RECHERCHES DU POISON. — REACTIONS
I Pour isoler l’aconitine, on suit la méthode de Stass. L’alcaloïde présente [ les caractères et les réactions qui suivent :
I II est soluble dans l’éther, même après dessiccation, j La teinture d’iode fornie, dans une solution contenant de l’aconitine, un ; précipité de couleur Kermès devenant brun par l’acide sulfurique.
L’aconitine, traitée par l’acide sulfurique concentré, donne une coloration I jaune, puis rouge violacée.
I Le tanin la précipite en abondants flocons blanchâtres.,'
I Le chlorure d’or donne peu à peu des grains jaunes cristallins.
I , Les sels d’aconitine formés avec des acides étendus ne précipitent, ni par ! l’ammoniaque, ni par le chlorure de platine.
ADANSONINE.
i Cet alcaloïde a été isolé par Stanislas Martin des feuilles du baobab, ' Adansonia digitata, arbre gigantesque appartenant à la famille des mal- ; vacées. ;
Propriétés chimiques et physiques. — C’est une substance blanche, j lorsqu’elle est pure, soluble dans l’alcool rectifié; dissoute dans de l’eau j aiguisée d’un acide minéral, elle forme des sels qui cristallisent en aiguilles; ' leur saveur est d’une amertume qui se prolonge longtemps dans la bouche.
Extraction. — On prend 200 grammes de feuilles de baobab réduites en poudre, 150 grammes eau distillée et 10 grammes sous-carbonate de soude
en poudre. Après avoir mêlé ces diverses substances, on les laisse en contact | pendant quarante-huit heures ; on place le mélange dans un vase à large î ouverture, on chauffe au bain-marie en agitant continuellement pour en | chasser l’eau. Après dessiccation et division de la poudre dans un mortier, i on la met dans un flacon avec le double de son poids d’éther sulfurique, on j agite de temps en temps pendant huit jours et on filtre.
La colature est fortement colorée en vert foncé ; on la distille au bain- | marie pour retirer les trois quarts de l’éther employé. On transvase dans un , flacon le quart du liquide restant, on ajoute 50 grammes d’eau distillée, i acidulée avec de l’acide chlorhydrique pur, on agite ce mélange quatre à cinq fois le jour, pendant quelques jours, on le chauffe au bain-marie jusqu’à ce que l’éther soit tout évaporé. !
On laisse refroidir, on verse ce liquide sur un filtre ; le liquide qui en résulte est clair, limpide, d’une couleur légèrement ambrée, d’une odeur ; aromatique, d’une saveur amère faible, mais si persistante qu’on la ressent longtemps dans la bouche.
Pour isoler l’alcaloïde du liquide, on verse dedans, goutte à goutte, en ; agitant toujours, de l’ammoniaque en suffisante quantité pour qu’en y plongeant un papier de tournesol il en sorte sans que la couleur en ait été altérée. Après un jour de repos, il se forme au fond du vase un dépôt blanc jaunâtre ; on décante le liquide, on le filtre ; après cela, on laisse sécher ; la ' poudre impalpable qui reste sur le papier est l’alcaloïde.
Propriétés thérapeutiques. — Les feuilles du baobab ont été souvent près- ' crites par Adanson lorsqu’il voulait combattre la fièvre intermittente, et il en obtenait de très bons résultats. Le D" Düchassancy a essayé fécorce de cet arbre dans le même cas, et il a reconnu qu’elle jouissait de propriétés fébrifuges bien supérieures aux feuilles. L’action antipériodique constatée dans
AGROSTÉMINE.
La nielle des blés ou couronne des c\iamps{A(jrostema githago) contient un alcaloïde auquel on a donné le nom d’agrostémine. Schulze 1 a retiré des semences de cette plante.
Propriétés chimiques et physiques. — L’agroslémine n’a pas d’odeur; elle | se présente sous la forme de paillettes jaunâtres; elle peut être obtenue cristallisée. L’eau la dissout en petites quantités; elle est très soluble dans : l’alcool ; soumise à l’action de la chaleur, elle est très fusible et se décom- | pose ; l’acide sulfurique la colore en rouge ; la potasse bouillante en dégage de l’ammoniaque. La solution donne ensuite, par 1 acide chlorhydrique, un précipité blanc; elle forme avec plusieurs acides des sels qui cristallisent facilement, tels que le sulfate, le chlorure double d’or et d’agrostémine, le chlorure double de platine et d’agrostémine. Get alcaloïde n’a pas été fobjet d’études spéciales au point de vue de ses effets physiologiques et thérapeutiques. Nous pensons, avec quelques observateurs, qu’il nest pas éti’anger aux accidents de forme dyssentérique qui se produisent parfois chez les personnes qui mangent un pain mêlé de farine de nielle des champs. ;
ALSTONINE. ,
L’écorce de VAlstonia constricta, famille des apocynées, a été. l’objet d’un sérieux examen de la part d’Oberlin et de Schlaydenhauffen, qui sont parvenus à isoler l’alstonine tout en nous faisant connaître ses propriétés chimiques et physiques. ;
Propriétés chimiques et phijsiques. — L’alcaloïde se présente sous forme; d’aiguilles disposées en houppes soyeuses ou de cristaux isolés ou étoilés, j d’un éclat brillant et entièrement incolores,
La substance est parfaitement soluble dans féther, l’alcool, le chloroforme, ; la benzine, l’acétone et le pétrole. Elle est insoluble dans l’eau froide et j
! assez soluble dans l’eau bouillante, à laquelle elle communique son amertume. La solution aqueuse colore en bleu le papier l’ougi de tournesol, réaction qui prouve jusqu’à l’évidence l’alcalinité de’ la matière.
Les acides faibles la dissolvent parfaitement ; elle est précipitée de nouveau de ses solutions par tous les réactifs des alcaloïdes, ce qui confirme une fois j de plus son caractère de base.
Chauffé sur une lame de platine, ce corps commence par fondre; à une I température un peu plus élevée, il répand une odeur aromatique, dégage i des vapeurs jaunes abondantes et finit par se réduire en une masse char- I bonneuse qui disparaît bientôt sans laisser trace de résidu.
I Au contact des acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique concentrés, les ! cristaux se dissolvent assez rapidement sans se colorer d’une manière appré- : ciable. C’est à peine si l’on aperçoit une teinte jaunâtre. En ajoutant de l’eau i à ces solutions acides, on obtient immédiatement un liquide d’une superbe j fluorescence bleue ; les stries produites par le mélange des liquides de deni sité différente, d’un bleu d’azur intense, disparaissent petit à .petit quand on agite la liqueur, qui devient alors entièrement fluorescente.
L’acide sulfurique concentré, additionné de bichromate de potasse, colore [ les cristaux en bleu-vert intense. La teinte passe àu violet, puis au pourpre.
: En ajoutant de l’eau à ce mélange, on obtient immédiatement un liquide ; rouge cramoisi. L’acide sulfurique concentré, en présence du cyanure rouge,
: produit le même effet.
' Si l’on fait usage du molybdate d’ammoniaque ou d’acide molybdique, on i produit avec les cristaux et le mélange sulfurique de ce réactif, une teinte verLbleu qui passe au violet.
En présence de l’acide sulfurique additionné d’une trace de perchlorure de fer, les cristaux se colorent en bleu. Cette teinte ne présente absolument rien de commun avec la coloration bleu verdâtre que le perchlorure donne avec le j tanin ; d’ailleurs, la solution étendue de l’alcaloïde ne se colore pas en pré- I sence de ce réactif; de plus, la teinte bleue, dont il est question ci-dessus, passe au rouge après addition d’eau et se dissipe rapidement, i Le rendement de l’alstonine est excessivement faible, j L’écorcO' de VAlstonia constricta a la réputation de posséder les propriétés : de la quinine. On s’en sert avec succès dans le traitement des fièvres inter- I mittentes.
j II y a lieu d’espérer que falstonine sera un succédané précieux de ce sel j si nécessaire et si utile.
! Extraction. — L’écorce en poudre est soumise à faction de l’éther à chaud I dans un -appareil à déplacement continu. Lorsque l’éther ne se colore plus, l’épuisement est terminé. Le liquide est soumis à la distillation et l’on obtient un résidu orange d’une apparence cristalline. On ajoute 1/200 d’acide chlorhydrique, on filtre pour enlever les matières grasses et on précipite la solution chlorhydrique par l’ammoniaque, on fait sécher le précipité sous ! une cloche à acide sulfurique et on épuise par féther. Le liquide éthéré ' fournit, après évaporation, un enduit jaunâtre, amorphe, ne présentant pas ! trace de cristallisation. On reprend par l’eau chlorhydrique faible, on précipite par fammoniaque et on renouvelle cette opération à plusieurs reprises.
! Le dépôt, repris par féther, abandonne l’alcaloïde sous forme d’aiguilles par- ! faitement cristallisées.
! ALSTONICINE.
; Cette substance est retirée des eaux mères qui proviennent de la préparation de falstonine et qui ne cristallisent plus, même après un repos très prolongé. On l’obtient en les soumettant à une évaporation spontanée.
Propriétés chimiques et physiques. — Elle se présente sous forme de matière amorphe, soluble dans les mêmes véhicules que ceux qui dissolvent falstonine, elle est insoluble comme elle dans feau froide et très faiblement } soluble dans feau bouillante. Cette solution présente une réaction alcaline j très marquée.
Elle est entièrement soluble dans les acides faibles.
La solution acidulée de la substance, traitée par l’ammoniaque, la potassé, la soude, les carbonates alcalins, le bichlorure de platine, le cyanure rouge, le bichromate de potasse et toute la série des iodures doubles fournit des ' précipités très abondants. L’acide picrique les précipite en jaune, le tanin en blanc, l’iodure ioduré de potassium en brun. j
Chauffée avec du potassium dans un tube à essai, la matière fond, se i charbonne et se décompose. En traitant par leau le produit de la réaction, j puis par le mélange des sels de fer et enfin par l’acide chlorhydrique, on , obtient un abondant précipité de bleu de Prusse. Chauffée sur la lame de ; platine, la substance fond, répand des vapeurs jaunes d’abord aromatiques, i puis âcres, se charbonne et finit par disparaître totalement. |
L’acide sulfurique concentré la dissout avec une teinte brun verdâtre. L’acide chlorhydrique présente le même caractère. L’acide azotique la dissout , également, mais fournit un liquide d’un rouge cramoisi d’un très belle teinte; :
I ce caractère différencie complètement l’alstonine de l’alstonicine. i
Les solutions acides de l’alstonicine ne fournissent pas la fluorescence comme ! celles de l’alstonine. I
L’acide sulfurique concentré en présence des oxydants, le bichromate de potasse, le bioxyde de manganèse, l’acide indique, l’acide molybdique, le perchlorure de fer colorent l’alstonicine de la même manière que l’alstonine. 1 La première teinte de la réaction est ou bleue, ou verte, puis elle passe au ’ violet et au pourpre. En ajoutant quelques gouttes d’eau à ces mélanges acides, on obtient la coloration cramoisie.
AMANITINE.
L’amanitine existe dans VAgaricus muscarius ; eWe accompagne la muscarine, découverte en 1870 par 0. Schmiedeberg et R. Koppe. Harnack, qui a isolé l’amanitine, lui a conservé ce nom, sous lequel Letellier, Apaiger et Wiggers ont étudié autrefois le principe actif de l’agaric; elle est isomérique avec la choline. Lorsqu’on la chauffe, elle dégage de la triméthylamine. L’acide nitrique la convertit en muscarine.
L’amanitine est dépourvue d’activité physiologique marquée.
Préparation. — Harnack prépare l’amanitine en transformant en chlorhy-
drate la muscarine brute sirupeuse et faisant cristalliser. Quand on exprime ^ entre des doubles de papier buvard les chlorhydrates cristallisés obtenus, le chlorhydrate de muscarine, très déliquescent, absorbe l’humidité et se trans- | forme en sirop, qui pénètre dans le papier, tandis que le chlorhydrate d’ama- ; nitine reste solide. On reprend par l’eau ce dernier et on le purifie par des cristallisations répétées. En lavant le papier, on recueille le chlorhydrate de muscarine. Transformant les deux alcalis en chloraurates, on peut alors les purifier complètement par cristallisation, le sel de muscarine étant beaucoup plus soluble que celui d’amanitine.
ANCIIIÉTINE.
L’anchiétine est le principe actif de VAnchieta salutaris. Th. Pickolt l’a
isolée et fait connaître ses propriétés.
Propriétés chimiques et phy.<siques. — Elle cristallise en aiguilles d’un : jaune paille,-inodores, d’une saveur répugnante; insoluble dans l’eau et dans '*■ Féther, elle se dissout aisément dans l’alcool et donne une solution faiblement
alcaline. Elle se combine aux acides et fournit avec eux des sels cristallisés.
Extraetion. — L’écôrce fraîche est réduite en bouillie, exposée à l’air ■ jusqu’à fermentation complète, puis, épuisée par l’acide chlorhydrique j étendu, Fanchiétine entre en solution et peut être précipitée par Fammoniaque.
ANDROMÉDOTOXINE.
L’andromédotoxine a été isolée par Plugge dans VAndromeda Japoniea et
VAndromeda politifolia. Elle n’a, pas encore été obtenue dans un état de |
' I pureté satisfaisant. Son action est toxique. Les expériences et les observai tiens faites avec les plantes vertes sur des lapins et des moutons font ' I supposer que c’est à sa présence que ces plantes doivent leurs propriétés ! narcotico-âcres.
1 ANGUSTURINE.
: ^ Selon quelques auteurs, l’écorce d’angusture {Cusparia febrifuga) contien- I drait cet alcaloïde. Son existence est problématique.
I ANTHÉMINE.
I Propriétés chimiques et physiques. — L’antliémine a été découverte par j Pattone dans les capitules de la camomille romaine. La camomille des champs I la renferme également. V i
Elle est insipide, inodore ; elle se présente sous forme de cristaux réguliers j Sa réaction est alcaline. Ses sels cristallisent parfaitement.
I Elle est peu soluble dans l’eau froide, insoluble dans l’alcool et l’éther,
! très soluble dans l’acide acétique.
I Elle est inusitée en médecine. Jusqu’à ce moment, du moins, elle n’a pas eu d’emploi.
Extraction. — La camomille des champs, placée dans un appareil à déplacement, est épuisée par l’eau. On évapore. L’extrait est repris par l’alcool. On distille et le résidu traité par l’eau bouillante donne l’anthémine, que l’on purifie et fait cristalliser par des dissolutions dans l’alcool et reprises succes- 1 sives par l’eau bouillante.
j ANTHOGERCINE.
I La découverte de l’anthocercine est due à Bar. von Mueller. On la retire de VAnthocercis ti?scosa,solanée qui croît en Australie.
Propriétés chimiques et physiques. — G’est un liquide huileux, jaune, plus dense que l’eau, de saveur amère, d’odeur assez agréable, à peine soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et dans l’éther. Elle bleuit franchement le tournesol. L’anthocercine se dissout dans l’acide sulfurique; la solution est colorée en jaune hrun ; elle devient violette par une addition de permanganate de potasse; l’acide chlorhydrique concentré et l’acide ‘ azotique concentré lui communiquent une coloration jaune paille. La solution d’anthocercine dans l’acide acétique est précipitée par le tanin, j l’acide picrique, l’acide phosphomolybdique, l’acide phosphotungstique, j les solutions d’iode, d’iodure, de mercure et d’iodure de bismuth dans l’iodure de potassium, les chlorures d’or, de platine, de mercure,, les alcalis libres ou carbonatés et à un faible degré par l’azotate d’argent.
Ni le perchlorure de fer, ni le chromate de potasse, ni l’iodure de potassium ne paraissent exercer d’action sur l’anthocercine.
Extraction. — L’extrait aqueux de la plante est traité par l’alcool et la solution alcoolique évaporée. Le nouvel extrait est redissous dans l’eau distillée, puis sursaturé avec de l’ammoniaque ou de la soude caustique; enfin ; agité avec de l’éther à plusieurs reprises, puis la solution éthérée a été ; évaporée à une douce température et finalement pendant un court espace de I temps au bain-marie. Il faut opérer rapidement pour éviter une importante j perte de l’alcaloïde, à cause de sa facile volatilisation et de son influence I presque narcotisante.
Le rendement est inférieur à 1 p. c. du poids de la plante sèche.
I apirine.
; L’apirine a été extraite par Bixio de la noix du Cocos lapidia, Cocos nuci- \ fera. Sa composition n’a pas été déterminée. Plusieurs chimistes considèrent j son existence comme douteuse.
Propriétés chimicpies et physiques, — C’est un corps blanc dont la solu- j bilité est plus- grande à froid qu’à chaud et dont la saveur est âcre; il ne | réagit pas sur les teintures végétales ; il se combinç avec les acides pour ; donner naissance à des sels qui sont, comme la base, beaucoup plus solubles | à froid qu'à chaud. |
Extraction. — La noix de coco est pulvérisée.grossièrement et épuisée ! par l’eau acidulée avec l’acide chlorhydrique. Tous les liquides sont réunis. On décompose le chlorhydrate qu’ils contiennent au moyen de l’ammoniaque, on recueille l’apirine et on la sèche entre des feuilles de papier buvard.
APOACONINE.
L’apoaconine est le résultat de la déshydratation de l’aconine 'exprimé i par la formule suivante :
Wright et P. Luff, dans leur mémoire sur les alcaloïdes de l’aconit, ont ; signalé celte transformation. 'Ils ont peu étudié cette base nouvelle ; ils ont oblenu .son chlorhydrate en faisant réagir l’eau en vase clos à 140” sur l’aconine et acidulant la liqueur par l’acide chlorhydrique.
APOACONITINE.
Propriétés chimiques et physiques. — L’apoaconitine se présente sous la forme de cristaux anhydres. D’après Wright et P. Luff, ces cristaux correspondent à la formule :
Ils fondent à 185"-d 86°. ;
Au point de vue physiologique, les propriétés de l’apoaconitine ne semblent pas inférieures comme activité à celles de l’aconitine.
Préparation. — On chauffe l’aconitine à 100” pendant huit heures avec quinze fois son poids de solution saturée d’acide tartrique, on agite avec de l’éther le liquide refroidi pour lui enlever une trace de matière résineuse, puis, après l’avoir additionné d’un excès de carbonate de soude, on l’agite avec une nouvelle quantité d’éther qui enlève l’apoàconitine formée. Par éva -1 poration de la solution éthérée, la base cristallise ; on la purifie en la con- : vertissant en nitrate, qu’on purifie lui-même par plusieurs cristallisations ; enfin, on régénère falcali du nitrate et on le fait cristalliser dans l’éther. Les cristaux obtenus sont anhydres, comme nous l’avons dit ci-dessus.
APOATROPINE.
L’apoatropine a pour formule Elle cristallise en prismes inco- ■
lores, elle est fusible entre 60 et 62”, peu soluble dans l’alcool, le chloroforme et le sulfure de carbone.
Propriétés chimiques et physiques. — Chauffée pendant quatre heures vers 130” avec six fois son poids d’acide chlorhydrique, l’apoatropine se: dédouble en tropine, acide isatropique et acide atropique.
L’hydrogène naissant la transforme eh hydroatropine, substance huileuse ; répondant à la formule G"ll''A:;OL
Elle se combine aux acides et forme avec eux des sels.
Le sulfate a faspect de petites lamelles microscopiques à éclat nacré. Ou prépare avec facilité le chlorhydrate, le nitrate, l’iodhydrate, le chromate et l’acétate.
L’apoatropine n’agit pas sur la pupille, mais elle ralentit les mouvements du cœur et; à haute dose, provoque des convulsions caractéristiques.
On obtient fapoatropine par faction de facide nitrique sur fatropine. 1
APOCODÉINE.
j Propriétés chimicpies et physiques. — L’apocodéine a été découverte par ; Laurent et Gerhardt. Elle se présente sous forme d’une niasse gommeuse j rougeâtre; elle est insoluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme et presque i insoluble dans l’eau.
I Le chlorhydrate est amorphe, incristallisahle, soluble dans l’eau et préci- ! I pitable par excès d’acide.
: ! Pour obtenir l’apocodéine, on fait chauffer du chlorhydrate de codéine avec I une solution concentrée de chlorure de zinc à d70 ou 180°. Par le refroi- ! dissement, il se sépare une niasse goudronneuse rougeâtre, qui est du chlorhydrate d’apocodéine presque pur. On réduit ce sel dans l’eau à plusieurs i reprises, on le précipite par un excès d’acide chlorhydrique, puis on le j décompose par le cai-bonate de soude. On reprend par l’éther, qui laisse ' l’apocodéine en s’évaporant.
; j APOMORPIIINE.
I I Le D^’ Matthiessen, professeur à l’hôpital Saint-Bartholomew, à Londres,
I I en collaboration avec Wright, a réussi à produire cette base nouvelle, qui a la même composition que la morphine, moins les éléments d’une ! molécule d’eau. Elle avait été entrevue pour la première fois en 1845 par ; ! Arppe et étudiée en 1848 par Laurent et Gerhardt.
j Propriétés chimiques et physiques. — L’apomorphine a l’aspect d’une I masse cristalline plus ou moins verdâtre, assez soluble dans l’eau. La solu- I j tion.exposée â l’air devient d’un beau vert très prononcé. La solution alcoo- , I lique passe au vert et finit par prendre une belle couleur émeraude bien stable. L’acide azotique donne lieu à une coloration rouge violet très prononcée. Les alcalis la coloi’ent en blanc verdâtre.
L'apomorpbine libre ne peut être obtenue que très difficilement. Si, à une I solution de son chlorhydrate, on ajoute du bicarbonate de soude, elle se i sépare sous forme d’un précipité blabc qui verdit et s’oxyde à l’air avec ; i une grande rapidité. Le produit ainsi altéré et transformé en matière verte est soluble dans l’eau et dans l’alçool en donnant une liqueur d’un beau vert; dans fétber, il forme une solution rouge pourpre, et une solution violette dans le chloroforme.
Sa réaction est alcaline. Elle se combine aux acides.
Le chlorhydrate d’apomorphlne cristallise anhydre, il s’altère à l’air, verdit I et augmente de poids en absorbant de l’oxygène.
; , Préparation. — Pour préparer l’apomorpbine, on chaulfe à 150“ pendant trois heures de la morphine enfermée dans des tubes scellés avec de l’acide chlorhydrique en excès (dix à vingt ibis son poids). Quand on ouvre les tubes refroidis, aucun gaz ne se dégage ; mais la morphine se trouve transformée I en la nouvelle base, que l’on purifie de la manière suivante : On neutralise la : liqueur étendue d’eau par du bicarbonate de soude, puis ou ajoute un excès ! de ce sel; il se forme un précipité que l’on traite jusqu’à épuisement par de l’éther ou du chloroforme dans lesquels la morphine est insoluble,
' I mais qui dissolvent fapomorpbine. Les liqueurs éthérées ou chloroformiques i étant agitées avec quelques gouttes d’acide chlorhydrique, du chlorhydrate I d’apomorphine cristallisé se sépare et se dépose sur les parois du vase. On ; lave rapidement à beau froide ces cristaux et on les purifie par cristallisation I dans l’eau bouillante.
Recherche du poison, réactions. — La recherche de l’apoinorphine peut être faite par la méthode de Stass. Les réactions qui caractérisent cette : substance sont nombreuses et permettent de la faire reconnaître facile- I ment.
' i 1. L’acide azotique la colore en rouge foncé et même violacé dont la nuance : pâlit promptement; en même temps, le mélange devient visqueux et, si on le traite avec une baguette de verre, il y adhère fortement : par l’addition
d’une goutte d’ammoniaque, ce mélange se liquéfie et la couleur rouge vire | au brun. ' ‘
2. Avec une solution aqueuse d’acide indique au dixième, l’apomorphine :
se colore en rouge grenat ; ce même acide en dissolution alcoolique donne | lieu à une coloration rouge. ' .
3. L’acide-picrique précipite en jaune citron les liqueurs même très éten- ! ,
dues ; ce précipité se redissout à l’ébullition. ; i
4. Le tanin précipite en jaune vert, le précipité est insoluble à chaud, i ; et se rassemble lentement en gros flocons.
' 5. Le perchlorure de fer produit une couleur rose, puis violacée, qui;
change rapidement et devient noire. > :
6. Le sulfocyanure de potassium donne un précipité blanc caseux, soluble ^ |
à chaud. . , 1
7. Le cyanoferrure de potassium donne une solution orangée qui devient i opalesèente, dépose des flocons qui se séparent imparfaitement, même après : réhullition, en prenant une couleur vert de poireau.
8. Le cyanoferride de potassium donne un précipité blt^nc caseux, insoluble à chaud, qui se colore en noir violacé en se rassemblant.
9. Le chlorure d’br donne un précipité d'un beau rouge pourpre qui ressemble beaucoup au pourpre de Cassius. Ce précipité se dissout dans une ' grande quantité d’eau et se colore à l’ébullition en rouge brun foncé.
10. Le sulfate de cuivre produit un trouble blanc bleuâtre que l’ébullition ' rend peu à peu couleur suc d’herbes.
11. Avec l’iodure de potassium iodé, l’apomorphine en dissolution dans : l’eau fournit un précipité d’une teinte rouge sale qui disparaît par l’action , de la chaleur, en colorant la liqueur en rouge vif; cette dernière teinte se' transforme peu à peu et devient brune.
12. Le protochlorure d’étain donne un précipité blanc, soluble à l’ébullition.
13. L’acétate de zinc produit unprécipité léger également soluble à chaud. :
14. Le sous-acétate de plomb donne lentement un trouble verdâtre. -
15. Le réactif de Frohde (1 milligramme de molybdate de sodium dissous dans 1 centimètre cube d’acide sulfurique concentré) donne uqe coloration vert intense passant insensiblement à la couleur violette mêlée à la première nuance.
16. Si l’on verse une ou deux gouttes d’une solution étendue de permanganate de potasse dans une solution aqueuse ou alcoolique d’apomorphine récemment préparée, ces dernières solutions prennent immédiatement ~la
, teinte vert émeraude.
ARIRINE CTPA-A
L’aribine est extraite de VArariha ruhra, arbre du Brésil oriental dont : l’écorce, grise à l’extérieur et rouge à l’intérieur, est employée par les Indiens i pour teindre la laine en rouge. Elle a été découverte par Rietti.
Propriétés chimiques et physûpies. — Suivant qu’elle est anhydre ou hydratée, elle cristallise en octaèdres rhomboïdaux a.ssez volumineux ou en pri.smes longs, unis ou souvent creux et s’effleuri.ssant à l’air.
Elle est peu .soluble dans l’eau. Sa saveur est amère ; elle fond à 22" et se prend de nouveau en cristaux par refroidissement. Chauffée davantage, mais avec précaution, elle se volatilise sans sc décomposer ; elle absorbe le gaz chlorhydrique avec dégagement de chaleur. Sa réaction est alcaline ; elle forme des sels cristallisables.
Son chlorhydrate se présente sous la forme de prismes brillants solubles , dans l’eau et insolubles dans l’acide chlorhydrique concentré. Les alcalis ! i précipitent cette base. Le tanin est sans action sur elle.
Extraction i — On épuise l’écorce divisée en petits fragments par do ' l’acide .sulfurique étendu et bouillant, on filtre et on précipite les liqueurs réunies par un excès d acetate do- plomb après les avoir presque complète-
ment neutralisées par le carbonate de soude; on filtre de nouveau, on précipite l’excès de plomb par l’acide sulfliydrique. La matière colorante achève de reprécipiter avec le sulfure de plomb. Après une dernière fibration, on précipite l’aribine impure sous la forme •d’une coagulum brun clair au moyen du carbonate de soude. On agite ensuite le tout avec de l’éther, qui dissout l’aribine ainsi que d’autres substances. On sépare l’éther et on l’agite avec de l’acide chlorhydrique qui dissout l’aribine et laisse la plus grande partie de la matière colorante en solution éthérée. La solution aqueuse du chlorhydrate d’aribine traitée par de l’acide chlorhydrique concentré, dépose le sel ^ à l’état cristallin. On le purifie en le dissolvant à diverses reprises dans l’eau, d’où on le précipite par l’acid'è chlorhydrique, et finalement on en précipite la base par le carbonate de soude et l’on purifie cette dernière par plusieurs ! cristallisations dans l’éther.
I ARICINE
L’aricine, découverte en 1829 par Pelletier et Coriol, a été obtenue depuis par Wiggers et Winckler et étudiée par Manzini, Boucharclat, Kerner, liesse et Howard; elle existe dans certaines variétés de quinquina (quinquina de Carthage, Cusco ou d’Arica),
î Kerner et liesse ont mis en doute l’existence de ce corps, qui ne leur paraît j pas suffisamment établie. D. Howard, en traitant l’écorce du Cinchona Pel- 1 leterana, a extrait une quantité d’alcaloïde suffisante pour s’assurer que l’arii cine est bien une espèce chimique distincte.
' Propriétés chimiques et physiques. — L’aricine paraît être isomère de la i brucine. C’est une substance blanche formant des cristaux prismatiques,
I rigides comme ceux de la-cinchonine, mais plus allongés ; elle pst altérable à l’air ; elle est soluble dans l’eau, l’éther et l’alcool. Sa solution dans ce der- , nier liquide à 90 p. c. a un pouvoir rotatoire de 63° pour le rayon jaune. Elle n’a pas d’odeur. Sa saveur est acerbe et amère. Elle est fusible vers 188”.
] Par le refroidissement, elle se solidifie en une masse amorphe. Ses solutions I salines ne sont pas précipitables par le tartrate de potasse et"de soude.
I L’acide nitrique mis en contact avec l’aricine dissout cette base ; il se pro- I duit en même temps une couleur vert intense. L’acide sulfurique concentré la colore en jaune verdâtre; en présence d’acide molybdique, l’acide sulfurique donne à une chaleur modérée une coloration bleu foncé qui passe au vert olive à une température plus élevée et reprend à froid la teinte primitive. L’iodure induré de potassium, riodomercürate de potassium, l’acide phosphotungstique produisent encore des troubles dans des solutions de ; chlorhydrate d’aricine a 1/50,000.
, L’aricine en solution ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les [ acides, elle verdit le sirop de violettes; elle se combine aux acides et donne I naissance à des sels incolores, cristallisables. Leurs solutions ne sont pas : fluorescentes. Voici leurs caractères :
Sels. — Le chlorhydrate est en prismes déliés, blancs, peu solubles dans l’eau froide, un peu plus solubles dans l’alcool et le chloroforme. L’eau j chaude le dédouble et il se précipite de l’aricine amorphe.
{ Chloraurate. — Précipité amorphe jaune rougeâtre.
; Bromhydrate. — Poudre blanche amorphe.
! lodlujdrate. — Prismes déliés, blancs,' très peu solubles, anhydres lorsqu’ils , ont séjourné dans une atmosphère sèche.
I Azotate. — Prismes déliés, blancs, anhydres, insolubles dans l’eau I chargée d’acide nitrique.
Eijposulftte. — Poudre blanche, soluble dans l’eau bouillante et cristalli- I sant par le refroidissement en aiguilles microscopiques formant gelée, i Sulfocyanate. — Petits prismes incolores, anhydres, très peu solubles, j Acétate. — Petits grains cristallisés, peu solubles dans l’eau bouillante.
! Sahcylate. — Poudre amorphe d’un jaune pâle, fusible au-dessous de 110".
Oxalates. — Poudre cristalline avec le sel neutre; prismes rliomboî- ! driques avec le sel acide.
Tartrate neutre. — Prismes incolores ou consistance gélatineuse suivant jconcentration. |
Citrate acide. — Aiguilles incolores, assez solubles dans l’eau froide.
Extraction. — L’aricine existe dans certaines variétés de quinquina, j ordinairement accompagnée d’un alcaloïde isomérique, la cusconine, et dun | alcaloïde amorphe, la cusconidine. Ces deux corps n’existent pas à l’état de | liberté dans les écorces, car ils ne peuvent être enlevés par le cbloroforme. ' Pour les isoler, on prépare un extrait alcoolique de l’écorce concassée; on le : sursature par du carbonate de soude, et on l’épuise par l’éther qui s empare des alcaloïdes. La solution éthérée cède à l’acide acétique assez concentré la majeure partie des alcaloïdes. Au bout de vingt-quatre heures de contact, le ; vase est revêtu d’un faible dépôt cristallin d’acétate d’aricine. La solution acétique saturée à chaud d’ammoniaque jusqu’à ce qu’elle colore le tournesol en rouge vineux laisse déposer par le refroidissement une nouvelle quantité d’acétate d’aricine, mais le liquide devient tellement épais que, pour effectuer : la filtration, il faut, au bout de vingt-quatre heures, le chauffer modérément jusqu’au moment où la viscosité disparaît. Le liquide filtré étant mêlé à une solution saturée de sulfate d’ammoniaque, le sulfate de cusconine se précipite presque totalement, mais ce sel est si visqueux et si volumineux qu’il est impossible de le séparer par filtration. Le magma est placé sur des doubles de toile, puis comprimé graduellement. Les dernières eaux mères, enfin, retiennent la cusconidine amorphe que l’ammoniaque précipite en flocons jaune brunâtre. Pour la séparation de l’aricine et de la cusconine, on peut mettre à profit la faible solubilité de l’oxalate acide d’aricine.
ASIMININE.
Les .semences de VAsiminia triloba contiennent un principe alcalin. Lloyd l’a i.solé le premier. En faisant connaître ses propriétés et les^divers caractères qui le distinguent, il a donné un mode de préparation pour l’obtenir.
Propriétés chùniqiies et physiques. — L’asiminine est amorphe; elle est blanche. Elle n’a pas d’odeur. Sa saveur est presque nulle. Elle est à peu près insoluble dans l’eau ; elle se dissout aisément dans l’éther et dans l’alcool, moins bien dans le chloroforme et le benzol. On n’a pas pu la faire cristalliser dans ces divers dissolvants. Sa réaction est alcaline. Elle se ■ combine aux acides pour former des sels. Ces derniers .sont solubles dans l’eau. Ils sont amers et précipitent abondamment par les réactifs qui préei- ■ pitent les alcaloïdes.
L’ace/flte et l’a^oto^e n’ont pas été obtenus cristallisés.
Le chlorhydrate cristallise bien dans l’alcool en plaques carrées. De tous les sels d’asiminine, c’est celui qui est le moins soluble dans l’eau. Mis au contact de l’acide azotique, il prend une coloration rouge carmin qui devient rapidement d’un pourpre foncé. Cette coloration rappelle celle de la morphine dans les mêmes circonstances, mais la coloration n’est pas rouge-sang; elle ne passe pas graduellement au jaune, mais au rouge foncé.
Au contact de 1 acide sulfurique, l’asimiuine donne lieu à une effervescence, se dissout, passe au jaune vert, puis au rouge jaune, puis au rouge foncé, et . le liquide reste coloré.
L’acide chlorhydrique n’agit pas apparemment sur l’asiminine, mais l’addition d’une petite quantité d’acide et une légère élévation de température ' donnent une coloration pourpre qui ressemble à celle de la morphine dans les mêmes conditions.
Le chlorure de mercure précipite les solutions d’asiminine ; l’eau chlorée j n’agit pas sur l’alcaloïde, mais elle précipite en blanc la solution de son ! chlorhydrate. j
Préparation. — On traite les semences par l’alcool, on ajoute finalement 1 au liquide assez d’eau p'our amener la séparation des huiles, on acidulé avec I
! de l’acide acétique, on mélange exactement et l’on filtre après vingt-quatre ' heures. Au liquide filtré on ajoute peu à peu de l’ammoniaque en évitant avec grand soin que le liquide ne devienne fortement alcalin. On recueille le précipité et, tout humide, on l’agite à plusieurs reprises avec de l’éther. Les ; liquides éthérés sont évaporés et le résidu est dissous dans un peu d’alcool, i A cette solution alcoolique, on ajoute un léger excès d’acide chlorhydrique qui donne un magma cristallin si le liquide est suffisamment concentré. On purifie les cristaux de chlorhydrate par une nouvelle cristallisation dans i l’alcool chaud et l’on sépare falcaloïde de ses solutions salines aqueuses par l’ammoniaque.
ASPIDÔSPERMINE C^H^As^Ol
Dans l’Amérique du Sud, l’écorce d’aspidosperma est depuis longtemps employée comme fébrifuge. Certains médecins de Tucuman prétendent que .cette écorce possède une activité comparable à celle du quinquina. L’arbre appartient à la famille des apocynées. Schickendanz en a retiré, le premier, un alcaloïde cristallisé. Faure a étudié cette écorce et fait connaître les propriétés caractéristiques de l’aspidospermine.
Propriétés chimiques et physiques. — C’est une substance qui cristallise en petits cristaux prismatiques dont quelques faces sont fortement brillantes. Peu soluble dans beau, très soluble dans l’alcool et l’éther. Sa, saveur est amère ; elle fond à 205-206”.
A une température plus élevée, elle s’altère et donne des vapeurs dont l’odeur rappelle celle de l’acroléine.
Fondue avec de la potasse caustique, elle donne des vapeurs alcalines rappelant à la fois la piridine et la chinoléine.
i Chauffée avec une solution d’acide perehlorique, l’aspidospermine donne ’ une coloration-rouge. Lorsqu’on ajoute une parcelle de peroxyde de plomb à l’aspidospermine arrosée, d’une goutte de SO‘‘H-, il se produit une coloration d’abord brune, puis rouge-cerise ; la couleur est violette si la base est impure. Le bichromate de potassium produit de même une coloration olive. Le chlore ne produit pas de coloration, mais transforme la base, en suspension dans I l’eau, en une masse floconneuse blanche, insoluble dans l’acide chlorhy- ' drique^ Ce composé chloré fond à 145" en brunissant. L’eau bromée agit comme le chlore.
Sels. — Les sels, d’aspidospermine sont difficilement cristallisables.
Sulfate d'aspidospermine (C^^H^As^O^f.SO^H^ Préparé avec un excès de , base, qu’on enlève ensuite par l’éther, ce sel cristallise par la concentration en faisceaux d’aiguilles contenus dans une eau mère sirupeuse. Une dessiccation de celle-ci à 125" laisse ce sel sous la forme d’une résine dure et friable, très soluble dans l’eau et soluble dans falcool.
Le chlorhydrate (C^^H^As^O^f .4riCl ressemble au sulfate. Le chromate est : un précipité jaune qui verdit à fair. Le chloroplatinate est un. précipité i jaune qui produit une coloration violette lorsqu’on le fait bouillir avec un excès de chlorure platinique.
I La solution du chlorhydrate donne des flocons jaunâtres avec l’iodomer- : curate de potassium ; des flocons blancs avec le sulfocyanate ; un précipité jaune avec l’acide picrique, un précipité blanc avec le tanin, un précipité blanc avec le sublimé corrosif, l’acide phosphomolybdique, l’acide perchlorique et un précipité brun avec fiodure ioduré de potassium.
Extraction. — On épuise dans un appareil à déplacement 1,500 grammes ! d’écorce finement concassée par 5 kilogrammes d’eau froide, additionnée de I 100 grammes d’acide sulfurique. La liqueur obtenue est débarrassée du tanin j et des matières colorantes par facétate de plomb en très léger excès. On i filtre, on enlève le plomb en excès par l’acide sulfhydrique, on filtre de
nouveau et on ajoute du carbonate de soude jusqu’à réaction alcaline; une | matière caseuse se sépare ; on la recueille, on la sèche et on 1 épuise par j l’alcool, qui laisse un résidu composé surtout de carbonate de chaux. La solution alcoolique ayant été longtemps maintenue en ébullition avec du noir ! animal, on filtre, on chasse presque tout l’alcool par distillation, on dilue le : résidu par un égal volume d’eau bouillante et on abandonne le produit à ^ l’évaporation spontanée. Il se dépose peu à peu des cristaux d’alcaloïde j colorés assez fortement. On les essore, on les dissout dans l’alcool. On maintient quelque temps la liqueur en ébullition avec du noir animal et on fait de nouveau cristalliser comme précédemment. Après quatre ou cinq traite- . ments de ce genre, on obtient l’alcaloïde parfaitement cristallisé.
Effets physiologiques et thérapeutiques. — M. le D'' Huchard a fait, avec | l’aspidospermine, des expériences, desquelles il résulte que, donnée en injec- , lions sous-cutanées, elle augmente l’amplitude des mouvements respiratoires-: en même temps que la respiration augmente.
Le D'' don Juan Manual Mariasi y Larrioun, médecin de l’hôpital de la , princesse de Madrid, a employé ce médicament dans plusieurs maladies des voies respiratoires.
11 l’a administré sous les formes de sirop, de teinluro, d’extrait hydroalcoolique et d’extrait à la dose de bO centigrammes à 4 grammes pour ces , deux dernières préparations. i
Voici les conclusions auxquelles il est arrivé :
1“ Le quebracho est un médicament dont le principal effet^ est de dimi- , nuer le nombre des respirations et des contractions cardiaques ;
2 ’ Son action parait se diriger principalement sur le centre circulatoire, tonifiant et régularisant ses contractions, .soit d’une manière directe, soit par l’intermédiaire du système nerveux ; .
3“ Celte action est évidente, comme le prouvent les faits rapportés, et, prompte, puisque ses effets se font sentir au moment de l’administration du médicament ;
. 4° Il peut donc, jusqu’à présent, être considéré comme l’unique médica-'
ment d’une action antidyspnéique manifeste, puisqu’il combat ce symptôme à lui seul et sans le secours d’autres moyens ;
5° 11 n’a pas été employé assez souvent dans les dyspnées nerveuses pour . qu’on puisse bien juger de son effet ;
6" Il est possible qu’il produise les mêmes effets dans les dyspnées dues à dos maladies aiguës des organes thoraciques ;
7" Nous n’avons pas d’expérience personnelle sur son action dans les dyspnées produites par des affections abdominales, mais on peut croire à la sûreté de ses effets d’après le mécanisme de ces troubles respiratoires;
8° L’administration n’en est pas dangereuse aux doses indiquées; et la continuation de son usage ne produit aucune altération dans les autres organes ou appareils.
ATIICROSPERMINC.
Ij’après Zeyer, cet alcaloïde, dont la composition est inconnue, existerait dans l’écorce (ïAtherosperma moschatim.
Propriétés chimiques et physiques. — L’athérospermine se présente sous forme d’une poudre un peu grisâtre, légère, douée d’une saveur fortement amère; elle fond à I28“, est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’étber, .soluble dans l’alcool et le chloroforme. En solution, elle offre une faible! réaction alcaline; elle neutralise les acides et fournit des sels incristallisables dont les solutions précipitent par les réactifs nombreux des alcaloïdes.
Extraction. — On précipite la décoction aqueuse de la racine par l’acétate de plomb et on ajoute de l’ammoniaque au liquide filtré; l’athérospermine se précipite à l’état impur. Elle est reprise par l’alcool; la solution est
I évaporée.et le résidu épuisé par le sulfure de carbone est dissous dans l’acide I chlorhydrique étendu et reprécipilé par rammoniaque,
I ATISINE.
L’atios, Aconitum heterophr^lliim, est ' une plante des Indes très estimée dans la médecine indigène comme fébrifuge. Le D'' Brougliton a retiré de ses tubercules un alcaloïde auquel il a donné le nom d’atisine. Ce corps est I en très petites proportions et s’obtient très facilement à l’état de cblorliy- |.drate.
; ATROPINE C'iFAxOl
; L’atropine est fournie par VAtropa belladona (solanées). Plusieurs ebimistes ; distingués, Vauquelin, Brandes, Runge, Tillay avaient pressenti son existence sans avoir pu la rendre évidente et la prouver. Elle a été isolée presque simultanément par Geiger et Hesse et par Mein, qui, le premier, l’a obtenue à l’état de pureté.
! Toutes les parties de la plante contiennent de l’atropine. On se sert I ordinairement de la racine, c’est la partie qui en renferme la plus grande quantité. L’alcaloïde est plus abondant dans la plante sauvage. Gerrard a fait diverses expériences-comparatives ; il a obtenu les résultats suivants :
Plante sauvage.
Quantités p. 100 d’atropine.
Plante culUvée.
Racines..0.35
Tiges ..0.07
Feuilles.0.40
Fruits ............ 0.20
Propriétés chimiques et phijsiques. — L’atropine cristallise en aiguilles I soyeuses, prismatiques. Ces aiguilles abandonnées longtemps au contact de l’eau et de l’air disparaissent; la liqueur prend une coloration jaune et laisse : déposer par évaporation une masse énorme incristallisable, soluble dans l’eau et répandant à l’air une odeur nauséabonde. Cette masse, reprise par un : acide et filtrée sur du charbon animal, laisse déposer de l’atropine avec I toutes ses propriétés primitives lorsqu’on décompose le mélange par un ' ' alcali.
; L’atropine est incolore et inodore; sa saveur est amère, désagréable et ! possède un arrière-goût métallique. Soumise à l’action de la chaleur, elle fond à 90”; elle se volatilise en se décomposant en partie lorsqu’on élève la - I température à 140“. Lorsqu’on la brûle, elle répand, suivant Pfeiffer, Todeur j de l’acide benzoïque. D’après le même savant, quand on la soumet à l’action ' du bichromate de potasse et de Tacide sulfurique, on obtient de l’hydrure I de benzoïle et de l’acrde benzoïque sublimé.
L’atropine est très peu soluble dan^ l’eau; elle exige 200 parties d’eau ’ froide et 54 parties d’eaq bouillante; elle est très soluble dans l’alcool (1 partie atropine, 2 1/2 d’alcool); elle est moins soluble dans Téther et surtout à froid (1 partie atropine, 6 parties éther bouillant), 1 partie atroj pine, 35 parties éther froid. La .solution alcoolique d’atropine se prend j souvent en une masse diaphane lorsqu’on,' l’abandonne à une évaporation I lente.
Racines.
Tiges .
Feuilles, Fruits ,
La réaction de l’atropine est très alcaline. Cette base se dédouble lorsqu’on la lait bouillir pendant longtemps avec la soude caustique; il se forme un ^ acide qui reste uni à la soude et une base volatile qui passe à la distillation. ;
Quand on chauffe un mélange d’atropine et d’hydrate de baryte à 100°i dans des tubes scellés, l’atropine se dédouble et on obtient un acide nouveau, i l’acide atropique, et une base nouvelle, la tropine. j
Sels. — L’atropine forme avec les acides des sels très difficiles à cristal- ' User et se colorant promptement à l’air. Ces derniers à l’état de pureté sont ! inodores. Leur saveur est âcre et amère. !
La potasse, l’ammoniaque, les carbonatés ne précipitent les sels d’atropine qu’en solution très concentrée et l’alcaloïde précipité se redissout facilement dans un excès de réactif.
Le tanin ne les précipite que lorsqu’on a préalablement ajouté de l’acide î chlorbydrique à la solution.
h'acétate d’atropine est sous forme de prismes nacrés groupés en étoiles. ;
L’azotate est une masse sirupeuse déliquescente.
Le chlorhydrate est cristallisé en aigrettes réunies en faisceaux.
Le picrate est pulvérulent; jl a une cduleur jaune.
Le tartrate est sirupeux.
Quant au stdfate'et au valérianate d’atropine, nous leur consacrons des articles spéciaux qu’on trouvera plus loin.
Les solutions salines d’atropine soumises à l’électrolyse laissent déposer de l’atropine au pôle négatif. Au pôle positif, il y a oxydation; des produits ammoniacaux non étudiés se forment en môme temps que de l’aldéhyde benzoïque, de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone et un peu d’azote. (Bourgoin.)
Extraction. — Il existe divers procédés employés pour isoler l’atropine. ' Nous rapportons les principaux :
1. On épuise par de l’alcool concentré la racine de belladone grossièrer ment pulvérisée, puis la solution filtrée est mélangée avec une quantité de chaux éteinte égale au vingtième du poids de la racine et agitée fréquemment. Au bout de quelques heures de contact, on filtre de nouveau; la teinture
■ alcoolique est alors saturée par de l’acide sulfurique en léger excès. On sépare ; par le filtre lé sulfate de chaux formé, puis on fait évaporer aussi rapidement | que possible, à une très douce chaleur, les deux tiers de l’alcool. Après refroidissement , on ajoute peu à peu une solution concentrée de. carbonate de potasse jusqu’à ce que la liqueur soit troublée par un précipité. On sépare ainsi une matière résineuse, gris brunâtre, qui souille l’atropine et soppo^serait à sa cristallisation. ' ,
On laisse reposer vingt-quatre heures, puis on filtre. La solution de cai- , bonate de potasse est alors ajoutée tant qu’il se forme un précipité. Le Icn- : demain, on lé recueille sur un filtre, on l’exprime, on le fait sécher entre des feuilles de papier, puis on l’épuise par de l’alcool à 96^ en l’agitant avec du charbon animal jusqu’à ce que la liqueur soit à peine colorée, On sépare le charbon par le filtre et l’on fait évaporer l’alcool en partie. On peut ainsi ajouter à la solution alcoolique dix fois son volume d’eau et abandonner le tout dans un endroit frais et obscur ; l’atropine se dépose au bout d un certain temps sous forme d’aigrettes cristallines. (Wurtz, Dictionnaire de chimie.)
2. Rabourdin a fait connaître et a proposé le procédé suivant : On ' prend la belladone fraîche au moment où elle commence à fleurir ; après l’avoir pilée et soumise à la presse pour en extraire le suc, on chauffe ^ celui-ci à 80 ou'90". pour coaguler l’albumine, et l’on filtre. Quand le suc i ainsi clarifié est froid, on y ajoute 4 grammes de potasse caustique et 30 grammes de chloroforme par litre; on agite le tout pendant une minute et on l’abandonne au repos. Au bout d’une demi-heure, le chloro- | forme, chargé d’atropine, est déposé ayant l’aspect d’une huile verdâtre; ; après avoir lavé celle-ci, on la distille jusqu’à ce que tout le chloroforme soit passé. Le résidu dans la cornue est repris par un peu d’eau ' aiguisée d’acide sulfurique qui dissout l’atropine en laissant une matière
résineuse verle. On précipile la solution'sulfurique par le carbonate de potasse et on fait cristalliser dans l’alcool le précipité de l’atropine.
3. Dans la Gazette médicale de Paris, le D'' Bouchardat a proposé de précipiter l’extrait de belladone par une solution aqueuse d’iode dans l’iodure de potassium, de décomposer le précipité par du zinc et de l’eau, et après
i avoir séparé le zinc par, un carbonate alcalin, d’extraire l’atropine par l’alqool.
4, On traite la belladone divisées par dix parties d’eau aiguisée d’acide I sulfurique, on clarifie, puis on évapore à 100°, Le résidu est repris par ' l’alcool qui, au bout de vingt-quatre heures, a précipité les mucilages. On , filtre, puis on évapore encore à 100°. Le nouveau résidu lavé avec du pétrole
léger et rendu alcalin par l’ammoniaque est agité avec.du chloroforme. Après lavage à l’eau de la .solution chloroformique, on l’évapore et on recueille l’atropine pure quelle laisse comme résidu (Gunther). i 5. S. Vasilewsky recommande d’opérer comme il suit : On fait digérer ! pendant vingt-quatre heures, à S0°, des feuilles de belladone coupées finement avec de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique. L’extrait aqueux est agité avec du chloroforme, puis rendu alcalin et encore agité plusieurs fois avec ce liquide ; après évaporation de la solution chloroformique, on obtient l’atropine cristallisée jaunâtre (7,500 feuilles ont donné 0®‘'.416 d’alcaloïde.
Atropine artificielle. — Kraut et surtout Lossen avaient montré dans leurs ; beaux travaux sur l’atropine que, sous l’influence de l’hydrate de baryte ou de l’acide chlorhydrique, cet alcaloïde se transformait en tropine et en acide tropique avec fixation des éléments de l’eau.
C3iH23AîO'> -P H*02 = -j-
: Atroi)ine Tropine. Acide tropique
1 Landenburg est parvenu à effectuer -la réaction inverse, c’est-à-dire à ; reproduire l’atropine au moyen de la tropine et de l’acide tropique par la î méthode suivante : , '
On soumet le tropate de tropine à l’action prolongée d’un excès d’acide ; chlorhydrique dilué, en chauffant le mélange au bain-marie. Dans le produit,
I on sépare tout d’abord un corps huileux qui s’est précipité et ou neutralise presque complètement la liqueur claire par du carbonate de potasse, ce qui détermine la séparation d’une nouvelle proportion du composé huileux. Apr^s filtration, on ajoute un excès de carbonate de potasse qui détermine la précipitation d’un liquide huileux cristallisant peu à peu et se transformant én aiguilles incolores d’atropine brute. On purifie celle-ci en essorant les cristaux-, en les dissukant dans le moins possible d’alcool et en versant cehu-ci dans cinq fois sou poids d’eau : l’alcaloïde se précipite d’abord en gouttelettes huileuses qui se transforment bientôt en cristaux.
L atropine artificielle possède les mêmes propriétés physiques, chimiques et physiologiques que l’atropine naturelle. Son analyse a été faite, elle fond I à 113”5. Son sulfate neutre dilate fortement la pupille; elle donne avec le 1 tanin, 1 iodomerciirate et l’iodure ioduré de potassium les mêmes réactions j que la base naturelle.
Doses-formai es. — L’atropine se prescrit à la dose de 1 à 5 milligrammes I pour l’usage interne ; à la dose de 1 centigramme pour début, elle peut pro- I diiire de graves accidents. On l’emploie en pommade ou en solution dans I riiiiile d’olive ou la glycérine à la dose de 5 centigrammes par gramme,
I pour l’usage externe. Par la méthode endermique, 1 centigramme est î divisé en 4 pri.ses, une ou deux chaque jour sur la peau dépouillée de son épiderme.
Formules :
Atropine .
Eau distillée
Coll lire.
5 centigrammes.
20 grammes.
Faire dissoudre à l’aide d’une goiiLLeletle d'acide chlorhydrique. Quelques ; goulles en inslillalion dans l’œil pour dilater la pupille.
Collyre.
Atropine . ..^0 centigrammes. ,
Eau distillée.100 grammes. !
Faire dissoudre. |
Dans les hernies récentes de l’iris traumatiques et consécutives, les ulcé-l rations de la cornée, lorsque la perforation est imminente, on applique une, ^ compresse imbibée de liquide que l’on renouvelle souvent. On instille toutes | j les dix minutes une goutte dans l’œil. (D'' Desmarres.) |
Disques à l’atropine. \
" Atropine..Q- S
Gélatine pure et complètement soluble . . . Q. S.
Faire dissoudre l’atropine et l’incorporer à la gélatine, que l’on étend en , couches excessivement minces. Au moyen d’un emporte-pièce, on découpe la ; feuille ainsi obtenue en petits disques contenant chacun 1/5,000 d’atropine. | On s’en sert en les introduisant dans l’œil au moyen d’un petit pinceau légè- j rement humecté.
Gouttes- j
Atropine. 1 gramme. j
Alcool à 85”. 40 grammes. '
Faire dissoudre. De 1 à 5 gouttes dans un demi-verre d’eau sucrée dans le Faire dissoudre. En appliquant quelques gouttes de cette dissolution sur j les paupières, on obtient une dilatation très persistante.
Papier à l’atropine.
Papier buvard trempé dans une dissolution d’atropine dosée. Préparation , incommode.
Pilules d’atropine.
Atropine. 10 centigrammes.
' Miel et poudre de guimauve . . Q. S,
Pour faire 100 pilules contenant chacune 1 milligramme d’atropine, 1^4 par jour progressivement contre épilepsie, chorée, névroses.
Pommade d’atropine.
Atropine.25 centigrammes.
Axonge. 5 grammes.
Mêler avec soin. Matin et soir, on introduit gros comme une tête d’épingle de cette pommade entre les paupières pour combattre les adhérences iridocristalloïdiennes.
Pommade d’atropine.. (D” Brookes.)
Atropine.25 centigrammes.
Axonge.12 grammes.
Essence.de roses.1 goutte. ,
Contre les névralgies faciales.
Sirop d’atropine.
Atropine.1 décigramme.
Faire dissoudre dans 10 grammes d’eau au moyen d’une gouttelette d’acide chlorhydrique, mêler ^vec sirop de sucre, 1,000 grammes. A 00 grammes de ce sirop contiennent 1 centigramme d’atropine.
j Dose de 20 à 50 grammes.
' Toxicologie. — L’atropine est un poison violent. A la dose de 0.02, elle I détermine chez l’homme tous les caractères des graves accidents provoqués par les solanées vireuses,
I AZÂDIRINE.
1 L’azadirine est contenue dans la Melia azadirachta, arbre de l’Inde occidentale; elle a été isolée par Piddington. C’est une base amère qui a été proposée comme succédané de la quinine, A Bombay,'d’après 0. Shanynessy, on se sert de différentes espèces A'Azadirachta indica comme fébrifuge. Toutes les parties, et principalement l’écorce, de ces végétaux sont douées d’une grande amertume. La capsule du fruit mûr de plusieurs d’entre eux contient une huile amère dont on se sert pour frictions externes.
’ BACCHARINE.
■ La baccharine a été isolée par Pedro N. Arala; on la retire du Bac- I charis cordifolia, plante de la famille des composées qui croît dans la partie I orientale de TUruguay, de la République Argentine et du Brésil ; elle est I connue dans ces contrées par ses propriétés tSxiques sur le bétail, car elle occasionne des pertes considérables dans les fermes, j Propriétés chimiques et phijsiqnes. — C’est une substance cristallisée en [ aiguilles très déliées, parfois disposées en étoiles; pèu soluble dans l’eau, elle j se dissout dans l’alcool et l’éther, et particulièrement dans l’alcool amylique. j La baccharine se dissout très facilement dans l’eau bouillante. Si on ajoute à I cette dissolution de l’acide acétique, on obtient un acétate qui se dépose par ; le refroidissement. La solution de cet acétate est précipitée par les réactifs j ordinaires des alcaloïdes.
I Extraction. — On épuise la plante pulvérisée par l’eau' distillée bouil- , lante. Les liqueurs sont d’abord évaporées à feu nu, puis au bain-marie en I consistance d’extrait ; on ajoute à cet extrait le double de'sôn poids de chaux et de magnésie caustique et on le dessèche.' Le produit sec est pulvérisé et I traité en vase clos pendant quarante-huit heures par l’alcool amylique, qui j laisse l’alcaloïde sous la forme cristalline,
! BÉBËERINE (C1®IPA:ïO=').
î Le D^’ Rodie de Demerarde a isolé la bébéerine en 1834. Cette substance I est contenue dans l’écorce et surtout dans l’amande que renferme le fruit de l’arbre qu’on désigne sous le nom de Nectandra Piodiei. Cet arbre croît dans la Guyanne anglaise et appartient à la famille des Lauracées. Les indi- ! gènes le désignent sous le nom de « bébéeru ».
j Propriétés chimiques et physiques. — La bébéerine est tantôt sous forme I de poudre blanche amorphe, tantôt en cristaux aiguillés. Elle n’a ni couleur,
I ni odeur. Sa saveur est amère et persistante, et sa réaction alcaline ; elle est j inaltérable à l’air et devient électrique par le frottement. Soumise à l’action de la chaleur, elle fond à 198° et se prend en une masse vitreuse; elle se j décompose-si on élève la température; elle est très soluble dans l’alcool jet Téther, surtout à chaud; elle est à peine soluble dans l’eau. Il faut,
I 6,600 parties d’eau froide et 1,800 parties d’eau bouillante. 'L’acide nitrique j concentré la convertit à chaud en une poudre jaune; l’acide chromique Toxyde ■ î en fournissant une résine noire. Les solutions dans les acides chlorhydrique I et sulfurique donnent, avec l’acide nitrique, un précipité blanc résineux; elles [ précipitent en jaune par l’acide phosphomolybdique. Le précipité se dissout I on bleu dans l’ammoniaque et la liqueur devient incolore par l’ébullition.
; Sels. — La bébéerine se dissout facilement dans l’acide acétique et chlorhydrique et donne avec eux des sels amers incristallisables.
Le chlorhydrate de bébéerine est incristallisable, très soluble dans Tcau et précipitant par les alcalis caustiques ou carbonatés de la bébéerine, sous forme de flocons blancs peu solubles dans un excès de réactif.
Le chloromercurate de bébéerine s’obtient sous forme de précipite blanc en | ajoutant du chlorure mercurique à une solution de chlorhydrate; soluble dans | | un excès d’acide chlorhydrique ou de chlorhydrate d’ammoniaque. | ;
' Le sulfate cristallise en écailles brillantes, d’un jaune rougeâtre. Gomme | ■; c’est lui qui est particulièrement employé en médecine, nous croyons utile de , |
> faire connaître le procédé suivLpour sa prép.,ration. j ;
! Préparation du sulfate de bébéerine. — On se sert de l’écorce en suivant j ■ à peu près la méthode employée pour extraire le sulfate de quinine. On fait | !
d’abord bouillir l’écorce dans une solution de carbonate de soude, pour enlever ; ; le tanin et la matière colorante ; on la fait bouillir ensuite dans de 1 eau j : acidulée avec l’acide sulfurique, afin d’obtenir dans la solution le sulfate de , bébéerine. On ajoute à la liqueur passée du carbonate de soude, et les bases j i impures ainsi précipitées sont dissoutes et neutralisées avec l’acide sulfurique; | ■ la solution décolorée par le charbon animal est concentrée, filtrée et évaporée | ; en vaisseau plat à l’air libre ; on ajoute un excès d’acide afin d’empêcher la ; j projection du liquide pendant l’évaporation. Le sel que l’on trouve dans le j ; commerce sous le nom de « sulfate de bébéerine » est le sous-sulfate, soluble j dans l’alcoôl et légèrement soluble dans l’eau froide, mais la solution est | trouble, tant par l’excès de base que par la tendance de l’alcaloïde à se ■ décomposer : quelques gouttes d’acide sulfurique rendent plus complète sa j solution dans l’eau. | ;
Le cliloroplatinate précipite en orange pâle, amorphe,^ insoluble dans l’acide chlorhydrique.
Cliloraurate,^précipïié brun rouge. ,
Stdfocyanate, précipité blanc.
Picrate, précipité jaune. j
Préparation. — Maclagan et Filley donnent le procédé suivant pour j l’extraction de la bébéerine : L’écorce est épuisée par l’eau aiguisée d acide j sulfurique, le liquide concentré et filtré est précipité par l’ammoniaque. Le dépôt recueilli et séché est redissous dans l’eau acidulée. La solution est décolorée par le noir animal et précipitée par l’ammoniaque. Le précipité, presque blanc, est un mélange de bébéerine et de sépirine. En traitant par , l’éther, on dissout la bébéerine en laissant la sépirine insoluble.
La bébéerine ainsi préparée n’est pas absolument pure. Pour achever sa purification, on dissout dans l’acide acétique, on ajoute de l’acétate de plomb et on précipite par la potasse caustique. Le précipité, bien lavé et séché, est repris par l’éther. La solution éthérée est évaporée, et le sirop jaune clair ' ainsi obtenu est dissous dans l’alcool fort. La solution est versée dans beau-, coup d’eau. La bébéerine se sépare sous forme d’un précipité floconneux.
Doses-formules. — Pour obtenir de bons résultats de l’administration du sulfate de bébéerine, il faut le prescrire à des doses doubles du sulfate de quinine. Dans les fièvres intermittentes, on le donne pendant l’apyrexie à la dose de 1 scrupule à 1 gros divisé en prises de 2 grains. :
- belLadonine:
Ilubschraann a, le premier, caractéri.sé cet alcaloïde. Krant, Landenburg et Roth en ont fait l’objet de sérieuses recherches. i
Propriétés chimiques et physiques. — Il se présente sous la forme de prismes rectangulaires terminés par un pointement à quatre faces. Il est incolore et possède une odeur ammoniacale assez prononcée. Soluble dans l’eau, il ne se dissout ni dans l’alcool, ni dans l’éther; il est volatil et forme des sels i
, qui ont une grande analogie avec les sels ammoniacaux.
Le chlorhydrate est jaune et cristallise en prismes rhomboïdaux obliques. On retire la belladonine des tiges et des feuilles de la belladone {Atropa belladona). |
BERBÉRINE.
' La berbcrine existe dans plusieurs végétaux ; elle a été retirée de la racine de l’épine-vinette {Berheris vulgaris, berberidées), de YHydrastis bonadensis,
' de la racine de saint Jean, de la racine de Goptis teeta ou mahmira (renonculacées), de la racine de Colombo, Coccidiis palmatus, etc. E. Mayer Fa trouvée dans le Leontice tMlictroidcs (papavéracées).
! Propriétés chimiques et plnjsiques. — La berbérine affecte deux formes :
! tantôt elle se compose de petits prismes groupés concentriquement, tantôt d’aiguilles soyeuses d’un jaune clair; insoluble dans l’éther, elle exige ; 300 parties d’eau pour se dissoudre à la température ordinaire ; elle est peu I soluble dans l’alcuol froid. Sa solubilité augrqente • considérablement dans ; l’eau et l’alcool bouillant. Soumise à Faction de la chaleur, elle perd à 100° dix molécules d’eau, fond à 120° et dégage'à 200° des vapeurs jaunes et odorantes qui donnent, par le refroidissement, un corps jaune insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool. Il reste dans la cornue un abondant dépôt de j charbon. A 65°, elle pa.=se à l’orangé et reprend peu à peu sa coloration norj male en refroidissant.
j La berbérine est soluble dans l’ammoniaque, qui la colore en rouge brun.
■ Lorsqu’on la traite par une solution bouillante de potasse caustique, elle fond I et se transforme en une matière résinoïde très soluble dans l’alcool et à peu j près insoluble dans l’eau.
La berbérine distillée avec un lait de chaux ou de l’hydrate de plomb donne de la quinoléine.
Lorsqu’on ajoute, à une solution d’un sel de berbérine, de l’iode en léger excès, il se produit un précipité rouge brun insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool froid, soluble dans l’alcool bouillant, qui l’abandonne crislallisé en prismes transparents par le refroidissement.
Si on évite avec soin tout excès d’iode et qu’on verse, dans une solution alcoolique et chaude d’un sel dé berbérine, une solution étendue d’iode dissous à l’aide d’un peu d’iodure de potassium, il se dépose un sel sous forme de paillettes vertes et brillantes qui possèdent les reflets des élytres des cantha- I rides. Il se forme en même temps des cristaux de sel rouge. Cette réaction est 1 extrêmement sensible et peut servir à caractériser la berbérine.
! La berbérine dissoute dans l’alcool à 90^ et chauffée en vase dosa 108“ laisse déposer par le refroidissement des cristaux d’iodhydrate de berbérine qui se changent en sel vert lorsqu’on les expose au soleil pendant une heure ou deux. Une action prolongée du soleil amène la transformation rouge, i Sous l’influence de l’hydrogène naissant dégagé au sein d’une liqueur 1 alcaline ou acide,' mais de préférence dans une liqueur acide, la berbérine : absorbe quatre atomes d’bydrogène et se transforme en une nouvelle base i désignée sous le nom d’hydroberbérine par Hlasiwetz et II. de Gilni et décrite par eux. Cette base, selon ces auteurs, s’obtient en faisant bouillir ; dans un matras muni d’un réfrigérant qui fait refluer les vapeurs, un mélange de 6 parties de berbérine, 100 parties d’eau, 10 parties d’acide sul- ; furique distillé, 20 parties d’acide acétique cristallisable, du zinc granulé et ; quelques lames de platine. Au bout d’une heure ou deux d’ébullition, la réac- : tibn est terminée et la liqueur à peu près décolorée. On redissout à l’aide I de l’acide sulfurique le dépôt cristallin qui a pu se former, on filtre et on I précipite par l'ammoniaque après le refroidissement de la liqueur. La nou- ! velle base se dépose, on la purifie à l’aide de plusieurs cristallisations' dans ! l’alcool.
! L’hydroberbérine se présente en petits prismes grenus appartenant au j type du prisme rhomboïdal oblique ou en aiguilles plate^ incolores.
I L’acide sulfurique la dissout en se colorant en jaune verdâtre.
/ Elle forme avec les acides des sels cristallisés. On connaît l’acétate, Fazoj tate, Foxalate, le tartrate, le chlorbydrate, le bromhydrate et Tiodhydrate.
Sels. —La berbérine forme, avec les acides, des sels de différentes couleurs, mais généralement jaune plus ou moins foncé et cristallisés.
Chlorhydrate' de berbérine. — Ce sel cristallise en fines aiguilles jaunes. Chauffé au bain-marie, il perd deux molécules d’eau. Lorsque sa solution est additionnée de sulfhydrate d’ammoniaque, il se produit un précipité brun rouge d’une odeur fétide. Ce précipité est une combinaison sulfurique soluble dans l’eau, qui forme, avec les sels de plomb, un précipité rouge.
Lorsqu’on mélange des solutions alcooliques et bouillantes de cldorbydrate de berbérine et de glycocolle, on obtient par te refroidissement un dépôt de i fines aiguilles orangées qui paraissent renfermer du glycocolle et du cblorhy- ! drate de berbérine. '
Azotate de berbérine. — Sel cristallisé, d’un beau jaune, assez soluble dans ! l’eau, peu soluble dans un excès d’acide azotique.
Bichromate de berbérine. — Ce sel cristallise en aiguilles d’un jaune 1 orangé. On l’obtient en ajoutant du bichromate de potasse à une solution ; bouillante d’un sel de berbérine.
Bromhijdrate de berbérine. — Cristallise par le refroidissement d’une solution chaude dans l’eau ou l’alcool. Insoluble dans un excès de bromure ; de-potassium, soluble dans,un grand excès d’eau.
lodhydrate de berbérine. — Petites aiguilles jaunes à peine solubles dans ! ’ l’eau.
Chlorure d’or et de berbérine. ' — Sel soluble dans l’alcool, cristallise en : aiguilles couleur marron. |
Le picrate obtenu par double décomposition se dépose en lamelles dorées | dans l’alcool bouillant. 1
Le succinate acide constitue des aiguilles brunes solubles dans l’eau et ; dans l’alcool, surtout à chaud.
Le tartrate acide est en aiguilles jaunes soyeuses. j
Préparation de la berbérine. — La racine est concassée grossièrement et I épuisée par l’eau bouillante; on filtre et on fait évaporer le liquide en con- : sistance d’extrait. Ce dernier est repris par l’alcool bouillant. On filtre et on : concentre la liqueur au bain-marie d’un appareil distillatoire, pour ne pas ; perdre l’alcool. Le résidu est abandonné dans un endroit frais. Lorsque les : cristaux de berbérine ont déposé, on les reprend par l’eau ou l’alcool bouil- ; j lant, et on répète la même opération plusieurs fois, afin d’obtenir l’alcaloïde 1 ' dans un état de pureté parfaite. : |
Pour isoler cet alcaloïde, J. Stenhouse se sert du bois de Coscinium feues- I tratum, qui renferme 1.5 à 3.5 p. c. de berbérine. On fait bouillir le bois i | convenablement divisé avec un vingtième de son poids d’acétate de plomb ; ! dissous dans l’eau et additionné de la même quantité de litharge. Par la con- ; . centration de la liqueur filtrée, la berbérine brute cristallise en aiguilles 1 d’un brun foncé. Les eaux mères, additionnées d’un excès d’acide azotique, j ‘ laissent déposer, après quelques jours, des cristaux d’azotate de berbérine, i > sel peu soluble en présence d’un excès d’acide. On décompose ce sel par la * j chaux à l’ébullition, les alcalis et l’ammoniaque décomposant la berbérine. | :
Pour purifier la berbérine, on la dissout dans l’eau bouillante, on préci- j ; pite les impuretés par lé sous-acétate, de plomb et l’on filtre bouillant. La i | berbéi’ine pure cristallise par le refroidissement en aiguilles jaunes brillantes, | j solubles dans la>^enzine et dans le sulfure de carbone. I
La berbérine |)araît exister dans le bois en combinaison avec un acide. i Béachon de la berbérine. — Klunge a fait connaître une réaction de la berbérine excessivement sensible. On rend fortement acide par l’acide chlorhydrique ou sulfurique la solution aqueuse, puis on ajoute de l’eau chlorée. Dans une solution au 10/1,000, il se produit une zone rouge vif au point de contact des liquides; eu agitant, la couleur se répand dans toute la masse, ; •elle persiste assez longtemps si l’on n’a pas employé trop d’eau de chlore. Une j solution au 250/1,000 donne encore une teinte rosée. j
I Le pouvoir colorant jaune de la berbérine est déjà une réaction sensible au 200/1,000. La brucine donne aussi une coloration rouge avec le chlore, mais elle est très fugace, et la solution de brucine est incolore.
Pour rechercher la berbérine dans les végétaux, on en fait bouillir un fragment dans l’eau additionnée d’acide sulfurique et on ajoute de l’eau chlorée, qui décèle facilement la présence de cette base.
l)oses, formules. — Le sulfate de berbérine est employé de préférence à la berbérine et aux autres sels de cette base. On le prescrit d’habitude à la dose de 20 à 70 centigrammes. Si on élève cette dose à 1 gramme ou à 1 gramme 50 ceiitigrammes, il détermine ordinairement une superpurgation très latij gante.
1 BLANQUININE.
I C’est un alcali organique qui a été désigné sous ce nom par Mill. 11 existe j dans l’écorce du Cincfiona ovalifolia; il a été peu étudié.
I BOLDINE.
La boldine est extraite du boldo, Peiimus holdus, plante originaire du Chili, appartenant à la famille des mominiacées et étudiée tour à tour par Molina, Buiz et Pavpn, de Jussieu, Endelicher, Bindley, Claude Gay,- de Candolle et, enfin, H. Bâillon. Elle a été découverte par Ed. Bourgoin et Cl. Verne.
i Propriétés chimiques et physiques. — La boldine se présente sous 1 aspect ' d’une poudre blanche légèrement colorée en jaune ; elle est très peu soluble
idans l’eau, àJaquelle elle communique cependant une réaction alcaline et lune-saveur manifestement amère; elle est soluble dans l’alcool, 1 éther, i le chloroforme, dans les alcalis caustiques, sensiblement soluble dans la benzine.
I En solution dans les acides, elle précipite. par l’ammoniaque, par 1 lodure,
! double de mercure et de potassium, donne avec l’eau iodée un précipité brun
! marron. . ,
L’acide azotique concentré la colore immédiatement en rouge ; meme coloration à froid avec l’acide sulfurique.
1 Extraction. — Les feuilles, grossièrement pulvérisées, sont épuisees par i infusion avec de l’eau additionnée de 30 grammes d’acide acétique par kilo-
I qramme de produit. Le liquide filtré, .puis évaporé au bain-marie, est amené
i en consistance de miel ; il est acide et renferme, outre l’alcaloïde et un peu de
! matières aromatiques, une grande quantité d’acétate de chaux. Quand on
I remplace l’acide acétique par facide citrique, l’alcool y fait naître un volu-
I mineux précipité de citrate de ch aux pavée l’acide sulfurique, il se forme un
i I abondant dépôt de sulfote de chaux. Ces faits indiquent dans les feuilles la ■ présence en forte proportion d’un sel calcaire.
^ L’opération est terminée comme à' l’ordinaire, c’est-à-dire qu’après un I lavage à l’éther, on sature par te bicarbonate alcalin et fon enlève falca- ! loïde au moyen de l’éther. Celui-ci, à févaporation, laisse un résidu qui est 1 repris par de l’acide acétique étendu, puis précipité par l’ammoniaque. Il est 1 ordinairement nécessaire de répéter une seconde fois ce traitement pour 1 débarrasser l’alcaloïde d’une petite quantité de matière jaune.
I brucine C^'H^Aîi'OL
La bruoiae «t retirée de l’éooroe du vonaiquier (S,ryck,ws
Propriétés chimiques et physiques. .
le moi employé pour l’obtenir. Ordinairement, elle est sous toime
prismes rliomboïdaux, obliques quelquefois, assez volumineux. Elle se dépose ; d’une solution aqueuse par refroidissement, en masses feuilletées semblables à l’acide borique. Par l’évaporation d’une solution alcoolique, elle affecte souvent la forme de champignons.
La brucine est inodore. Sa saveur est amère, âcre et persistante ; elle est peu soluble dans l’eau ; elle exige, pour se dissoudre, environ 500 parties | d’eau bouillante et 850 parties d’eau froide. Cependant, comme le fait i observer Bouchardat, son affinité pour l’eau mérite d’être remarquée ; pré- j cipitée d’une de ses dissolutions par la soude ou la potasse, elle absorbe une i quantité d’eau considérable que la fusion seule peut lui faire perdre. Cet effet se produit avec d’autant plus d’énergie que la brucine est plus pure. : Cette affinité de la brucine pour l’eau sert à la débarrasser des matières colo- ’ rantes qui l’accompagnent et dont on a beaucoup de peine à la priver. 11 suffît de la conserver sous l’eau pendant quelque temps; la brucine s’hydrate, durcit et la matière colorante se dissout. Les cristaux de brucine contiennent ; quatre molécules d’eau, soit 15.45 p. c. ; ils s’effleurissent à l’air et possèdent la propriété de fondre sans décomposition dans leur eau de cristallisation à une température qui dépasse de quelques degrés seulement celle de l’eau bouillante. Par le refroidissement, la masse fondue offre l’apparence de la cire. ; Cette masse pulvérisée et conservée sous l’eau s’hydrate de nouveau au bout ' de quelques jours.
La brucine est peu soluble dans les huiles essentielles; elle est insoluble dans 1 éther et les huiles, fixes. L’alcool, au contraire, la dissout facilement. Une solution alcoolique dévie à gauche le plan de la lumière polarisée. Les : ! acides diminuent l’intensité d’action de l’alcaioïde. ; '
La brucine ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les acides. Pure et desséchée, elle fond à 178“ en un liquide incolore; elle résiste énergiquement même à 150° à l’action oxydante de l’acide chromique. ^ Chauffée en vase clos à 100° avec la soude alcoolique, elle donne une petite quantité d’une base qui renferme une molécule d’eau en plus. Cette nouvelle i base se conduit, d’ailleurs, autrement que la brucine quand on la traite par i ; les réactifs et notamment par l’acide nitrique. L’acide sulfurique semble la transformer de nouveau en brucine.
Quand on dirige un courant de gaz nitreux à travers une solution de brucine dans l’alcool absolu, la liqueur se colore en jaune d’or et bientôt il se dépose des cristaux de nitrate de brucine. Si'on continue le courant gazeux j et qu’on élève la température, ces cristaux se dissolvent, la liqueur prend une ; ' coloration intense et finit par déposer un précipité rouge sang. Le même ^ corps se produit quand on ajoute goutte à goutte de l’acide nitrique à une : j solution alcoolique bouillante de brucine absolument dépourvue d’eau. Sa j production précède toujours celle de la cacothéline, c’est la dinitro-brucine. ^ ‘ Ce corps est soluble dans Peau, à peine soluble dans l’alcool, insoluble i dans l’éther. L’ammoniaque le précipite de sa solution aqueuse et, ajoutée en * ; excès, le redissout; par un contact prolongé, elle le détruit en donnant une | liqueur verte. Son chloroplatinate est pulvérulent, t
Sonnenschein avait annoncé que faction prolongée de l’acide azotique, I étendu sur la brucine à chaud, donnait naissance à de la strychnine qu’on ' pouvait isoler en évaporant à sec, ajoutant de la potasse et épuisant par |
1 alcool. Claus et Rœhre, désirant, après Conwleys et Stenstone, vérifier j i l’assertion de ce chimiste, ont repris son travail et n’ont pu extraire la | ' plus faible quantité de strychnine des produits de la réaction de l’acide I nitrique sur la brucine. I j
Lorsqu’onélectrolyse une solution de sulfate neutre de brucine, il se dégage ; ' de l’hydrogène au pôle positif, et le liquide entourant l’électrode positive se colore peu à peu en rouge. Avec le sulfate acide de brucine, cette coloration | | est plus rapide. (Bourgoin.) j |
Sels. — La brucine se combine avec les acides et forme avec eux des sels qui cristallisent pour la plupart. Comme elle, ces sels possèdent une saveur d’une amertume caractéristique.
Vacétate est extrêmement soluble et incristallisable.
h'azotate cristallise en prismes quadrilatères terminés par un biseau. 11 se forme en traitant la brucine par une solution étendue d’acide azotique et faisant évaporer lentement la liqueur.
Le chlorhydrate se dépose sous forme de petites houppes cristallines, très solubles dans l’eau et inaltérables à l’air.
Le sulfate neutre de brucine est constitué par de longues aiguilles, très solubles dans l’eau et peu solubles dans l’alcool.
Le sulfate acide s’obtient en faisant cristalliser du sulfate de brucine dans un excès d’acide. On lave ensuite les cristaux obtenus avec de l’éther pour les débarrasser des eaux mères acides qui les imprègnent.
Préparation. — Pelletier et Caventou ont indiqué le procédé suivant ; L’écorce est réduite en poudre et traitée d’abord par de l’éther pour enlever la matière grasse, puis soumise à diverses reprises à l’action de l’alcool concentré. Ces différentes teintures sont réunies, puis distillées pour en séparer l’alcool ; il reste une matière extractive qui est reprise par l’eau, filtrée et précipitée par le sous-acétate de plomb, qui enlève la plus grande partie de la matière colorante ; filtrée de nouveau, l’excès de plomb est enlevé par un courant d’hydrogène sulfuré ; liltrée encore, on fait bouillir cette solution avec un excès de magnésie. Le précipité'magnésien est ensuite recueilli sur un filtre et lavé jusqu’à ce que les eaux de lavage passent incolores; on les concentre alors par l’évaporation, et la brucine impure se dépose sous forme d’une masse grenue.
Pour la purifier, on la sature par de l’acide oxalique et l’oxalate de brucine formé est lavé par de falcool absolu refroidi à zéro. La matière colorante ainsi enlevée, le sel reste parfaitement incolore La brucine peut en être isolée à l’état de pureté en redissolvant le sel dans l’eau et en le décomposant par de la chaux ou de la magnésie. Reprenant le précipité par de l’alcool, filtrant et abandonnant la solution à une évaporation lente, la brucine se dépose en beaux cristaux incolores.
Thénard a fait connaître une' méthode beaucoup plus expéditive. 11 conseille de traiter directement l’écorce par l’eau bouillante et d’ajouter immédiatemejit l’acide oxalique dans les décoctions. En faisant concentrer ensuite la liqueur, l’oxalate de brucine se dépose et on la purifie, comme précédemment, à l’aide de l’alcool absolu refroidi à sjéro.
Dans le Journal de pharmacie, Coriol a proposé, pour purifier la brucine.
i de concentrer jusqu’à consistance de sirop les eaux de lavage de la préparation de la strychnine, puis d’y ajouter, à froid, de 1 acide sulfurique jusqu à ce que ce dernier soit en léger excès, puis d’abandonner le tout pendant quelques jours. Le mélange se prend peu à peu en une masse cristalline qu’on sépare des eaux mères. On l’exprime, on la dissout dans leau bouillante, on la décolore par le charbon animal, et la brucine est enfin séparée par l’ammoniaque. .
I On peut suivre la méthode de Stass ou bien celle de Rodgers et Girword, qui n’en est qu’une modification, ou encore celle
de Graham et de W. Hofmann.
Méthode de Rodgers et Ginvord : Les matières suspectes, c’est-à-dire le contenu du tube digestif, cet organe, ainsi que le foie, le sang, sont épuisés par l’acide chlorhydrique étendu ; on filtre ensuite, on évapore à siccité au bain-marie, puis le résidu est traité par l’alcool. Le soluté alcoolique est éva-
poré à son tour et le nouveau résidu est repris par l’eau. La liqueur obtenue ' est traitée par l’ammoniaque, qui isole les alcaloïdes, puis on l’agite avec le ! chloroforme, qui s’empare de ces alcaloïdes. Le chloroforme décanté à l’aide I d’une pipette, étant évaporé, laisse la brucine. On la purifie en la traitant ' par l’acide sulfurique concentré, qui charhonne les matières étrangères. On décompose par de l’ammoniaque, on reprend par le chloroforme et on fait ; évaporer. . j
Méthode de Graham et W. Hofmann : Cette méthode peut être avanta- j geusement employée pour la recherche de la brucine dans la bière ou les î urines. Voici en quoi elle consiste. On ajoute au liquide suspect 30 grammes i de noir animal par litre, on agite la masse de temps à autre et, après vingt- ^ quatre heures, on filtre. Le charbon est lavé avec de l’eau froide et épuisé par l’alcool à 90”, qui enlève la brucine et la laisse déposer par évaporation. ■ 11 ne reste plus qu’à caractériser cet alcaloïde.
Réactions. — Distillée avec un mélange d’acide sulfurique étendu et de i peroxyde de manganèse, elle donne des vapeurs inflammables, de l’acide formique et de l’alcool méthylique.
Un mélange de pero.xyde de plomb puce et d’acide sulfurique en léger ! e.xcès bouilli avec de la brucine donne une masse brune ou rouge.
Le chlore n’agit pas immédiatement sur la solution dé brucine, elle se colore d’abord en jaune, puis en rouge; peu à peu, la solution perd sa couleur et il se dépose des flocons jaunâtres qui ne peuvent cristalliser. '
L’action du brome en solution alcoolique est plus prompte. La brucine se j
colore en violet, et si l’on emploie des -dissolutions étendues de brome et de ; sulfate de brucine, il se produit de la bromo-brucine et une matière résineuse.
L’acide sulfurique concentré attaque la brucine en produisant d’abord une couleur rose, puis jaune et, enfin, verdâtre.
Quand on dissout 1/30 de milligramme de brucine dans l’acide sulfurique : sur un verre de montre et que l’on fait couler sur les bords, lentement, une goutte d’acide azotique, il se produit tout d’abord une coloration rose qui devient orangée, puis jaune; cette dernière, par addition de chlorure de zinc et de' sulfhydrate d’ammoniaque, donne une belle couleur rouge violet quand il y a 1/10 de milligramme de brucine.
Lorsqu’on ajoute quelques gouttes d’acide sulfurique étendu à un mélange de chlorate de potasse et de brucine, on observe une coloration rouge iden- ^ tique à celle que donne le même alcaloïde traité par l’acide nitrique. On remarque toutefois que dans le premier cas l’addition de quelques gouttes de chlorure d’étain décolore la masse, tandis que dans le second, le même, réactif développe une couleur violette.
Luck a constaté que le phénomène n’a pas lieu lorsqu’on met de l’acide : chlorique libre en présence de l’acide sulfurique, tandis qu’il se manifeste; lorsqu’on se sert de l’acide hypochlorique. - ,
L’acide azotique concentré exerce sur la brucine une réaction caractéris- • tique qui sert à la distinguer de la strychnine. Il se produit à froid une coloration intense rouge de sang. , :
Les agents réducteurs produisent dans la solution nitrique rouge de la j brucine une coloration violette. Avec le sulfhydrate de sodium, cette colora-' tion violette passe au vert lorsque le réactif est en excès. Les acides étendus font virer la couleur au rose. Cette réaction permet de distinguer la brucine ■ de la morphine.
D’après P. Baudrimont, le produit jaune de la réaction de l’acide azotique I sur la brucine (la cacothéline) fournit par les agents réducteurs une matière ' violette qu’il homme améthystine et qui est colorée en vert par les alcalis. '
D. Lindo ajoute à chaud une solution d’acide sulfureux à la solution nitrique de la brucine lorsque cette solution est devenue jaune. Par le refroidissement, ; le produit de réduction se dépose en aiguilles violettes qu’on lave à l’eau j froide, puis à l’alcool. Ces aiguilles sont très peu solubles dans l’eau froide, i
î insolubles dans la benzine, l’alcool, le sulfure de carbone. Ce composé est - ' très avide d’oxygène et il régénère le composé jaune, sans doute lacacothéline,
; : par son oxydation. La potasse le dissout avec une couleur bleue, qui, elle : I aussi, devient'jaune à l’air en passant par le vert.
1 B Roche emploie le chlorure stanneux comme réducteur.
’ Avec le sulfure ammonique, on obtient finalement des aiguilles rouge brique : peu solubles dans l’eau froide, et solubles dans la potasse avec une couleur ! I bleue qui vire au rouge par les acides.
i I La brucine pure dissoute dans l’eau à l’aide de l’acide acétique, mais for- I I mant une solution neutre, traitée par un certain nombre de réactifs, donne ; I les résultats suivants :
I 1 Potasse. — Forme dans une solution au 1/100 un précipité blanc amorphe ! i qui devient cristallin; dans une solution au 1/500, il y a un trouble qui ; ! donne quelques cristaux ;
i ! Sulfocyanure de potassium. — Solution au 1/100, il se dépose au bout i de quelque temps des houppes cristallines difficilement solubles dans 1 acide azotique;
Ammoniaque. - Dans une solution au 1/100, pas de précipité immédiat; i au bout d’un certain temps, il apparaît quelques cristaux;
I I Mure de potassium. — H se dépose presque immédiatement des cristaux sous forme dé lames ;
; aromate de potasse. - Solution au 1/100, précipité jaune abondant, j 1 cristallisant en aiguilles et insoluble dans l’acide acétique, réaction encore i I sensible dans une solution au 1/100, à peine sensible au 1/500; i : Aeide tannique. - Solution au 1/100, il se forme un abondant précipité I blanc sale, soluble dans l’acide acétique, blanc bleuâtre au 1/1,000, peu i apparent au 1/10,000;
Acide carhawtique. - Solution au 1/100, précipité jaune verdâtre, encore ; sensible au 1/1,000, peu apparent au 1/10,000;
I aiorure d’or. — Précipité jaune amorphe, se manifestant encore dans une solution au 1/2,000;
aiorure de platine. — Précipité jaune clair, d’abord amorphe et se prenant presque immédiatement^ en cristaux. La réaction ne se manifeste plus au 1/4 000. Il est insoluble dans l’acide acétique ;
I Ferrocyanure de potassium. - H' se forme immédiatement un précipité ti’ès caractéristique qui se présente sous la forme de beaux cristaux jaunes. Au 1/500, pas de réaction;
' Brome dissous dans l’acide bromhydrique. - Il se dépose un précipite ! brun amorphe qui vire au jaune et qui se dissout dans l’acide acétique et la
riTto de potassium ioduré. - Solution au 1/100 précipité brun orange i amorphe, soluble dans la potasse, insoluble dans l’acide acétique. Au
i 1/50,000, la réaction est encore sensible; ^
! Acide sulfurique et azotate de potasse. — Une solution de brucine evaj porée à siccité et le résidu soumis à l’action de l’acide sulfurique, il se produit une coloration rose qui passe au rouge orange, si l’on ajoute après l’acide 1 un cristal d’azotate de potasse.
i La brucine en solution aqueuse faible et additionnée d’acide tartrique en I léger excès n’est pas précipitée par les bicarbonates alcalins.
BUXINE.
La buxine est extraite du buis (Biim sempm'Virens, euphm-kaeees). Elle a été isolée en 1860 par Wals; elle a été étudiée successivement par Fauré, Pavia, Barbavlia et, en dernier lieu, par Alessandri.
PropkéUs et tkysie,uee. - A l'état pur et vue au m.croscopc
la buxine est formée de cristaux blancs, soyeux et prismatiques; elle Bt douée d'une saveur amère et provoque l'éternuement. Elle est presque m
lubie dans l’eau, difficilement soluble dans l’éther, très soluble dans l’alcool, j, L’acide nitrique la colore en rouge pourpre. . j
La buxine se combine avec les acides et forme des sels très amers et qui i ; donnent, avec les alcalis, un précipité gélatineux. :
Le sulfate est en grains cristallins. j
La buxine n’est pas la seule base contenue dans le buis. Alessandri est ] parvenu à retirer deux alcalis nouveaux auxquels il a donné les noms de ; buxéine et de parabuxine. j ^
La buxéine est blanc jaunâtre, cristalline et se comporte avec les dissolvants comme la buxine; elle est colorée en jaune verdâtre par l’acide azotique ; au bout de quelques minutes, la couleur vire au rouge brique. La parabuxine a l’aspect d’une résine rouge pourpre soluble dans l'eau et dans l’alcool, insoluble dans l’éther. L’acide azotique la colore en jaune verdâtre permanent.
Préparation. — On prend de l’écorce de buis grossièrement p^ulvérisée et on la fait bouillir pendant six heures dans de l’eau acidulée au centième avec de l’acide sulfurique; on passe avec expression et on filtre, on concentre, on traite par la chaux vive et on filtre dès qu’on observe de l’alcalinité ; on lave la masse calcaire avec de l’eau froide, on l’exprime et on la sèche. On réduit le précipité calcaire en poudre et on le traite par de l’alcool à 40”. On ajoute à la solution, par petites quantités, de l’acide sulfurique pour former du sulfate de buxine. L’on traite ce sulfate par de l’acide azotique, qui pré- : cipite les matières résineuses. On évapore et on ajoute de la magnésie calcinée. | On recueille le précipité magnésien sur un filtre, on le law â l’eau froide et on le traite par de l’alcool à 40” et bouillant. Après avoir filtré, l’on concentre la liqueur et l’on obtient par le refroidissement des cristaux blancs de buxine pure.
Dans le procédé suivant : On fait infuser pendant vingt-quatre heures les écorces concassées avec une dissolution d’acide oxalique à 2 p. c.; on renouvelle ce traitement encore une fois et on exprime le résidu ; on réunit les . divers liquides, on filtre et on les concentre par évaporation à une douce | chaleur. Par l’addition d’un excès d’ammoniaque,'il se forme un précipité ' qu’on laisse reposer pendant quelque temps, on filtre et on redissout le pré- ^ cipité dans de l’acide acétique dilué ; la liqueur acétique filtrée est précipitée par l’ammoniaque; le précipité est soumis encore une fois au même traitement et lavé finalement à l’eau ammoniacale. On l’épuise alors à l’alcool chaud et on évapore la dissolution alcoolique, Le résidu traité par l’éther s’y dissout en partie ; en évaporant la dissolution éthérée, on obtient la buxine i presque pure. j
La partie insoluble dans l’éther est traitée par de l’acide acétique et réunie aux liqueurs acétiques provenant de la première évaporation. On concentre le liquide et on y ajoute de l’ammoniaque ; il se forme un magma jaunâtre qu’on lave à l’eau ammoniacale et â l’éther. Ce dernier dissolvant enlève la buxine. En traitant le résidu par l’alcool, on obtient une dissolution qui, ' évaporée, fournit la parabuxine.
En employant le même mode d’extraction pour les feuilles, on obtient la buxéine soluble dans l’éther et, .comme résidu, la parabuxine.
Un autre procédé consiste â épuiser les écorces ou les feuilles par un peu d’acide sulfurique étendu et à ti’aiter le liquide par l^i baryte. Le précipité est épuisé par l’alcool; par évaporation de la solution alcoolique, on obtient : la buxine et la parabuxine qu’on sépare ensuite par l’éther. j
Finalement, on peut épuiser par l’acide oxalique et saturer directement j par la baryte. Ce^dernier procédé doit être préféré à l’épuisement par l’acide U sulfurique qui, outre les alcaloïdes, dissout des substances étrangères, ce qui n’arrive pas lorsqu’on se sert d’une dissolution froide d’acide oxalique. j|
CAFÉINE C®H'«As^O'.
La caféine est retirée de diverses plantes. On se sert généralement du j caféier pour l’obtenir. Toutes les parties de la plante, mais surtout la graine,
! contiennent cette substance. Le caféier appartient à la famille des rubiacées.
' La caféine a été découverte en 1820 par Runge. En 1827, Oudry isola du thé un corps auquel il donna le nom de « théine «. Il fut reconnu plus i tard, en 1838, par Jobst et Mulder, que la caféine et la théine n’étaient I qu’un même corps au point de vue de la composition chimique. En 1840,
I Martius découvrit la caféine dans le Guarana. En préparant de la théobro- i j mine avec du cacao privé de matière grasse, G. Schmidt a observé dans les '
1 eaux mères une petite quantité de cristaux qui, purifiés dans le benzol, ont I donné de la caféine parfaitement pure. ‘ |
! " La caféine a été analysée pour la première fois par Dumas et Pelletier en ; 1832. Pfaff et Liebig ont établi sa composition exacte en 1832. Le premier ^ i qui a démontré sa nature alcaline paraît être Herzog. Strecker, en 1861, l’a obtenu par synthèse. G. Schmidt et II. Pressler l’ont préparée en transformant la théobromine. |
Cette transformation s’obtient, d’après eux, en chautFant de la théobromine i avec de l’iodure de méthyle en présence, d’une solution alcoolique faible d’hy- | j drate de potasse. Après le refroidissement à la température ordinaire, il se j dépose une petite quantité de cristaux de caféine. Le rendement est plus |
I considérable en chauffant dans un tube scellé des équivalents de théobromine I ! d’hydrate de potasse et d’iodure de méthyle en solution alcoolique. On extrait •:
la caféine du mélange en le traitant par le benzol ou le chloroforme. j
I Propriélés chimiques et physiques. — La caféine cristallise en aiguilles |
! fines, ténues, soyeuses, qui la font ressembler à la soie. Ces aiguilles paraissent | i être de forme prismatique; elles sont blanches et inodores. Leur saveur est i ! très amère.
I Les auteurs ne s’entendent pas sur la solubilité de la caféine. Commaille, !
qui a fait à ce sujet de minutieuses expériences, a trouvé qu’elle était soluJjle i i dans 68 parties d’eau, 164 d’alcool et 2,288 d’éther. L’eau bouillante la ; dissout assez abondamment et la solution saturée se prend en bouillie par le ! refroidissement. La caféine est soluble dans environ 60 parties de suc ' j gastrique.
j On n’est pas d’accord sur le point de fusion de la caféine. On assure généj râlement que la caféine fond à 178° et se sublime à 185. Certains chimistes' ■ I donnent 177 ou 180"; seul Strecker indique 234-235°. On dit encore que ' cette substance se sublime à 178 et à 384°. D’après Commaille, à 178° cenj tigrades, il n’y a nulle trace de fusion. Vers 180-182°, la caféine commence I à se sublimer en cristallisant dans la partie froide des tubes minces. Cette ! sublimation est de plus en plus considérable jusqu’au point de fusion, qui a , lieu à 228° environ.
La densité de la caféine cristallisée est de 1.23 à 19".
. Soumise à l’action de la chaleur, la caféine dégage de la méthylamine lorsqu’elle est unie à un acide organique capable de fournir de l’hydrogène ; elle en dégage également lorsqu’on la fait bouillir avec de lapotasse ou qu’on I la chauffe avec de l’hydrate barytique. Il se forme, dans ce cas, un nouvel alcaloïde qu’on a nommé « caféidine » et dont nous avons parlé plus haut.
L’acide azotique concentré, maintenu en ébullition avec la caféine, développe des vapeurs nitreuses et donne un liquide jaune qui prend une teinte ; pourpre par l’addition d’une goutte d’ammoniaque. Si l’on continue l’ébulli- ■ tion, le liquide se décolore, cesse de rougir par l’ammoniaque et laisse déposer, j en s’évaporant, des cristaux blancs nageant dans une eau mère chargée d’un ; I sel de méthylamine.
Lorsqu’on dirige un courant de chlore à travers .une bouillie de caféine et | d’eau, les cristaux disparaissent peu à peu et l’on obtient un mélange de plu- j sieurs substances dont la composition varie avec la durée de l’action. Lorsque | la proportion de chlore est relativement faible, les produits sont l’acide ama- | lique, la méthylamine, le chlorure de cyanogène et la chlorocaféine. |
Le liquide résultant de l’action du chlore perd d’abord de l’acide chlorhy- : drique lorsqu’on le chauffe au bain-marie; du chlorure,de cyanogène se dégage aussi à l’état gazeux et il se dépose des cristaux d’acide amalique mêlés de croûtes ou de flocons de chlorocaféine, si l’action du chlore n’a pas été assez longtemps prolongée. Si, au contraire, cette action a été ti ;s prolongée, il se forme de l’acide diméthylparabanique.
Chauffée avec de l’acide chlorhydrique et une solution de chlorate de po- j tassium, la caféine donne de l’alloxane et une substance analogue qui colore i la peau en rouge et prend elle-même une belle couleur rouge sous l’influence ] de l’ammoniaque. j
Chauffée avec de la chaux sodée, la caféine dégage de l’ammoniaque et | laisse un mélange de carbonate potassique, du carbonate sodique et du cya- i nure de sodium. Cetle réaction distingue nettement la caféine de la piperine, | de la morphine, de la quinine et de la cinchonine, qui ne donnent pas de i cyanure de sodium lorsqu’on les soumet à un traitement semblable. ;
Depuis quelque temps, de nombreux savants s’occupent de la caféine. | Voici le résumé des diverses publications qui viennent d’être faites sur cette 1 . belle substance. ^
En traitant la caféine par le chlore en présence de l’eau, Rochleder a j obtenu, entre autres produits, de l’acide amalique, C^‘‘H^^Ax‘‘0^^ composé que | Strecker a montré n’être autre chose que la tétraméthyl-alloxantine : ;
Alloxantine (diuréide mosoxalique et tartronique). C^®H^As‘‘0'^.
Alloxantine tétraméthylée. C'®(C^.H®)^As'^0^^ ;
Cette réaction, bien qu’elle soit complexe et qu’elle engendre plusieurs ' autres produits en même temps que l’acide amalique, rattache nettement la ^ i caféine à la série urique. C’est le mécanisme de cette relation que les présentes ! ^ recherches doivent se proposer d’établir.
Maly et Hinteregger ont surtout étudié les substances qu’engendre l’oxydation de la caféine par l’acide chromique : ils font bouillir pendant cinq à : six heures 30 grammes de caféine avec 41.7 grammes de bichromate de ; potasse et 56.2 grammes d’acide sulfurique dans 500 grammes d’eau-envi- | ^ ron. Toute la caféine est attaquée avec les proportions de réactifs précé- j : dentes qui correspondent à 3 équivalents d’oxygène pour 1 de caféine; il ' ; se dégage beaucoup d’acide carbonique et, après refroidissement, il cristallise | ; un corps découvert par Rochleder parmi les produits de l’action du chlore humide sur la caféine. C’est la cholestrophane ou acide diméthylparabanique, sorte d’uréide acide, dérivé de l’oxalate acide de diméthylurée par élimination ; | de 2H^O'. I ;
C'‘HS0-* + C2H^’(C*H3)2A^202 = cqCSHVAj’-O» -1- 2H202. ’ j
Acide oxalique. Diméthylurée. Acide dyméthylparabanique. j '
On obtient ainsi plus de 40 parties de cholestrophane pour 100 de caféine. ! i Cette substance se dissout dans 53 fois son poids d’eau; elle est donc bien ‘ I moins soluble que ne l’a indiqué Strecker; elle fond à 145°. ; i
On sait que l’acide parabanique uréide, acide dérivé de l’oxalate acide i j d’urée par élimination de 2lPO^ lorsqu’il est soumis à l’influence des solu- ; ' tiens alcalines, fixe une molécule d’eau et se change en acide oxalurique | ; C^*H'‘A:5^0**, uréide acide dérivé de l’oxalate acide d’urée par élimination de | IPO^ Les auteurs ont cherché à appliquer la même réaction à l’acide dimé- ! thylparabanique, et ils ont observé que la destruction est plus complète dans | le second cas que dans le premier ; il y a production d’acide oxalique et de | ' diméthylurée par fixation de 2H^O^ réaction inverse de celle qui est formulée j | ci-dessus. . ■ ! ’
I ! Les eaux mères chargées d’alun de chrome dans lesquelles a cristallisé i i l’acide diméthylparahanique contiennent de l’ammoniaque et de la méthyla- I i mine, qui s’y trouve à l'état d’acide méthyloxamique. Ce dernier est engendré ' 1 aux dépens de l’acide oxalique fourni par la destruction de l’acide diméthyl- : ^ parabanique. D’ailleurs, sous l’influence du carbonate de baryte et à la tem- I i pérature de l’ébullition, l’acide diméthylparahanique donne facilement de la i I dimélhyloxamide.
En résumé, par oxydation au moyen de l’acide chromique, la caféine ; 1 donne les composés suivants :
' j 1” Acide diméthylparahanique ; 2“ ammoniaque; 3” métbylamine ; 4° acide ! carbonique.
Caféine brornée. — G. Fischer prépare la caféine hrornée en faisant ; agir à froid 5 parties de brome sur 1 partie de caféine ; il distille au hain- I marie le brome qui n’a pas réagi et décompose le produit d’addition formé i en le chauffant à iSO" jusqu’à ce qu’il cesse de dégager du gaz bromhyi drique; enfin, le produit est décoloré à l’acide sulfureux.
La caféine bromée avait été obtenue en 1867 par Schultzen; elle cristallise nettement, fond à 206“, se sublime sans s’altérer; peu soluble dans l’eau i et l’alcool, elle se dissout facilement à chaud dans les acides acétique et chlorhydrique.
I La caféine bromée, chauffée à 130“ avec de l’alcool ammoniacal, donne I l’amido-caféine, qui cristallise par refroidissement du mélange en fines aiguilles i sublimables sans décomposition.
; La caféine bromée (3 parties) chauffée avec la potasse caustique (2 parties)
; en solution dans l’alcool (10 parties), donne lieu à une réaction énergique : qui rappelle l’action du même réactif sur les éthers à hydracides. La caféine bromée est transformée en éthoxycaféine qui est cristallisée et fond à 140".
^ En présence de l’acide chlerhydrique, cette substance se détruit facilement ; en donnant de l’éther chlorhydrique et de l’hydroxycaféine. i * L’hydroxycaféine cristallise dans l’eau bouillante en fines aiguilles allon- ■ ! gées, fusibles vers 350° et peu solubles dans l’eau ; elle possède une fonction ; 1 Lidè marquée, elle se dissout dans les alcalis et l’ammoniaque et forme > 1 avec la potasse un sel cristallisé. Inaltérée sous l’action des acides chlorhyi ' drique et sulfurique, elle est attaquée facilement par les agents d’oxydation.
I 1 Elle s’unit directement au brome en produisant un dérivé d’addition fort I instable, répondant vraisemblablement à la formule et décom-
I posable par l’alcool en formant la diéthoxyhydroxycaféine. Cette dernière i réaction s’effectue très aisément : il suffit de dissoudre le produit bromé dans
‘ 10 fois son poids d’alcool froid et d’agiter, pour voir bientôt se déposer en
abondance des cristaux rougeâtres. Ces cristaux sont recueillis, lavés à l’éther et, après dessiccation, purifiés par cristallisation dans l’alcool chaud. On obtient ainsi de beaux prismes fusibles vers 200’’ en s’altérant, insolubles dans l’eau et dans l’éther, solubles dans la potasse sans décomposition. Avec l’alcool méthylique, on obtient de même un dérivé correspondant fusible à 178-179”.
Les deux dérivés éthylique et méthylique chauffés avec de l’acide chlorhydrique donnent des réactions analogues, engendrant toutes deux comme produit principal un nouveau composé : l’apocaféine.
L’apocaféine peut être obtenue d’une manière plus simple ; on met en suspension dans 50 parties d’alcool absolu 10 parties d’hydrocaféine finement pulvérisée. On refroidit fortement le mélange et on y ajoute 12 à 15 parties de brome. Par agitation, il se fait une liqueur limpide de laquelle ne tarde pas à se déposer une bouillie cristalline de diétho.xyhydroxycaféine, qu’on essore et qu’on lave à falcool froid. Cette substance, additionnée de son poids d’acide chlorhydrique concentré et chauffé au bain-marie jusqu’à , consistance sirupeuse, donne un résidu qui, dissous dans son volume d’eau tiède, fournit par refroidissement une cristallisation d’apocaféine.
L’apocaféine est cristallisée en aiguilles fusibles à 138°; elle est fort peu stable. Sous l’infiuence de la chaleur, sa solution aqueuse abandonne de
Tacidd carbonique et produit de l’hypocaféine qui cristallise par refroidisse- ! ment. Cette hypocaféine forme des cristaux durs, fusibles à ISI®; elle se | | combine aux bases pour former des sels. Elle résiste énergiquement aux j : agents d’oxydation, mais non aux alcalis. Chauffée avec de l’hydrate de ' ■ baryte, elle laisse dégager de l’ammoniaque et de la méthylamine, engen- [ ^ drées par une réaction complexe. Toutefois, cette réaction s’effectue en deux | phases : tout d’abord,, il y a fixation d’eau, élimination d’acide carbonique et ; production de cafoline ; puis la cafoline elle-même se détruit en donnant les | ; alcalis cités plus haut, du gaz carbonique et de l’acide oxalique. , ; '
Là réaction s’arrête à la première phase quand on chauffe à 150”, mais la production de la cafoline s’effectue mieux encore quand ôn remplace la | baryte par l’acétate basique de plomb et qu’on chauffe à 100" pendant deux heures. On filtre le carbonate de plomb formé, on chasse par l’hydrogène j sulfuré l’excès de plomb de la liqueur et on évapore le liquide au bain-marie ! , jusqu’à siccité. Le résidu de cafoline est, enfin purifié par cristallisation dans ! ; l’alcool. Cette substance fond à 196”; elle est très altérable par l’action des : acides. Sous l’influence réductrice de l’acide iodhydrique, elle donne de la monométhylurée et un autre produit de nature inconnue. i
Oxydée par l’acide chromique, la cafoline se détruit, donne de l’acide ' ^ diméthylparabanique et de l’ammoniaque. ■
Nous avons vu que, sous l’influence de la chaleur, l’apocaféine en solution ’ aqueuse produisait de l’hypocaféine ; il se forme en même temps de l’acide j j cafurique, qui reste dans les eaux mères. On l’obtient en évaporant à sec ces ! ; eaux mères, dans lesquelles a cristallisé l’hypocaféine, et reprenant le résidu | i par l’eau glacée, laquelle ne dissout que l’acide cafurique. On purifie ce der- ! nier par cristallisation lente dans l’alcool; il forme des tables très nettes, | | brillantes, efflorescentes. Les agents réducteurs, l’acide iodhydrique spé- j ' cialement, lui enlèvent de l’oxygène en produisant l’acide hydrocafurique ; ’
les agents oxydants l’attaquent facilement, mais la réaction qu’ils forment n’est pas encore connue. Les alcalis, et en particulier l’acétate basique de plomb, le dédoublent immédiatement en méthylamine, acide mesoxalique et : ' monométhylurée.
Sous l’influence du chlore, la caféine fournit, en même temps que l’acide amalique, du chlorure de cyanogène et de la méthylamine.
On prépare l’acide amalique comme suit : On dissout 15 parties de caféine ! dans 20 parties d’acide chlorhydrique et 45 parties d’eau, on chauffe à 50" î : et on ajoute peu à peu 7 parties de chlorate de potasse; on dilue la liqueur : | de son volume d’eau, on enlève le chlore libre par facide sulfureux et on | sature de gaz sulfhydrique ; l’acide amalique se dépose mélangé de soufre. ' i
On le purifie par cristallisation dans l’eau bouillante. On obtient ainsi I : 70 parties d’acide pour 100 de caféine, ! i
Oxydé par l’acide nitrique, l’acide amalique se transforme en diméthyl- ; alloxane, laquelle présente les réactions de l’alloxane, mais ne cristallise pas, !
Ces dédoublements sont surtout intéressants lorsqu’on les rapproche de ; celui que subit l’acide urique quand on le soumet à l’action des agents d’oxy- i dation et qu’il forme de l’alloxane et de l’urée.
Extraetion. La caféine peut s’extraire du thé, du café, du guarana et i ! du thé du Paraguay. On a employé, pour son extraction, divers procédés ! j qui tous donnent, à très peu de chose près, la même quantité d’alcaloïde. i Voici les principaux : '
1” Le premier, qui est le plus généralement employé, consiste à faire, avec | le thé ou avec le café, une infusion que l’on précipite par le sous-acétate de ' plomb; on ajoute ensuite un peu d’ammoniaque au liquide, on filtre, on j débarrasse la liqueur filtrée de l’excès de plomb au moyen de l’acide sulfhy- ' drique, on la filtre de nouveau et on l’évapore lentement. Par le refroidisse- i ment, il se dépose d’abondants cristaux de caféine presque pure dont on peut j obtenir une nouvelle quantité par la concentration des eaux mères ; !
2” Dans le procédé suivant, on sature les acides libres du café par du car- 1 I bonale de soude et on précipite la liqueur par une infusion de noix de galle; j i
! il se dépose du lannate de caféine, que l’on dessèche, que l’on broie avec de la i chaux et que l’on épuise par l’alcool. Le liquide alcoolique est ensuite distillé, et le résidu purifié par cristallisation dans l’eau ou dans l’éther;
3" Un troisième procédé consiste à broyer, avec 2 parties de chaux,
5 parties de café moulu et à épuiser le mélange par l’alcool dans un appareil à déplacement. L’alcool est ensuite distillé. On reprend le résidu par le même liquide et l’on distille de nouveau jusqu’à ce qu’il se forme deux I couches. On sépare alors l’huile qui surnage, on évapore convenablement la I couche aqueuse en la laissant refroidir et l’on voit s’y déposer des cristaux : de caféine que l’on purifie en les exprimant entre plusieurs doubles de papier Joseph, en les redissolvant dans l’eau et en décolorant leur solution par du i noir animal. Versmann, en employant cette méthode, a retiré, de 30 kilo- ; grammes de café, jusqu’à 230 grammes de caféine;
I 4“ On épuise le café par la benzine, on évapore le liquide et on reprend t le résidu par l’eau, qui dissout la caféine et laisse l’huile de café. On pourrait • j également traiter ce résidu par l’éther, qui dissoudrait l’huile et laisserait la > majeure partie de la caféine ;
3“ Payen épuise le café en poudre par l’éther pour dissoudre l’huile, puis par l’alcool à 60". La solution alcoolique étant évaporée à consistance sirupeuse, il y ajoute deux ou trois fois son volume d’alcool à 83". Il se forme alors deux couches, dont la supérieure renferme la caféine; on évapore celle-ci I ep consistance de sirop et on'la mêle avec son volume d’alcool à 90°; il s’y
‘ dépose des cristaux de chlorogénate de caféine et de potassium, lesquels
‘ donnent un sublimé de caféine lorsqu’on les chauffe ;
j 6" On peut encore extraire la caféine du thé ou du café par sublimation.
; I A cet effet, on chauffe le thé de rebut dans un appareil semblable à celui dont
on se sert pour sublimer l’acide benzoïque. Si les cristaux quon obtient ne I sont pas purs du premier coup, on les purifie en les dissolvant dans leau et . en décolorant la liqueur par le charbon animal ; i 7“ Legrip et Petit recommandent de verser sur le thé réduit en poudre ^ deux fois son poids d’eau bouillante, on laisse macérer pendant quelques I instants et l’on épuise la poudre humide par le chloroforme dans un appareil i à déplacement. On s’arrête quand le chloroforme ne se colore plus. Le chlo- I reforme distillé donne un résidu formé de matières huileuses et de caféine,
' qui, traité par l'eau en présence du noir animal, donne par refroidissement la caféine pure. L’eau que l’on ajoute au thé a pour rôle de retenir le tannin
I et de permettre au chloroforme de s’emparer de la caféine. Le thé sec ne
j donne rien. - i
' Caféine du cjuarana. — Extraction. — Deux méthodes ont été indiquées ;
! 1° La première consiste à épuiser par de l’alcool la poudre de guarana
intimement mélangée avec de la chaux. Le liquide est ensuite évaporé, on enlève l’huile verdâtre qui vient surnager à un moment donné, on achève I d’évaporef la liqueur restante et on chauffe modérément le résidu pour sublimer la caféine ;
2° Dans la deuxième, on opère comme lorsqu on veut extraire la caféine du café par le premier procédé que nous avons indiqué. Seulement, la liqueur,
! privée du plomb par l'hydrogène sulfuré, est évaporée à siccité, et le résidu est repris par l’alcool, qu’on abandonne à l’évaporation après l’avoir filtré.
, Les cristaux ainsi obtenus sont purifiés par expression et cristallisation nouvelle.
: • Caféine du thé du Paraguay, —.Extraction. — On précipite l'infusion ’ aqueuse de cette plante par le sous-acétate de plomb; on soumet la liqueur filtrée à l’action d’un courant d’acide sulfliydrique, on filtre de nouveau, on i : évapore à siccité et l’on chauffe le résidu pour que la caféine se sublime. Au ' ; lieu d’opérer par sublimation, on peut aussi épuiser le résidu par une quan- ^ i tité suffisante d’éther et distiller ce liquide. La caféine se dépose en cristaux faiblement colorés que l’on purifie par une nouvelle cristallisation.
; Dosage de la caféine : !
On triture 5 grammes de café en poudre fin avec 1' gramme de magnésie ^ et un peu d’eau. La pâte, abandonnée pendant vingt-quatre heures, devient ; jaune, puis verte. On l’épuise en trois fois par HO grammes de chloroforme | bouillant, on distille le chloroforme, on épuise le résidu par l’eau bouillante, j ! on filtre sur un filtre mouillé, on évapore et l’on pèse la caféine. (Commaille.) | : Aubert et Haase opèrent comme suit : Une infusion de café est concentrée | : en consistance sirupeuse à la température de 100“, puis additionnée d’un égal volume de chloroforme ; on abandonne le mélange à lui-même pendant un jour, dans un milieu dont la température ne dépasse pas 60° ; on a soin de l’agiter de temps en temps ; enfin, on sépare le chloroforme et on l’évapore. ^ On recommence le traitement par le chloroforme tant que ce dissolvant enlève ' des traces de caféine. Le chloroforme évaporé, il reste un extrait brun que l’on soumet à l’action de l’éthef à froid pour enlever une matière brune odorante , une petite quantité de matière grasse et seulement des traces de caféine.
En'appliquant ce mode opératoire, Aubert et Haase ont constaté les faits suivants : 1° La simple infusion ne laisse pas dans lé café torréfié et moulu ' ; plus de '1/5 de la caféine qu’il contenait ; 2° un grillage forcé du café ne'lui ) fait pas perdre une quantité importante de sa caféine : un café très fortement i torréfié contenait 0.927 de caféine p. c., et le même café faiblement torréfié j en contenait 0.987 p. c. La caféine est plus aisément extraite du café forte- | ment torréfié que du café légèrement torréfié. En ne tenant pas compte de la perte de poids plus grande que le café subit par une longue torréfaction, i, le liquide que l’on obtient est à peu près également riche en caféine, soit que ! l’on se serve du café fortement ou faiblement torréfié ; 3° les autres éléments ' que l’eau enlève au café ne forment guère que 1/6 ou au plus 1/4 de son ; poids ; le poids de cet extrait n’est pas sensiblement plus élevé dans le café / fortement torréfié que dans celui qui l’est peu.
Sels de caféine. — Quoique jouissant de propriétés alcaloïdiques extrême- || ment faibles, la caféine ne se combine pas moins aux acides; elle forme avec 1 eux des sels caractérisés par leur instabilité. /
Varséniate de caféine a été obtenu par Gastinel, professeur à l’école de ;■ médecine du Caire. C’est un corps blanc, cristallisé. Le B’’ Schep l’a expéri- ; menté dans plusieurs cas de fièvres intermittentes, et les succès qu’il a obtenus sont de nature à encourager de nouveaux essais.
L'azotate de caféine a pour formule C®H“Ax^O^HAxO^-l-lUO. Pour l’ob- , tenir, on dissout la caféine dans de l’acide azotique concentré et incolore ' (D='1.4) et on l’abandonne à la cristallisation à l’abri de la lumière, en pré- I sence de la chaux caustique. Peu à peu, il se produit un liquide sirupeux d’un jaùne verdâtre, duquel se sépare l’azotate de caféine sous la forme de petites colonnes que l’on presse entre des feuilles de papier à filtrer pour les j débarrasser de leur eau mère. L’eau et l’alcool décomposent ce produit. |i A 100°, il perd en totalité son eau et son acide azotique. li
Le bromhydrate de caféine est en cristaux appartenant au système mono- / clinique, incolores, transparents, que l’eau et l’alcool décomposent.
Exposé à l’air, surtout dans un grand état de division, le bromhydrate de caféine perd une partie de son eau de cristallisation; il en perd la totalité à : 100° en même temps qu’une portion de son acide bromhydrique. A 100°, il perd 13.04 p. c. de son poids; la perte d’eau n’est que de 11.57 p. c.
On l’obtient dans les mêmes conditions que le chlorhydrate, dont nous parlons ci-dessous.
La caféine dissoute dans une solution très concentrée d’acide bromhydrique donne quelquefois des cristaux de bromhydrate acides, corps très peu stable.
Le chlorhydrate de caféine se présente en cristaux appartenant au système | monoclinique, incolores, transparents, parfois d’un centimètre de longueur. Exposés à l’air, ces cristaux deviennent opaques en perdant de l’eau et de l’acide chlorhydrique. Desséchés à 100", ils se décomposent, ils perdent complètement leur acide chlorhydrique : il reste de la caféine pure.
Herzog a obtenu le clilorliydrate de caféine en cristaux d’une grande beauté,
I contenant 86.02 p. c. de caféine et 13.98 p. c. d’acide chlorhydrique corres- ! pondant à la formule C«lH°As•'0^ HCl + 2H^O.
; Pour obtenir le chlorhydrate de caféine, on dissout la caféine à une douce chaleur dans une quantité correspondante d’acide chorhydrique à 40 p. c. et on laisse le liquide cristalliser en présence de la chaux caustique. Au bout de peu de temps, il se dépose des cristaux de chlorhydrate de caféine.
En traitant la caféine sèche par l’acide chlorhydrique gazeux, Herzog et Mulder ont obtenu un chlorhydrate acide. On soumet de la caféine bien déshydratée à l’action prolongée d’un courant d’acide chlorhydrique sec jusqu’à ce que son poids ne s’accroisse plus. Le produit de la réaction fond pendant l’opération, puis il se solidifie en une masse soli4e dès que l’on dégage l’excès d’acide chlorhydrique. Biedermann a observé que dans cette réaction, la caféine absorbe jusqu’à 43.46 p. c. d’acide chlorhydrique pour donner le composé G®H“A2;^0*, 4110/, qui contient 43 p. c. d’acide chlorhydrique.
; I Cette combinaison est fort peu stable. Abandonnée dans l’exsiccateur, elle I perd assez rapidement de l’acide chlorhydrique et, au bout de quelques jours,
1 elle ne renferme plus que 13.74 p. c. d’acide chlorhydrique.
I Le chlorure d’or et de caféine est en feuilles ayant l’éclat de l’or. L’alcool et l’eau le décomposent' partiellement. Pour le préparer, on mélange une solution chaude de caféine dans l’acide chlorhydrique étendu avec une quantité correspondante de chlorure d’or. Pendant le refroidissement, la presque totalité du chlorure d’or et de caféine se sépare. On l’obtient quelquefois à l’état anhydre de ses solutions aqueuses.
Le chlorure de mercure et de caféine est cristallisé. Ses cristaux, qui res- I semblent à un haut degré à la caféine, ne sont pas si gros; ils sont très
i solubles dans l’alcool, l’eau, l’acide chlorhydrique et l’acide oxalique ; ils sont
presque insolubles dans l’éther.
Pour obtenir ce composé, on mélange une solution de caféine aqueuse ou alcoolique avec un excès de bichlorure de mercure. Le mélange reste limj pide, mais au bout de quelques instants, il se prend en une masse de petits cristaux, qu’on purifie par une nouvelle cristallisation dans leau ou dans l’alcool.
Le chlorure de platine et de caféine a pour formule ; C®H'°A2^0®HC/^, P/CZ"*. Ses cristaux ne sont que peu solubles dans l’eau, 1 alcool et 1 éther; ils ne s’altèrent pas à l’air et ne perdent pas de leur poids au bain-marie; ils renferment ordinairement de 5 à 9 p. c. d’eau de cristallisation.
On l’obtient en mélangeant, avec du bichlorure de platine, une solution de caféine dans l’acide chlorhydrique. Le précipité est d’un bel orangé.
! Viodhydrate se présente sous forme d’aiguilles. On le prépare en ahan- 1 donnant, en présence de la chaux caustique et à l’abri de la lumière, de la caféine dissoute dans de l’acide iodhydrique. Il est toujours mélangé de cristaux d’hyperiodure de caféine. C’est un set très instable.
Le sulfate de caféine se dépose en longues aiguilles incolores et brillantes,
, groupées, en rosette. L’eau et l’alcool décomposent ce produit, tandis que l’alcool additionné d’acide sulfurique ne le décompose pas. A la longue, il j perd sa transparence. / ^
i Pour le préparer, on dissout la caféine dans dix fois son poids d alcool à ; I chaud, que l’on additionne d’acide sulfurique jusqu’à forte réaction acide, et on laisse cristalliser.
Vacétate est cristallisé; exposés à.l’air, ses cristaux perdent de l’acide acétique. Des lavages à l’eau, l’alcool ou l’éther leur font également subir une perte d’acide. Desséchés à 100”, ils perdent entièrement ce dernier.
On l'obtient en dissolvant de la caféine à une douce chaleur dans l’acide acétique et en abandonnant la solution en présence de la chaux caustique jusqu’à cristallisation. On presse les cristaux entre des feuilles de papier a filtrer.
Le butyrate de caféine a pour formule ; 11 'éstj !
très décomposable à l’air. Il n’est pas complètement privé de son acide ; quand on le maintient à une température de 100°. On le prépare comme i l’acétate. j ■
Le citrate de caféine a été particulièrement étudié par Lloyd. Selon cej chimiste, ce produit renferme toujours simultanément de la caféine libre et de l’acide citrique libre. Tous les dissolvants le décomposent en lui enlevant.! tantôt l’acide, tantôt la base libres. ’ I ,
Le formiate de caféine se dépose en cristaux ou colonnes qui rayonnent ^ ^ d un point commun. C’est un composé peu stable; il renferme des proportions variables d’acide formique et de caféine.
On l’obtient en faisant une solution de caféine pure dans l’acide formique ; concentré et l’abandonnant en présence de la chaux caustique jusqu’à cristal- | lisalion. {
Le valérianate de caféine, qui est représenté par la formule C®H“A^‘‘0^ i C®H'“0^, est en cristaux conservant l’odeur de l’àcide valérianique. Il se j décompose à l’air libre, comme aussi au contact de l’eau, de l’alcool et de j l’éther. Chauffé à 100°, il retient de l’acide valérianique. '
Pour le préparer, on dissout à chaud de la caféine dans de l’acide valérianique pur et l’on maintient la solution en présence de la chaux caustique.
Les cristaux qui se déposent sont pressés entre les feuilles de papier à filtrer.
CALCATRIPINE. ;
La calcatripine est l’alcaloïde du Delphinium consolida. Elle a été isolée ; par Masing. Elle se présente sous la forme d’une poudre amorphe. Elle ! existe en quantités minimes dans la plante. Elle n’a pas encore été obtenue à l’état cristallisé. Sa solution alcoolique est alcaline au tournesol.
Une solution à 1/1,000 de cet alcaloïde est troublée au bout de six heures par l’acide picrique; elle est précipitée en jaune par le chlorure d’or, faiblement troublée par le bichlorure de platine; elle donne un précipité blanc amorphe par la solution d’iodure de mercure et de potassium, un précipité blanc jaune par l’iodure de cadmium et de potassium, un précipité orange par l’iodure de bismuth et de potassium, un précipité jaune par l’acide phosphomolybdique devenant jaune vert, puis bleu verdâtre clair au bout de vingt- : quatre heures.
L’acide sulfurique concentré mis au contact d’une trace d’alcaloïde sec se ; colore en brun foncé, passant peu à peu au violet, puis au gris brun. Le ■ réactif de Frôhde se colore en un vert olive qui devient peu à peu intense, ■ et, au bout de vingt-quatre heures, en gris jaunâtre.
Préparation, — La plante sèche est traitée par quatre fois son poids d’alcool à 90 p. c., additionné de 5 grammes d’acide tartrique par kilo-1 gramme. Après trois jours de digestion à 30° C., on soumet la masse à la presse, et le résidu est remis en macération avec une égale quantité d’alcool additionné de 2^'3 d’acide tartrique par kilogramme; on exprime de nouveau le liquide. Les liquides réunis sont distillés dans le vide ; le résidu est agité avec de l’éther de -pétrole pour le dépouiller de la chlorophylle et de la matière grasse. Il reste une liqueur d’un jaune brun, acide, à laquelle on ajoute assez de bicarbonate sodique pour la rendre alcaline et que l’on agite j ensuite avec de l’éther. |
On recueille la plus grande partie de l’éther par la distillation, on filtre : et on laisse évaporer lentement.
On traite par te chloroforme le liquide soumis déjà à l’action de l’éther ; on distille pour recueillir la plus grande partie du chloroforme et on laisse j évaporer lentement le résidu. On fait agir de même, sûr le liquide brun, la benzine, puis le sulfure de carbone. Ces derniers liquides, quoique de colora- ' tion jaune foncé, n’abandonnent, par leur évaporation, que des quantités fort minimes d’alcaloïde souillé de substances résinoïdes.
L’extrait éthéré et l’extrait chloroformique lentement évaporés sur de la ; chaux caustique donnent une masse molle, résineuse, sans traces de.cristal- ; lisation. I ;
CANNABINE.
La caimabine est retirée du Cannabis indica. Les premiers essais d’extrac- tion faits par Smith, d’Edimbourg, et Preobraschensky, n’avaient donné ; que des résultats imparfaits. Mathieu Hay, après de nombreuses recherches, ■
a réussi à isoler de cette plante plusieurs alcaloïdes, dont un fort remar- j
quable, qu’il a obtenu à l’état de pureté absolue., |
Cet alcaloïde se présente sous la forme d'aiguilles incolores; il est très soluble dans l’eau et dans l’alcool et un peu plus lentement dans l’éther et le chloroforme; il ne donne pas de coloration violette avec l’acide sulfurique ni avec le bicromate de potasse ; il est précipité de sa solution aqueuse par les précipitants ordinaires : chlorure de platine, iodure de potassium et iodure de mercure, phosphomolybdate de soude, acide phosphomolybdique, acide phosphowolframique; il possède une action analogue à celle de la strychnine. Lorsqu’on l’injecte sous la peau d’une grenouille, il dérermine des convulsions tétaniques en augmentant l’excitabilité réflexe des centres spinaux. Pour rappeler à la fois l’origine et la principale propriété de cet : alcaloïde, Mathieu Hay avait proposé de le nommer Tetanocannahen. i La quantité jusqu’ici obtenue n’a pas encore permis qu’on en fixât la com- I po.sition élémentaire.
CAPSICINE.
I Braconnot, en 1817, a fait l’étude du piment d’Espagne, Capsicem I annuum ■ il en a extrait une huile âcre â laquelle il a donné, à tort, le nom i de capsicine. L’existence de. l’alcali organique du piment n’a été signalée i qu’en 1822 par Witting. Felletar le considère comme analogue à la conine. i D’après Forch-Hammer, l’alcaloïde est blanc, brillant, comme nacré.
Propriétés chimiques et physiques.—Fond à 88" en un liquide huileux qui se solidifie par le refroidissement en une masse cristalline ; mais si ce liquide i est chauffé dans un tube étroit à quelques degrés au-dessus de son point de fusion, il ne se solidifie plus que vingt ou trente heures après la surchauffe. Son odeur est extrêmement piquante.
La capsicine commence à se sublimer vers 115". A 120", elle change de I couleur et devient brunâtre; elle paraît être volatile sans décomposition; le 1 produit sublimé a l’aspect graisseux. Sa densité s’élève à 1.060. La capsicine ! est très soluble dans l’alcool. L’éther, l’alcool amylique, l’éther acétique la in dissolvent aisément. L’essence de térébenthine
et le sulfure de carbone la dissolvent plus difficilement; elle est très peu soluble dans le pétrole, surtout à froid, mais une addition d’huile fixe augmente sa solubilité dans le pétrole. La potasse la dissout aisément. L’ammoniaque forme une masse savonneuse. En solution alcoolique concentrée, elle précipite les sels de baryum, de calcium et d’argent.
L’acide azotique concentré dissout la capsicine et la décompose; La liqueur ■ est d’un rouge vif et l’eau ne la précipite pas. L’acide dilué agit plus lentement sur elle tout en donnant les mêmes produits.
A froid l’acide sulfurique dissout la capsicine sans la décomposer; mais vient-on à chauffer le mélange ou à l'étendre d'eau, il passe an rouge et
finalement au pourpre.
laieiiieiii au uuuipic. , ^
T ’o.mo Phlnrlwririmie la dissout aisément; une addition deau nen sépaie
quelques heures pour que la capsicine s’en sépare en cristaux bien définis, j
Dans un second procédé, l’extrait éthéré est dissous à chaud dans la lessive j de potasse, après^ quoi on étend d’eau la liqueur et on la laisse déposer. Le liquide laiteux laisse déposer la capsicine plus rapidement que dans le cas | i précédent, mais en raison de la plus facile solubilité de la capsicine dans les i | liqueurs alcalines diluées, on n’obtient qu’un assez faible rendement. : j
Enfin, on peut dissoudre l’extrait éthéré dans la lessive de potasse et faire ! passer un courant d’acide carbonique dans la solution ; la capsicine se dépose i en petits cristaux que l’on isole facilement par filtration à la fois en plus ■ grande quantité que dans les autres méthodes et dans un plus parfait état de i pureté.
Il existe un quatrième procédé qu’on suit habituellement. On prépare à î | faide de la benzine un extrait des fruits; on mélange le produit rouge de la | ' double quantité d’huile d’amande et l’on traite le mélange à plusieurs reprises I ‘ par l’alcool, qui s’empare de la capsicine.
CARAPINE. I !
Propriétés chimiques et physiques. — La carapine est blanche, cristalline, ! i nacrée; elle a été extraite par Petroz et Robinet de l’écorce et de l’huile de j ■ carapa de la Guyane {Carapa guayensis, méliacées), elle est insoluhle dans , j l’eau. E. Caventou, qui a repris Fétude du carapa de la Guyaiie, n’est pas i i parvenu à isoler cette base, dont l’existence paraît problématique. |
CASTINE. I
La castine a été isolée par Landerer en traitant par l’alcool les fruits du gatilier {Vitex agmis castus, verbénacées). C’est une substance blanche, cristalline, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther et les acides. Son 1 chlorhydrate est cristallisé.
! CÉDRINE. I
La cédrine a été signalée par M. Lew'y en 1851. Plus tard, Cloez et. ! Martin ont repris séparément l’étude de cette substance. G. Tanret en a fait ; récemment l’objet d’un travail assez important dont nous extrayons les détails |
, qui suivent : ’ i
i Propriétés chimiques et physiques. — La cédrine est très soluble dans |
• l’eau, dans laquelle elle se ramollit avant de se dissoudre ; son caractère distinctif est la superbe fluorescence vert jaunâtre de ses solutions même très ; étendues; elle est d’une très grande amertume. |ille est neutre au tournesol. :
Le tanin et les réactifs des alcaloïdes forment des précipités dans ses solu- j | i tions aqueusés. i i
i Préparation. — On traite le cédron pulvérisé par de l’eau à 50°. On j j ; chauffe à l’ébullition pour coaguler l’albumine. On filtre et on agite avec du |
I chloroforme. Ce dernier est distillé à siccité, puis le résidu est repris par ! !
l’eau. . On n’a plus qu’à évaporer la solution aqueuse et l’on obtient la |
t cédrine sous la forme d’un vernis jaune, sans la moindre trace de cristallisa - 1 i
üon.
: ■ CIIÉLERYTIIRINE.
La chélerythrine a été retirée par Probst de la grande chélidoine, i Chelidonium majus : elle a été étudiée par Polex ,et Schiel.
Propriétés chimiques et 2)hysiques. — Elle se présente en masse puheiulente ou en petits mamelons cristallins. Sa couleur est d’un blanc un peu grisâtre, sa saveur est âcre et amère. Insoluble dans l’eau, elle est soluble dans l’alcool avec coloration jaunâtre, elle est également soluble dans l’éther.
A 65°, elle se ramollit comme de la cire. En se combinant aux acides, elle forme des sels rouges cristallisables solubles dans l’eau j
' La chélerythrine existe dans la plante en très petite quantité, quelques décigrammes pour 1 kilogramme de plante, et particulièrement dans le suc jaune elle paraît être identique avec la sanguinarine. On la trouve également dans le suc rouge de la sanguinaire et dans la racine du Glaiicium luteum.
; La proportion de l’alcaloïde diminue au commencement delà floraison, elle i augmente très sensiblement dans les jours qui la suivent, j Probst a reconnu à la chélerythrine une action narcotique.
i CHÉLIDONINE.
La chélidonine a été découverte en 1824. Elle a été étudiée tour à tour par Godefroy Polex, Probst, Will, Beuling, Schneider et Ilenninger. Elle existe dans loutes les parties de la grande chélidoine et se trouve notamment accumulée dans la racine. Une saison sèche et un sol richement azoté favorisent dans la plante la production de l’alcaloïde.
Propriétés chimiques et phijsiques. — La chélidonine est en petites tablettes incolores ou en aiguilles incolores et brillantes, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther. La base précipitée de ses sels constitue un dépôt blanc : volumineux, amorphe, devenant cristallin au bout de quelque temps. A 400”.
! les cristaux' perdent une molécule d’eau; à 130", ils fondent. Les acides suL furique et nitrique décomposent profondément la chélidonine. L acide sulfu- ; rique nitreux la colore en vert et, à 150", en vert olive. Mise en suspension j dans une solution sucrée et additionnée peu à peu d acide sulfurique, elle donne une coloration rouge violacé.
I Sels. — Elle forme avec les acides des sels bien définis, cristallisés pour ! la plupart. Leur saveur est amère, leur réaction acide et les sels à acide ! faible perdent par évaporation une partie de celui-ci.
liacétate est, sous forme de masse gommeuse, très soluble dans l’alcool et dans l’eau.
i L'azotate est en cristaux assez volumineux, peu solubles.
Le chlorhydrate se présente en fines aiguilles, solubles à 18" dans j 324 parties d’eau.
î Le chloroplatinate précipite en beau jaune d’abord floconneux, mais deve- 1 liant grenu et cristallin avec le temps.
' Le phosphate cristallise facilement; insoluble dans l’éther, il est, au contraire, fort soluble dans l’eau et l’alcool.
: Le sulfate est cristallisé; il fond entre 50 et 60”.
ClIÉNOPODINE G^lPAzO'.
Propriétés chimiques et physiques. — La découverte de la chénopodine est due à Reinsch; elle, constitue une poudre grenue blanche, mate, inaltérable à l’air, inodore et sans saveur ; vue au microscope, elle se présente en aiguilles concentriques; elle se dissout dans 3 ou 4 parties deau bouillante d’où elle se dépose en grande partie par le refroidissement; la solution aqueuse abandonnée longtemps à elle-même s’altère et acquiert l’odeur de la gélatine putréfiée; elle se dissout dans 77 grammes d’alcool bouillant et beaucoup moins à froid. Les solutions sont neutres.
^ Chauffée à 200”, la chénopodine commence à se sublimer en flocons blancs ;
! à 225”, elle se fond, bout et se sublime complètement, en répandant une odeur pénétrante désagréable. La soude la transforme en un acide particu- ! lier avec dégagement d’ammoniaque.
I La solution alcoolique additionnée de brome laisse déposer une poudre rouge et la liqueur fournit des cristaux cubiques de bromhydrate de chéno- I podine. Son chlorhydrate cristallise également en cubes et donne avec le 1 chlorure de platine un précipité jaune clair; le sulfate et 1 azotate cristallisent ' en aiguilles rhombo'ïdales.
^ 1 Extraction. — Oa ohüenl la chénopodine en chauffant pendant un^quart
1 d’heure à 80” le suc exprimé du Chenopodium vulgare, évaporant à 75» en
consistance d’extrait et épuisant le résidu par de l’alcool bouillant à 8o". ‘ Par le refroidissement de la solution alcoolique, il s’en sépare beaucoup de nitre qu’on enlève; on distille ensuite l’alcool à moitié et l’on évapore le reste ^ en consistance sirupeuse à une température de 75”. Après quelque temps de | repos, il se sépare de la cliénopodîne grenue et les eaux mères en fournissent { une nouvelle quantité lorsqu’on les additionne d’éther. La chénopodine ainsi [ déposée est purifiée par l’agitation avec l’éther jusqu’à ce qu’elle soit déco- | lorée, puis par cristallisation dans l’alcool bouillant. ■
CHIOCOCCINE.
Brandes, en 1824, a trouvé cet alcaloïde dans la plante désignée sous le mm A.Q Chiococaracemosa.
Propriétés chimiques et physiques. — Il se présente sous la forme d’une ; poudre gris clair. Assez soluble dans l’eau, beaucoup plus soluble dans ; l’alcool ; il est inaltérable à l’air et possède une saveur très amère. C’est un ; principe analogue à l’émétine; à petite dose, il purge, à plus forte dose, il i est à la fois drastique et émétique. On peut l’employer avec avantage contre | : les hydropisies, les affections cérébrales congestives et irritantes, et toutes j les fois qu’il s’agit de révulser ou de dériver vers le tube digestif.
CIILOROGENINE. |
La chlorogenine a été découverte par Hesse, dans l’écorce à'Alsionia constricta.
Propriétés chimiques et physiques. — C’est une substance blanche pulvérulente, soluble dans l’eau et les acides lorsqu’elle est fraîchement précipitée ; elleest insoluble dans l'ammoniaque concentrée. L’ammoniaque étendue la dissout très bien; le meilleur dissolvant de ce principe est le chloroforme. : La dissolution est dichroïque rouge par transparence et verte par réflexion ; elle est d’une amertume excessive et paraît vénéneuse elle provoque les vomissements.
Elle se combine aux acides et forme des sels incristallisables ; l’acide azotique les'trouble; leurs dissolutions acides sont fluorescentes. Le sulfate ! constitue une masse brune amorphe; le chromate est jaune, facilement décomposable. Le chloroplatinate se présente à l’état de précipité brun.
Extraction. — L’écorce est grossièrement pulvérisée ; on l’épuise par l’eau acidulée avec de l’acide sulfurique, on ajoute du sublimé corrosif, qui précipilc la chlorogenine. Le précipité est décomposé par l’hydrogène sulfuré. Le liquide |
filtré, concentré est précipité par l’hydrate de baryte. Le précipité séché est i dissous dans l’alcool, on neutralise par l’acide sulfurique et on évapore, puis ; on précipite par l’ammoniaque. j
L’écorcc fournit environ 2 1/2 p. c. de principe.
CINCHONAMINE. |
La cinchonamine est retirée des écorces du Remijia purdiana ; elle a été i isolée par Arnaud. I
Propriétés chimiques et physiques. — Elle se présente sous la forme de ; ! fines aiguilles. Sa saveur est amère; peu soluble dans l’eau, elle se dissout très bien dans l’alcool.
Sels. — Elle se combine facilement avec les acides, formant généralement ; des sels bien cristallisés et peu solubles dans l’eau, surtout en présence d’un , excès d’acide. Ces sels se dissolvent bien dans l’alcool chaud, cristallisant par , refroidissement de ce dissolvant avec plus de facilité que dans leurs solutions ‘ aqueuses. ^
Le chlorhydrate se présente sous deux formes d’aspect différent, selon son mode de préparation ; lorsque ce sel cristallise de sa solution aqueuse acide.
i il est formé de lames prismatiques très brillantes, excessivement minces, j très-peu solubles dans l’eau acidulée, ne s’effleurissant pas même à 100°.
■ Ce sel redissous dans l’eau pure cristallise par refroidissement en prismes • aplatis, épais, ternes et opaques, différant essentiellement des cristaux primi- I tifs; ils sont efflorescents et beaucoup plus solubles dans l’eau chaude ou froide. L’explication de ces différences est très simple : le premier sel est un sel anhydre, tandis que le second est un sel hydraté.
Le bromhydrate est un sel peu soluble à froid, beaucoup plus soluble dans l’eau bouillante, cristallisant par refroidissement de cette solution en fines aiguilles très brillantes anhydres ; on l’obtient par la précipitation du sulfate de cinchonamine par un excès de bromure de potassium.
L’iodhydrate est presque insoluble dans l’eau froide ; préparé par double ! décomposition d’un sel de cinchonamine et de l’iodure de potassium en I solution chaude, il cristallise en paillettes micacées.
Le nitrate se dépose en cristaux de sa solution alcoolique; peu soluble ' dans l’alcool froid, beaucoup plus soluble dans l’alcool bouillant, il est un peu soluble dans l’eau pure et insoluble dans l’eau acidulée, î L’acétate est très soluble dans l’eau; par évaporation, il se dépose à l’état I résineux dans les solutions concentrées aqueuses ; il cristallise en rognons transparents déliquescents par évaporation spontanée.
L’oxalate ne paraît pas cristalliser dans l’eau, il se dépose à l’état amorphe ; résineux.
i Le tartrate se précipite sous la forme de poudre cristalline lorsque dans 1 une solution bouillante de chlorhydrate de cinchonamine on ajoute un excès i de sel seignelte. Ces cristaux, formés de petits prismes hexagonaux durs, i polarisent la lumière.
lie malate présente l’aspect de très brillantes paillettes nacrées ; il est peu soluble à froid, assez soluble dans l’eau bouillante, il se prépare par double décomposition d’un sel de cinchonamine et du malate neutre d’ammoniaque.
Le citrate s’obtient en neutralisant l’acide citrique par la cinchonamine; il j se dépose à l’état résineux par refroidissement de la liqueur bouillante, mais du jour au lendemain ce précipité se transforme en petits rayons parfaitei ment cristallisés, formés de prismes brillants, polarisant la lumière, j Extraction. — L’écorce du Remijia purdiana finement pulvérisée est I épuisée par l’eau acidulée par l’acide sulfurique. La liqueur filtrée bouillante I est précipitée par un lait dè chaux. Le précipité calcaire séché sur des plaques de plâtre épaisses est traité par féther bouillant dans un appareil à reflux. Cet éther se sature de cinchonamine, laissant de côté les matières colorantes résineuses,,on le décante et, quand il est froid, on le lave par agitation avec de l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique qui s’empare de la cinchonamine; l’éther séparé des liqueurs acides sert de nouveau à épuiser le précipité calcaire. Les eaux acides chargées de chlorhydrate de cinchonamine sont filtrées bouillantes et concentrées au bain-marie jusqu’à cristal- I lisation, afin de ne pas laisser du chlorhydrate en dissolution. Il est indisj pensable que les liqueurs soient très franchem.ent acides. Les cristaux ! recueillis sont purifiés par une nouvelle cristallisation dans l’eau bouillante ' acide et par une décoloration par le noir animal. Le chlorhydrate de cinchonamine ainsi obtenu est parfaitement pur. La cinchonamine est préparée à l’aide de ce chlorhydrate, par sa précipitation à l’aide d’un excès d’ammoniaque; la base lavée et séchée est dissoute dans l’éther bouillant, qui la laisse cristalliser par refroidissement, j CINCIIONICINE.
La cinchonicine n’existe pas à l’état naturel. Elle est le résultat d’une ; transformation isomérique de la cinchonine et de la cinchonidine sous ;rintluence de là chaleur dans certaines conditions. Cette substance, selon
Pasteur, peut se produire sous l’influence des rayons solaires dans les écorces j qui ne la contiennent jamais naturellement.
Propriétés chimiques et physiques. — La cinchonicine est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et se sépare de ses solutions sous forme d’une résine fluide. Régénérée de l’oxalate, elle est anhydre; elle fond à 50° et se colore en brun à 80; elle est soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, j l’acétone et la benzine. Sa saveur est amère, c’est une base énergique. Le 1 chlore et l’ammoniaque ne la colorent pas. La solution de son chlorhydrate | donne un précipité floconneux blanc avec l’hypochlorite de sodium, ce qui distingue ce sel des chlorhydrates de cinchonicine et de cinchonidine qui ne | i sont pas précipités. La cinchonicine réduit le permanganate, en donnant | j uniquement des résines. Les solutions aqueuses de cinchonicine sont incom- j ' plètement précipitées par l’ammoniaque. j i
Sels. — La cinchonicine forme des sels avec les acides. i |
Voxalrite neutre cristallise dans l’eau et dans le chloroforme en prismes j ' déliés blanc; il est très soluble dans ces deux véhicules ainsi que dans j : l’alcool bouillant; il perd son eau à 100° et même sur l’acide sulfurique. 1 ■ Uiodhydrate forme une poudre cristalline blanche; il est très soluble dans j l’eau et l’alcool bouillant et insoluble dans les solutions d’iodure de potassium ; ' sous le microscope, il apparaît en prismes courts. On l’obtient par double { décomposition entre l’iodure de potassium et l’oxalate, î
Le chloroplatinate précipite en matière blanc jaunâtre devenant peu à peu i cristalline. i
Extraction. — On soumet à une température de 130° le bisulfate de j cinchonine ou mieux encore celui de cinchonidine. On réduit le sel fondu tians l’eau, on sursature la solution par l’ammoniaque et on l’agite avec de ! l’éther. Le résidu de l’évaporation de la solution éthérée est transformé en , oxalate neutre qu’on purifie par cristallisation dans le chloroforme. j
CINCHONIDINE. i
La cinchonidine a été découverte par Vinckler en 1848; elle est isomé- ' riqiie avec la cinchonine. C’est Pasteur qui a démontré cette isomérie et dissipé toutes les incertitudes qui régnaient sur ce corps indûment nommé ; pendant longtemps quinidine. Vinckler l’a retirée du quinquina de ‘ Maracaïbo ainsi que d’une autre espèce ayant beaucoup de ressemblance avec j les quinquinas huamaléis. On la trouve en proportions considérables dans les | ‘ quinquinas qu’on récolte au nord de Bogota, à Velez, au Socorro, dans les ^ provinces de Pamplona et d’Ocania. Le Cinchona succirubra cultivé aux j . Indes anglaises et néerlandaises en fournit de grandes quantités; il en est de même de Cinchona rosolenta.
Propriétés chimiques et physiques. — C’est une substance cristallisée en | : prismes rbomboïdaux, durs, possédant un éclat vitreux et des faces forte- I ment striées; elle est inodore, à peine soluble dans l’eau et l’éther, plus j soluble dans l’alcool ; elle a une amertume moins grande que celle de la ! quinine, elle est fusible. Sous l’influence de la chaleur vers I75“, elle fond | en produisant un liquide jaunâtre qui reprend de nouveau la forme cris- ^ ^ talline par le refroidissement. A une température plus élevée, elle brûle avec une flamme fuligineuse et répand une odeur analogue à celle des amandes amères. Il reste une grande quantité de charbon. Distillée avec de la potasse et un peu d’eau, elle dégage une matière huileuse jaune qui possède tous les caractères de la quinoléine.
Sels. — La cinchonidine se combine parfaitement avec les acides pour former des sels. Ces derniers sont solubles dans l’eau, plus solubles dans 1 alcool et presque insolubles dans l’éther. Sous l’influence d’une chaleur élevée, les sels de cinchonidine se transforment comme ceux de cinchonine en sels de cinchonicine. !
h acétate est cristallisé en longues aiguilles soyeuses assez peu solubles dans l’eau froide ; il perd par la dessiccation une partie de son acide. j
L’azotate se présenté sous forme de croûtes mamelonnées très solubles dans l’eau.
Le butyrate est en mamelons blancs cristallisés, opaques, très solubles : dans l’eau.
i Le chlorate se dépose d’une solution alcoolique en longs prismes d’un éclat i soyeux. Soumis à une douce chaleur, il fond, mais à une température plus i élevée, il se décompose avec une forte explosion. On l’obtient par double décomposition en traitant une solution de sulfate neutre par une solution de chlorate de potasse.
Le chlorhydrate neutre se présente sous la forme de gros prismes rhoni- ! boïdaux solubles dans l’alcool et dans l’eau, peu solubles dans 1 éther. On i l’obtient en saturant la cinchonidine par l’acide chlorhydrique jusqu’à ce que j la liqueur soit neutre aux réactifs colorés.
; Le chlorhydrate acide est en gros cristaux très solubles dans leau et I l’alcool, on l’obtient en ajoutant au chlorhydrate neutre une quantité d acide I chlorhydrique égale à celle qu’il renferme déjà.
Le chloromercurate cristallise en paillettes nacrées, brillantes, presque insolubles dans l’eau. On l’obtient en mélangeant à chaud une dissolution alcoolique et acide de chlorhydrate de cinchonidine avec une solution alcoolique de bichlorure de mercure.
Le citrate est un sel cristallisé en petites aiguilles peu brillantes. On l’obj tient en saturant à chaud l’acide nitrique par la cinchonidine.
; Le fluorhydrate se présente sous la forme d’aiguilles soyeuses très solubles j dans l’eau.
! h’hyposulfite revêt la forme de longues aiguilles peu solubles dans l’eau et ! très solubles dans l’alcool. On l’obtient en traitant à chaud une solution de sulfate de cinchonidine par une solution d’hyposulfite de soude. Le sel se dépose par le refroidissement.
L’oxalate cristallise en longues aiguilles soyeuses très peu solubles dans l’eau. On l’obtient en versant à chaud une solution alcoolique de cinchomdine dans une solution alcoolique d’acide oxalique. Le sel se dépose par le refroidissement. Les eaux mères, abandonnées à une évaporation spontanée, laissent déposer des croûtes mamelonnées d’un blanc mat qui sont un peu plus solubles dans l’eau que le sel précipité le premier.
Le sulfate neutre se présente sous la forme d’aiguilles soyeuses groupées en étoiles. Il n’a pas d’action sur les réactifs colorés. Il est très soluble dans i l’alcool, moins soluble dans l’eau et presque insoluble dans l’éther.
Le bisulfate cristallise sous forme d’aiguilles brillantes ayant l’apparence de l’amiante. On l’obtient en ajoutant à une solution de sulfate neutre de , cinchonidine une quantité d’acide sulfurique équivalente à celle qu’il renferme : déjà, puis on évapore dans le vide jusqu’à consistance sirupeuse.
Extraction. — La cinchonidine s’obtient par le même procédé que celui ; qui est suivi pour extraire la quinine ou la cinchonine. Seulement, pour la : purifier, il est essentiel de la faire cristalliser à plusieurs repr/ses dans l’alcool ■ à 90”, tant que la solution abandonnée à l’évaporation spontanée laisse déposer ! une matière résineuse. Quand il ne s’en dépose plus, on réduit les cristaux en poudre et on les agite avec de l’éther jusqu’à ce qu’ils ne verdissent plus par l’eau chlorée et l’ammoniaque, de cette manière on les débarrasse complètement de la quinidine et de la quinine qui peut s’y trouver mélangée et il ne i reste plus qu’à les dissoudre de nouveau dans l’alcool et à les faire cristalliser.
CINCHONINE.
La cinchonine a été découverte par Pelletier et Caventou dans le quinquina gris [Cinchona condaminea).
Propriétés chimiques et physiques. — C’est une substance incolore, cristalline, douée de propriétés alcalines. Sa saveur est amère, styptique, persistante. En soumettant à une évaporation lente sa solution alcoolique, on
obtient la cinchonine sous forme d’aiguilles déliées ou de prismes quadrangulaires ne renfermant pas d’eau de cristallisation. Elle est à peine soluble dans l’eau. Dans l’alcool, la solubilité augmente avec l’élévation de température et la concentration du liquide. Elle est presque insoluble dans l’éther.
Elle se dissout en petite quantité dans le, chloroforme, les huiles fixes et
essentielles. L’addition d’une petite quantité d’alcool au cliloroforme modifie | ' considérablement le pouvoir dissolvant de ce dernier véhicule pour la cin- | choni'ne. ! ' j
Lorsqu’on soumet la cinchonine à la température de d65“, elle fond et se ‘ prend par le refroidissement en une masse cristalline ; si on élève la tempé- ' rature, elle se volatilise en partie en répandant une odeur aromatique ; chauffée dans un courant de gaz ammoniac ou d’hydrogène, elle se volatilise | entièrement et peut alors, en se refroidissant, cristallisér en prismes bril- | lants. G. Marchand a obtenu une matière rouge à laquelle il a donné le nom de cinchonitine en chauffant une dissolution de cinchonine dans l’acide sul- i fiirique à laquelle on ajoute du peroxyde de plomb puce. i
La cinchonine chauffée avec (Jes fragments de potasse caustique est décom- | posée. Il se dégage de l’hydrogène, de l’ammoniaque, de la qtiinoléine et d’autres bases de celles du goudron de houille.
Langlois a démontré qu’en présence d’une suffisante quantité d’eau, la cinchonine s’y dissout sous l'influence d’un courant prolongé d’acide carbonique. Par l’évaporation, la cinchonine seule se dépose, elle ne forme pas de combi- | liaison avec cet acide. i j
Un sel de cinchonine dissous dans l’eau fait la double décomposition avec : un carbonate également dissous; mais de la cinchonine seule se dépose, il ne i se forme pas de carbonate.
Le mélange de peroxyde de manganèse et d’acide sulfurique, l’acide azotique, le permanganate de potasse, l’émulsine exercent sur la cinchonine ' i une action qui ne paraît pas bien nette et qui n’a pas été encore suffîsam- I ment étudiée. ■ | '
La cinchonine ne donne pas, comme la quinine, une couleur verte lorsqu’on la mélange avec de l’ammoniaque et de l’eau de chlore récemment préparée. ■ Par contre, les sels de cinchonine en présence de l’acide tartrique précipitent par les bicarbonates alcalins, ce que ne font pas les sels de quinine dans les | mêmes conditions. ;
Selon Bill, lorsque dans la dissolution d’un sel de quinine on vient à | verser une petite quantité de cyanure jaune de potassium et de fer, on voit j se former un précipité blanc jaunâtre qui disparaît par l’action de la chaleur ' ou par l’addition d’un léger excès de cyanure jaune. Et si on fait la même ' i expérience avec un sel de cinchonine, il se forme également un précipité blanc ^ jaunâtre, mais ce précipité persiste quelle que soit la proportion de cyanure I jaune, quel que soit aussi le degré. '
Le chlore attaque la cinchonine avec énergie et donne naissance à une ; base, la cinchonine biclilorée, qui est cristalline, insoluble dans l’eau, soluble •
I dans l’alcool bouillant et donnant, lorsqu’on la distille avec la potasse, une huile alcaline qui ne renferme pas de chlore. La cinchonine biclilorée forme avec les acides des sels très bien définis. L’azotate cristallise en petits tétraèdres et est peu soluble dans l’eau. Le bromhydrate est un sel peu soluble qui cristallise en aiguilles lamelleuses brillantes. Le bichlorhydrate sedépose.sous forme d’une poudre blanche cristalline, il est peu soluble dans 1 eau. Le bichloroplatinate a l’aspect d’une poudre jaune. On obtient la cinchonine biclilorée en dissolvant le bichlorhydrate de cinchonine biclilorée dans leau bouillante. On ajoute de l’ammoniaque, la cinchonine biclilorée se précipite sous forme d’un dépôt léger et fioconneux. On lave ce dépôt, qui, dissous, dans l’alcool bouillant, abandonne par refroidissement la cinchonine bichlorée sous forme de cristaux microscopiques.
Le brome exerce une action très énergique sur la cinchonine et forme trois bases : la cinchonine monobromée, la cinchonine sesquibromée et la
cincbonine bibromée. La première se présente sous l’aspect de lamelles cris- ; tallines. La seconde est cristallisée ; elle a une réaction alcaline et une saveur légèrement amère. Soumise à l’action de la chaleur, elle fond, puis noircit ; subitement en se boursouflant beaucoup ; enfin, la troisième a l’aspect d’ai- ; ; guilles lamelleuses à reflets nacrés, revêtant la forme d’octaèdres à base rec- ; I tangulaire lorsqu’elle est déposée d’une dissolution abandonnée à l’air libre.
Ces trois bases se combinent avec les acides et forment des sels parfaitement définis.
Selon Pelletier, faction de fiode sur la cincbonine est bien moins éner- , giquè que celle du chlore et du brome ; il ne se forme pas de produits de substitution, fiode se combine simplement à l’alcaloïde, et on a fiodocinchonine, qui est une matière jaune safrané incristallisable, ayant un aspect rési- ; i lieux, insoluble dans l’eau froide, à peine soluble dans 1 eau chaude, soluble dans falcool et dans féther.
Le chlorure de benzoïle, en agissant sur la cincbonine, forme la benzoïl- . cincbonine, qui est incristallisable, soluble dans l’alcool et féther et insoluble dans l’eau.
Les divers oxydants, tels que le permanganate de potasse et les acides azotique et chrom'ique, attaquent la cincbonine en donnant, selon la concentration et la température, des acides cristallisés différents; mais tous ces acides, d’abord complexes, se simplifient quand on prolonge la réaction et viennent aboutir aux acides di et tricarboxylés de la pyridine. I
Sous l’influence de certains agents, la cincbonine peut donner des matières i colorantes; ainsi chauffée avec le sublimé corrosif, èlle donne une matière ■ rouge violacé, soluble dans f alcool et fesprit de bois, mais la couleur nest pas stable • il se produit du mercure métallique dans la réaction. Gbauffee ^
avec de l4cide tartrique, il se dégage d’abord des vapeurs jaunes, puis ^
violettes. En arrêtant fopération à ce moment, il reste dans le vase ; une masse brune qui se dissout dans l’alcool additionné d’acide acétique en le .
! colorant en rouge. Les alcalis font passer cette couleur au jaune, les acides ■
I i font reparaître la coloration rouge. L’acide oxalique, l’acide pbosphorique, |
^ le bi-iodure de mercure donnent aussi une coloration rouge avec la cincbo- i
nine. Chauffée avec le chlorure de carbone, la cincbonine donne encore ; une matière rouge et il se dégage des vapeurs violettes qui se condensent sur ^ les parois de la cornue. Ces deux matières sont solnbles dans l’alcool. :
L'iodure d’amyle donne aussi un produit rouge, mais il se forme en | même temps une matière résineuse brune dont il est difficile de la debar-
La cincbonine possède une composition élémentaire qui ne diffère de celle de la quinine que par un atome d’oxygène en moins.
CiNCHONiNE, C-W'Ax-0. Quinine,
Plusieurs chimistes, parmi lesquels il faut signaler Sebutzenberg et Herman Streeker, ont essayé d’oxyder la cincbonine et de la transformer en
quinine. p j i
Sels — La cincbonine se combine avec les acides et forme des sels cristallisés pour la plupart amers, ayant une grande analogie avec les sels de quinine, mais plus solubles que ces derniers dans l’eau et dans f alcool. Nous empruntons au Dictionnaire de Chimie de Wurtz les détails qui suivent sur
Acétate de cinchonme. - La cincbonine forme avec facide acétique une combinaison qui possède toujours une réaction acide, meme lorsqu on emploie la cincbonine en excès. Le sel soluble dans l’eau se précipité pai une évaporation lente, sous forme de petits grains ou de paillettes tianslucides. Peu stable, il est décomposé par feau bouillante avec séparation de
cincbonine. • • , iivp nn
Arséniate de cinchonme. - Ce sel, fort soluble dans leau, cristallise
longs prismes incolores.
Azotate de cinchoniue. ■—'Sel cristallisant en prismes rectangulaires obliques ; solubles dans l’eau, la solution dévie à droite le plan de polarisa- . tion de la lumière.
On l’obtient en saturant de l’acide azotique par de la cinchonine. [Quand on évapore la liqueur et qn’elle est suüîsainmeiit suturée, le sel se sépare d’abord sous forme de globules oléagineux qui se prennent en cristaux au bout de quelques jours. Ces cristaux sont solubles dans 26.4 d’eau à 12^
Benzoate de cinchonine. — Ce sel s’obtient en prismes groupés en étoiles solubles dans 163 parties d’eau à 15“.
Carbonate de cinchonine. — Ce sel ne paraît pas exister, quoique la solubilité dans l’eau de la cinchonine soit fort augmentée par un courant d’acide carbonique; car si l’on évapore la solution, il ne se dépose que de la cinchonine et par la double décomposition avec un bicarbonate alcalin les sels solubles de cinchonine laissent déposer seulement l’alcaloïde.
Chlorate de cinchonine. — Ce sel se présente en houppes volumineuses très blanches. Chauffé avec précaution, il fond d’abord, puis à une température plus élevée il fait explosion. Il est moins fusible que le sel correspondant de quinine, mais il fait explosion plus tôt. On l’obtient en dissolvant la cinchohine dans l’acide chlorique.
Perchlorate de cinchonine. — Ce sel forme de gros prismes rhomboïdaux remarquables par un magnifique dichroïsme bleu et jaune même en solution étendue, solubles dans l’eau et l’alcool; à 160", il fond et perd son eau de cristallisation, à une température plus élevée il fait explosion. Desséché à 30°, puis chauffé à 160°, il perd 3.57 p. c. d’eau. Les cristaux forment des prismes rhomboïdaux de 127°47’ et 54°13’, avec troncature sur les arêtes aiguës. On l’obtient par double décomposition en triturant du sulfate de cinchonine par du perchlorure de baryte.
Chlorhydrates de cinchonine. — La cinchonine forme deux combinaisons avec l’acide chlorhydrique.
1° Chlorhydrate basique de cinchonine. — Ce sel se présente sous la forme d’aiguilles ramifiées ou de prismes rhomboïdaux inaltérables à l’air,
^ efflorescents dans le vide; ils perdent leur eau de cristallisation à 100°, fondent à 130°. Leur densité est égale à 1.234. Lesel se dissout dans 24 parties d’eau à 10", à 16° dans 1.3 d’alcool et 273 d’éther. On l’obtient en triturant
l’alcaloïde en excès par une solution étendue d’acide chlorhydrique. La solution de ce sel dévie à droite le plan de polarisation de la lumière.
2° Chlorhydrate neutre de cinchonine. — Ce sel cristallise en magni- | fiques cristaux très nets sous forme de tables droites à base rhombe, ayant ' les angles aigus tronqués; il est très soluble dans l’eau, moins dans l’alcool, [ et rougit le papier bleu de tournesol. Il dévie à droite le plan de polarisation de la lumière. On l’obtient en versant un léger excès d’acide chlorhydrique '' sur de la cinchonine, on dissout le tout dans un mélange d’eau et d’alcool et | Ion abandonne la solution dans un vase ouvert à une évaporation très lente. 1 Le sel se dépose à la longue. j
Chloromercurate de cinchonine. — Ce sel se présente sous forme de petites aiguilles peu solubles dans l’eau froide, l’alcool et l’éther, solubles dans ' l’eau bouillante et dans l’alcool faible un peu chauffé, plus solubles dans l’acide chlorhydrique concentré. Ce sel peut être séché à la température I d’un bain-marie sans être altéré. On l’obtient en versant une solution de bichlorure de mercure dans une solution de chlorhydrate de cinchonine acidulée par un excès d’acide chlorhydrique. Au bout de peu de temps, le mélange se prend en une masse de petites aiguilles.
Chloroplatinate de cinchonine. — Le chloroplatiuate de cinchonine obtenu ' par la double décomposition en versant une solution de bichlorure de platine j dans une solution de chlorhydrate de cinchonine est un précipité jaune clair. I Si l’on emploie la cinchonine dissoute dans l’alcool avec un excès d’acide j chlorhydrique, il se forme un précipité cristallin, dont les premières par- ' ties sont presque blanches; mais si l’on dissout ce sel formé dans l’eau bouil-1 lante à l’aide d’une ébullition prolongée, on obtient par le refroidissement j
d’abord un précipité blanchâtre, puis au bout d’un certain temps de beaux cristaux orange foncé.
, Chlorozincate de cinchonine. — Ce sel s’obtient en versant du chlorure de i zinc dans une solution alcoolique de cinchonine et en ajoutant à la préparai tion bouillante la quantité d’acide chlorhydrique strictement nécessaire pour : dissoudre le précipité qui prend naissance ; il cristallise par refroidissement I en grains brillants.
I Chlorure double de cinchonine et d’étain. — On obtient ce sel en versant ' une solution de chlorure stanneux acidulé d’acide chlorhydrique dans une ^ solution de chlorhydrate de cinchonine ; il se forme un magma épais qui ne tarde pas à se prendre en prismes jaunes, denses.
Chromate de cinchonine. — Ce sel s’obtient en mélangeant le chlorhydrate ! avec du chromate acide de potasse en solution dans l’eau ; il se forme de ! petits prismes jaune d’ocre décomposables à la lumière et à l’air humide, i Citrate basique de cinchonine. — Ce sel se sépare de la solution alcoolique en huile incolore qui ne tarde pas à se concréter en longs prismes groupés ; concentriquement. Il se dissout dans 48 parties d’eau à 12«.
! Citrate acide de cinchonine. — Ce sel se présente sous la forme de petits j prismes solubles dans 35.8 d’eau à -15°.
- Cyanoferrlires de cinchonine. — Il en existe deux : 1" L’un qui correspond i au cyanoferrure jaune de potassium ; "2" l’autre au ferrocyanure rouge de potassium.
1° Ce sel s’obtient en traitant une solution alcoolique de cincho- I . nine par une solution alcoolique d’acide ferrocyanhydrique ; il se forme
; un précipité jaune citron peu soluble dans l’alcool. Si l’on vient à le chauffer i soit seul, soit en présence de l’eau, il se forme de l’acide cyanhydrique et un dépôt de couleur bleue.
2“ En versant une solution aqueuse de ferrocyanure de potassium dans une solution de chlorhydrate de cinchonine, il se forme un précipité jaune citron qui peut être desséché à l’air à 100“ sans se décomposer.
Cyanurate de cinchonine. — Le cyanurate de cinchonine se prépare en faisant bouillir de la cinchonine récemment précipitée avec une solution saturée et bouillante d’acide cyanurique. Par le refroidissement, le sel se dépose sous forme de prismes rhomboïdaux ; peu sôluble dans 1 eau et insoluble dans l’alcool et l’éther, il perd à 100° 17.79 p. c, d’eau, à 200° il se décompose i en dégageant des vapeurs douées de l’odeur des amandes amères.
Fluorhydrate de cinchonine. — Le fluorhydrate de cinchonine s’obtient en traitant de la cinchonine récemment précipitée par de l’acide fluorhydrique dilué; par la concentration de la solution, le sel se dépose en prismes incolores. Dissous dans l’alcool dilué et la solution concentrée, le sel se dépose en I prismes rhomboïdaux terminés par des faces octaédriques. Séché à 160", il perd 2.8 p. c. d’eau à une température plus élevée, il prend une magnifique couleur pourpre, puis il se forme un sublimé rouge et il se dégage de l’acide ! fluorhydrique en même temps qu’il se produit du charbon, i Formiate de cinchonine. — On l’obtient en faisant dissoudre de la cincho- 1 nine dans de l’acide formique ; c’est un sel fort soluble, cristallisant en I aiguilles soyeuses douces au toucher.
Hyposulfate de cinchonine. — Sel cristallisable, ressemblant beaucoup au
sel correspondant de quinine.
Hyposulfite de cinchonine. — On l’obtient en versant une solution d’hyposulfite de soude dans une solution de chlorhydrate de cinchonine. Le sel se dépose en petites aiguilles solubles dans 157 parties d’eau à 16".
Mate de cinchonine. — Ce sel cristallise en longues aigudles sem- I blables à des fds d’amiante, il est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther; vers I 120" il fait brusquement explosion.
Perioclate de cinchonme. — Le periodate de cinclionine est un sel très ■ altérable qui cristallise sous la forme de prismes ; on l’obtient en mélangeant j une solution alcoolique de cinclionine avec une solution d’acide périodique, j puis on fait évaporer le mélange dans une étuve chauffée à 40°
lodhydrate de cinclionine. — Ce sel cristallise en aiguilles transparentes déliées et d’un éclat nacré, il est peu soluble à froid, plus soluble à chaud et cristallise par le refroidissement. Sa paveur est amère et comme métallique,
On le prépare en mélangeant une dissolution de chlorhydrate de cinclionine : avec une dissolution d’iodure de potassium.
Mellate de cinclmiine. — On l’obtient en mélangeant une solution alcoolique de cinchonine avec de l’acide mellique ; il se forme un précipité qui ^ devient cristallin par des lavages à l’alcool faible ; il jouit de propriétés tout à fait analogues à celles du sel correspondant de quinine.
Oscalaies de cinchonine. — L’acide oxalique forme deux sels avec la cin- ; chonine :
1° L’oxalate basique de cinchonine se présente sous la forme de gros prismes solubles dans 104 parties d’eau à 10°. On l’obtient en versant de l’oxalate d’ammoniaque dans la dissolution d’un sel basique de cinchonine, le sulfate par exemple; il se forme un précipité blanc insoluble dans l’eau froide, i mais très soluble dans l’alcool surtout à chaud et très soluble dans l’acide j oxalique ; ' |
2° L’oxalate neutre de cinchonine est bien plus soluble que le précé- | dent.
Oxalumté de cinchonine. — On obtient ce sel en saturant une solution ! bouillante d’acide parabanique par la cinchonine. La solution, en s’évaporant, I abandomie une masse jaunâtre et transparente qui cristallise au bout d’un j certain temps en prenant une couleur blanche. Traité par de Tacide chlorhydrique bouillant, ce sel se dissout, et on retrouve de l’acide oxalique dans la liqueur.
Phosphate de cinchonine. — Sel cristallisant très difficilement en prismes groupés concentriquement ; il est fort soluble dans l’eau ; on l’obtient en faisant concentrer une solution de cinchonine dans l’acide phosphorique.
Picrate de cinchonine. — Précipité jaune semblable à l’iodure de plomb, à peu près insoluble dans l’eau, analogue au même sehde quinine.
Quinate de cinchonine. — Le quinate de cinchonine est très soluble dans leau; à 15°, il se dissout dans la moitié de son poids d’eau. Sa solution, évaporée en consistance sirupeuse, donne au bout de quelques jours des cri.staux aciculaires doués d’un éclat soyeux. Dissous dans l’alcool bouillant, par le refroidissement, il se dépose un solis-sel cristallisé en prismes brillants, incolores, courts et comprimés, à 4 ou 6 facettes tronquées obliquement. Ce sous-sel est inaltérable dans l’air sec et même à une douce chaleur. Cependant, au bout d’un temps assez long, les cristaux deviennent opaques ; ils sont solubles dans l’eau, mais la solution ne tarde pas à laisser déposer des cristaux de cinchonine. La solution aqueuse ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les acides et le liquide alcoolique, d’où ils se sont déposés, possède au contraire une solution acide.
Rocellate de cinchonine. — En évaporant une solution alcoolique de 2 molécules de cinchonine avec 1 molécule d’acide, on obtient une masse visqueuse, ayant l’apparence d’un onguent, insoluble dans l’eau et dans l’éther. C’est la rocellate de cinchonine.
Succinate neutre de cinchonine. — Ce sel se présente sous la forme de longues aiguilles très aiguës ou en gros prismes.
Sulfates de cinchonine. — L’acide sulfurique forme avec la cinchonine ;
1° Le sulfate basique de cinchonine cristallisant en prismes rhomboïdaux de 83 à 97°. Ces cristaux sont courts et terminés par une troncature ou un biseau. A leur sommet, on remarque quelquefois une troisième face triangulaire à la place d’un des angles solides obtus du prisme ; parfois ils présentent
: des hémitropies. Ils sont durs et transparents, solubles dans 54 parties d’eau à la température ordinaire, dans 6.5 d’alcool à 0.85 de densité et dans 11.5 d’alcool absolu; ils sont insolubles dans l’éther.
Inaltérables à l’air à 100°, ces cristaux deviennent phosphorescents comme I ceux du sulfate de quinine; à une température un peu plus élevée, ils fondent,
1 et à 120° ils ont perdu les deux tiers de leur eau de cristallisation ; si l’on ! chauffe plus fortement, ils entrent en fusion et donnent, en se détruisant, une i belle matière rouge.
' D’après Pasteur, si l’on a soin d’ajouter un peu d’eau et d’acide sulfurique : avant de chauffer le sel, et si l’on maintient la température pendant trois ou I quatre heures, la matière rouge ne se produit plus et le sulfate de cinchonihe est changé en sulfate de cinchonicine. On obtient le sulfate basique de cinchonine en faisant évaporer les eaux mères qui ont servi à la préparation du sulfate de quinine, ou en neutralisant de l’acide sulfurique avec un léger excès de cinchonine ;
2° Le sulfate neutre de cinchonine s’obtient en dissolvant le sel précédent en présence d’un léger excès d’acide; en faisant suffisamment évaporer la solution, le sulfate neutre de cinchonine cristallise sous forme d’octaèdres rhomboïdaux, dont quelques arêtes sont quelquefois remplacées par des facettes. On peut les cliver avec facilité perpendiculairement au grand axe ; on obtient des tranches nettes et brillantes. A la température ordinaire, ce sel est inaltérable, mais il s’effleurit lorsqu’on le chauffe légèrement. La chajleur lui fait perdre 11.73 p. c. d’eau. 46 parties d’eau à 14°, 90 parties I d’alcool à 0.85 de densité et 100 parties d’alcool absolu dissolvent 100 parj lies de sulfate neutre de cinchonine. Il est insoluble dans l’éther.
I Sulfocyanhydrate de cinchonine. — Sel cristallisé sous la forme d aiguilles I brillantes et anhydres.
, Tannate de cinchonine. — Poudre blanc-jaunâtre, à peine soluble dans.
^ l’eau froide, se dissolvant un peu dans l’eau bouillante, d’où le sel se dépose , en un précipité granuleux et translucide.
! Tartrate de cinchonine." — Il existe plusieurs combinaisons de cinchoj nine avec les acides tartriques, le neutre, droit et gauche :
' ] ° Tartrate basique de cinchonine. — Sel formé d’aiguilles groupées en
; faisceaux, peu soluble*dans l’eau. Il contient 4.6 p. c. deau de cristallisation j qu’il perd entre 100 et 120°;
2° Tartrate droit de cinchonine. — Ce sel s’obtient en faisant dissoudre ' à chaud en quantités équivalentes de la cinchonine et de l’acide tartrique ;
: par le refroidissement, il se forme une belle cristallisation dun état nacié, très brillante de cristaux groupés en étoiles rayonnées. A 100", ce sel perd facilement 14 p. c. d’eau de cristallisation; à 120°, le sel se colore en rouge ' et' commence à entrer en fusion; il ne peut donc être chauffé plus haut que ' 100° sans se décomposer. Desséché dans le vide, il s’effleurit et ne peut perdre que 12 p. c. d’eau; mais à 100°, on peut lui enlever les 2 p. c. qui I restent. 11 est très peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool pur. La ! solution alcoolique est neutre aux réactifs colorés et dévie à droite le plan ! de polarisation. La solution aqueuse est acide. Les cristaux appartiennent au I système rhombique et sont hémièdres. Si 1 on fait dissoudre à chaud une seule molécule de cinchonine avec deux molécules d’acide tartrique ; c est le même ! ■ sel qui se dépose; mais si l’on emploie quatre molécule d’acide, on obtient ^ : une cristallisation d’un autre tartrate de cinchonine qui se dépose en cristaux nets et limpides ;
3° Tarti'ate gauche neutre de cinchonine. — Ce sel s’obtient de la même i manière que le précédent et avec autant de facilité. Si l’on emploie un grand ! excès d’acide, il se dépose aussi, comme dans le cas précédent, un nouveau I sel cristallisé en houppes brillantes, nacrées, formées d’aiguilles kès ténues, j et différant ainsi du deuxième tartrate droit qui vient d’être indiqué. Le
tartrate gauche de cinchonine est un sel extrêmement peu soluble dans l’eau | | et dans l’alcool. La solution alcoolique est neutre aux réactifs colorés et dévie S j à droite le plan de polarisation de la lumière. Il est soluble dans 100 parties j | d’eau à 16°; à 100°, il perd 4,5 p. c. d’eau de cristallisation. ChaulTé à , 120”, il ne se colore pas et conserve son aspect cristallisé.
Vraie de cinchonine. — Ce sel se présente sous la forme de longs prismes peu solubles dans Teau, l’alcool bouillant et l’éther; à 100°, abandonné sous j : une cloche sur de l’acide sulfurique, il perd 12.49 p. c. d’eau, il devient ! : opaque et finit par prendre une couleur jaune de soufre. On l’obtient en faisant bouillir de la cinchonine récemment précipitée avec de l’acide urique en j
présence d’une assez grande quantité d’eau. On filin' la liqueur bouillante, et I par le refroidissement le sel cristallise. i
Préparation. — Le mode d’extraction de. la cinchonine est le même que ' celui qui est suivi pour la quinine, qu’elle accompagne toujours en propor- | tiens plus ou moins considérables. |
On la retirp ordinairement des eaux mères qui ont servi à la préparation : du sulfate de quinine. En ajoutant à ces eaux de la potasse ou de l’ammo- j ■ niaque, l’alcaloïde se précipite. Après l’avoir recueilli et lavé, on le dissout dans l’alcool bouillant, on y ajoute un peu de charbon, on filtre la solution bouillante, et par le refroidissement la cinchonine cristallise.
La cinchonine est la partie active principale des quinquinas gris. ‘
cocaïne.
La cocaïne est retirée des feuilles du coca {Erijthroæijiiim coca), arbuste î ' originaire de l’Amérique méridionale. On attribue sa découverte à Niemann; mais, d’après le docteur Knapp,-de New-York, elle serait due à Gardeke, qui i l’aurait isolée pour la première fois en 1855, sous le nom d’erythroxyline ; elle a été étudiée spécialement par Wœhler et Lossen. i
Propriétés chimiques et physiques. — Elle cristallise en petits prismes * ; appartenant au type clinorhombique. Elle est un peu soluble dans l’eau, plus , soluble dans l’alcool, très soluble dans l’éther. Elle n’a pas d’odeur. Sa saveur : ; est amère et sa réaction fortement alcaline. Elle n’est pas volatile. Soumise 1 : à l’influence de la chaleur, elle fond à 98“ et reprend sa forme cristalline en i ! se refroidissant. A une température plus élevée, elle se décompose en majeure i i partie ; une faible partie seulement semble se volatiliser sans altération. ■ ! Chauffée sur la lame de platine, elle brûle avec flamme, sans laisser de résidu. * I Elle forme avec les acides des sels difficilement cristallisables. Le chlorhy- I • drate cristallise le mieux. Ce sel se forme avec un grand dégagement de * ' chaleur quand on fait arriver un courant d’acide chlorhydrique sec sur la , ’ cocaïne. ' j i
Les alcalis caustiques, le carbonate de soude, le carbonate d’ammoniaque, : , les bicarbonates alcalins lorsque les liqueurs sont concentrées, le proto- ^ ' chlorure détain, le bichlorure de mercure, le bichlorure de platine, précipitent les dissolutions des sels de cocaïne. L’ammoniaque donne aussi un pré- ' cipité qui se redissout facilement dans un excès d’alcali. Les solutions des sels j de cocaïne précipitent aussi par les acides picrique et phosphomolybdique ; i l’eau iodée, l’iodure iodurée de potassium donnent un précipité brun. Chauffée I avec de l’acide chlorhydrique, la cocaïne se dédouble en acide benzoïque et en | une nouvelle base. Wœhler a donné à cette base le nom d’écgonine. Selon | Lossen, l’acide benzoïque et l’écgonine ne seraient pas les seuls produits de dédoublement de la cocaïne, il se formerait en même temps de l’alcool méthylique. L’écgonine cristallise en prismes rhomboïdaux incolores, brillants, très solubles dans l’eau, moins solubles dans l’alcool absolu, insolubles dans l’éther, i Sous l’influence de la chaleur, l’écgonine fond à 198° en se décomposant. ! ' Elle a une saveur faiblement amère et douceâtre, son action est nulle sur les réactifs colorés. '
L acide chlorhydrique forme avec l’écgonine un sel blanc bien cristallisé. ! Le bichlorure de platine donne un sel double rouge orangé, cristallisant ; en prismes, très soluble dans l’eau, moins soluble dans l’alcool. Voici le pro- ! cédé employé par Lossen pour isoler cette base : il chauffe la cocaïne à 100” j
dnns'in lube scelîravec de l’acide chlorhydrique concentré ; la solution ,
aqueuse est d’abord agitée avec de l’éther, qui enlève l’acide benzoïque ainsi |
que l’éther métylbenzoïque. On évapore la solution au bain-marie à siccilé. i
1 Le résidu est du chlorhydrate d’écgonine à peu près pur. On le lave à l’alcool ; ,
j absolu, on le redissout dans l’eau et la solution aqueuse est traitée par de i
' l’oxyde d’argent humide. Le chlorure d’argent se dépose et l’écgonine reste j dissoute. Pour l’obtenir à l’état cristallisé, il suffit de filtrer la liqueur et de I l’évaporer à une douce chaleur au bain-marie.
! Sels. — La cocaïne s’unit aux acides qu’elle neutralise complètement et forme avec eux des sels qui cristallisent avec beaucoup de difficulté. '
Le chlorhydrate est sous forme de prismes à quatre pans tronques. G est le sel de cocaïne qui cristallise le mieux.
Le chlorhydrate de cocaïne a une saveur un peu amère et produit sur la I langue une sensation caractéristique et peu à peu l’insensibilité. Il est aisément soluble dans l’eau et dans l’alcool. La solution d’iode versée dans la solution aqueuse de chlorhydrate de cocaïne produit un précipité rouge brun. Les alcalis caustiques donnent un précipité blanc, cristallin, peu soluble dans l’eau, aisément soluble dans l’alcool et dans l’éther. L’acide sulfurique le dissout avec effervescence, sans coloration, comihe aussi les acides azotique et chlorhydrique.
Le chlorure d’or et le chlorure de platine donnent des précipités jaunes.
Le chlorhydrate double de cocaïne et d’or présente la singulière propriété de donner une grande quantité d’acide benzoïque en se décomposant par la chaleur.
Voxalate de cocaïne possède une cristallisation confuse. Lossen a obtenu un oxalate acide en cristaux très déliés.
Le sulfate revêt d’abord la forme d’une masse gommeuse qui cristallise au bout d’un certain temps.
Extraction. — On connaît cinq procédés de préparation : 1“ le procédé Niemann; 2° le procédé Lossen; 3° le procédé Truphène; 4“ le procédé
Castaing; 5° le procédé Duquesnel.
Procédé Niemann. — Les feuilles de coca, finement coupées, sont mises à macérer pendant plusieurs jours dans l’alcool à 85° centigrades, aiguisé d’un peu d’acide sulfurique; le liquide d’un vert brun foncé est exprimé, filtré, puis additionné d’un léger lait de chaux. Il s’en sépare ainsi diverses ; substances, notamment une partie de chlorophylle et une matière cireuse,
I laquelle peut être rendue complètement incolore. Après filtration, cette : liqueur alcaline est neutralisée avec de l’acide sulfurique; l’alcool est séparé par distillation et le reste est évaporé au bain-marie. On délaye le résidu dans de l’eau; il s’en sépare alors une matière d’un vert noirâtre, demiliquide, renfermanfle restant de la chlorophylle, et l’on obtient une solution d’un brun jaunâtre, qui contient la cocaïne à l’état de sulfate. En traitan : cette liqueur par le carbonate de soude, on obtient la cocaïne impure sous i forme d’un précipité brun. En traitant celui-ci par l’éther et évaporant, il 1 reste une masse amorphe encore jaunâtre et odorante dans laquelle ne 1 tardent pas à se former des cristaux groupés en anneaux. Par plusieurs I cristallisations dans l’alcool, l’alcaloïde peut être obtenu parfaitement pur et
1 incolore. , .
Procédé hooocn. - La plante ayant été miae à digérer à plnsieure reprises i dans de l'eau à 60 ou 80", on réunit les extraits aqueux que Ion prée.pite par de l'acétate de plomb, on filtre, on élimine le plomb au moyen du sulfate de soude et l'on concentre au bain-marie. Puis on ajoute du carbonate de »ude ,et l'on secoue avec de l'étber. On réitère cinq ou six fois avec de léthei renouvelé. L'alcaloïde est dissous dans ce dernier, qu'on élimine en majeure partie par voie de distillation. Le résidu, abandonné à lui-meme, fournit de la cocaïne brate que l'on purifie d'abord en triturant avec de 1 eau froide poi enlever des matières colorantes et en soumettant ensuite au ' décrit par Niemann. Plus la cocaïne est pure, plus facilement elle crislall ' dans l’Ler en donnant en même temps des prismes rliomboidaux
Procédé Truphène. — On épuise complètement les feuilles de coca hachées dans l’extracteur à distillation continue de Payen, au moyen de l’éther. La liqueur vert noirâtre qu’on en obtient est évaporée jusque siccité. Le produit qui en résulte est vert très foncé et fond à / 5° ; on le traite par l’eau distillée bouillante et l’on agite pour dissoudre l’alcaloïde. Le produit restant contient la cire de coca impure. On incorpore dans la solution de la magnésie et l’on | évapore à siccité; la substance pulvérulente fine obtenue est traitée par l’alcool amylique qui laisse déposer les cristaux de cocaïne à peine jau- ' nâtres. Une nouvelle cristallisation suffit pour obtenir des cristaux incolores. ' Procédé Castaing. — On traite la feuille de coca par huit fois son poids i d’eau bouillante, puis le mélange est jeté dans le percolateur; on laisse écouler et l’on verse sur les feuilles huit fois leur poids d’alcool à 85 p. c.; on mélange les deux liqueurs, on les précipite par l’acétate de plomb, oii • décante à l’aide d’un siphon et l’on ajoute du sulfate de sodium pour précipiter le plomb. On évapore doucement le liquide en consistance sérupeuse, on reprend par l’eau pour laisser indissoutes les matières résineuses et l’on précipite par le carbonate de sodium. Le précipité obtenu est soumis jusqu’à épuisement à l’action de l’éther. Ce dernier liquide évaporé donne de la cocaïne impure, cristalline, d’un jaune brun et d’une odeur désagréable. Pour enlever la matière colorante, on traite le produit impur une ou deux fois par l’alcool froid. Ainsi purifiée, la cocaïne est sous la forme de prismes transparents, inodores, de saveur amère, solubles dans 700 parties d’eau froide, plus solubles dans l’alcool et entièrement solubles dans l’éther.
Procédé Duqnesnel. — On pulvérise grossièrement les feuilles de coca et ; on les épuise dans un appareil à déplacement par de l’alcool à 85". '
On distille les liqueurs alcooliques de façon à en retirer tout l’alcool, et on additionne le résidu de la distillation d’une petite quantité d’acide tartrique (une partie pour cent de la plante employée). |
On mélange intimement l’acide, dissous au préalable dans une petite quan- ' tité deau, avec 1 extrait. On ajoute ensuite de l’eau distillée jusqu’à cessation j de trouble, pour précipiter la chlorophylle ou les substances résineuses et i grasses. On filtre et on évapore à une douce chaleur le produit de la filtration, en consistance de sirop clair; le produit obtenu renferme la cocaïne à | l’état de tartrate soluble. On l’agite alors avec de l’éther rectifié et lavé, pour ‘ lui enlever encore des substances résineuses ou colorantes, tandis qu’une substance blanche, cristalline, paraissant de nature acide, soluble dans les | alcalis avec coloration jaune, et que nous étudierons ultérieurement, puis on ’ l’additionne d’un léger excès d’ammoniaque, et on l’agite à nouveau avec de l’éther rectifié, qui s’empare des alcaloïdes.
On répète plusieurs fois cette opération. Par la distillation, l’éther aban-i donne un résidu sirupeux que l’on verse dans une capsule, où il ne tarde pas j à cristalliser en grande partie.
Lorsque les cristaux ne paraissent plus augmenter, on exprime le résidu sur une toile, pour en séparer un liquide sirupeux très alcalin. La toile | retient une masse cristalline que l’on obtient facilement en beaux cristaux d’une solution alcoolique, additionnée de noir animal, et filtrée, puis évapo- i rée à une douce chaleur.
Ces cristaux, que les fabricants considèrent généralement comnie la cocaïne pure, ne contiennent cependant pas toujours cet alcaloïde à l’état de pureté. ^ Nous avons pu en isoler, en effet, en les dissolvant à saturation exacte, dans un acide dilué, une substance neutre cristalline, peu soluble à froid, paraissant inerte, analogue à la narcotine de l’opium, par la manière dont elle se comporte avec les réactifs, et dont la présence ne paraît pas avoir été signalée jusqu’ici.
Cest à cette substance que nous avons donné, par opposition avec la véritable cocaïne basique, qui est le véritable principe actif de la coca, le nom de cocaïne neutre ou mieux de pseudo-cocaïne. '•
La présence de là cocaïne neutre ne paraît pas constante, ni sa proportion !
ré-^ulière, dans les feuilles de coca, mais elle peut expliquer parfaitement la | différence de solubilité et même d’action des produits commerciaux, vendus ; comme cocaïne ou comme sels de cette base, i Les feuilles de coca suivent donc, par leur composition, une règle . i qui est à peu près générale, c’est-à-dire que les plantes actives con- ;
I tiennent presque toujours, à côté d’une base principale cristallisée, une base ^ j amorphe, souvent liquide, qui est un produit de transformation ou d’alte-
i ration. . .j. !
j Selon Duquesnel, les autres procédés de préparation de la cocaïne (procédés , i Niemann, Lossen, Truphène, Castaing) ont l’inconvénient d’introduire la ! chaux ou le plomb dans les opérations, et d’augmenter en outre notablement i la volume des liquides à évaporer et la durée des évaporations.
En suivant le procédé Duquesnel, on obtient la cocaïne vraie et suffisamment pure pour ne pas exposer les praticiens aux insuccès et aux mécomptes si souvent constatés en France et à l’étranger avec certains produits commer¬ Voici uii moyen pour s’assurer de sa pureté, On traite à Iroid le cblorhydrate de cocaïne par de l’acide sulfurique concentré. Si on obtient une solution complètement incolore, c’est que le chlorhydrate de cocaïne est parfaitement pur. Si, au contraire, la solution est colorée, cest que le sel est altéré par la présence des alcaloïdes susnommés.
Bignon de Lima propose pour l’extraction de la cocaïne 1 emploi des hydiogènes carburés en général, et spécialement des benzines et des huiles légères le pétrole. L’alcool et l’éther, dit-il, sont des véhicules trop coûteux et qui ont l’inconvénient de dissoudre des corps étrangers; de plus, on risque d’altérer la cocaïne pendant la distillation. ^ ;
I Le mode opératoire employé par Bignon est le suivant ; On fait macérer ,
' les feuilles de coca pendant quarante-huit heures environ dans une solution 1 à 20“ de carbonate de soude, on les fait sécher, puis on les traite par dépla- ^
I cernent au moyen des huiles légères de pétrole ou de benzine ; l’hydrocarbure dissout la cocaïne, mise en liberté par le carbonate alcalin ; on laisse déposer, on décante et on agite ensuite la solution avec de l’eau acidulée au dixième avec de l’acide chlorhydrique; il se forme ainsi du chlorhydrate de cocaïne ! qui reste en solution dans la liqueur surnagée par l’hydrocarbure dissolvant peu de matières colorantes ou résineuses. Pour avoir la cocaïne, il suffit de la précipiter par le carbonate de soude ; le produit obtenu renferme 98 p. c. de cocaïne pure.
j La cocaïne impure, soumise à l’action des acides, 1 acide chlorhydi ique, par exemple, donne fréquemment une coloration verte. Le réactif de Mayer trouble encore faiblement une solution à un millionnième de cocaïne.
La solution d’iode dans l’iodure de potassium produit un précipité rose dans une solution contenant une partie de chlorhydrate de cocaïne dans : 7,500 parties d’eau et un faible nuage jaune dans la solution 1/200,000. L’acide phosphomolybdique précipite nettement la solution 1/12,500 et détermine un trouble dans la solution 1/50,000. Le tanin produit un faible nuage dans la solution 1/25,000 et un précipité dans la solution 1/12,500. L’acide picrique donne une combinaison jaune cristallin dans les solutions fortes; mais dans la solution 1/1,000, on n’observe plus de cristaux qu’au bout de quelques minutes. Le chlorure d’or donne un précipité cristallin caractéristique. Ce précipité est immédiat dans une solution 1 : 3,000 ; il a l’aspect de feuilles de fougère. Fluckiger recommande comme jun bon réactif de la cocaïne le permanganate de potasse indiqué par le ’D'' Giesel- si, à 1 centigramme de chlorhydrate de cocaïne dissous dans '2 goultes’d’eàu, on ajoute q. s. d’une solution de permanganate de potasse à- 1/300, il se produit un sel d’alcaloïde violet, insoluble, qui prend quelquetois l’aspect cristallin. Quand on chauffe la cocaïne ou ses sels avec de l’acidc sulfurique (D = 1.84), il se dégage d’abondantes vapeurs blanches et acres. Par le refroidissement, des cristaux d’acide benzoïque se déposent sur les parois du tube. Cette réaction peut être vérifiée avec une très petite quantité j de matière.
CODAMINE.
Propriétés chimiques et physiques. — La codamine est un des alcaloïdes accessoires de l’opium ; elle est isomérique avec la laudanine ; elle cristallise de sa solution étliérée en prismes hexagonaux terminés par des pyramides. Les cristaux sont anhydres. Elle est peu soluble dans l’eau, très soluble dans le chloroforme et la benzine. Sa saveur est amère, sa réaction alcaline '; exposée à 1 action de la chaleur, elle fond à 121°, puis se décompose en donnant un beau sublimé cristallin. Elle s’unit aux acides et forme des sels amorphes et amers.
L’acide sulfurique la coloré en vert. Le chlorure ferrique et l’acide azotique | en vert foncé à froid et en violet à chaud. Elle est soluble dans un excès i d’alcali ; le bicarbonate de soude la précipite en flocons blancs qui se réu- j nissent en une masse résineuse. |
L’iodbydrate, de codamine se présente sous forme d’une poudre blanche ! cristalline, soluble dans l’alcool et l’eau bouillante, peu soluble dans l’eau : froide. !
CODÉINE. C'®H^iAzO^ |
La codéine est une base végétale retirée de l’opium. Son nom dérive du ! mot grec xwSti, qui signifie capsule de pavot. Elle a été découverte par ; Robiquet en 1832. Elle a fait l’objet de sérieuses études tant au point de vue | chimique qu’au point de vue de ses propriétés physiologiques et thérapeutiques. Robiquet, Régnault, Gerhardt, Couerbe, Anderson, Winckler, Merck, Rarbier, Magendie, Kunkel, Gregory, Robiquet fils, Beurmann, etc., ! ont fait sur ce corps de nombreuses recherches. Elle existe dans l’opium, de ! même que la morphine combinée avec l’acide méconique. I
Propriétés chimiques et physiques. — La codéine peut exister sous deux j états : anhydre ou hydratée. A l’état anhydre, elle cristallise en octaèdres ' réguliers à base rectangulaire. On fobtient par l’évaporation de sa dissolu- j tion dans l’éther anhydre; à fétat hydraté, elle se présente sous forme de prismes volumineux tantôt aplatis, tantôt allongés ; on l’obtient en la dissolvant dans de féther aqueux et en faisant évaporer.
La codéine est blanche, cristallisée ; elle n’a pas d’odeur. Sa saveur est | amère; elle est inaltérable à l’air. Elle se dissout dans 80 parties d’eau 1 froide et dans 17 parties d’eau bouillante. Chauffée avec une quantité d’eau ! insuffisante pour la dissoudre, elle fond et se convertit en une masse huileuse ; plus lourde que l’eau. Elle est très soluble dans l’alcool et dans féther ordinaire et presque insoluble dans les alcalis, qui la séparent de ses solutions. Elle précipite de leurs dissolutions salines certains oxydes métalliques, tels que l’oxyde de plomb, de cuivre, de fer, de cobalt, etc.
La solution alcoolique de codéine dévie fortement à gauche le plan de polarisation de la lumière et, sous finfluence des acides, son pouvoir rotatoire est à peine modifié.
Soumise à Faction d’une douce chaleur avec de la potasse caustique, la codéine est attaquée, il se dégage de l’ammoniaque, de la méthylamine et ; une base volatile et cristallisée. 11 reste un résidu brun noir. i
La codéine dissoute dans un excès d’acide sulfurique moyennement concentré et chauffée pendant un certain temps au bain de sable, se transforme en j codéine amorphe ; la solution se colore et possède la propriété de précipiter par le carbonate de soude, ce que ne fait pas la codéine non modifiéé. Il se dépose une poudre grise à reflets verdâtres qui est insoluble dans l’air et l’éther et soluble dans l’alcool ; elle se dissout dans les acides et forme des sels amorphes; à 100°, elle fond et se prend en une masse noire résineuse; par une action prolongée de l’acide sulfurique, la codéine se transforme en une substance d’un vert foncé. L’acide azotique l’attaque en donnant soit une base nitrée, soit une matière résinoïde jaune. Le chlore et le bromure donnent des produits de substitution. Le gaz cyanogène est absorbé par une solution
alcoolique de codéine et donne la cyanocodéine ; chauffée avec de l’iodure ; d’éthyle, la codéine donne l’iodure d’éthylcodéine. Examinons en détail 1 ac- ■
: tion de’ces divers corps sur cette substance. Le Dictiomiaire de chimie de ' Wurtz nous fournit à cet égard tous les documents nécessaires. ;
; Action du chlore. — Le chlore attaque la codéine et peut donner par substitution la chlorocodéine, seulement il faut opérer dans certaines conditions. Si l’on dirige un courant de chlore à travers une solution aqueuse de ' codéine, la liqueur brunit fortement et l’on n’obtient par l’addition de l’ammoniaque qu’une base amorphe et résineuse, mais on arrive à des résultats plus ,
! nets en opérant de la manière suivante : la codéine est .dissoute dans un excès i ! d’acide chlorhydrique étendu à 65 ou 70°, puis on ajoute à la solution du |
! chlorate de potasse en poudre fine et on agite le tout. Au bout de quelques ■ minutes, on traite de petites portions de la liqueur par l’ammoniaque en fai- ; sant marcher la réaction jusqu’à ce qu’il forme un précipité; aussitôt qu’on l’obtient, on verse dans la solution entière un léger excès d’alcali qui précipite ! la chlorocodéine formée. A l’aide de cette précaution, l’opération est arrêtée ! à temps et on empêche ainsi la formation de produits d une décomposition i secondaire.
i La chlorocodéine est une base qui se présente sous la forme d’une poudre ' blanche cristalline, insoluble dans l’eau froide, peu soluble dans 1 eau bouil- ! lante, très soluble dans l’alcool concentré surtout à chaud et peu soluble dans ; l’éther; elle contient 7.48 p. c. d’eau de cristallisation qu’elle perd à 100“.
' Quand on précipite la chlorocodéine, elle est ordinairement jaunâtre et retient un peu de codéine; pour la purifier, il suffit de la dissoudre dans de 1 acide chlorhydrique et de la faire bouillir avec du charbon animal. La solution filtrée est ensuite précipitée par l’ammoniaque.
L’acide sulfurique dissout à froid la chlorocodéine sans 1 altérer, mais à ; chaud la solution se cliarbonne.
L’acide azotique dissout la chlorocodéine; par l’ébullition la solution se décompose, mais moins facilement que celle de codéine; il se dégage des gaz nitreux et une vapeur très piquante.
La chlorocodéine forme des sels avec les acides. Le chlorhydrate est un sel I cristallisé en aiguilles, très soluble dans l’eau. Le chloroplatinate s’obtient en 1 traitant une solution de chlorhydrate de-chlorocodéine par une solution de bichlorure de platine; il se forme un précipité jaune pâle, très peu soluble I dans l’eau. Le sulfate se présente sous la forme de prismes courts, disposés i en groupes radiés; il est très soluble dans l’eau bouillante et l’alcool; on l’obtient en traitant à chaud la chlorocodéine par une solution étendue d’acide sulfurique.
! Action du brome. — On connaît deux produits de substitution formés par ’ l’action du brome sur la codéine : 1“ la bromocodéine ; 1“ la tribromocodéine.
: La bromocodéine est une' base à peine soluble dans l’eau froide, un peu plus
dans l’eau bouillante, à peine soluble dans l’éther, facilement soluble dans ! l’alcool, surtout bouillant, elle se dépose à l’état de petits prismes blancs,
' d’une solution alcoolique étendue de son volume d’eau; ils contiennent I 6.66 p. c. d’eau qu’ils perdent à 100°. La bromocodéine s’obtient en versant 1 peu à peu de l’eau bromée sur de la codéine en poudre. La solution perd la i couleur du brome, mais la base bromée dissoute à l’aide de l’acide bromhy- ' drique formé lui donne une teinte rougeâtre caractéristique. Pour isoler la I bromocodéine, il suffit de verser de l’ammoniaque dans la liqueur, la base se . précipite sous la forme d’une poudre d’un blanc d’argent; on la recueille sur ; nn filtre et on la lave à l’eau froide. Dans cet état, elle retient un peu de 1 codéine non attaquée, dont on la débarrasse en la dissolvant dans l’acide chlorhydrique et précipitant par l’ammoniaque; redissoute dans l’alcool boudj ’ant, elle cristallise par le refroidissement. Le bromhydrate de bromocodéine
, est un sel cristallisé en petits prismes peu solubles dans l’eau froide, très ' solubles dans leau bouillante. Le chlorhydrate s’obtient en aiguilles radiées solubles dans leau. Le cbloroplatinate a une coiileur jaune pâle insoluble dans l’eau et l’alcool. |
La tribromocodéine est une base amorphe d’une couleur grise, insoluble | dans leau et dans l’éther, très soluble dans l’alcool; elle fond par la chaleur i en se décomposant complètement; elle forme avec les acides des sels incristallisables et très peu solubles dans l’eau.
Cette base s obtient en suivant d’abord le procédé indiqué pour former la i codéine bromée; puis, dès que toute la codéine est dissoute, on continuel l’addition de l’eau bromée jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. Ce '
. précipité, qui est jaune, se redissout d’abord, puis il augmente et finit par i persister. Chose curieuse, si la solution est abandonnée jusqu’au lendemain, le i brome y produit de nouveau un précipité identique au précédent et cet effet ^ se continue pendant un certain nombre de jours. L’opération dure donc assez i longtemps. Le dépôt est du bromhydrate de tribromocodéine. Pour en retirer ' la base elle-même, on dissout le sel dans l’acide chlorhydrique étendu et on i précipite la solution par l’ammoniaque ; il se forme un dépôt floconneux qu’on lave à l’eau et qu’on purifie en la dissolvant dans falcool et, la préci- ' pitant par beau, on obtient ainsi une matière blanche, lourde et amorphe : ! cest la tribromocodéine. On connaît ; le sesquibromhydrate de tribromo-! codéine, qui a l’aspect d’une poudre jaune clair amorphe, à peine soluble dans i 1 eau froide, plus soluble dans l’eau bouillante. Le cbloroplatinate est une poudre jaune brunâtre, soluble dans l’eau et dans l’alcool.
Action de l iode. —L’iode s’unit directement à la codéine. Anderson a^ obtenu une combinaison cristallisée d’iode et de codéine qui se présente sous la forme de tables triangulaires rouge de rubis par transparence et violet foncé par réflexion. Elles appartiennent au système triclinique.
L’iodocodéine est insoluble dans l’eau et dans l’éther, soluble dans l’alcool en lui communiquant une couleur rouge brun. Chauffée à 100°, ‘
1 iodocodéine perd de l’iode, la potasse la décompose en enlevant l’iode et : laissant la codéine. L’acide azotique fattaque à chaud. L’acide sulfurique i concentré na pas d’action à froid, mais il l’a dissout à chaud en se colorant en brun. ;
Un courant d hydrogène sulfuré, dirigé à travers une solution d’iodocodéine, 1 attaque ; il se dépose du soufre, la solution se décolore, devient î très acide et, par l’évaporation, il se dépose des cristaux d’iodhydrate de I codéine.
Une solution d’azotate d’argent versée dans une solution d’iodocodéine ■
doime un précipité qui ne contient que les 7/9 environ de l’iode contenu dans, la combinaison.
Action de l’acide azotique. — L’acide azotique, en agissant sur la codéine forme la mtrocodéine, qui est une base cristallisée en aiguilles soyeuses’ couleur chamois clair. Déposée d’un mélange d’alcool et d’éther par évaporation spontanée, elle affecte la forme de prismes à quatre faces terminés ! par des sommets dièdres. !
La nitrocodéine est peu soluble dans l’eau bouillante et dans l’éther, mais ! soluble dans l’alcool. Chauffée doucement, elle fond et se prend par le refroi- ! dissement en masse cristallisée. A une température plus élevée, elle se I décomposé plus brusquement avec déflagration sans flamme et en laissant un volupiineux dépôt de charbon. |
Une solution alcoolique de nitrocodéine chauffée au bain-marie et traitée ' parle sulfhydrate d’ammoniaque, dépose du soufre et prend peu à peu une teinte foncée. Ce liquide filtré et traité par l’ammoniaque donne un précipite brun amorphe. C’est une nouvelle base qu’on peut obtenir plus pure en la dissolvant dans l’acide chlorhydrique, ajoutantdu noir animal à la solution et fiiisant bouillir. L’ammoniaque précipite de nouveau cette base particulière d un jaune pâle, encore peu connue et désignée sous le nom d’azocodéine.
i 1 La nilrocodéine forme avec les acides des sels solubles et neutres qui, |
^ traités par la potasse ou l’ammoniaque, laissent déposer la base sous forme 1 cristalline. i
La préparation de la jiitrocodéine est une opération délicate, qui exige j : , certaines précautions à cause de la facilité avec laquelle l’acide azotique |
' altère la codéine. Les meilleurs résultats s’obtiennent en ajoutant, peu à peu, ' la codéine finement pulvérisée à de l’acide azotique d’une densité de 1.06 et ; ; chauffé à une douce chaleur. Il ne se dégage pas de vapeurs rouges et, au bout de quelques minutes, on obtient un liquide jaune. La réaction est terminée. Pour s'en assurer, il est nécessaire d’essayer de petites quantités de ; la liqueur par l’ammoniaque et de continuer à chauffer doucement, tant que : le précipité obtenu augmente. Aussitôt qu’il reste stationnaire, on ajoute un excès d’alcali qui fait naître un abondant dépôt de nitrocodéine; il faut avoir soin d’agiter rapidement. Pour purifier la base, il suffit de la dissoudre dans de l’acide chlorhydrique, d’ajouter du charbon animal, de porter à l’ébullition et, après avoir filtré la solutioh, de précipiter de nouveau par
i l’ammoniaque. .
1 Sels de nitrocodéine. — Le chlorbydrate est incristallisable et se prend j sous la forme d’une masse résineuse. Le chloroplatinate a l’aspect d’une poudre jaune insoluble dans l’eau et dans l’alcool. Loxalate est très soluble i dans l’eau et cristallise en beaux prismes couleur jaune. Le sulfate est [neutre, très soluble dans l’eau bouillante et cristallise en aiguilles courtes et pointues.
Action de l’acide chlorhydrique sur la codéine. — On chauffe pendant douze heures au bain-marie de la codéine avec 15 p. c. d’acide chlorhydrique concentré sous une couche de paraffine, on étend d’eau, puis on précipité par du bicarbonate de sodium. Le précipité obtenu est du chlorocodide mélangé d’apomorphine, dont on le débarrasse par des lavages à l’eau ammoniacale; on le purifie par quelques précipitations au moyen du bicarbonate sodique. Le chlorocodide est amorphe et parfaitement blanc. Son chlorhydrate est sirupeux. Le chloroplatinate est un précipité amorphe.
Les solutions de chlorocodide réduisent l’azotate d’argent et donnent une coloration améthyste avec le perchlorure de fer.
Action du cyanogène. — En faisant réagir le cyanogène sur la codéine, on obtient la dicyanocodéine.
La dicyanocodéine cristallise en tables hexagonales minces et très brillantes; elle est'très peu soluble dans l’eau, mais s’y dissout lorsqu’on y ajoute de l’alcool ; elle est soluble dans l’alcool absolu, ainsi que dans un mélange d’alcool et d’éther chauds, et s en sépare par le refroidissement.
La solution de dicyanocodéine dans l’eau à l’aide de l’alcool se décompose à la longue et laisse un résidu de codéine.
L’acide chlorhydrique paraît former un sel cristallisable avec la dicyanocodéine, mais ce sel se décompose presque aussitôt ; car, traité par de la potasse, i il émet de l’ammoniaque, et abandonné à lui-même, il dégage de 1 acide cyanhydrique au bout de vingt-quatre heures. L’acide sulfurique et l’acide oxalique forment des combinaisons peu solubles et aussi peu stables que les i ■ précédentes, et qui donnent les mêmes produits de décomposition.
; La dicyanocodéine s’obtient en faisant passer lentement et d’une manière ! continue un courant de cyanogène dans une solution alcoolique de codéine
: aussi concentrée que possible. Le gaz est absorbé rapidement et la liqueur se
i colore d’abord en jaune, puis en brun. Au bout de quelque temps, cette solu-
■ tion, abandonnée à elle-même, laisse déposer des cristaux qu’on recueille sur
i un filtre et qu’on lave avec un peu d’alcool. Pour les purifier, on les fait dis-
j soudre à chaud dans un mélange d’alcool et d’éther, d’où ils se déposent par
j le refroidissement en cristaux incolores ou faiblement colorés en jaune, i Action de Viôdure d’éthyle. — L’iodhydrate d’éthylcodéine est m\ sel
cristallisé en aiguilles fines, groupées en aigrettes, très soluble dans l’eau, et ! dont la solution ne précipite ni par la potasse ni par l’ammoniaque. Cette I solution, chauffée avec de l’oxyde d’argent, donne une liqueur très alcaline
qui alüre l’acide carbonique de l’air pendant l’évaporation. Le résidu se combine encore avec l’iodure d’éthyle, mais la réaction paraît être complexe. ^ i
On obtient l’iodhydrate d’éthylcodéine en chauffant pendant deux heures ' ^ environ, dans un tube scellé, un mélange de codéine, d’alcool absolu en quantité suffisante pour la dissoudre et d’iodure d’éthyle. Par le refroidisse- : ment, le sel formé se dépose sous forme cristalline. . !
Sels de codéine. — L’azotate cristallise en petits cristaux prismatiques ; il ! | I est peu soluble dans l’eau froide, facilement soluble dans l’eau bouillante ; |
I -chauffé, il fond et se prend par le refroidissement en une masse brune et ; | i résineuse. Une température plus élevée la décompose. On l’obtient en ver- ! I sant avec précaution de l’acide azotique d’une densité de 1.06 sur la codéine j pulvérisée. Comme la codéine est facilement attaquée par cet acide, il faut i éviter d’en ajouter en excès. ’ ' :
Le chlorhydrate cristallise sous forme d’aiguilles groupées en étoile, qui, examinées au microscope, se présentent sous la forme de prismes à quatre pans terminés , par des biseaux ; ce sel est soluble dans 20 p. c. d’eau à 15'"5.
! On le prépare en saturant de la codéine par de l’acide chlorhydrique étendu et chaud.
Le chloromercurate est un sel blanc cristallisé en groupes étoilés, peu'
I soluble dans l’eau froide, soluble dans l’eau bouillante et l’alcool. On l’obtient ! en traitant une solution de chlorhydrate de codéine par une solution de
I bichlorure de mercure; il se forme un précipité blanc qu’on-redissout dans
1 eau bouillante, d où il se dépose par le refroidissement.
Le chloroplatinate se présente sous forme de houppes soyeuses couleur orangée, solubles dans l’eau bouillante en se décomposant en partie. On I 1 obtient en versant une solution de bichlorure de platine dans une solution I de chlorhydrate de codéine de concentration moyenne. Il se forme d’abord un I précipité jaune pâle qui, abandonné dans la liqueur ou recueilli sur un filtre maintenu-humide, se convertit peu à peu en cristaux. Le chromate se pré- I sente sous forme de belles aiguilles jaunes. Le ferrocyanhydrate cristallise en .
; aiguilles ; il est soluble dans un excès d’acide ferrocyanhydrique. On l’obtient '
^ en versant une solution alcoolique d’acide ferrocyanhydrique dans une solu- I tion alcoolique de codéine, il se forme un précipité blanc qui cristallise au bout de quelque temps, h’iodate cristallise en aiguilles excessivement solubles ; dans l’eau, h’iodhijdrate est formé de longues aiguilles minces, h’oxalate est neutre, il cristallise en prismes ou en paillettes ; on l’obtient en saturant à chaud la codéine par l’acide oxalique. Le perchlorate se présente sous forme ' ; d aiguilles soyeuses groupées en faisceaux, très solubles dans l’eau et l’alcool. , ■ Ce sel fait explosion par la chaleur. On l’obtient en dissolvant la codéine | dans de l’acide perchlorique aqueux. Le phosphate se présente sous la forme de paillettes ou prismes courts, très solubles dans l’eau. On l’obtient en satu- : rant l’acide phosphorique ordinaire par la codéine pulvérisée. Le liquide ne cristallise pas par la concentration do la liqueur, mais les cristaux se forment immédiatement quand on ajoute de l’alcool fort. Le sulfate cristallise en longues aiguilles ou en prismes aplatis. Le tartrate est incristallisable. | Extraction de la codéine. — Il existe plusieurs procédés pour la prépa- ! '•
ration delà codéine. Les trois que nous donnons sont ceux le plus habituel- j i élément suivis. j i
Premier procédé. — On prend les eaux -mères qui ont servi à la préparation de la morphine d’après le procédé de Roberston et Gregory. La codéine contenue dans ces eaux n’étant guère que de 1/16 à 1/30, de la morphine extraite s’y trouve mélangée avec une grande quantité de chlorhydrate d’ammoniaque. Pour la séparer, on fait évaporer les eaux mères jusqu’à cristalbsation. Le chlorhydrate de codéine étant moins soluble, se dépose le premier. Recueilli, débarrassé par expression des eaux mères qui l’imprègnent, le sel de codéine encore mélangé de chlorhydrate d’ammoniaque est redissous dans eau chaude et la solution chaude précipitée par la potasse caustique. L’alcaloïde se dépose immédiatement en partie sous forme huileuse, en partie à l’etat cristallin par le refroidissement de la liqueur. Par l’évaporation, il custallise encore ^e la codéine, mais vers la fin de l’opération, lorsque le |
I liquide a presque entièrement disparu, on recueille un peu de morphine ! retenue en dissolution par la potasse.
I La codéine ainsi obtenue est plus ou moins colorée ; pour la purifier com- Iplètement, il faut la dissoudre dans l’acide chlorhydrique, décolorer la solution Ipar le charbon animal et précipiter de nouveau la base par la potasse; on la : fait epsuite cristalliser dans l’éther aqueux soigneusement dépouillé d’alcool, la présence de ce dernier empêchant la cristallisation de la codéine, qui resterait à l’état de liqueur sirupeuse.
Deuxième procédé. — C’est le procédé indiqué par le codex. On concentre les eaux mères qui ont servi à la préparation de la morphine et l’on recueille le mélange de chlorhydrate de codéine et de chlorhydrate d’ammoniaque qui se dépose. On le dissout dans l’eau bouillante et par le refroidissement le chlorhydrate de codéine seul cristallise en houppes soyeuses. Comme ce sel contient encore de petites quantités de morphine, on le triture avec une solution assez concentrée de potasse caustique en très léger excès, qui retient la morphine en dissolution. La codéine précipitée reste sous la forme d une masse visqueuse qui absoi'be de l’eau, perd sa transparence et prend un j j aspect pulvérulent. On la lave avec un peu d’eau froide, on la sèche et on la ! dissout dans l’éther aqueux, qui l’abandonne en beaux cristaux.
! Troisième procédé. — Winckler conseille d’opérer de la manière suivante ! pour l’extraction de la codéine : On épuise l’opium par l’eau froide, on précij pite la morphine par l’ammoniaque, puis l’acide méconique par le chlorure j de calcium et finalement les parties colorantes par du sous-acétate de plomb, j Après avoir enlevé l’excédent de plomb par l’acide sulfurique, on ajoute à la ' liqueur filtrée un £xcès de potasse caustique et l’on abandonne le mélange au 1 contact de l’air jusqu’à ce qu’il se soit carbonaté. Ensuite, on fàgite avec de l’éther, qui s’empare de la codéine.
COLCHICINE.
La colchicine est le principe actif du Colchicum aulumnah (colchicacées). Elle existe dans toutes les parties de la plante. On la rencontre dans les bulbes, les fleurs, les semences.
Pelletier et Caventou ont été les premiers à signaler cette sübslance, qu’ils ; ont cru être semblable à celle trouvée dans la ramie d’ellébore blanc et dans la cévadelle et à laquelle, en conséquence, ils ont donné le nom de vératrine.
Plustar-d, Hesse et Geiger ont-repris l’analyse du colchique et en ont retiré un alcaloïde extrêmèment vénéneux, différant par quelques propriétés de celui de Pelletier et Caventou. Ils lui ont donné le nom de colchicine.
En 1856, L. Oberlin s'est occupé de nouveau de la colchicine; il a démontré que la colchicine de Hesse et Geiger était une substance complexe, contenant un nouvel alcaloïde qu’il a désigné sous le nom de colchicéine.
Un grand nombre de savants, parmi lesquels nous citerons : Hiïbschmann, Aschhof, Bacmeister, Bley, Ludwig, Pleiffer, Hübler, Fluckinger, Hertet, Maisch, etc., ont fait sur ce corps de nombreuses recherches.
Propriétés chimiques et physiques. — Selon le mode de préparation employé, la colchicine se présente sous des aspects différents. Souvent elle est amorphe ; on est parvenu à l’obtenir en aiguilles soyeuses transparentes. Habituellement, elle revêt l’aspect de mamelons cristallisés, incolores et constitués par une infinité de cristaux qui sont autant de prismes à base rectangulaire ou hexagonale, le plus souvent modifiés sur leurs angles. Elle n’a pas d’odeur. Sa saveur est amère, mais elle n’a pas l’âpreté de la vératrine. Peu soluble dans l’eau, la glycérine, l’éther et la benzine, elle se dissout complètement dans l’alcool et le chloroforme ; elle est inaltérable à l’air. Lorsqu’on la chauffe sur une lame de platine, elle fond, prend leu et brûle sans laisser de résidu ; lorsqu’on la chauffe dans un tube avec de la j potasse caustique, elle dégage de l’ammoniaque. Placée sur du papier rouge ! de tournesol, elle le ramène au bleu, mais à la condition que le papier ne I soit que très légèrement rougi. C’est une faible base.
I En faisant réagir l’acide sulfurique ou chlorhydrique sur la colchicine, on
obtient la colchicéine. Oberlin s’est assuré qu’elle préexistait dans le col- 1 chique. j
La colchicéine cristallise en lamelles nacrées; elle est incolore. ' '
La colchicéine fond vers d50° en une masse amorphe, jaune, qui, si elle ; : n’a pas été trop chauffée, peut donner encore des cristaux quand on étend 11 d’eau sa solution alcoolique. Elle se dissout bien dans l’alcool, le chloro- ' forme, la potasse caustique qu’elle colore en jaune; elle est également soluble ; dans l’ammoniaque et s’en sépare partiellement en cristaux si l’on ajoute de | l’eau à la solution concentrée. L’évaporation d’une solution alcoolique ou ; chloroformique la donne amorphe. Elle cristallise sous deux formes du sys- ‘ tème rhombique : 1” en tables avec des angles de 55 et 1“25"; 2° en prismes, ! en plaques de formes variées. Chauffée avec de l’eau au bain-marie, la colchicéine se transforme en une masse'd’un jaune brun qui ne cristallise plus ' et ressemble beaucoup à la colchicine. Elle est soluble dans l’acide sulfurique et dans l’acide benzoïque en formant une solution d’un jaune intense, dans l’acide chlorhydrique avec une coloration jaune plus clair et dans l’acide acétique sans coloration. Elle est sans action sur les réactifs colorés; elle se colore en vert par le bichlorure de fer. L’analyse élémentaire de la colchicéine desséchée à 100” a donné : carbone,' 62.7; hydrogène, 6.43; | ' azote, 4.77 ; oxygène, 26.1 p. 100 = 0=*^ AzO'° + 2ffOl Ces chiffres ; concordent avec ceux de M. Oberlin. i !
On obtient la colchicéine en traitant la solution aqueuse de la colchicine de ! Hesse et Geiger par l’acide chlorhydrique ou sulfurique. On laisse évaporer ^ à l’air, la colchicéine se dépose et cristallise au bout de> quelques semaines.
La colchicéine n’est pas vénéneuse ; injectée dans l’estomac même à la dose | de 0.50, elle ne détermine pas. la mort et n’occasiomie que des accidents i | passagers. ; ■
La colchicine donne avec certaines substances des réactions très caracté- i ristiques. Nous les signalerons plus tard. ! ;
Fluckinger a formé avec la colchicine un réactif général pour les acides | minéraux. Il fait bouillir 1 gramme de semences de colchique entières j i avec 1 gramme d’alcool et 3 grammes d’eau, passe et concentre le liquide l en extrait sirupeux. Il verse de l’alcool absolu dans cette liqueur tant qu’il se-forme un précipité et sépare le liquide du précipité par simple repos. Cela fait, il chasse l’alcool par évaporation et ajoute au résidu un poids d’eau à peu près égal à celui des semences. Cette solution de col- ' chicine est suffisamment étendue d’eau pour qu’elle devienne à peu près incolore. Au contact de l’acide azotique concentré ou de l’acide sulfurique, | cette solution de colchicine devient jaune; si l’on ajoute une goutte d’acide j azotique au mélange d’acide sulfurique et de colchicéine, la liqueur devient bleu violacé. La môme solution de colchicine, additionnée d’acide azio- j tique, puis d’un granule de soude caustique, donne une coloration orangéé.
La solution de Mayer (50 grammes d’iodure de potassium et 13®‘'05 de. bichlorure de mercure pour un litre) donne un- précipité dans la solution j réactif de colchicine additionnée d’acide sulfurique. La même solution mer- ; curielle trouble ou précipite légèrement en blanc la solution réactif de col- ! chicine, ce qui rend vraisemblable l’existence d’un second alcaloïde dans le j colchique. En général, l’addition d’un acide organique au mélange de ces! deux réactifs augmente le trouble, mais souvent l’effet produit est à peine!
- sensible. En laissant reposer pendant quelque temps cette solution, elle devient un réactif précieux des acides minéraux, car la moindre trace d’uni acide minéral y produit un précipité d’un beau jaune clair. Les acides orga- j niques sont impuissants à produire ce précipité jaune. L’acide arsénique et ’ le pi’otosulfate de fer sont également sans effet, tandis que l’acide phospho- ! rique provoque l’apparition de ce précipité jaune, moins énergiquement que l’acide chlorhydrique et celui-ci moins aisément que les acides azotique et sulfurique.
Ainsi donc, la solution mercurielle ne précipite pas la solution réactif de colchicine en présence des acides organiques, mais la moindre trace d’un acide minéralJibre (d/2 p. Ci d’acide sulfurique libre, par exemple) dans de
'facide acétique fait immédiatement apparaltre'le précipité jaune caractéristique. Celte réaction est précieuse pour mettre en évidence la présence :
l’acide sulfurique libre dans le vinaigre. . „ , , ;
La colchicine forme avec les acides des sels solubles dans l’eau et 1 a cool ; |
ils sont cristallisables. Les alcalis précipitent l’alcaloïde de la solution i aqueuse, pourvu qu’elle ne soit pas trop étendue. ' , ^ •
Extraction. — H existe un grand nombre de procédés pour 1 extraction de la colchicine. Nous donnons les plus habituellement employés. ^
„ • An (iiinisp à chaud les semences de
Vrecéil de Hesse et „„ ajoute de la chaux et la ;
colchique par de 1 alcool aiguis J distillée. Le résidu aqueux
solution alcoolique séparée par nrécipité formé recueilli
est traité pamun excès de carbonate de p^ale-
et comprimé entre des feuilles de papiei Par
ment repris par l’alcool absolu auquel on aj .
; épuisées à chaud par de lalcool a 90 p. •’ ne mélange est aban-
! tance sirupeuse est étendu ™ refroidissement,
ir^reir^uiieuL, o„
:P:: tlvl°”^S?de7^^-?:n: édition de phos
i puis la colchicine en est précipitée par le tamm
I bouillant que l’on fait agir sur e pi alcoolique
I le tannate de colchicine est décomposé. S ,
I filtré une goutte de perchlorure de , et d’oxyde de plomb, on
I en recommence le soit complète. Le résidu
dessèche de nouveau jusquà Ca q colchicine