement l’igasurine sous forme de cristaux aiguillés en présence I de acide tartrique, L’iodure de potassium ne précipite p'as tout de“ ! solution d Igasurine ; mais l’iodure ioduré de potassium y produit immédiate ' -nt un précipité brun. Le chlorak de potasse nV paTtion :Tg:l" l

Scliutzenberger a étudié l’igasurine; d'après lui. ce corps ne présente po nt une composition constante, ce n'est point un produit défini lis un ■bélange d alcaloïdes. Ce chimiste a pu en retirer 9 alcaloïdes différents en I

utilisant leurs différences de solubilité dans l’eau boÛmaule 'ét leiirpius ou’ moins grande facilité à cristalliser.

Prcpnrnlmii. Ce produit est retiré des eaux mères de la préparation i ’ de la strychnine et de la brucine ; on concentre ces liquides et on les abandonne pendant plusieurs jours ; l’igasurine finit par, cristalliser. On la sépare on la dissout dans l’acide chlorhydrique, on la décolore par le noir, on lâ précipite par l’ammoniaque et on la purifie par recristallisation dans l’alcool. ,

INÉINE.

^ Cet alcaloïde est contenu dans les aigrettes qui surmontent les semences dmée, (Strophantus hispidus, apocynées.) Il est déliquescent et se présente i sous la forme cristallisée. Sa réaction est légèrement alcaline. Il se combine ' aux acides. Ses solutions fournissent les principales réactions qui caractéri- ! sent les alcaloïdes. '

Préparation. — Oi> détache les aigrettes qui surmontent les semences • ' on les met en macération pendant plusieurs jours dans de l’alcool légèrement aiguisé d’acide chlorhydrique. Au bout de ce temps, on décante l’alcool on évapore au bain-marie en consistance d’extrait, et on reprend l’extrait par leau On filtre, on concentre la solution, puis on l’abandonne à l’évaporation spon anee. I ne tarde pas à se déposer des cristaux incolores que l’on purifié en les faisant cristalliser de nouveau.

ISOPELLÉTffiRINE.

Propriétés chimiques et physiques. — L’isopellétierine est un alcaloïde liquide retiré de l’écorce du grenadier, [punica Granatum, granatéës); il a été découvert par Tanret. Il est sans action sur la lumière-polarisée; il est ' isomère de la pellétierine. Sa densité, sa solubilité dans l’eau et son point I d’ébullition sont les mêmes que ceux de cette dernière base.

i ISOPYRINE.

! L’isopyrine a été isolée par A. Harslen ; elle est retirée des racines r I fibreuses et amères de Ylsopijrum thalictroides , (renonculacées).

Elle est amorphe, amère ; elle est insoluble dans l’eau et très soluble dans l’éther. Elle se combine aux acides et forme des sels incristallisables.

Préparation. — On l’obtient en précipitant par l’ammoniaque l’extrait ; aqueux et sirupeux de la racine et en dissolvant dans l’éther le précipité. En ; évaporant, la base reste dans la capsule.

.lARORANDlNE.

Propriétés chimiques et physiques. — La jaborandine est un produit I d'oxydation de la pilocarpine ; elle a été signalée pour la première fois par : Parodi, qui l’obtint en traitant les feuilles du faux jaborandi, Piper jabo- \ randi villosa. Depuis, il a été obtenu par Chastaing, au moyen de la piloi carpine pure.

Cet alcaloïde est facilement soluble dans l’alcool amylique et la benzine,

^ difficilement soluble dans l’éther et les acides dilués.

11 se combine aux acides pour former des sels.

Préparation. — Pour préparer la jaborandine, on traite 1 p. c. de pilocarpine par • un grand excès d’acide azotique, 300 parties environ, et l’on évapore le mélange. Le résidu se trouve principalement formé de l’azotate de jaborandine. On décompose ce sel pour avoir la base.

Si on évapore à l’air une solution chlorhydrique de pilocarpine, on obtient le même alcaloïde.

Dans les deux cas, il se forme en même temps de la jaborine.

JARORINE.

La jaborine existe dans les feuilles du jaborandi ; elle a été isolée par , i Ilarnach et Meyer et étudiée par eux.

Propriétés chimiques et physiques. — La jaborine ne cristallise pas; elle est moins soluble dans l’eau et plus soluble dans l’éther que la pilocarpine; :elle s’altère sous l’influence de la chaleur et ne distille pas; elle paraît ; avoir les réactions d’un alcali tertiaire. C’est une base énergique. Elle ; forme des sels incristallisables, facilement solubles dans 1 eau et dans l’alcool.

Elle prend naissance par évaporation d’une solution acide de pilocarpine pure, mais en petite quantité; elle se forme plus abondamment quand on chauffe la pilocarpine en vase clos avec de l’acide chlorhydrique.

D’après cela, il est difficile de dire si cette base existe réellement dans le ‘ jaborandi ou si ce n’est pas un produit de transformation.

1 La jaborine est isomère de la pilocarpine.

Préparation. — Harnach et Meyer ont mis à profit pour leurs recherches les eaux'mères de la fabrication de la pilocarpine qui leur étaient fournies par M. Merck et aussi celles du faux jaborandi {Piper reticulatum). Deux méthodes ont été mises en pratique pour obtenir la jaborine.

! Première méthode. — La solution alcoolique des liqueurs mères, acidulée par façide chlorhydrique, a été précipitée par fractions par le bichlorure de ^ platine'(le chloroplatinate de jaborine est plus soluble que celui de pilocarpine) Le premier précipité, qui contient ordinairement des matières grasses.

est insoluble dans l’eau qùè l’on met de côté. Le liquide séparé de ce premier précipité est fdtre, puis complètement précipité par le sel de platine.' On fdtre de nouveau ; après quoi le liquide alcoolique fdtré, abandonné aii repos, dépose encore une petite quantité de sel de jaborine. Ces deux derniers précipités sont épuisés par l’eau bouillante, et le liquide fdtré concentré dans le vide par l’acide sulfurique. Le cldoroplatinate de jaborine est une poudre i d un jaune brillant ou une masse amorphe de couleur rouge foncé. Des ! lavages prolongés à l’alcool enlèvent à ce dépôt une petite quantité de matière colorante. En décomposant le sel de platine on obtient la jaborine en masse amorphe jaune.

Deuxième méthode. — La matière brute a été dissoute dans l’eau additionnée d’acide chlorhydrique ; au liquide fdtré on a ajouté du bicblorure de mercure tant qu’il s’est produit un précipité d’aspect laiteux. Par une agitation prolongée suivie d’une filtration, on a obtenu un liquide d’un jaune clair, que l’on a soumis à faction de l’hydrogène sulfuré pour le débarrasser du mercure qu’il renfermait, on l’a concentré, enfin on l’a additionné de soude ’ caustique et agdé avec de l’éther. La solution éthérée laisse après son éva- : pôration de la jaborine amorphe et incolore.

n’a pas encore été sérieusement faite. On ne possède que des expériences très : incomplètes et très peu nombreuses; elle agit comme l’atropine.

JAPACONITINE.

La japaconitine est contenue dans l’aconit du Japon. Wright lui donne la formule D'aprte Kingrelt, elle serait ideutique avec la pseudo-

aconitine. Elle a été isolée et étudiée par Wright et Luff.

Propriétés chimiques et physiques. — Gette base est en cristaux solubles ' dans l’éther, fusibles à 184<>-186“.

Elle n’est point altérée en solution aqueuse, à 100”, par l’acide tartrique, i Elle est décomposée par la potasse alcoolique en acide benzoïque et en iapacomne C“H^‘AzO'°. Ce dédoublement est comparable à celui de l’aconitinei , dans les mêmes conditions.

Les sels de japaconitine cristallisent-bien. Le bromhydrate est en cristaux qui renferment 5 molécules d’eau . i

La japaconine se forme en présence de potasse conformément à l’équation ^ suivante : ^

C13tH88A£^-p3H2O2=2C52H41A^O20-)-2CHH6O-).

Japaconine ' !

Elle est incristallisable, jaune blanchâtre, soluble dans l’eau, l’alcool et le I chloroforme, et à peu près insoluble dans l’éther. |

La japaconine, chauffée à 100” avec de l’acide benzoïque anhydre, donne I de la tétrabenzoyljapaconine. j

Préparation. — On épuise les racines de VAconitum japonieum avec deJ l’alcool additionné d’acide tartrique dans la proportion de 1 centième. |

On évapore la dissolution alcoolique, on reprend par l’eau et on agite avec ! de l’ether. Ceci fait, on précipite avec la soude carbonatée, on agite de nouveau avec de l’éther et la liqueur éthérée est séparée, puis agitée avec une ^ solution d’acide tartrique. La japaconitine repasse dans la solution aqueuse et on l’en sépare de nouveau par le carbonate de soude en présenced’éther. Par évaporation spontanée l’alcaloïde cristallise, tandis qu’un autre ; alcaloïde visqueux reste en solution. On fait recristalliser la japaconitine ' dans l’éther.

JAVANINE. :

La javanine provient du Quinquina calysaya, variété javanica.

Elle a été isolée par Hesse.

Propriétés chimiques et physiques. — C’est une substance cristallisée en

laméiles i¥ombiques. Elle se' dissout facilement dans l’éther qui par évaporà- ' tion rabandonne sans qu’elle reprenne sa forme cristalline.

L’acide sulfurique la dissout avec une coloration jaune vif foncé.

I Elle se combine aux acides nt forme des sels.

L’oxalale neutre cristallise en lamelles.

JERVINE.

La jel’vine a été particulièrement étudiée par Simon; elle se trouve dans le Veratrum album qui contient environ 1.3 p. c. de cette substance.

PropriéUs chimiques et physiques. —C est un corps cristallisable incolore, fusible en se colorant à 231-237°.

Il est presque insoluble dans l’eàu, très peu soluble dans l’éther (excepté quand il est mélangé aux autres hases) et soluble dans l’alcool.

L’acide sulfurique concentré le dissout avec une coloration jaune passant bientôt au vert.

La coloration verte se produit quand on ajoute de l’eau ; on a d’abord une | teinte brune, vert olive, et enfin vert émeraude.

Une solution alcoolique de potasse ne l’attaque pas même à chaud.

La jervine se combine aux acides en donnant des sels dont le'caractère le plus remarquable est leur faible solubilité.

Le chloraurate est cristallisé.

Les azotate, chlorhydrate et sulfate sont à peine solubles dans l’eau même : bouillante.

Le chloroplatinate est un précipité jaune clair et floconneux.

Préparation. — Pour obtenir la jervine, on épuise le Veratrum album par l’alcool additionné d’acide tartrique. On évapore à sec et l’extrait est repris par l’eau, qui ne dissout pas les résines. La solution aqueuse des alcaloïdes est alors sursaturée par la potasse ou la soude et agitée avec de 1 éther. Ce dissolvant enlève les alcaloïdes du Veratrum album, s&ut la pseudojervine. La solution éthérée laisse déposer par évaporation lente des cristaux de jervine, puis les autres alcaloïdes, rubijervine, vératralbine, etc.

La jervine qui cristallise est toujours mélangée d’une petite quantité des autres alcaloïdes. On transforme l’alcaloïde impur en sulfate au moyen d’acide sulfurique étendu. Le sulfate de jervine qui se forme est presque insoluble, et la rubijervine reste en solution. On décompose enfin le sulfate de, jervine par le carbonate de soude, et on fait cristalliser la base dans

i l’alcool.

' ' LABURNINE.

; ^ Les graines non mûres et les gousses du Cytisus laburnum, faux ébénier, i fournissent cet alcaloïde. Il est cristallisé en gros prismes rhomboïdaux. Il est j I soluble dans l’eau, beaucoup moins soluble dans l’alcool absolu, presque-

’ 'i insoluble dans l’éther. Soumis à l’action de la chaleur, il perd de l’eau à ' I 100°. Il forme des sels doubles avec le chlorure d’or et de platine.

^ Extraction. — On traite l’extrait aqueux des graines non mûres et des : i gousses du cytise par l’acide phosphomoiybdique après avoir séparé le précipité que fournit le sous-acétate de plomb et chassé le plomb par l’hydrogène sulfure. On neutralise‘le précipité phosphomoiybdique avec du carbonate de chaux, i I On reprend par l’alcool, on filtre, on évapore ; la base reste au fond de la

capsule en croûtes cristallines dures.

' lantanine.

' : La lantanine a été découverte par Negrete; elle existe dans la Jerba

\ sagrata, famille des verbénées.

C’est un corps blanc pulvérulent, d’une très grande amertume, donnant i avec les réactifs tous les caractères des alcaloïdes, neutralisant les acides et

; i. formant des sels avec eux. .

LANTHOPINE.

^La lanthopme est un des alcaloïdes retirée par Hesse des eaux mères pro- 1 venant de l’extraction de la morphine et de la codéine. !

Propriétés physiques et chimiques. - La lanthopine forme une poudre 1 cnstallme composée de prismes microscopiques; elle est incolore ; elle n’a pas i de saveur. A peine soluble dans l’alcool et le chloroforme, elle se dissout très ' difficilement dans l’éther et dans la benzine. Lorsqu’on la chauffe, elle brunit ^ vers 190° et fond à 200". Sa réaction est alcaline. L’acide acétique ne la ’

, dissout que difficilement. Elle se dissoufdans la potasse et l’eau de chaux ^

, mais non dans l’ammoniaque. Ainsi une dissolution potassique de cet alca- ' j loide précipite par addition de chlorure d’ammonium. L’acide nitrique résiiiifie ce corps, puis donne une solution blonde. L’acide sulfurique concentré le : dissout sans coloration; à 150“ la solution brunit. Le perchlorure de fer ne ! le colore pas en bleu, caractère qui le distingue de la morphine. Lorsqu’on ;

I le chauffe avec de’ 1 acide sulfurique, il se transforme en une résine rouge et l’acide se colore en violet.

i L’action de l’acide sulfurique place la lanthopine à côté de la narcéine.

La lanthopine forme avec les acides des sels cristallisables; ils peuvent se séparer à l’état gélatineux. On connait :

Le chlorhydrate qui se présente en masse gélatineuse formée de petits cristaux minces et revêt par dessiccation l’aspect d’une masse cornée qui se ;

: . gonfle dans l’eau pour se dissoudre ensuite. L’eau bouillante le décompose ; en mettant une partie de' la base en liberté;

I Le formant une poudre cristalline jaune citron, insoluble

i dans l’eau et dans l’alcool ;

L iodhydrate en masse gélatineuse ;

Lesulfate qui cristallise en aigrettes très fines;

Le tartrate acide en prismes longs et minces, très solubles dans l’eau et l’alcool. ,

Préparation. — Les eaux mères de la préparation de la morphine et de | la codéine agitées avec de l.’éther lui abandonnent l’ensemble des alcaloïdes qu’elles retiennent. Les uns sont solubles, les autres insolubles dans les alcalis. La lanthopine se trouve dans la partie soluble des alcalis.

Cette solution alcaline est sursaturée par l’acide chlorhydrique et précipitée immédiatement par l’ammoniaque, ce* qui sépare la plus grande partie de : la méepnidine. . ^

La liqueur alcaline non filtrée est agitée avec du chloroforme qu’on i decante. Ce chloroforme est ensuite débarrassé par l’acide acétique des ' produits qu’il a dissous, et l’ammoniaque, par neutralisation exacte, en pré- : cipitp la lanthopine d’abord rougeâtre et résineuse, puis bientôt cristalline.

La lanthopine est traitée par l’alcool, puis par l’acide chlorhydrique étendu et la solution est précipitée par le chlorure de sodium. ;

Le chlorhydrate décomposé par l’ammoniaque abandonne la lanthopine dont on détermine la cristallisation dans le chloroforme. ’ | ’

LAPPINE.

Tnmple et Macfarland ont donné ce nom au principe basique qui existe! dans les fruits de bardane [arctium Lappa, synanthérées). Ce principe donne' avec les réactifs les caractères propres aux alcaloïdes, il dégage de l’ammo-' niaque quand on le chauffe avec une solution de potasse caustique. ^

LAUDANINE C®H®AzO®.

l’x>pium, cristallise trèTLfieLnr-^^^^^^^ base, qui est retirée d

Soumise à racÜon de la chaleur, elle fond à Î65« et ne peut être sublimée.

I Elle possède une saveur amère. La potasse et Tammoniaque la précipitent,

I de ses dissolutions sous forme d’un précipité floconneu-v qui ne tarde pas à ! prendre une apparence cristalline^; elle est soluble dans un excès de précipitant. Le chloroforme l’enlève facilement de ses solutions alcalines. Le pei’chlorure de fer la colore en vert émeraude, l’acide nitrique concentré en rouge orangé, l’acide sulfurique en rose, mais si l’on élève la température du dernier mélange, la nuance passe au violet foncé. L’acide sulfurique additionné d’oxyde de fer donne une couleur rose. Avec la potasse, elle forme une , combinaison qui se présente en houppes formées de cristaux aiguillés. Sa j réaction est alcaline ; elle forme avec les acides des sels qui sont amers et ' i cristallisent facilement. Les principaux qui ont été étudiés par Hesse sont ; |

I Vaeétate, qui cristallise en petites aiguilles blanches, très solubles dans d’eau ;

I Le chlorhydrate, qui se présente sous forme de masses mamelonnées ; il ^est très soluble dans l'eau et se dissout très difficilement dans le chlorure de î sodium;

I Viodhydrate, qui a l’aspect d’une poudre cristalline, très peu soluble ‘ dans l’eau et insoluble dans la solution d’iodure de potassium ;

Le sidfate, qui forme de petits prismes contenant 4 molécules d eau. Il est soluble dans l’eau, mais presque insoluble dans ce liquide lorsqu’il est additionné d’un peu d’alcool. i

Préparation. — On traite une solution aqueuse d’opium soit par la chaux, | soit par le carbonate de soude. On agite avec de l’éther. La solution éthérée ; est reprise par l’acide acétique étendu; cet acide séparé de l’éther est neutralisé par l’ammoniaque, ce qui amène la précipitation de la lanthopine. Après I filtration, on ajoute un excès d’ammoniaque qui précipite la codamine impure I et la laudanine. Ces substances étant en solution dans l’éther, la solution I éthérée abandonne d’abord des cristaux de laudanine. La laudanine ainsi ■ séparée est dissoute dans l’acide acétique et la solution est précipitée par la ; I soude. La cryptopine qui peut accompagner la laudanine précipite. La : liqueur alcaline, obtenue par filtration, est précipitée en ajoutant du chloi ! rure d’ammonium ; on redissout le précipité dans 1 acide acétique et on ajoute ■ de l’iodure de potassium; le sel de laudanine alors formé est décomposé par l’ammoniaque. On détermine enfin la cristallisation de. la base au sein de ;

I l’alcool aqueux et bouillant. i

! LAUDANOSINE C'HW. '

I La laudanosine a été isolée par Hesse. Les connaissances qu'on possède sur i cette base sont dues à ce savant. j

Propriétés. — La laudanosine cristallise dans la benzine en aiguilles pris- ;

, matiques, fusibles à 89“ et se décomposant à 110“. i

j Elle est à réaction franchement alcaline. Elle est soluble dans la benzine ; bouillante ou la ligroïne, très soluble dans l’alcool et le chloroforme, soluble ., i : ! dans l’éther (1 partie à 16“ dans 19 parties 3). Elle est insoluble dans l’eau i ; et dans les alcalis. i

î Le perchlorure de fer ne la colore pas, l’acide sulfurique la colore en rouge i : brun; à 150“ cette teinte passe au vert et, enfin, au violet sale. j

i ^ La base est très amère, et les'sels le sont aussi.

Elle se combine aux acides et forme des sels. Hesse a préparé les sui- ■ vants ; -

Le ohloroplalinate amorphe de couleur jaune, insoluble dans l’eau. Viodhydrate en petits prismes très difficilement solubles dans l’eau froide et solubles dans l’alcool.

Voxalate acide en prismes très solubles dans l’eau.

Préparation. — On sépare celte base de la thébaïne et de la cryptopine ^ en profitant de sa plus grande solubilité dans l’éther. Elle est purifiée par dissolution dans l’acide acétique, précipitation par l’iodure de potassium, et décomposition du sel précipité par l’ammoniaque.

On fait cristalliser la laudanosine dans, l’alcool ou la benzine. ,

LOBELINE.

La lobeline a été découverte par Reinsch en 1843. Elle a été étudiée par 1 Procter et William Bastick, qui ont reconnu qu’elle constitue le principe actif jde la lobelie {Lobelia inflata, lobeliacées), quelle jouit de propriétés analoj gués et qu’elle possède une puissance d’action beaucoup plus grande.

Propriétés chimiques et physiques. — La lobeline est un alcaloïde huileux très épais, présentant la consistance du miel. Elle est un peu jaunâtre. Elle possède une odeur un peu aromatique qui rappelle celle de la plante à un faible degré. Cette odeur est exaltée par l’addition d’un peu d’ammoniaque ; elle a une saveur piquante analogue à celle du tabac. L’eau la dissout aisément, l’alcool et l’éther encore plus facilement; elle se dissout également dans le chloroforme, le sulfure de carbone, la benzine et la ligroïne. L’éther ^ est son meilleur dissolvant. Elle est volatile.

Les alcalis la décomposent facilement. Par ébullition avec les acides et les alcalis, elle donne du sucre ; elle se résinifie à l’air.

Elle jouit d’une forte réaction alcaline. Elle forme des sels solubles etj cristallisables avec les acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique, et un sel soluble, mais incristallisable, avec l’acide acétique. La lobeline et ses sels sont! précipités par le tannin, mais non par l’acide gallique. j

Extraction. — On connaît deux procédés pour extraire la lobeline : 1° lel procédé Procter ; 2 ' le procédé William Bastick. |

, 1“ Procède Procter. — On traite les semences avec de l’alcool acidulé aui moyen de l’acide acétique. On évapore. L’extrait est trituré ayez de la! magnésie et de l’eau, et après une agitation répétée pendant quelques heures, I on filtre. La liqueur tenant la lobeline en solution est reprise par l’éther et’

; abandonnée à l’évaporation spontanée. On dissout le résidu dans l’eau et on! ajoute un petit excès d’acide sulfurique. On fait bouillir avec du charbon animal, et on sature avec de la magnésie.

On filtre et on agite avec de l’éther, on décante et on laisse l’éther s’évaporer.

Le liquide restant est la lobeline ;

2° Procédé William Bastick. — On fait macérer la plante contusée dans de l’alcoof additionné d’acide sulfurique. On traite par la chaux caustique ! en poudre, et, après différents lavages, par une solution concentrée de carbo- j . nale de potasse. On traite alors par l’éther qui en s’évaporant laisse la lobeline.

lotüridine. I

La loturidine est un des trois alcaloïdes retirés par Hesse de l’écorce de lotur provenant du Sijmplocus racemosa. C’est une substance amorphe d’un [jaune brun, formant avec les acides des sels également amorphes. Ceux-ci,

’ en solution étendue, présentent une belle fluorescence d’un bleu violet, comme I

la loturine. ; i

La loturidine existe dans l’écorce de lotur dans la proportion de 0.06 p. c. Préparation. — La loturidine reste en dissolution lorsqu’on précipite la’

I solution des alcaloïdes contenus dans le lotur par le sulfocyanate de potasse On sépare de cette liqueur la loturidine en ajoutant de l’ammoniaque et en , agitant avec de l’éther. :

LOTURINE.

La loturine est le principal alcaloïde contenu dans l’écorce de lotur. Il a été isolé par Hesse et étudié par lui.

i'^'opriétés chimiques et physiques. si \

[quand on la fait cristalliser au moyen de l’alcool ou de l’éther. A l’air, ils ' deviennent blancs et opaques. Ils fondent à 234".

La loturine est sublimable en prismes.

Elle est presque insoluble dans l’eau, facilement soluble dans l’éther i 1 acétone, le chloroforme et l’alcool fort. ’ '

j Les solutions de cette base dans les acides minéraux ont une belle fluo-' j rescence bleu violet, plus marquée que celle de la quinine, j ' Ses sels cristallisent ordinairement bien.

, Extraction. — Les écorces sont chauffées avec de l’alcool, la solution jmlcoolique est distillée et l’extrait obtejiu est traité par le carbonate de soude i et agité avec de l’éther. Cette solution éthérée est agitée avec de l’acide I acétique étendu ; l’alcaloïde est dégagé de nouveau de ce sel par le carbonate : de soude et isolé avec l’éther.

L’alcaloïde libre est encore repris par l’acide acétique, la solution est neutralisée par l’ammoniaque et précipitée par le sulfocyanate de potasse. La : loturine et la colloturine précipitent alors.

On décompose ce précipité par le carbonate de soude et l’éther, et l’on

détermine la cristallisation de la loturine en reprenant par l’alcool étendu et J bouillant. On abandonne les cristaux à l’air et l’on sépare mécaniquement les j cristaux de colloturine des cristaux efdeuris de loturine.

Les écorces donnent 0.24 p. c.

LOXOPTÉRYGINE.

Cette base existe dans l’écorce du quehracho Colorado, Loxopterüjium Lorent%ü; elle a été isolée par Hesse, qui lui attribue la.formule C''’H’'A:;0.

' Elle est accompagnée d’une seconde base.

Propriétés chimiques et physiques. — La loxoptérygine est en flocons blancs amorphes. Très soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, la j benzine et l’acétone, elle se dissout peu dans l’eau froide. Sa saveur est très. I amère.

Dissoute dans l’acide sulfurique concentré, elle donne par l’addition d’un peu de permanganate de potasse, une coloration violette ; par un peu d’acide molybdique elle donne du violet ; puis la teinte devient bleue. Le bichromate de potasse donne une coloration violette.

Sa solution dans l’acide perchlorique devient rouge brun quand on la j chauffe. L’acide azotique là dissout en se colorant en rouge, i Soumise à l’action de la chaleur, elle fond à 81°. A haute température, j elle se décompose en fournissant une base qui paraît être de la quinoléine.

La réaction de la loxoptérygine est nettement alcaline. Cette base se com- I bine avec les acides et forme des sels.

Préparation.—Comme nous l’avons dit, la loxoptérygine est accompagnée,, dans l’écorce du quebracho Colorado , d’un autre alcaloïde. On les extrait par le procédé suivant ; L’écorce grossièrement pulvérisée est épuisée par l’alcool bouillant ; on sursature l’extrait alcoolique par la soude, et on l’épuise par ^ l’éther ou par le chloroforme. On évapore les solutions ainsi obtenues, et l’on reprend le résidu brun par l’acide sulfurique étendu. On filtre la solution acide et on précipite par la soude. Pour séparer les deux alcaloïdes précipités ensemble, on reprend par l’alcool ou l’éther, et on traite par le sulfocyanate de potassium ; la loxoptérygine reste dissoute, tandis que 1 autre ' base est précipitée. Finalement, on filtre et l’on additionne la liqueur filtrée I d’ammoniaque, qui précipite la loxoptérygine en flocons amorphes.

I LUPINIXE.

La lupinine est contenue dans diverses variétés de lupins. De nombreuses : recherches ont été faites sur cette base. Cassola paraît être le premier qui ait attiré l’attention sur ce corps. Campani le retire du Lupinus alhus \ Baumert, Beyer, Erocker du Meus Lupinus. Schulze et Barbiéri ont montré quil était : toujours accompagné dans cette dernière plante d’un glucoside auquel ils j ont donné le même nom et qui forme par dédoublement de la lupigéine.

I Propriétés chimiques et physiques. — A l’état de pureté, la lupinine est en I cristaux rhombiques blancs qui ont pour formule C^'H^As^Ol

Ils sont doués d’une odeur de fruit très agréable et d’un goût très amer.

Ils fondent à 67-68° et bouillent à 266-257° sans décomposition dans un courant d’hydrogène.

Chauffée avec de l’acide chlorhydrique concentré à 180-200°, ou avec de l’anhydride phosphorique à 180-190°, la lupinine donne de l’anhydrolupine.

Le chlorhydrate de lupinine chauffé à 180° avec de l’anhydride phosphorique donne simultanément une nouvelle .base contenant six équivalents d’oxygène de plus que la lupinine et de l’anhydrolupinine. |

L’anhydrolupinine a été obtenue : 1° par Liebscher en chauffant pendant dix heures à lo0-200° la lupinine avec dé l’acide chlorhydrique fumant;

^ 2° Par Baumert en chauffant à 190° du chlorhydrate de lupinine et de i l’acide phosphorique anhydre. j

Elle représente de la lupinine moins H"0\ j

C’est une base liquide, huileuse, jaunâtre, à réaction alcaline, et non ^ volatile sans décomposition. Refroidie, elle se.solidifie tantôt amorphe, tantôt ‘ cristallisée. Elle présente une odeur rappelant celle de la conicine, et s’oxyde i à l’air. Le chlorhydrate, le sulfate et l’azotate ne cristallisent pas. ■ ‘

Le chloroplatmate C^m^i^0^2HCZ,P^C/^ est en tables quadratiques j rouges, facilement solubles dans l’eau et dans l’alcool étendu. '

Baumert a obtenu aussi une base en chauffant une partie de '

chlorhydrate de lupinine à 180° avec-3 ou 4 p. c. d’acide phosphorique ! ■anhydre. Cette base présente l’aspect d’une huile jaunâtre à odeur désa- ’ gréable, bouillant en se décomposant partiellement à 216°.

Elle est insoluble dans l’eau. j

Le sodium se dissout dans la lupinine fondue ou dissoute dans l’éther et j placée dans l’hydrogène. .Le sodium se substitue à l’hydrogène et le produit formé est décomposé par l’eau en lupinine libre et soude caustique; il se forme i ^ donc un composé comparable à un éthylate alcalin.

A 110°, l’iodure d’éthyle s’unit à la lupinine pour former l’iodure d’éthyllupinine-ammonium. Ce composé cristallise en paillettes blanches apparte-. nant au système rhomboédrique, très solubles dans l’eau, presque insolubles I dans l’alcool absolu. Traité par une lessive de potasse, le nouveau composé ne I fournit pas de base. L’oxyde d’argent humide le transforme en un hydrate ' doué des propriétés des hydrates d’ammonium quaternaires.

La lupinine se onmbme aux acides et forme des sels ordinairement crislal-

La-M est en cristaux orthorhomiiqnes ressemblant beaucoup à ceux de lapophjdlite; Ils se dissolvent très facilement dans l’eau et dans l'alcool.

e chlorhydmte a l’aspect de beaux cristaux transparents très solubles dans 1 eau et dans 1 alcool.

Le cUoraurate cristallise en aiguilles accolées les unes aux autres; il est peu soluble dans l’eau. |

Le sulfate neutre est en prismes blancs, déliquescents. '

U picrate s^ présente sous forme de belles aiguilles solubles dans l’alcool très peu solubles dans l’eau. I

Bosupc. Krocker a donné le proeédé qui suit pour ledosage des alca- i

d alcool (I litre) et d acide chlorbydrique (80 o. o.). On prolonge ce trait i ment jusquà ce que le liquide qui s’écoule ne soit plus troublé par l’acide i phosphomolybd que L’alcool est distillé, et le résidu repris par l’eau addi- 1 ■ pZ e I Pvec de l’éiher de i

tique eX TT ^■'«■‘frée de soude caus¬

tique Enfln, on la traite de nouveau par l’éther, que l’on renouvelle jusqu’à i ce que ce liquide ne laisse plus de résidu. Le traitement du résidu par l’éther ' e parole doit être renouvelé d’abord en solution acide, puis enZlnZ alca me, pour le dépouiller des dernières traces de matières o-rasses Le'

te prlrrlior' r'Z'' ““ " “er. Voici j

plante : ° P-‘- <1»

. La plante entière, à demi mûre, fournit 0.216 p c d’alcaloïde â l’ént «pp |:. ütièrement mûre, elle donne 0.226. T ' ^ ^ '

Les feuilles demi-mûres en contiennent 0.S26 p. c.

Les gousses à demi-maturité en renfermeut 0.422; à maturité complète, O.I 60 .

Les semences seules, demi-mûres, en produisent 1.532 p. c. et 1.564 à la maturité.

i Les semences desséchées avec leurs enveloppes, demi-mûres, donnent 1.533 p. c., et à l’état de maturité parfaite, 1.617.

! Extraction. — Les graines de lupin sont' pulvérisées et traitées par l’alcool jà 40° bouillant, puis évaporé. La masse grisâtre estu’eprise par l’eau distillée. La liqueur est décolorée au moyen du noir animal et concentrée jusqu’à consistance sirupeuse. Des cristaux blancs mamelonnés ne tardent pas à se 'déposer.

' D’après Baumert, à côté de la lupinine cristallisée, il existerait un second j alcaloïde liquide qui ne distille que vers 320° et auquel il a donné le nom de '

I lupinidine. Cette base a une réaction alcaline, elle forme des sels avec les ' acides; Baumert a obtenu un chlorhydrate, un sulfate, un iodliydrate.

I LYCINE.

j Husemann et Marmé ont retiré cette base des feuilles du Lycium barbanm. i Les tiges en renferment aussi, mais beaucoup moins.

I Propriétés chimiques et physiques. — La masse libre isolée du chlorhyjdrate par le carbonate d’argent, ou du sulfate par le carbonate de baryum,

' forme une masse blanche cristalline, radiée. Elle est très déliquescente. Sa I saveur est forte, mais non amère. L’alcool absolu la dépose en petites tables I et en prismes fusibles au-dessus de 150°. Les acides ne l’altèrent pas. Sa réaction est neutre. Elle se eombine aux acides pour former des sels.

Le chloraurate est en lamelles ou en prismes jaune d’or, solubles dans l’eau et dans l’alcool, peu solubles dans l’éther.

j Le chloromercurate se dépose peu à peu en tables quadratiques nacrées ! de sa solution alcoolique placée sous une couche d’éther.

Le chlorhydrate se présente sous forme de longs prismes incolores ou de ; tables épaisses très solubles dans l’alcool et dans l’éther.

Le sulfate est déliquescent.

Extraction. — Les feuilles sont épuisées à plusieui-s reprises par l’eau î bouillante. Les liquides réunis et filtrés sont précipités par le sous-acétate de plomb. On enlève l’excès de plomb par l’hydrogène sulfuré et on concentre I le liquide au tiers après l’avoir neutralisé par le carbonate de sodium. Le i liquide fortement acidulé par l’acide sulfurique est précipité par le phosphojinolybdate de sodium. Le précipité jaune clair qui se forme est lavé avec de l’eau additionnée d’acide sulfurique mélangé à l’état humide avec du carboi nate de baryum ou de calcium, séché au bain-marie et épuisé par l’alcool I bouillant. Le résidu de la distillation de l’alcool est redissous dans l’eau et ipurifié de nouveau par le sous-acétate de plomb, qui précipite une matière [résineuse. On évapore la solution finalement avec l’acide chlorhydrique et jon purifie le chlorhydrate par cristallisation. On le décompose pour avoir |la base.

; LYCOCTONINE.

{ D’après Ilubschmann, cet alcaloïde accompagne l’acolyctine dans 1 extrait alcoolique d’Aconitum lycoctonum.

Propriétés chimiques et physiques. — Elle cristallise en mamelons. Elle est très soluble dans l’alcool, peu soluble dans l’eau et dans l’éther; elle possède une saveur amère. L’acide sulfurique la colore en jaune. Sa réaction est alcaline.

Flückiger a obtenu la lycoctonine en prismes incolores, légers, fusibles vers 100-104°. 800 pai'ties d’eau à 17° en dissolvent une partie. Elle est facilement soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme. L’eau de brome donne dans les solutions, même étendues, un précipité jaune qui se transforme bientôt en aiguilles microscopiques. L’iodo-mercurate de potassium se comporte d’une manière analogue.

lycgpodine.

La lyoopodine constitue falcaloWe di. L,,copodium complamtum. Elle a eie isoIee par Bodeker.

Pivpnéléo eUmiqueo et phpoiques. — La lycopodine cristallise en grands, pnemeselmorhombiques; elle est très soluble dans l'alcool, l'alcool amy-^ l.qne. le chloroforme, la benzine. Elle est moins soluble dans l'eau et daL ellicr, quoique ces deux liquides en dissolvent une notable proportion ^ Elle possMe une saveur amère franche. Elle a une réaction alcaline Ses' sels sont habituellement cristallisés.

.^ UMockydmte est en cristaux oiinorhombiques qui deviennent anhydres: Le cUormmIe forme un précipité jaune clair composé d'aiouilles '

action de leau chaude. On verse de l'acétate basique de plomb dans lai liqueur on sépare le précipité par filtration et on débarrLe la liqueur ! It ée du plomb quelle retient par un courant d'hydrogène sulfuré. On concentre fortement, on sursature par la soude et on agite avec de l'éther

Se Ce n é V T“‘?' ''““i

les,ne. Ce piécpite se transforme au bout d'un certain temps en longs pusmes monocimiques. ^ ® ,

MANxMTIi\E.

Pdlher ainsi que dans l'eau; elle po^édTu^s^vett^^^^^^^ "

distille le produit. On obtient nin«- ’ u ^ dissolvant, on '

sans toutefois qu’il y ait altération profonde.^En ipérlnTavëc

de mannite, les auteurs n'ont obtenu que 16 grammes d'I^l^e i

MÉCONIDINE.

La méconidine a pour formule Elle existe ^n petite quantité ' ^

dans 1 opium. Hesse a signalé l’existence de cette base. ^ I |

Propriétés chimiques et physiques. — La méconidine est une masse ' ' morphe, jaunâtre, transparente, fusible à 58». Elle est insoluble dans l’eau

L ammoniaque la dissout très dilBcilement, il en est de même de l'eau de 1 chaux, mais la potasse ou la sonde la dissolvent facilement; de plus les dif * ferents d..olvants de la méconidine ne l'enlèvent pas à celte disjoluii» '

altoÏtirn 'il “dconidine ; la chaleur facilite celle ^

a teiation . ,1 y a production d'une coloration rouge. C'est ainsi que l'acide ulfurique étendu la colore d'abord en rouge, puis en pourpre. L'aLoniaque i fol me dans cette solution un précipité blanc très altérable ^ '

ra,!;r!t'“l'“‘'‘r 4 “““'''" “■>« cmo- ,

ation t olive, 1 acide azotique donne une teinte rouge oraimé i

L acide acétique n'agit pas à froid; à chaud il n'amène qu'une déeompo- '

de la" ré:!;“ “ p^^p™*-

La méconidine est sans saveur, les sels sont amers et très solubles.

et dan ÏIÏÏT “““■'P''® et très solubles dans l'eau

dans 1 alcool. Le oMoromecourule est blanc et amorphe. Le cMoroplatinat, ^

{G'^R^A.zO^,EClfPtCl'* est un précipité amorphe jaune, qui rougit rapi- ; dement.

Le chloraurate est amorphe et jaune sale.

Extraction. — On agite avec de l’acide acétique la solution chloroformique qui contient la lanthopine et la méconidine.

La liqueur acide étant neutralisée par une quantité suffisante d’ammoniaque, la lanthopine précipite, la liqueur filtrée est sursaturée par la potasse i et agitée avec de l’éther. De l’éther se séparera d’abord la codéine ; ensuite, en attendant, par évaporation prolongée, la laudanine.

! L’eau mère éthérée est agitée avec une solution de bicarbonate de soude et abandonne par évaporation lente de la codéine. Les dernières eaux mères sont agitées avec de l’acide acétique étendu. Cette solution saturée de chlorure de sodium donne un précipité de chlorhydrate de méconidine, qui est .

: décomposé par le bicarbonate de soude en présence d’éther qui s’empare de la base mise en liberté.

MÉNISPERMINE.

La ménispermine existe dans les écailles de la coque du Levant (Anamirta \ cocculus, ménisperniées). Elle a été isolée par Pelletier et Couerbe.

Propriétés chimiques et physiques. —■ La ménispermine est une base t solide se présentant sous forme de prismes à, quatre pans fusibles à 120° et I se décomposant à une température plus élevée. Elle est insoluble dans l’eau,

; soluble dans l’alcool froid et l’éther ; elle n’a pas de saveur.

Elles se dissout facilement dans les acides étendus ; elle est transformée ' par l’acide azotique en acide oxalique et en une matière jaune résinoïde.,.Sa réaction est alcaline. Elle forme des sels avec les acides.

Le sulfate est cristallisé en aiguilles prismatiques fusibles à 165°. Lorsqu’on le soumet à une température plus élevée, 11 se décompose en dégageant de l’hydrogène sulfuré.

Préparation. — On traite l’enveloppe de la graine par l’alcool et on en prépare un extrait; cet extrait est repris par del’.eau bouillante acidulée. On précipite par l’ammoniaque ; le précipité est salifié par l’acide acétique étendu, et on précipite de nouveau par l’ammoniaque.

L’alcaloïde alors mis en liberté est séché et dissous dans l’alcool ; on laisse évaporer spontanément cette solution alcoolique; les cristaux qui se forment sont lavés à l’alcool froid, et on sépare la ménispermine de la paraménisper-. mine au moyen de l’étber, cette dernière base étant à peu près insoluble dans l’éther.

MERCURIALINE.

L’existence de la mercurialine a été constatée dans plusieurs variétés de mercuriale. Reichardt est le premier qui ait isolé cette base.

Propriétés chimiques et physiques. — D’après Reichardt, c’est un liquide incolore, huileux, bouillant vers 140° et se résinifiant facilement à l’air. Il provoque le larmoiement. Son odeur rappelle celles de la nicotine et de la conicine. Sa réaction est très alcaline. Il se combine aux acides. Reichardt ! a obtenu plusieurs sels cristallisés : l’azotate, le carbonate, le chlorhydrate, le chloroplatinate, l’oxalate, le sulfate.

D’après les recherches de G. Schmidt et G. Faas, cet alcaloïde serait identique avec la méthylamine. Ces chimistes le préparent en distillant la Mercurialis annua par portions de 15 à 20 kilogrammes, avec de l’eau et de ; la chaux. La base, mise en liberté, est transformée en chloroplatinate qu’on i purifie par cristallisation. Si l’on compare la mercurialine de ce sel avec la 1 méthylamine qu’on prépare au moyen du chloroplatinate de caféine et l’acide 1 azotique, on constate une identité parfaite, non seulement dans les caractères physiques et les réactions, mais encore jusque dans les combinaisons les plus complexes : ainsi, la diméthyloxamide et la diméthylurée ne présentent aucune différence, qu’elles aient été préparées avec la méthylamine ou avec la mercurialine.

Les eaux mères du cliloroplalinale de mercurialine déposent de petits

cristaux de chloioplaliiiate de triraéth,lamine; il est possible que la dlméthv

Jamine y existe également. ^

Préparation. — Reichardt a obteny la mercurialine en distillant les plantes des Mei’cunahs anima et perennis avec de l’eau et de la chaux. On sursature le liquide distillé par de l’acide sulfurique, on évapore à sec et on reprend le

I ésidu, mélangé des sulfates d’ammonium et de mercurialine, par de l’alcool

absolu, qui dissout principalement le dernier sulfate. Pour effectuer la séna-’ rat J, on transforme les sulfates en carbonates, et on volatilise le carbonL ^ d ammonium dans un courant de gaz carbonique. '

MÉTHYLCONICINE. i

Cette base existe dans la ciguë avec la conicine. Kékulé et Planta en ont ' trouve des échantillons dans la conicine commerciale. '

Ayn»* ehimiqua et pkyeiqm:. - C’esl un liquide volalil et incolore Ws rtfrmgent présentant la même odeur que la conicine. Il est moins dense qu. leau, dans laquelle il est très peu soluble. L’eau prend alors une réaction calme très marquée. Chauffée,elle dissout moinslamétiij-lconicinequ’à froid.

Préparattm ~ On pourrait la préparer'avec les conicines du commerce, ’ en utilisant la réaction des aldéhydes sur la conicine

-a^lèthyleonlcine; i

II se forme de l’eau, de l'éthylène et de la méthylconicine. j

MÉTHYLPELLETIÉRINE.

dait «2''du‘“ ■ :

Propriétés chimiques et physiques. - Cet alcali est liquide- il se dissout '

dans vingt-einq fois son poids d’eauà 12-; il est très Juble dans l’aZÎ ^

Mher, le chloroforme; il bout à SIS»; il se combine aux acides et formé ■

des sels extrêmement hygrométriques. j

Vrépmtim.- Nous donnons le procédé général pour obtenir les aica- ' '

de ceux qui lestent è examiner. L’écorce de grenadier (lige et racine) est ‘ elangée avec un lait de chaux, puis épuisée par l’eau. Les liqueurs réunies sont agitées avec du chloroforme, et ce dernier l’est à son tour’avec un acide ’ eiidu en quantité strictement suffisante. Celte solution renferme les sels des '

de“ bic'ârbZr d’““ <1 “’'La solution additionnée '

de hicarhonale de soude et saturée d’acide carbonique cède au chloroforme : ' deux alcaloïdes, tandis que la liqueur relient les deux autres. :

mésZr ZZeZ' "“'“'Z ‘'’aiisfor-

buvarZ iïÎ s ‘’T”" “ =‘>andonné sur du papier ^

buvai d qui s imprègne de sulfate d’isopelletiérine déliquescent tandiLiu’il ' reste des cristaux de sulfate de pelleliérine. ‘ j i

les deux autres, additionnée de soude caustique est ' '

épuisée par le chloroforme, qui, par évaporation, abandonne des cristaux de ‘ sToT r On les sépare par exprès- ! ;

Té htrat c tf caustique. On 1

potasscctl’oZisCIlc ;

MORPHINE G^'H'3A2;0®-fH'0^.

l’optairC’ÏÏTe Z ti™»

P us imporlaiil. Sa découverte remonte à 1688 et appar-

I lient à Ludwig. Elle a été étudiée par un très grand nombre de chimistes,

I parmi lesquels on doit citer : Seguin, Derosne, Serturner, de Bussy, Dumas, Robiquet, Pelletier, Liebig, Merck, Boucliardat, Schutzenberger, Anderson,

: Decharme, Kieffer, Prunier, Chastaing, Griraaux, etc.

Jusque dans ces derniers temps, cette base n’avait été rencontrée que dans ; les espèces du genre papaver ; elle existe dans d’autres plantes. Charbonnier I vient de prouver qu’on peut l’extraire de YAt'gemone mexicana.

La morphine paraît être contenue dans l’opium à l’état de sulfate et de méco- I nate. Les faits qui établissent l’existence de cette combinaison sont les suivants :

: Dans un extrait d’opium, l’acide sulfurique existe en quantité suffisante

: pour pouvoir se combiner à toute la morphine.

I Le même extrait contient une quantité d’acide méconique insuffisante pour i transformer toute la morphine en méconate.

j L’extrait contient des bases organiques et inorganiques avec lesquelles î l’acide sulfurique s’unit de préférence à la morphine ; le reste de l’acide I sulfurique ne suffit plus à la saturation de la morphine.

Puisqu’il est démontré que l’acide sulfurique libre de se combiner à la I morphine est insuffisant pour la totalité de l’alcaloïde, il est évident qu’une partie de la morphine est combinée à l’acide méconique.

' Propriétés fhysiques et chimiques. — La morphine cristallise en prismes incolores appartenant au système orthorhombique.

I Decharme a étudié avec soin les formes hémiédriques de la morpliine.

' A l’état de pureté parfaite, cet alcaloïde cristallise dans le système ortho- ; rhombique. La forme la plus fréquente est celle d’un prisme droit à base I rhombe portant des troncatures sur les arêtes aiguës du prisme. La mor- 1 phine est hémièdre à gauche. Decharme a, en outre, étudié les formes variées I et bizarres même qu’affectent les cristaux de morphine lorsqu’ils prennent I naissance au sein d’une dissolution - renfermant des matières étrangèrés ou j dans des circonstances différentes de température, de degré de concentration I des dissolvants, etc.

I La densité des cristaux de morphine est, d’après Schrôder, de ! 1.317-1.326.

I La morphine n’a pas d’odeur ; elle possède une saveur d’une amertume ' persistante.

I Cet alcaloïde ainsi que les sels qu’il forme avec les acidps dévie à gauche le I plan de la lumière polarisée.

^ A l’état de pureté, les longs prismes blancs de morphine sont considérés comme inaltérables à l’air; ils s’y conservent en effet assez longtemps sans ; modification, mais à la longue ilsae colorent un peu, indice d’un commencement d’altération tout à fait superficiel. Chauffés à +110“ ils perdent 6 p. c. d’eau, soit H^O^ par équivalent de morphine ; à 120”, ils fondent sans décomi position et le liquide se prend par refroidissement en une masse .cristalline rayonnée.

Chauffée à 200”, elle commence à se détruire ; à plus haute température elle laisse un résidu charbonneux.

D’après M. Decharme, lorsqu’on opère sur de petites quantités de morphine, on parvient à sublimer un peu de cet alcaloïde. Cette faible volatilité entraînerait comme conséquence l’absorption de petites quantités de morphine quand on fume de l’opium.

Solubilité de la morphine. — La morphine est peu soluble dans l’eau froide ; on admet généralement que l’eau bouillante en dissout environ 1/500, dont la plus grande partie se dépose par le refroidissement à l’état cristallin.

; Abl admet que la morphine se dissout à 18”. 75 dans 960 parties d’eau froide et dans 400 à 500 parties d’eau bouillante.

: D’autres chimistes admettent que la morphine se dissout dans 5,000 par-

} ties d’eau froide et 400 à 500 parties d’eau bouillante.

Cette solubilité a été examinée par M. Chastaing.

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^11 a été constaté qu’à 20o, 1 litre d’eau dissout 20 centigrammes de

sommité dlé

A 22”, il dissout 22 centigrammes, à 42, 42 centigrammes. A 1” l’eau auTaup"^-^ quantité de morphine suffisante pour colorer en bleu, au bout de q^^^ques instants, un papier de tournesol sensible; à 100”, 1 litre dissout

100 parties d’alcool bouillant d’une densité égale à 0.83 en dissolvent 7 5 • cool froid en dissout 3 parties (Duflos). Elle est insoluble dans l’éthei et

benzine et 91 parties d’alcool amylique (Prescott).

100 parties d’alcool amylique froid dissolvent 0.26 parties d’anrès Knhiv

Mie es soluble à froid dans 10.000 parties de clilorofo L j^^

dammoniaque d’une densité de 0.97 en dissolvent 1 partie.

Aaion des acides sur la morphine. - Acide acétique. ~ En faisant a-ir de 1 acide acétique cristallisable ou de l’anhydre acétirme .... i 0„ oMen. aes a.-... ..es a.,.,s „„ a

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